Le travail est très souvent pensé comme un accomplissement de soi pour beaucoup d’individus. Et pour cause, nous vivons dans une société qui valorise le travail et le sur-investissement des salariés. A contrario, travailler moins, et redonner une place plus importante à son temps libre et à son épanouissement personnel est encore vu comme une forme d’oisiveté négative…

Or, le nombre croissant de burn-out, et la quête de sens personnelle et professionnelle d’un certain nombre d’actifs invite à se réinterroger sur notre rapport au travail. En tant qu’entrepreneur, j’ai fait le choix depuis 5 ans, de mettre mon travail au service de mon mode de vie, en acceptant de gagner moins, mais de vivre mieux.

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Cet article est donc la restitution d’une prise de conscience personnelle et la dénonciation des dérives de l’aliénation par le travail, et les risques de confusion entre notre valeur individuelle et nos réalisations professionnelles.

Le travail vu comme valeur : le piège d’une vision réductrice et culpabilisatrice

Dans nos sociétés occidentales, on a tendance à placer la valeur « travail » au coeur de l’accomplissement personnel et professionnel. Mais concrètement, qu’est-ce que la valeur travail ? Fait-elle uniquement référence à une réalité bien définie ?

En France, la culture du présentéisme est profondément ancrée dans les mentalités des citoyens : rester tard au travail est valorisé, car cela est perçu comme un acte de dévouement et de sérieux.

Les télétravailleurs, quant à eux, sont encore perçus comme des glandeurs non assumés qu’il faudrait surveiller.

Certes, la caricature est un peu poussée, mais derrière le cliché demeure un fond de vérité.

Aujourd’hui, le travail, vu comme une valeur est une forme d’aliénation, accélérée par une forte pression sociale poussant à travailler plus, pour exister plus.

Or, on peut considérer le travail comme une valeur, sans pour autant passer 10h derrière un ordinateur.

En adoptant un nouvel angle, on peut se retrouver dans la valeur travail autrement :

  • En travaillant pour se sentir utile ;
  • En travaillant pour occuper son temps ;
  • En travaillant pour s’engager sur un projet qui nous tient à cœur ;
  • En travaillant pour monter les échelons d’une carrière ambitieuse.

Bref, s’intégrer socialement ou se conformer à la norme sociale de l’accomplissement par le travail n’est pas l’unique manière de faire du travail une valeur forte.

À titre personnel, je suis très impliquée dans mon travail, mais je n’associe pas le travail à la durée passée derrière un écran. Au contraire, dans une démarche d’efficacité, je préfère travailler plus vite, moins longtemps, tout en visant des résultats plus impactants.

Le travail est aujourd’hui considéré comme une valeur, car il est une façon d’exister dans nos sociétés en quête de toujours plus de conformisme.

Mais chacun est libre d’associer au travail les valeurs qui lui sont propres.

C’est pourquoi la valeur travail est plurielle et personnelle.

Et elle n’a rien d’incompatible avec une certaine oisiveté au quotidien.

Temps libre : comment reprendre la souveraineté de votre vie quotidienne ?

Depuis que je suis entrepreneur, je ne cesse d’ériger ma liberté comme valeur absolue.

Aujourd’hui, j’en suis encore plus convaincue lorsque je prends du recul, et observe mon entourage. En effet, c’est en comparant (malgré moi) ma vie à celle d’une partie des personnes que je fréquente, dont je prends conscience à quel point je suis libre :

  • Libre de travailler ou non ;
  • Libre de tout plaquer et partir à la conquête du monde ;
  • Libre de ne pas avoir de personnes à ma charge (enfants, parents, ou salariés) ;
  • Libre de ne pas être enracinée à un territoire ;
  • Libre de faire du sport entre midi et deux ;
  • Libre de prendre des rendez-vous médicaux en journée ;
  • Libre de partir en vacances, me payer un massage ou m’acheter un nouveau téléphone ;
  • Libre de me faire passer en priorité ;
  • Libre de m’émanciper de la pression sociale et du conformisme ;
  • Libre de désobéir à une autorité que je n’estime pas légitime.

Certes, la liberté seule ne fait pas tout et ne peut donner tout son sens à une vie.

Certes, la liberté sans attache peut déboucher sur une grande solitude.

Certes, la liberté dont je jouis a atteint un niveau des plus poussés.

Mais ce post n’a pas pour objectif d’exposer mes réussites personnelles en vitrine.

Il a pour objectif de vous montrer qu’à votre échelle, vous pouvez reprendre votre liberté en main, et redonner du sens, ou du plaisir dans votre quotidien :

  • En vous accordant du temps pour vous, pour ne pas vous oublier, même si vous devez vous lever plus tôt ou coucher plus tard (j’ai déjà fait des joggings à 6h ou 21h quand j’étais salariée, après ou avant une dure journée de travail) ;
  • En assumant être égoiste pour vous faire passer en priorité et en refusant des sollicitations familiales, professionnelles ou amicales (j’ai déjà refusé des invitations à des anniversaires et même un mariage) ;
  • En repensant l’équation temps/argent et en prenant conscience que vous économiserez plus à terme, en vous préservant dès maintenant.

Et vous, comment pouvez-vous reprendre un peu de votre liberté au quotidien ?

Conclusion : les signes qui montrent que vous êtes fait pour être entrepreneur

Avant de me mettre à mon compte, j’avais repéré quelques signes avant-coureurs de ce besoin d’indépendance.

En 2014, alors en service civique dans une municipalité, j’avais du mal à accepter le fonctionnement lourd et les process infinis de validation de mails et de décisions. Le télétravail m’était interdit, à mon grand regret, et j’étais régulièrement victime du bore out, ce syndrome de l’ennui mortel au travail.

En 2015, j’ai accepté une petite mission de consulting sur la thématique de la mobilité durable, dans le sud de la France. Cette mission liait travail de bureau et de terrain, mais intégralement en télétravail. Je me suis sentie libre, et responsable du fait qu’on m’accorde de la confiance, sans me cloisonner dans un open space.

En 2016, je commence mon premier vrai job, dans une structure associative. Le fonctionnement très hiérarchique, la culture du présentéisme et l’infantilisation des salariés m’ont fait démissionner un an et demi après avoir débuté.

Si vous vous sentez étriqué dans votre structure,

Si vous ne pouvez pas prendre d’initiatives,

Si vous ne supportez pas le présentéisme,

Si vous ne supportez pas l’autorité,

Mais si vous savez :

  • Gérer votre organisation de manière autonome ;
  • Construire un cadre de travail optimal ;
  • Accepter les aléas de vos rentrées d’argent ;

C’est le signe qu’un autre avenir est fait pour vous. Certes plus incertain, mais peut-être plus stimulant.

Vous arrivez au bout de ce que le salariat peut vous proposer : et si vous tentiez l’entrepreneuriat ?