Actualité du mobile - L’obsolescence programmée et la surconsommation des mobiles : un nouveau problème de société ? - 3 mars 2017

L’obsolescence programmée et la surconsommation des mobiles : un nouveau problème de société ?

Matthieu Espaze Consultant acquisition de trafic

L’obsolescence programmée est une pratique liée au phénomène de surconsommation. En ce qui concerne les mobiles, l’obsolescence prend diverses formes. Quel est l’impact de cette pratique sur la société ? Représente-t-elle un véritable problème ?

Qu’est-ce que l’obsolescence programmée ?

Quand un téléphone ne fonctionne plus, ce n’est pas toujours pour des raisons techniques. La durée de vie moyenne d’une batterie de téléphone est estimée à 18-24 mois, mais il est techniquement possible de réduire cette durée nominale.

Au bout d’un certain temps, votre téléphone cesse tout simplement d’émettre des signes de vie ou n’est plus compatible aux nouvelles applications et nouveaux programmes : c’est l’obsolescence programmée. Le fabricant réduit délibérément la durée d’existence du produit.

Concrètement, l’industriel n’hésite pas à introduire volontairement une défectuosité, une fragilité, un arrêt programmé, une incompatibilité logicielle ou une limitation technique dans le produit au moment de sa conception afin de diminuer sa longévité.

Quel est son impact sur la société ?

L’obsolescence programmée est considérée comme le nouveau fléau de la société moderne. L’apparition de l’obsolescence esthétique en est l’exemple parfait. Cette catégorie d’obsolescence est due à la psychologie des consommateurs.

Symbole d’une société de gaspillage, le téléphone portable fait partie de notre quotidien. Les consommateurs sont souvent attirés par les nouveautés, les nouvelles fonctionnalités, les nouveaux usages et les nouvelles technologies. On cède alors facilement à la tentation de jeter l’ancien pour en acheter un neuf, jugé plus pratique, plus fiable, plus performant.

Chaque année, plus de 20 millions de téléphones sont vendus par les fabricants. Selon une étude, la durée moyenne de possession d’un téléphone est d’environ 20 mois. Certains n’attendent même pas que le téléphone rende l’âme pour en changer. Ainsi, les anciens modèles finissent souvent au fond de nos tiroirs et viennent alourdir les chiffres sur les déchets liés à l’usage de la téléphonie mobile.

Il est démontré également que l’obsolescence programmée a un impact social certain notamment sur le pouvoir d’achat des ménages qui y consacrent des centaines d’euros par an sans pour autant gagner en confort.

Vers une consommation plus responsable

Dans la pratique, les objecteurs de conscience s’appuient sur de nouveaux concepts pour faire reculer la surconsommation de téléphone portable. Revendre ou réparer plutôt que de jeter est devenu un leitmotiv pour les fervents défenseurs de l’environnement.

Des sites internet destinés à l’entraide entre consommateurs voient le jour. Des startups de réparation de Smartphones comme PhoneHubs proposent leurs services aux particuliers qui souhaitent réparer un écran cassé, remplacer des pièces détachées (boutons, connecteurs, caméra, etc.).

Le bonheur qui est assimilé à la consommation n’est plus d’actualité. Même si 20 % de la population seulement consomme près de 80 % des ressources de la planète, la meilleure parade est encore de responsabiliser les consommateurs. Cela ne suffira pas pour autant puisque les techniques de vente modernes s’acharnent à vendre davantage d’objets souvent inutiles avec une fin programmée pour des raisons économiques. De ce fait, une réponse législative s’est révélée indispensable pour enrayer ce mécanisme.

Cette technique jugée délictuelle par le législateur est désormais passible de prison. La loi sur la transition énergétique interdit sa pratique tant pour protéger le droit des consommateurs que pour réduire l’impact de la surconsommation sur l’environnement. L’infraction est punie de deux ans de prison et de 300 000 euros d’amende.

En résumé, le choix d’une solution durable pour les Smartphones repose en partie sur les consommateurs. Notre comportement social est en cause. Bien qu’il ne s’agisse pas de se priver, la solution alternative serait de vivre plus simplement. Cependant, il n’est jamais trop tard pour bien faire.

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