Entreprendre - Comment réussir ou apprendre comme Nelson Mandela, plutôt que de répéter toujours les mêmes erreurs - 31 mars 2017

Comment réussir ou apprendre comme Nelson Mandela, plutôt que de répéter toujours les mêmes erreurs

Voici l’une des citations les plus célèbres de Nelson Mandela : « Je ne perds jamais, soit je gagne soit j’apprends ». Cette citation, vous l’avez surement vue maintes et maintes fois. Moi-même j’ai l’impression qu’elle apparaît très régulièrement sur mon fil LinkedIn. Mais je dois dire que je l’aime bien ! Il n’y a aucun doute quant au fait que Nelson Mandela était l’un des plus grands hommes du XXème siècle. Premier président noir de l’Afrique du Sud, prix Nobel de la paix 1993, il a laissé dans l’Histoire l’empreinte d’un géant…

Cette phrase, plus spécifiquement, transmet par ailleurs un message très positif. C’est une invitation à toujours aller de l’avant, à voir le bon côté des choses sans jamais se laisser se décourager par les obstacles. Enfin, à ne jamais désespérer, même dans les situations les plus compromises.

Quel est le problème dans ce cas ?

Le problème de cette phrase est qu’elle laisse un trop grand rôle à l’interprétation personnelle, parfois même sans respecter l’idée initiale de Mandela. Mal comprise, elle vous conduit à des échecs répétés plutôt qu’au succès.

Elle peut vous mettre dans une position où il devient acceptable de faire presque autant d’erreurs que vous le souhaitez. En effet, vous partez du principe que, de toute façon, vous en apprenez toujours un peu plus à chaque fois !

La question est : Apprenez-vous VRAIMENT quand vous échouez ? Si c’était le cas, pourquoi les gens auraient-ils tendance à répéter toujours les mêmes erreurs ?

Vous pourriez également interpréter cette phrase ainsi : « Ne tenons pas compte cette erreur, puisque de toute façon, ce n’en était pas véritablement une, n’est-ce pas ? C’était un apprentissage… ».

Considérez maintenant cette formule d’un auteur inconnu :

« Apprenez des erreurs des autres. Vous ne vivrez jamais assez longtemps pour toutes les faire vous-même ! »

Vous voyez maintenant les échecs sous une perspective nouvelle. Vous devez maintenant en tirer deux enseignements :

1. Assurez-vous de toujours apprendre de vos propres erreurs

Cela signifie que vous devez d’abord accepter de reconnaître vos erreurs, auprès de vous comme auprès des autres, afin d’en être pleinement conscient.

Ensuite, vous devez mener l’analyse de votre propre «boîte noire» (inspiré du livre Black Box Thinking de Matthew Syed) afin d’identifier la cause principale de votre erreur. Vous saurez ainsi comment l’éviter la prochaine fois.

C’est seulement en effectuant cette double démarche que vous apprendrez vraiment de vos erreurs et que vous pourrez éviter de les répéter.

Le même principe s’applique aussi pour les organisations collectives : chacun doit apprendre des erreurs de ceux qui l’entourent, afin d’éviter de les reproduire. Ce qui nous mène à notre deuxième point.

2. Apprenez des erreurs des autres

Rappelez-vous : vous ne vivrez jamais assez longtemps pour commettre toutes les erreurs possibles et inimaginables. Vous devez donc nécessairement apprendre des autres si vous voulez réussir un jour.

Je lis souvent des articles trompeurs à propos de la démarche « test and learn » : testez, testez, testez toujours et encore et (peut-être) vous finirez par trouver ce qui fonctionne pour vous. Drôle de leçon…

Ce type de message a été encouragé et amplifié ces dernières années par les grandes entreprises de A/B testing. Logique : plus vous testez, plus longtemps vous utiliserez leur logiciel (payant). Eh oui !

Pour citer mon associé Jochen : « Le A/B testing et les MVT (test à variables multiples) se réduisent bien souvent à jeter de la bouse de Yak contre le mur et voir ce qui reste collé ». En d’autres termes : vous avez besoin d’avoir de solides hypothèses à tester avant de lancer des A/B tests. Vous devez aussi vous assurer que vous avez assez de trafic pour obtenir des résultats significatifs. Sinon, cela revient à jouer aux devinettes.

Bonne nouvelle néanmoins ! Si vous avez un site que vous souhaitez améliorer, il existe de nombreux aspects que vous pouvez facilement rendre plus performants. Et cela rapidement, sans vous ruiner avec un A/B testing qui n’en finit pas.

Le but de cet article n’est pas de vous expliquer comment optimiser votre site pour obtenir un meilleur taux de conversion. Mais, en prenant un peu de hauteur, nous pouvons résumer vos objectifs en 4 points :

  • Vous voulez obtenir des quick wins ;
  • Vous voulez savoir rapidement ce qui est bon pour votre site ;
  • Vous voulez éviter les erreurs déjà commises dans des business similaires par des concurrents ou des partenaires ;
  • Vous voulez tester des hypothèses solides afin de pouvoir les valider par A/B tests (si vous assez de trafic néanmoins).

Élémentaire mon cher Watson. Mais comment pouvez-vous faire cela avec un degré élevé de certitude sans passer par le A/B testing ??

Eh bien, réfléchissez à ce que votre site web a en commun avec TOUS les autres sites : des UTILISATEURS. Des personnes, de vraies personnes guidées par leurs émotions.

Cela signifie qu’avec une bonne compréhension du comportement de vos utilisateurs, vous pouvez déjà corriger en peu de temps la plupart des problèmes de votre site, repérer les quick wins et éviter les erreurs que d’autres ont commises avant vous.

C’est là que la psychologie du consommateur et la science de la persuasion peuvent vous venir en aide. Des chercheurs en psychologie cognitive et en économie comportementale, tels que Daniel Kahneman ou Dan Ariely, ont mené des études pour démontrer comment les individus réagissaient à des situations et des contextes donnés. Ils ont prouvé que les individus sont guidés par leurs émotions et par des biais cognitifs plus que par leur réflexion. Ainsi, si vous savez comment appliquer des tactiques de persuasion à votre site, vous vous simplifierez votre travail et vous gagnerez en efficacité.

Vous pourriez même appliquer ces principes à votre vie personnelle. L’économie comportementale est une matière tout à fait fascinante. Je recommande d’ailleurs toujours à mes amis et à mes équipes de la découvrir, aussi bien pour eux-mêmes que pour améliorer leur méthode de travail.