Best Of Editorial Web — 07 février 2014 — 26 commentaires
L’intérêt d’un score de lisibilité pour vos articles

Ecrire des articles d’excellente qualité n’a jamais été aussi important. Un contenu pertinent est une chose. Un contenu adapté aux lecteurs, tout particulièrement dans le langage utilisé, en est une autre. C’est la raison pour laquelle, lorsque nous écrivons pour le web, nous avons à coeur de soigner la tonalité, et surtout la forme. Car après tout, la lecture sur écran n’est pas la même que sur papier…

On s’accordera sur les quelques bonnes pratiques suivantes, largement usitées.

  • Un texte aéré, avec des paragraphes qui n’excèdent pas 6 lignes et un espace suffisant entre chaque ligne ;
  • Privilégier des phrases courtes et des mots simples ou courts ;
  • Utiliser un langage que le lecteur comprend, avec son jargon si besoin.

Jusque-là, rien de neuf sous le soleil direz-vous.

Le score de lisibilité Flesch

draper-readability-chartOutre-atlantique, il existe une matrice qui détermine la facilité de lecture d’un texte. Fort pratique pour la rédaction web. Développé par Rudolf Flesh, un consultant en lisibilité et docteur en anglais, le score de lisibilité est fondé sur des principes de psychologie.

Lorsque l’on lit, les yeux et l’esprit se concentrent sur une succession d’étapes sur la page. Chaque fois que cela arrive, l’esprit forme un jugement provisoire de ce que les mots veulent dire jusqu’à ce point. Seulement lorsque l’on arrive à une ponctuation (virgule, point, saut de paragraphe, etc), l’esprit s’arrête pour une fraction de seconde, accumule les idées, et interprète le sens final de la phrase ou du paragraphe. Plus la phrase est longue, plus le lecteur est tenu en haleine jusqu’à l’interprétation finale de ce que le mots signifient. Cela signifie plus de travail mental pour le lecteur. 

La formule Flesh compte les mots et les syllabes pour mesurer l’effort mental requis à la comprehension du texte. A titre d’exemple, une publicité grand public aurait un score de 82 alors que les termes d’une police d’assurance récolterait un score de 10, sur une échelle de 0 à 100.

Je me suis bien évidemment prêté à l’exercice pour cet article, qui a été maintes fois retravaillés pour améliorer le score de lisibilité. Dans sa version finale, l’article obtient un score de 49,7.

Une fonctionnalité dans le progiciel Word de Microsoft (dans la version anglo-saxone) permet justement de déterminer la lisibilité du texte en utilisant cette matrice. Sinon, le site readability-score.com fait très bien notre affaire.

L’intérêt d’un tel outil est de pouvoir mesurer la lisibilité d’un texte. Même si ce schéma ne s’adapte pas forcement à la langue de Molière, l’anglais ayant une structure différente, on pourrait imaginer utiliser ce modèle avec une pondération qui prendrait en compte notre langue.

Vous qui écrivez sur le web, que pensez-vous d’un tel outil ?

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L'auteur

Clément Brisard

Passionné par le web, j'en ai fait mon métier. Avec plusieurs années d'expériences en Web Marketing, je mène des projets web, je crée des campagnes virales ou j'optimise des sites web. Et je partage mes découvertes avec vous.

 


26 Commentaires

  1. Bonjour,

    Très intéressant merci beaucoup !

    Les bonnes pratiques que vous évoquez sont en effet de bon sens, j’y ajouterai l’ultime conseil à 2 euros qui mériterait d’être plus suivi (et même parfois sur webmarketing ^^): soigner l’orthographe, la grammaire et la syntaxe !

    Ce genre d’outil est pratique, mais il ne peut s’attacher qu’à des critère objectifs, qui ne prennent pas en compte les critères de champ lexical que vous évoquez en 3è conseil, ni le destinataire du texte (pour caricaturer, un universitaire ou un ado n’auront pas la même tolérance aux phrases longues par exemple). L’outil est donc à pondérer en fonction de tout ça.

    Un autre élément est pour moi capital, c’est le style, et c’est difficilement mesurable. Un texte clair, logique, ou les idées s’enchainent facilement, et dont le ton est plaisant à lire sera plus efficace qu’un texte brouillon et barbant. (encore une fois, c’est juste du bon sens !)

    Bonne journée !

    • (pour les fautes d’orthographe, faites ce que je dis pas ce que je fais, bien entendu…)

    • Merci Aurélie,

      Tout à fait d’accord. Cette outil ne remplacera jamais une bonne grammaire, un style, ni une relecture assidue (d’ailleurs je viens de repérer une belle faute d’orthographe).

      Je trouve toutefois intéressant de pouvoir mesurer l’effort mental à consacrer pour la lecture d’un article. Je me suis amusé à passer cet article à la moulinette du score Flesh, et comme je l’écris, j’ai retravaillé l’article à plusieurs reprises pour grignoter des points, sans trop impacter le style.

    • L’outil vaut ce qu’il vaut pour le français, en anglais les phrases sont en moyenne plus courtes et le nombre de syllabes plus faible aussi.

      Ce qui est important aussi en lisibilité c’est le choix de la police et sa taille, le nombre de caractères par ligne, l’espace entre chaque ligne.

  2. Très intéressant ! Il faut que je me penche de plus près sur cet outil. Merci pour la découverte :)

  3. Merci pour cer article,
    Je l’ai lu jusqu’au bout, donc ce score de lisibilité doit avoir une certaine influence.

  4. Merci pour cette trouvaille!

  5. Salut,

    merci pour cet outil.
    Peut-on mesurer la créativité et l’originalité d’un auteur ? :-)

    A+

  6. Super merci pour le site, très facile d’utilisation, j’ai directement testé un de mes articles qui obtient malheureusement un score de 55.7/100 ^^

    • Ce n’est pas une mauvaise note. Ce que Flesch nous dit, c’est que chaque texte s’adapte à un lectorat. Peut-être est-ce un score suffisant pour vos lecteurs.

  7. Très intéressant comme article. En tout cas, il est assez rare que je lise des articles en entier, justement parce qu’ils sont moins « lisible ». Ici il est vrai que ça se voit que vous avez travaillé votre texte et il semble plus agréable à lire que la moyenne.

    Où se trouve la fonctionnalité sous word ? est-elle justement dispo dans la version française ou uniquement anglophone comme vous le dites ?
    En attendant, je vais utiliser Readability =D merci !

  8. Très bon article.

    Cependant, il y a confusion autour du but des métriques Flesch et Flesch Kincaid.

    On ne reproche pas à un contenu d’obtenir un score de 10, si il et dirigé à un public pouvant et devant lire un score de 10.

    En d’autres termes, l’on peut considérer que les scores peuvent se diviser par tranches d’âge, classes sociales et objectifs.

    Par exemple, un score de 10 à 25 correspond à un niveau universitaire, alors qu’un score de 80-95 correspond à un niveau primaire.

    Un score de 50 (plus ou moins) signifie que l’article est dirigé à des gens spécialisé (si je prends l’exemple de ce site), sans pour autant atteindre un niveau universitaire.

    Donc…c’est très bien !

    Si votre client est un portail de recherche médical international, alors un score de 15 ne posera aucun problème, en revanche si votre client est un commerce pour jeunes mamans, il est préférable d’atteindre un score de 60 environ (faut pas leur parler comme si c’était les dernières des imbéciles).

    En politique, un score de 98 est préférable.

    • Merci. En effet, l’article ne fait pas état du test de Flesh-Kincaid, qui est un autre score développé par Flesch, et qui est principalement utilisé dans le domaine de l’éducation.
      Le score de cet article est en adéquation avec le lectorat du site, spécialisé sans être trop compliqué. Nous autres rédacteurs de WebMarketing&Co’m, nous avons à coeur de rendre accessible le e-marketing.
      Un score de 98, ne serait-ce pas la langue de bois ?
      Encore merci pour ce commentaire.

  9. Flesch multilingue

    http://www.mancko.com/tests-de-lisibilite/fr/

    Testé et donné des retours !

    • Merci pour le lien.

  10. Deux bémols ici, et ce sont des bémols majeurs!

    1. Le calcul se base sur le nombre de syllabes. Si on utilise un outil informatique anglais (par exemple, le logiciel Word ou le site web qui sont cités), la coupure se fera selon une logique anglaise. Je ne suis pas certains que le décompte soit exact.

    2. Mais surtout, c’est bêtement mathématique. Selon ce test, la phrase « Le gouvernement socialiste a perdu ses élections. » serait plus difficile à lire que « Trouvé au CERN, le boson BEH! ». Ici, même s’il a 4 syllabes, « gouvernement » est tellement usuel qu’il est facile à lire. Si on enchaîne avec « socialiste », ça reste encore très usuel (pour des Français du moins, ici au Canada c’est une autre histoire!). Puis, « élection », toujours dans ce contexte, est tout aussi facile à lire. Par contre, l’autre exemple, avec son inversion et ses petits mots moins usuels, est moins évidente, malgré un meilleur score.

    Pour avoir utilisé ce test pendant deux ans pour des travaux de vulgarisation dans un grand hôpital montréalais, je peux vous confirmer que ça peut être utile pour un rédacteur junior, mais le jugement d’un rédacteur expérimenté (et compétent, ce qui ne vient pas toujours avec l’expérience) donnera toujours de meilleurs résultats.

    • Bonjour Etienne. Il est certain que cette matrice ne remplacera pas l’expérience du rédacteur. Merci pour ce commentaire.

  11. Merci pour cet article et la découverte. Une explication logique à la lecture n’est pas explicitée ici : donc d’après votre exemple plus le score à un résultat petit (près de 0), plus cela demande d’attention au lecteur, plus c’est « difficile à comprendre » pour faire simple, c’est ça?
    ça marche à l’envers en fait?

    merci.

    • C’est bien résumé.

  12. Bonjour,

    super article (et super site au passage). J’écris dans un webzine spécialisé Hip-Hop et il est vrai qu’en terme de jargon on doit se plier à certains « codes » certes naturels pour nous mais qui sont indispensables pour nous et nos lecteurs. Alors oui un tel outil est pratique, mais je doute qu’il comprenne l’argot français (tout comme un outil français aurait du mal avec de l’américain). Alors est-ce qu’il interprète les mots comme un langage adapté ou comme termes inconnus ?

    • Bonjour Blaise,
      Merci pour ce commentaire. Le score de Flesch est purement « mathématique », il n’interprète pas les mots. Il ne remplacera pas votre style d’écriture.

  13. Merci pour cet outil intéressant qui nous rappelle qu’il faut chasser sans pitié la lourdeur et la complexité. Mais si j’ai bonne mémoire, la lisibilité possède 2 « branches »: lisibilité « technique » et lisibilité sémantique. Or le test de flesh ne peut mesurer que la 1ère. Il me semble que certains outils de correction comme Antidote abordent également le 2è aspect de la lisibilité (vocabulaire, style…). En marge de ces outils, rien ne vaut un bon relecteur en chair et en os : http://webeditor.lu/relecteur-hors-pair/

  14. Très bon article. L’important est de couper dans le gras, éviter les adverbes, toujours essayer de faire plus court. Pas toujours facile pour quelqu’un qui aime écrire… Écrire moins. Dire la même chose en moins de mots. Ça requiert de la synthèse, de la créativité et d’aller droit au but.

  15. Je passe d’un score de 38 à 70 en traduisant mon article en anglais sur Google Traduction (je vous laisse imaginer à quoi ressemble mon article après cette étape). Cet outil n’est donc clairement pas fiable pour les articles rédigés en français. Ce qui est compréhensible puisque ces deux langues ont une structure totalement différente.

    En revanche il s’agit d’un outil très intéressant (tout comme cet article ;) )qui mérite d’être développé en français!

  16. Bonjour,

    Super article ! J’aimerais savoir quel serait un bon score (sur 100) pour une bonne lisibilité ?

    Encore merci :)

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