Êtes-vous cité quand l'IA décide qui « existe » ?

Les habitudes ont la vie dure ? Pas si sûr si on observe les comportements déjà quantifiables sur le web ! Depuis une vingtaine d’années, nous recherchions nos informations en tapant une requête sur Google et ensuite, il suffisait de cliquer sur les liens pour la trouver. Ce n’est plus le cas aujourd’hui de manière systématique.

Regardez ces chiffres, ils parlent d’eux-mêmes : 37 % environ des internautes demandent d’abord à Chat GPT, Gemini ou Perplexity. On sait que pratiquement 60 % des recherches ne donnent lieu à aucun clic. On en parle d’ailleurs ici : Zero-Click Search et stratégie de contenu : faut-il viser le clic ou la visibilité ? Et c’est pire encore dès qu’un AI Overview s’impose sur la page. Le résultat : on ne parcourt plus la SERP, on a notre réponse… et ça s’arrête là !

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La question que toute entreprise doit alors se poser, c’est « est-ce que je suis citée dans ces réponses immédiates ? » et plus seulement « suis-je bien positionnée ? »

L’IA change complètement le parcours des internautes

Les moteurs de recherche conversationnels donnent tout de suite une réponse qui s’accompagne de deux ou trois sources. Pas plus. L’agence Eight Oh Two démontre que trois critères semblent plaire aux internautes :  on perd moins de temps, on n’est pas soumis à la publicité et les réponses sont courtes et précises.

Prenons un exemple : vous tapez « comparatif logiciels CRM entreprise », en quelques secondes, vous avez une vue d’ensemble sur les outils principaux, leurs avantages et  inconvénients, leurs tarifs… Plus besoin de dix clics pour obtenir vos précieux renseignements : difficile de faire mieux.

Alors, ça implique quoi pour les entreprises ? Il faut qu’elles apparaissent dans ces réponses pour exister réellement sur Internet. En fait, l’utilisateur va ensuite peut-être passer par Google pour avoir plus de détails, voir une image, en savoir un peu plus. Mais en tout cas, le premier pas est fait avec l’IA. Cela signifie que les marques qui n’apparaissent pas dans ces nouveaux moteurs de recherche restent quasiment invisibles pour ces internautes.

L’IA ne se contente pas de classer des pages, elle préfère mettre en lumière des entités

Le point de départ de cette sélection reste la crédibilité qu’elle accorde à  telle ou telle entité. Alors, vous vous demandez comment être crédible à ses yeux ? En clair, mettez l’accent sur l’ajout d’éléments comme les citations et statistiques. En augmentant ces dernières, on augmente de 30 à 40 % ses chances d’être repris par les IA si l’on en croit l’étude menée de l’université de Princeton sur le GEO.

Les publications ailleurs que sur votre site et validées par des tiers de renom comme les médias spécialisés, les communautés ou Wikipédia sont des signaux considérés comme positifs. C’est le cas également des contenus qui contiennent des chiffres, des cas concrets, des exemples.

Plus récemment, les analyses montrent que quelques domaines ont tendance à recueillir une grande partie des réponses. Et chose surprenante ! ce ne sont pas forcément les domaines les mieux placés sur Google. Ce qui signifie que même si vous êtes bien positionné sur Google, apparaitre dans les réponses IA n’est pas automatique.

GEO : quatre critères qui semblent prendre de la force avec quelques nuances

Ce que l’on nomme GEO aujourd’hui regroupe les critères qui vous permettent de figurer dans les réponses données par les moteurs génératifs. On note 4 critères principaux, cependant leur force diffère selon les secteurs.

Le signal de notoriété

Plus votre marque  est recherchée en tant que telle, plus le signal de confiance aux yeux de l’IA est fort. Si votre nom n’est jamais tapé sur les moteurs de recherche, il passera au second plan. Vous pouvez le tester en comparant le volume « marque » au volume de vos mots-clés. Il faut savoir qu’en dessous de 5 à 10 % pour la marque, vous risquez de n’être pas cité.

L’empreinte multi-source

On l’a déjà évoqué : plus vous êtes visible en dehors de vos propres médias (site, réseaux sociaux…) plus vous êtes reconnus par l’IA. À condition toutefois que ces sources soient fiables. Pour vérifier, essayez de faire le point sur les autres sites, annuaires, médias où vous apparaissez.  

Le signal social (et là c’est plus discutable)

On entend fréquemment que les LLM s’inspirent de Reddit, Linkedin pour essayer de rafraîchir ses sources et décider qui proposer. C’est certainement bien réel, mais… des cas particuliers démontrent le contraire. Certains ne travaillent absolument pas les réseaux sociaux et sont pourtant reconnus par l’IA et cités très souvent. Alors qu’à contrario d’autres ultra-présents sur Linkedin et YouTube restent quasiment invisibles. 

On peut penser que les niches B2B, les backlinks depuis des médias qui comptent et la valeur du contenu  prennent une part importante dans la volonté de l’IA à les citer. Difficile de dire exactement lequel de ces critères pèse le plus dans la balance. Il reste encore un vrai débat à ouvrir concernant ce troisième point !

Pour aller plus loin : Le netlinking à l’ère du GEO : comment les backlinks évoluent avec les moteurs basés sur l’IA ?

La force des données travaillées

Pour qu’elle puisse tirer parti de votre contenu, l’IA doit avoir des données factuelles : comparatifs bien argumentés, études de cas, chiffres… Les textes trop vagues ont peu de chance de se faire une place. Évitez les adjectifs comme rapide ou performant. Privilégiez plutôt des expressions comme gain de productivité de 25 %. Bien sûr, n’avancez pas de chiffres au hasard.

Pourquoi un bon SEO seul n’est plus suffisant ?

Comme on l’a vu déjà, un bon classement sur les moteurs de recherche classiques ne vous assure pas automatiquement d’être cité par l’IA. Il faut que votre expertise soit reconnue comme étant cohérente et là l’IA va checker ce que vous dites et ce qui est dit de vous. Elle vous reconnait dans votre globalité.

On constate déjà que des marques présentes dans le top3 sur Google sur certains mots-clés sont pourtant absentes des réponses IA. Aucun signal classique n’est détectable, elles ne changent pas de position, le trafic reste le même (pour l’instant). Ce qui n’empêche pas qu’elles soient transparentes pour les internautes qui utilisent l’IA pour leur recherche.

Si le SEO reste un socle solide et indispensable, il ne va plus être suffisant pour vous assurer de la visibilité quand la réponse est plus importante que le clic.

Un enjeu dans le domaine du B2B déjà palpable

Des études concernant le domaine du B2B laissent entrevoir les résultats suivants : environ 70 % des décideurs ont déjà intégré l’IA dans leur processus de recherche et de comparaison.  Pourquoi est-ce déjà un problème pour de nombreux entrepreneurs ? Tout simplement parce que seules deux ou trois sources seront prises en considération, les autres n’étant pas recommandées, pas mentionnées et donc pas comparées.

Se dire qu’être premier sur Google en 2026 est suffisant est donc de moins en moins vrai.   

Le tout GEO est-il la solution ?

Comme bien souvent, rien n’est tout noir ou tout blanc. Le GEO a ses limites et ses atouts et tout miser dessus n’est pas forcément une solution.

Les modèles ont une évolution très rapide, c’est pour cette raison que les bons résultats peuvent changer du jour au lendemain. N’oublions pas aussi que les réponses données par l’IA n’entrainent pas de clic et cela entraine un vrai questionnement sur le modèle économique de ceux qui créent du contenu. Enfin, les IA se trompent parfois et peuvent associer une entreprise à des informations qui ne lui correspondent pas.

Il est donc plus prudent de dire que l’incertitude demeure encore aujourd’hui.

Pour aller plus loin : Comment utiliser l’IA pour créer un contenu web qui convertit vos visiteurs ?

Être plus qu’une simple page : une source

Le GEO reste dans le domaine de l’expérimentation pour l’instant et il se construit peu à peu grâce aux observations des experts. Les critères sont en constante évolution, le poids de certaines données change, mais il reste une chose immuable, c’est que quelques mots-clés ne sont plus déterminants pour votre autorité… même s’ils sont bien placés.

Les moteurs génératifs attendent des preuves, de  nombreuses traces qu’ils peuvent ensuite recouper pour se faire leur propre idée.

Dans un avenir proche, les entreprises qui pourront attester qu’elles font partie des réponses données par l’IA sur leurs sujets seront prêtes pour le changement. Si les moteurs de recherche restent cruciaux, l’écart entre recherches classiques et recherches IA risque de devenir moins évident. Alors, être visible deviendra central et ça se prépare activement.

A propos de l’auteur

Leslie Grandemange : Consultante SEO & rédactrice web engagée, j’accompagne les PME vers un référencement plus responsable. Je partage mes réflexions et pratiques durables sur Galaxie SEO.