Editorial Web - Comment fixer ses tarifs quand on débute comme rédacteur freelance ? - 8 mars 2017

Comment fixer ses tarifs quand on débute comme rédacteur freelance ?

Invité Auteur

L’un des casses-têtes qui revient sans cesse quand on démarre comme Rédacteur web freelance (mais c’est également vrai pour toutes les activités sur le web) c’est : « Comment fixer les tarifs de mes prestations ? ». C’est une question brûlante et ce n’est pas une mince affaire. Si on se place juste en dessous des prix du marché en pratiquant des tarifs au rabais, on risque de ne pas pouvoir vivre correctement de cette activité et de ne pas dégager de marge.Si, au contraire, on place la barre trop haut, les clients vont se tourner vers la concurrence qui sera plus compétitive. Alors quel pourrait être le « juste prix » ?

Le mode de facturation dans la Rédaction pour le web


Le mode de facturation traditionnelle dans la Rédaction pour le web s’effectue au signe et au feuillet. Un signe équivaut à un caractère de texte, les espaces y compris. Et 1500 signes équivalent à 250 mots environ soit 1 feuillet. Un article de 500 mots fait donc 3.000 signes ou 2 feuillets. Le « signe » est une unité de compte utilisée dans le Journalisme.

 

 

Les idées reçues et… la réalité

Un travail de rédaction web ne se limite pas, loin s’en faut, à de la rédaction pure. Certains clients ne comprennent pas les tarifs élevés des Rédacteurs freelances pour écrire selon eux un « simple article » ! C’est qu’il faut tenir compte d’un temps de recherche et d’analyse des informations pertinentes à retenir, puis il faut préparer un plan d’article un temps d’écriture donc, mais aussi de correction et de relecture avant d’être livré au client. Il est souvent plus pertinent pour tenir compte de ses différentes phases de facturer au temps passé plutôt qu’au nombre de signes. On applique dans ce cas un taux horaire.

Pour estimer ses prix, on peut aussi tenir compte du type de texte à réaliser : communiqué de presse, e-mail de newsletter, page web, article, ebook, etc. Selon la complexité ou la lourdeur de la tâche à accomplir, le coût final sera plus ou moins élevé.

L’erreur classique à éviter

L’une des erreurs les plus classiques du Rédacteur débutant dans le métier, c’est de brader son travail. Même si la concurrence est importante, vous devez vendre vos prestations à leur juste valeur ! Les rédacteurs débutants pensent ainsi que, pour attirer leurs premiers clients, le fait de proposer un tarif moins élevé que la concurrence va compenser leur manque d’expérience et de « preuve sociale ». Rien n’est plus erroné !

Un client qui sera satisfait de vos services ne regarde pas d’abord au prix, s’il est satisfait, il comprendra parfaitement que cela ait de la valeur aussi sûrement qu’on n’achète pas une Audi A8 au même prix qu’une Twingo !

Souvenez-vous que vous faites ce travail pour gagner votre vie et vivre de cette activité. Pensez aussi à toutes les charges que vous allez devoir payer : il faut prévoir 21% de charges, et vous allez devoir les inclure dans votre facturation. À moins d’avoir opté pour le statut d’entrepreneur-salarié en scoop, vous devrez y inclure vos congés payés, le coût de votre mutuelle, et d’une assurance professionnelle, le coût de l’électricité, de votre abonnement internet, etc.

Ces différents coûts devront être intégrés à votre taux horaire si vous facturez au temps passé. Et nous venons de voir que cela est beaucoup plus pertinent pour se rapprocher au maximum de la réalité de ce que vous coûte votre activité.

Si le SMIC horaire pour un salarié est à : 7,58€ net en 2017, pour un indépendant, compte tenu de tout ce qui précède, il faut multiplier ce taux par 4 pour facturer autour de 30,32€ de l’heure soit 0,51 centime/minute.

La concurrence déloyale des P.V.D (pays en voie de développement)

Les rédacteurs basés dans les pays en voie de développement et les plateformes de rédaction web qui proposent des rémunérations honteuses et scandaleuses font beaucoup de tort aux Rédacteurs freelances français et jettent le discrédit sur toute une profession qui mérite respect et considération. Pour ce qui concerne la concurrence déloyale des P.V.D, il est clair qu’un rédacteur basé en France ne pourra jamais rivaliser avec un Rédacteur indien ou malgache ! Comme nous l’avons vu, en France, l’État prend 21% de charges sociales et il faut aussi payer l’impôt sur le revenu !

Pour avoir un salaire correct en France, on ne peut pas accepter d’écrire un billet de blog pour entre 3,50 et 5€ ! On comprend le problème quand on voit que dans un pays comme la Tunisie, le SMIC mensuel était en 2009 de 260€ pour le régime de 48 heures et 225€ pour le régime de 40 heures. Le salaire minimum à Madagascar est quant à lui inférieur à 40€ !

Une taxe protectionniste

Pour protéger l’activité des rédacteurs installés dans l’Hexagone, l’État doit prendre des mesures fortes comme instaurer une taxe protectionniste qui s’appliquerait obligatoirement pour toute commande de rédaction web via l’un de ces pays à bas coût. La taxe devrait être d’autant plus élevée que le différentiel est important avec le salaire moyen français. Elle s’appliquerait au tarif facturé par le Rédacteur ou l’opérateur étranger et viendrait rétablir l’équilibre pour permettre aux rédacteurs français de lutter à armes égales. La taxe gommerait toute distorsion de concurrence.

Les tarifs moyens applicables en 2017

RÉDACTION

  • Publi-rédactionnel : (150 signes) : de 60 à 180€ ;
  • Article de 500 mots (3.000 signes) : de 100 à 360€ ;
  • Article de 1000 mots (6000 signes) : de 200 à 500€ ;
  • Dossier de 2000 mots (12.000 signes):de 300 à 800€ ;
  • Tarif forfaitaire à la journée : de 300 à 500€.

WEB

  • 1 page web (création) -1.000 signes : de 50 à 150€ ;
  • 1 page web (réécriture) 1.000 signes : de 30 à 60€.

COMMUNITY MANAGEMENT

  • Tarif forfaitaire journalier : de 350 à 500€.

Certains rédacteurs choisissent aussi de facturer aux mots ou aux 100 mots. À la lumière des tarifs moyens constatés en 2017, on peut estimer qu’un article de blog de 500 mots (3.000 signes) devrait revenir à 40€ les 100 mots. Et pour un article de 1.000 mots à 35€ les 100 mots.

Pour info, cet article m’a pris 2h30 à finaliser et je devrais donc le facturer à : 0,51 cent X 150 minutes = 76,50€ au taux horaire. Si maintenant je le facture au feuillet, vu qu’il représente 6530 signes soit 1088 mots, ou dit autrement plus de 4 feuillets, je pourrai le facturer (1088/100) X 35 =380,80€.

La différence entre les deux modes de facturation est importante et clairement à l’avantage du taux horaire pour le client, mais pas pour le rédacteur ! Et vous, comment positionnez-vous votre offre ? Le débat est ouvert dans les commentaires !

A propos de l’auteur

Cet article est un billet-invité écrit par Cédric, du blog Passion-Rédaction, un nouveau blog en Rédaction web sur lequel il partage avec vous sa nouvelle aventure entrepreneuriale. Retrouvez-le sur : https://passion-redaction.blogspot.fr

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