Entreprendre - Freelance en marketing digital : comment se lancer ? - 20 août 2019

Freelance en marketing digital : comment se lancer ?

Freelance en marketing digital : comment se lancer ?
Guillaume Guersan Consultant en Marketing Digital

Si comme moi vous êtes passionné par le webmarketing / marketing digital et que vous en avez fait votre métier (ou que vous aspirez à en faire votre métier), deux choix professionnels s’offrent à vous : travailler pour une entreprise (annonceur ou agence) ou vous lancer en freelance. Chacun fera son choix, c’est assez personnel car ce sont deux modes de vie très différents…

Personnellement, pendant environ 4 ans, j’ai été à la fois salarié et freelance (le soir et le week-end). Depuis 6 mois environ, j’ai laissé tomber mon activité salariée et je suis 100% freelance. Du coup, j’ai eu envie de faire un article pour aider les professionnels du marketing digital qui comme moi veulent se lancer en freelance.

Les peurs naturelles

Vous hésitez ou en tout cas réfléchissez à devenir freelance en marketing digital ? Il est fort probable que vous ayez de nombreuses craintes. C’est totalement naturel rassurez-vous, on passe tous par cette étape-là !

Vous pourriez craindre de :

  • Ne plus avoir de revenus, donc de vous retrouver en situation de précarité ;
  • Ne pas savoir gérer une entreprise et l’administratif ;
  • Ne pas savoir trouver des clients car vous avez peur de démarcher ;
  • Ne pas vous épanouir, de ne rien apprendre comparé à un emploi dans une entreprise.

Toutes ces peurs sont naturelles, néanmoins, en vous préparant bien, vous pourrez éviter la majorité des problèmes.

Sachez que les besoins des entreprises en matière de marketing digital sont énormes, il y a donc de très belles opportunités à saisir. De plus en plus d’entreprises font appel à des freelances plutôt que des agences lorsqu’elles ont besoin de professionnels de manière ponctuelle. Le marché est très intéressant pour les freelances.

Nous allons voir ensemble les différentes étapes qu’un professionnel du webmarketing devrait suivre afin de se lancer en freelance.

Votre métier et vos compétences

Premièrement, lorsque l’on a terminé ses études en webmarketing ou que l’on a travaillé en marketing digital dans une entreprise, il n’est pas rare que l’on soit un « couteau suisse », c’est-à-dire que l’on ai eu à gérer des tâches assez variées. Par exemple : faire de la rédaction optimisée SEO, gérer le community management des réseaux sociaux de son entreprise et des campagnes de publicité sur Google Ads.

C’est super d’être compétent dans de nombreux domaines, néanmoins, il me parait important d’être spécialiste, voire expert dans un domaine spécifique. La raison est simple : en tant que client, on paiera plus cher et on fera beaucoup plus confiance à quelqu’un qui maîtrise parfaitement son métier.

Vous devrez donc choisir votre positionnement.

Inutile d’être un « expert en marketing digital ». En tout cas, pas au début. Cela ne veut rien dire et vous aurez du mal à trouver de bons clients.

Choisissez de vous focaliser sur les tâches que vous préférez gérer. Si ce sont les réseaux sociaux, alors devenez Community Manager. Si c’est le SEO, devenez expert SEO, si vous aimez la rédaction, devenir rédacteur !

Une fois votre métier choisi (vous pourrez toujours changer dans quelques années), assurez-vous de maîtriser parfaitement ce métier, si ce n’est pas le cas, formez-vous davantage. Si vous avez déjà une grande expérience dans ce métier, vous n’aurez aucun problème.

Si ce n’est pas déjà fait, vous devrez assurer une veille de votre métier.

Préparer le terrain : votre camp de base

Vous pouvez rapidement préparer le terrain de votre future vie de freelance. Voici ce que vous devriez faire.

Mettez à jour vos réseaux sociaux : assurez-vous de mettre à jour vos profils LinkedIn, Twitter et éventuellement vous créer une page Facebook professionnelles. Optimisez bien vos profils, vous êtes un professionnel du webmarketing, les clients doivent sentir que vous maîtrisez parfaitement les réseaux sociaux même si vous n’êtes pas community manager.

Créez-vous un portfolio et un blog : tout bon freelance possède un site vitrine au minimum. Sur celui-ci, vous pourrez présenter vos compétences et publier des contenus sur votre métier sur une partie blog (WordPress s’installe en quelques minutes). C’est important, cela prouvera votre expertise.

Démarrez en tant que micro-entrepreneur : créer une entreprise cela peut faire peur, surtout en France. Vous le savez sans doute, mais le statut de la micro-entreprise existe justement pour les entrepreneurs exerçant leur métier seul. Les modalités d’accès sont très simples et les charges sont calculées en fonction du chiffre d’affaires : si vous ne gagnez rien, vous ne paierez rien ou presque mais ne partez pas du principe que vous n’allez rien gagner !

L’administratif

Normalement, vous pourrez créer votre micro-entreprise sur le site officiel de l’URSSAF : https://www.autoentrepreneur.urssaf.fr/portail/accueil.html

Si vraiment les formulaires vous embêtent, sachez qu’il existe des néo-banques qui se focalisent sur les freelances. Notamment Shine, qui propose de se charger de créer votre micro-entreprise pour 34,90€ (https://www.shine.fr/declaration-auto-entrepreneur/) et de vous fournir un compte bancaire dédié à votre activité (4,90€ / mois). Le compte bancaire dédié à votre activité n’est pas obligatoire en dessous de 5000€ de chiffre d’affaires, néanmoins je vous le recommande.

Ensuite, vous devrez vous équiper d’une solution pour éditer vos devis et factures et tenir votre comptabilité. En micro-entreprise, la comptabilité est très simple : tenir un livre des recettes (entrées et sorties d’argent).

Il existe de nombreuses solutions dédiées aux freelances, je recommande personnellement Freebe : https://www.freebe.me/. L’outil est à 7€ / mois et vous permet d’éditer de super devis et factures, de connecter votre compte bancaire, de calculer vos charges sociales, de déclarer votre chiffre d’affaires sur le site de l’URSSAF (sans vous y connecter), de permettre le paiement en ligne de vos factures, etc. Bref, cela permet de gagner énormément de temps et le temps est très précieux quand on est freelance : ce que l’on veut, c’est passer du temps sur des projets clients !

Trouver des clients

Ca y est, vous être officiellement freelance administrativement parlant, vous avez un métier bien défini et vous êtes prêt à aller décrocher vos premières missions. C’est finalement le plus compliqué.

Personnellement, à mes débuts je proposais la création de site internet WordPress, je trouvais mes clients sur LeBonCoin, dans la partie « demandes ». Ce n’était franchement pas la joie mais c’est là que j’ai trouvé mes premiers clients.

Depuis, j’ai trouvé d’autres solutions (heureusement). Je vais vous les présenter.

Le réseau : c’est la première chose à faire, activez votre réseau : famille, amis, relations professionnelles … envoyer un email et publiez sur vos réseaux sociaux : annoncez que vous vous lancez en freelance en détaillant ce que vous proposez. Je vous assure que même avec un petit réseau, vous aurez des retours ! On connaît tous quelqu’un, qui connaît quelqu’un, qui connaît quelqu’un …

Les plateformes freelances : j’en ai parlé dans un billet de blog : les meilleures plateformes freelances, mais ici je vais me concentrer sur les métiers du marketing digital. Globalement, je vous recommanderais de vous inscrire sur Malt et A Line. Ces deux plateformes ont l’avantage de vous faire gagner du temps. Vous créez un profil et ensuite ce sont les missions qui viennent à vous. En parallèle, vous pouvez vendre vos prestations sous forme de « package » / forfait sur des plateformes comme 5euros.com et Kang. Par exemple, j’y vends des campagnes publicitaires (Google Ads). Beaucoup de missions qui ne sont pas du conseil peuvent se vendre au forfait.

Le démarchage : je déteste le démarchage, j’en ai très peu fait. Néanmoins, en cas de période creuse, mieux vaut prospecter un petit peu que ne rien faire si l’on a urgemment besoin de missions. Ayant peu d’expérience en démarchage, je recommanderais simplement d’aller au plus efficace : emails et LinkedIn. Evitez le téléphone : on dérange toujours au téléphone ! Sur LinkedIn, la meilleure manière est de préparer des messages pré-enregistrés de présentation puis d’ajouter de potentiels clients en contact (50 max par jour). Le message devra être cordial, présenter très brièvement vos compétences et comportera un appel à l’action du type « Je me tiens à votre disposition si vous souhaitez en discuter. ».

L’Inbound Marketing : tout bon professionnel du marketing digital doit appliquer la méthodologie de l’Inbound marketing. Cela signifie que vous devrez faire venir les clients à vous. Bien sûr au départ ce sera compliqué d’obtenir de bons résultats. Néanmoins, avec le temps vous pérenniserez votre activité. Soyez actif sur vos réseaux sociaux en partageant des contenus : articles, infographies, tutos, vidéos… que vous les ayez créés ou simplement en effectuant une curation de contenu efficace.

SEO : Cela rejoint l’Inbound. Via votre blog et donc votre site, vous pourrez essayer de vous référencer sur les moteurs de recherche. Ce levier m’apporte énormément de clients et surtout de manière régulière. La première année d’existence de mon blog, j’avais peu de trafic, mais maintenant, j’en ai énormément. Le plus est d’aider vos potentiels clients. Typiquement, si vous proposez des campagnes publicitaires sur Facebook par exemple, rédigez des articles sur les dernières fonctionnalités ou sur les problèmes que vous pouvez rencontrer (auxquels vous avez trouvé une solution). Vos prospects vont rencontrer les mêmes problèmes : en leur donnant la solution, certains vous contacteront pour vous confier une mission.

Pour aller plus loin

Avec tout cela, vous devriez être en mesure de bien démarrer. Le gros intérêt du freelance, c’est la multitude de projets différents. Faire du marketing digital pour une même entreprise durant plusieurs années, ça devient rapidement une routine et on n’a plus l’impression d’évoluer. En freelance, en travaillant avec des clients très différents dans des secteurs très différents, aucune journée ne ressemblera à l’autre !

A côté de cela, je dirais également que le freelance vous permettra d’être rémunéré à la hauteur de votre engagement, ce qui est rarement le cas dans le monde du salariat.

Par contre attention, vous devrez gérer vos journées, vous astreindre à une certaine rigueur, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Le plus dur, c’est dans le temps. Le gros problème en freelance, c’est gérer les congés : ils ne sont pas rémunérés. Et puisque chaque jour non travaillé est un jour non rémunéré, on peut vite se laisser dépasser et ne plus arrêter. Alors qu’au départ, le freelance présente l’avantage de pouvoir gérer son temps, il faut savoir dire « stop » ! Vous pouvez très bien faire des journées de 5h ou des semaines 4 jours !

Pour aller plus loin, beaucoup de freelances font de la formation, donnent des cours. C’est un bon moyen de continuer à progresser dans son métier et cela permet de diversifier ses sources de revenus. Que ce soit en école ou bien en ligne via des plateformes de e-learning comme Udemy, la formation s’intègre parfaitement à la vie d’indépendant.

Enfin, le freelance est un choix de vie, mais il n’a rien de définitif. Il y a fort à parier qu’un jour vous reviendrez dans le monde de l’entreprise, mais les deux peuvent être complémentaires. Comme je vous le disais, durant plusieurs années j’ai été à la fois freelance et salarié, ce fut très épanouissant !

Et vous, êtes-vous prêt à vous lancer en freelance ?