Secrets LinkedIn de Ghostwriter : engager pour convertir avec Emilie Seguin

Avec 13,5 millions d’utilisateurs actifs et 67 millions d’entreprises, LinkedIn est un réseau en or pour le business. Les indépendants et les dirigeants l’ont bien compris, puisqu’ils sont de plus en plus nombreux à communiquer dans l’objectif de développer leur activité. Face à la croissance exponentielle du nombre de posts, comment tirer son épingle du jeu ? Je suis allée à la rencontre de ghostwriters, ces professionnels de LinkedIn, pour comprendre ce qu’ils observent, et ce qu’ils conseillent à ceux qui publient seuls. Des retours terrain et des conseils applicables, c’est ce que vous trouverez dans la série Secrets LinkedIn de Ghoswriters.
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Emilie Seguin, ghostwriter nomade puis 2023. J’écris pour les dirigeants et les solopreneurs, tous secteurs confondus. En général, pour les dirigeants, je m’occupe de tout : stratégie de contenu, ghostwriting, engagement. Pour les solopreneurs, c’est plutôt du coaching.
En parallèle, j’ai mis en place des calls stratégiques pour aider dirigeants et solopreneurs à identifier leurs blocages en matière de conversion client, c’est-à-dire comprendre si le problème vient du profil LinkedIn, du contenu, du positionnement, etc.
Comment es-tu arrivée au ghostwriting ?
J’étais dans l’urbanisme, j’aménageais les gares parisiennes pour la SNCF. Pendant mon deuxième tour du monde, j’ai créé un blog de voyage qui a explosé. Une de mes amies, qui était copywriter, m’a dit : « mais tu sais que tu peux être payée pour ça ? ».
Alors je me suis formée au copywriting, et j’ai commencé à faire du contenu sur LinkedIn.
Certains sont venus me demander d’écrire des posts pour eux, d’autres de leur apprendre à écrire des posts, et d’autres encore voulaient que je les aide à comprendre ce qui n’allait pas avec leur profil ou leurs posts.
Quel est le piège dans lequel tombent souvent les entrepreneurs quand ils publient sur LinkedIn et dont on ne parle pas assez ?
Le premier piège est de publier sans stratégie. Il y a tellement de gens qui le font ! Lors de mes appels commerciaux, j’entends souvent :” je publie quand je suis inspiré. » Ça ne marche pas !
En général, quand tu publies au feeling, tu ne fais que du contenu inspirationnel. C’est super car ça donne de la visibilité, sauf que tu ne convertis jamais, car tu ne peux pas avoir de résultats sans stratégie. C’est impossible !
Ensuite, il ne faut surtout pas penser vente au début parce que les gens ne te connaissent pas. Fais du contenu inspirationnel, montre ta crédibilité. Si tu as une ligne directrice, tu as posé tes piliers et tu sais où tu vas, c’est plus facile. Ça te donne un cadre qui évite de t’épuiser.
Tu parles de “ne pas penser à la vente” au début, pourquoi ?
Les gens sur LinkedIn sont obsédés par la conversion. Quand tu lis des posts sur la stratégie, on mentionne toujours l’objectif de vendre. Mais si tu débutes sur LinkedIn, il faut avoir en tête que personne ne te connaît. Si tu parles de ton offre tout de suite, ton audience va se demander « mais pourquoi j’achèterais ? Je ne la connais pas. »
Il y a aussi un gros sujet autour de l’engagement. Selon toi, quels sont les éléments à insérer dans un post pour donner envie aux lecteurs d’engager ?
Quand tu fais des posts visibilité ou des posts sur des sujets plus généraux, conclus toujours par une moralité, mais pas besoin d’ajouter un appel à l’action particulier. Par exemple, un contenu inspirationnel qui procure une identification ou un contenu prise de position génèrent automatiquement de l’engagement.
L’essentiel, c’est d’apporter un contenu intelligent à ton audience, ou de leur apprendre quelque chose. Les commentaires viendront sans que tu le demandes !
Cela dit, les CTA sont importants pour les posts où on souhaite convertir. Dans ce cas, il faut guider les lecteurs en leur indiquant quoi faire : s’inscrire à notre newsletter, télécharger notre guide, nous envoyer un DM, booker un appel, etc.
Mais l’engagement commence avant même de publier un post. C’est ta routine d’engagement le plus important.
Et comment tu mettrais en place une routine d’engagement ?
Il faut définir tes deux cercles : les créateurs reconnus dans ton secteur et tes pairs.
Pour les gros créateurs, il faut écrire des commentaires intelligents. Le but, c’est de gagner de la visibilité dans leur audience à eux. Je ne compte plus le nombre de fois où de gros créateurs sont venus me parler suite à un de mes commentaires qu’ils ont trouvé intéressants.
LinkedIn reste un réseau social, tu donnes pour recevoir. C’est en engageant chez d’autres créateurs que petit à petit, tu gagnes en visibilité et que tu donnes envie de venir engager sur tes posts. Si tu n’as pas d’interaction sur ton post, ton post il meurt. Tu auras beau avoir écrit le meilleur post du monde, il ne vivra pas.
En revanche, il ne faut pas commenter pour commenter. Si tu n’as rien à dire, ne dis rien !
Comment gérer la création de contenu et l’engagement quand on a peu de temps et qu’on part de zéro ?
Mieux vaut publier moins et commenter, que de s’obstiner à publier tous les jours. Sur le long terme, tu ça t’épuise ! J’ai accompagné des personnes qui avaient très peu d’abonnés, nous n’avons pas publié tout de suite. Je leur ai demandé de ne faire que de l’engagement pendant trois semaines pour faire grossir leur communauté de manière intelligente. Le jour où ils ont posté, ils avaient 500 abonnés, mais leurs posts atteignaient des 300 – 500 likes, et jusqu’à 50 republications !
Et côté performance, quelle est la première chose que tu analyses pour mesurer l’efficacité de tes posts ?
Ça dépend de l’objectif de ton post. Par exemple, tu fais un post visibilité. Ton objectif est d’attirer plein de nouveaux lecteurs. La seule donnée qui t’intéresse, ce sont les impressions et les membres touchés. Si t’as fait 100 000 impressions, il y a 100 000 personnes qui t’ont vu. Plus ce nombre est important, plus tu as touché de personnes !
Si tu fais un post crédibilité. Les indicateurs peuvent être les enregistrements ou les partages.
Pour la conversion, mesure tout type de conversion : est-ce que les gens se sont abonnés ? Est-ce qu’ils t’ont écrit en DM ? Est-ce qu’ils ont réservé des appels ?
C’est vrai que nous associons souvent “conversion” avec “vente”. J’ai l’impression que tu en as une définition différente ?
Oui ! Pour moi, convertir ne veut pas forcément dire “signer un contrat”, car la signature d’un contrat peut prendre du temps. Ça peut aussi être une demande de DM, un nouvel abonné, des visites de profil ou un appel réservé. Le copywriting guide l’action. Si tu leur as demandé de s’abonner et qu’ils se sont abonnés, tu as réussi à les convaincre de faire quelque chose par ton contenu.
Et si on parle vente, je convertis 100% de mes clients avec des posts d’opinion ou d’expertise. La vente est rendue évidente par tous les contenus que j’ai publiés en amont. Ce genre de contenu appuie mes valeurs et mon positionnement. L’expertise et les résultats clients donnent confiance, mais les posts d’opinion décident le prospect sur le feeling de la collaboration !
Si les lecteurs de Webmarketing & Com ne devaient retenir qu’une seule chose de cette interview pour améliorer leurs écrits, ce serait laquelle ?
Tout dépend de ton objectif. Toujours. Déjà, pourquoi tu es sur LinkedIn ? Est-ce que c’est pour trouver des clients ? Est-ce que c’est pour devenir le leader d’opinion ? Si tu n’as pas un objectif et une stratégie, tu ne vas nulle part.
Retrouvez Emilie Seguin sur son profil LinkedIn.
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