Comment financer une entreprise sans passer par les banques ?

Crowdfunding, crowdlending, prêt d’honneur, microcrédit, love money, subventions… les solutions pour financer une entreprise sans passer par les banques sont nombreuses. En effet, que ce soit pour créer votre structure, reprendre une société déjà existante ou développer votre activité, vous n’avez pas à solliciter un emprunt bancaire et encore moins à subir les contraintes que cette démarche impose. Cet article fait justement le point sur les différents moyens de financement proposés par les acteurs non bancaires. Tout de suite les détails…

La love money pour accompagner son projet de création d’entreprise

Pour financer une entreprise sans passer par les banques, pourquoi ne pas penser à la love money ? Effectivement, vos proches et connaissances peuvent parfaitement bien apporter leur pierre à l’édifice dans le cadre de votre projet entrepreneurial. Votre cercle vous aide ainsi à augmenter votre apport personnel et à financer le démarrage de votre activité.

Cette solution de financement vous permet d’ailleurs de récolter rapidement des fonds auprès de votre famille, vos amis et vos autres relations. Dès lors, pour les convaincre de vous soutenir, vous pouvez avancer comme argument le fait de bénéficier d’une exonération ou d’une réduction d’impôts. En tout cas, cette aide financière peut prendre diverses formes : don, prêt et participation au capital. Il va sans dire que pour éviter les conflits et tensions vis-à-vis de votre entourage une fois votre projet lancé, vous devez mettre en place une gestion financière optimale et transparente.

À noter que si le don s’opère dans le cadre familial, vous avez tout à fait l’opportunité de recevoir jusqu’à 31 865 €, et ce, sans que vous ayez à payer les droits y afférents. Néanmoins, pour pouvoir en profiter, plusieurs conditions sont à remplir :

  • Le donateur a moins de 80 ans ;
  • Vous faites partie de sa descendance (enfant, petit-enfant ou arrière-petit-enfant) ou non (nièce ou neveu) ;
  • Vous êtes majeur ou mineur émancipé.

En outre, le don doit faire l’objet d’une déclaration de don, d’un acte notarié ou d’un acte sous seing privé. Vous devez également vous rapprocher de votre centre des finances publiques et l’avertir de cette démarche dans un délai d’un mois.

Solliciter les business angels pour financer un projet innovant

Appelés aussi investisseurs providentiels, les business angels peuvent vous appuyer dans votre projet d’entreprise (amorçage ou développement) si celui-ci révèle un fort potentiel de croissance. De fait, ces entrepreneurs et anciens cadres supérieurs ne s’intéressent qu’aux projets ambitieux. Seuls ou à plusieurs, ils peuvent ainsi financer un investissement à partir de 5 000 € jusqu’à 700 000 €. Cette aide financière se présente alors sous la forme d’une entrée en capital (part généralement inférieure à 20 %).

Néanmoins, outre ce financement, les business angels peuvent également vous donner de précieux conseils. De même, puisqu’ils disposent d’un solide réseau, ils vous font profiter de leur carnet d’adresses bien garni. Conscients des risques qu’ils prennent en cas d’échec de votre projet, ils revendent le plus souvent leur participation dans un délai de 3 à 5 ans. Quoi qu’il en soit, en investissant dans votre entreprise, ils bénéficient d’une réduction fiscale.

Les fonds d’investissement pour financer une entreprise sans passer par les banques

19,3 milliards d’euros, voilà le montant des investissements réalisés par les membres de France Invest en 2019 ! France Invest, c’est l’autre appellation de l’association française des investisseurs pour la croissance (AFIC). Elle regroupe actuellement en son sein près de 300 fonds d’investissement dans l’Hexagone. Vous avez dès lors beaucoup à gagner à faire appel à l’un de ces fonds pour votre demande de financement d’entreprise. Alors, pourquoi faire l’impasse sur cette solution particulièrement intéressante pour financer votre projet entrepreneurial ?

Concrètement, un fonds d’investissement se compose d’actionnaires professionnels qui prennent une participation dans votre société. Majoritaire ou minoritaire, cette entrée en capital marque donc votre partenariat avec les acteurs du capital-investissement. Ces derniers investissent dans les projets à fort potentiel de croissance et de développement. En revanche, contrairement aux business angels, ces fonds se caractérisent comme suit :

  • Le montant investi s’élève en moyenne à 5 millions d’euros par entreprise (le minimum étant fixé à 250 000 €) ;
  • Le partenariat s’inscrit sur le long terme et dure en général entre 3 à 7 ans.

En tout cas, que votre structure représente une startup, une PME ou une ETI non cotée en bourse, vous pouvez compter sur le soutien d’un fonds d’investissement.

Les concours à la rescousse des créateurs d’entreprise

Si vous en plein dans la création de votre entreprise, pensez à participer à des concours dédiés. De fait, de nombreuses organisations lancent des concours à destination des entrepreneurs en herbe. Nous pouvons citer :

  • Le Prix Moovjee ;
  • Le Concours Talents BGE de la création d’entreprise ;
  • BFM Business ;
  • Défi Entreprendre ;
  • Le Concours French Tech Tremplin ;
  • La Fabrique Aviva…

Ces évènements vous permettent bien évidemment de gagner des dotations financières à la clé. Mieux encore, ils peuvent constituer un véritable tremplin pour vous faire connaître. Par ailleurs, ce sont des occasions en or pour élargir votre réseau professionnel. En effet, ils vous permettent de rencontrer de potentiels investisseurs et d’autres entrepreneurs qui ne manqueront pas de vous apporter des conseils avisés.

Bon à savoir

Dans certains cas, ces concours se destinent à des profils d’entrepreneurs spécifiques (femmes, jeunes…). De même, ils peuvent concerner des secteurs d’activité bien définis comme l’économie sociale et solidaire, l’écologie ou encore le numérique.

Le financement participatif, une véritable alternative au crédit bancaire

Simple à mettre en place, le financement participatif a aujourd’hui le vent en poupe. Comme vous le savez sûrement, il permet de solliciter des fonds auprès d’un public plus large grâce à une plateforme en ligne. Il vous offre notamment la possibilité de réunir la somme nécessaire pour financer votre projet d’entreprise facilement et rapidement. Selon vos exigences et vos attentes, vous avez d’ailleurs le choix entre trois formes de finance participative :

  • Crowdfunding par don ou reward crowdfunding (avec ou sans contrepartie, prévente ou précommande d’un produit ou service) ;
  • Crowdlending ou prêt participatif (avec ou sans intérêts, en minibons) ;
  • Crowdequity ou crowdfunding sous forme d’investissement (en capital, en obligations ou contre royalties).

En fonction de votre secteur d’activité, vous avez en outre le choix entre les plateformes généralistes et spécialisées.

Les prêts d’honneur

Vous cherchez à financer votre projet de création ou de reprise d’entreprise ? Vous êtes un jeune dirigeant et vous souhaitez financer vos besoins en fonds de roulement (BFR) ? Alors, n’hésitez surtout pas à demander un prêt d’honneur auprès d’un réseau d’accompagnement. À l’instar du Réseau Entreprendre, Initiative France, Pôle Emploi encore l’ADIE (association pour le droit à l’initiative économique).

En fait, il s’agit d’un prêt à la personne :

  • Sans garantie ni caution personnelle ;
  • Généralement à taux zéro ;
  • Bénéficiant d’un apport en fonds propres ;
  • Remboursable sur une période de 3 à 5 ans ;
  • D’un montant qui peut atteindre les 90 000 € pour les projets innovants.

Dans tous les cas, pour pouvoir profiter de ce financement, la patience se révèle de mise. En effet, vous devez avoir été sélectionné et passer devant un jury de professionnels.

Le microcrédit

Vous rencontrez des difficultés pour accéder aux divers financements bancaires en raison de votre statut précaire ou l’insuffisance de vos revenus ? Dans ce cas, le microcrédit s’impose comme la solution idéale pour un projet de création, de reprise ou de consolidation d’entreprise. Concrètement, c’est un prêt rémunéré :

  • Avec un taux d’intérêt de 5 % au minimum ;
  • D’un montant maximal de 10 000 € (20 000 € pour l’ADIE) ;
  • Avec une durée de remboursement comprise entre 36 mois à 48 mois (sauf différé de remboursement accordé par l’organisme prêteur) ;
  • À compléter avec un prêt d’honneur ou une aide publique ;
  • À demander auprès de l’ADIE, des réseaux accompagnants (France Active, Initiative France…), chambres de commerce et des métiers, etc.

Quoi qu’il en soit, ce dispositif permet de bénéficier d’un prêt et d’un accompagnement (assistance dans les formalités administratives, développement commercial…).

Les prêts interentreprises

Vous voulez financer efficacement vos besoins de trésorerie ? Alors, rien ne vous empêche de miser sur un prêt interentreprises, un outil introduit par la loi Macron n° 2015-990 du 6 août 2015 ou la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques. Seules les sociétés par actions (SA et SAS) et les SARL sont autorisées à s’accorder ce type de prêt entre elles.

Bien entendu, le prêt interentreprises est soumis à certaines conditions :

  • Votre entreprise est une TPE, PME et ETI, dont les comptes ont été certifiés par un commissaire aux comptes ;
  • L’entreprise prêteuse ne doit octroyer ce prêt qu’à titre accessoire de son activité principale ;
  • Votre structure et celle qui a consenti le prêt doivent entretenir un lien économique entre elles ;
  • La durée du prêt ne peut pas dépasser 2 ans.

Les subventions et aides aux entreprises

Peu importe le stade de développement de votre entreprise, vous pouvez solliciter une subvention ou une aide publique pour financer votre projet. Les subventions et dispositifs d’aides ne manquent d’ailleurs pas en France :

  • Aides à la création et à la reprise (NACRE, ARE, ARCE…) ;
  • Innovation (Aide à la faisabilité, Avance Innovation, Prêt BPI Innovation…) ;
  • Subventions sectorielles, etc.

Bref, de nombreuses options s’offrent à vous pour financer votre entreprise sans passer par les banques. Ces solutions de financement s’avèrent en plus cumulables entre elles. Dans tous les cas, des conditions peuvent s’imposer pour pouvoir en bénéficier. Pour cette raison, vous devez bien vous informer pour savoir si vous êtes éligible ou non à un dispositif en particulier.