Digital Marketing : l'approche anglo-saxonne Vs. Francophone

Le dernier rapport de Hootsuite et We Are Digital précise que plus de 4 milliards de personnes sont connectées aujourd’hui à internet. On comprend alors vite pourquoi les entreprises misent de plus en  plus sur le marketing digital pour accroître leur notoriété sur la toile et élargir leur base de clients… 

Cette forme « numérique » du marketing remporte, en effet, beaucoup de succès ces dernières années. Ses paradigmes et outils se développent sans cesse, laissant apparaître des tendances diverses. Des tendances qui varient parfois en fonction des différents coins du monde. 

D’ailleurs, les experts distinguent deux écoles, très distinctes : l’approche francophone et l’approche anglo-saxonne. Les spécificités de ces deux manières de concevoir le marketing digital feront l’objet de cet article. Mais avant, il est opportun de définir brièvement le marketing digital.

Le marketing digital ou « numérique », c’est quoi ?

En des termes simples, le marketing digital fait référence à toutes les techniques marketing qui se font sur la toile. 

Dans le cadre d’une stratégie de marketing digital, une entreprise emploie divers outils web dans le but d’élargir sa base d’audience. Parmi tous les outils numériques il y a notamment :

  • Les réseaux sociaux ;
  • Les sites web ;
  • Le blog ;
  • Les emails ;
  • Les moteurs de recherche ;
  • Les vidéos, etc.

En très peu de temps, le marketing digital est devenu un impératif pour les boîtes cherchant de la compétitivité. Cette importance est due à deux problématiques majeures :

  • Contrairement au marketing traditionnel, le marketing numérique se réinvente très souvent et installe une communication bidirectionnelle entre l’organisme et ses clients ;
  • Les consommateurs passent de plus en plus de temps devant leurs écrans d’ordinateurs, de Smartphone ou de tablettes.

Tout ceci favorise l’émergence d’un très grand nombre de métiers dits « numériques », exercés pour la plupart dans une agence digitale ou de communication.

Par ailleurs, pour répondre à un besoin de plus en plus perceptible de cadres dans le digital, plusieurs écoles supérieures consacrent désormais des programmes de formation en marketing digital. Ce dernier étant considéré comme un levier économique à part entière.

Les spécificités du modèle francophone

Selon l’édition 2021 du Digital Report de Hootsuite et We Are Social, entre 2019 et 2020, les entreprises françaises ont dépensé 6,22 milliards de dollars pour leurs publicités digitales, dont 1,5 milliard de dollars via les réseaux sociaux. Cela présente une progression de 3,1% sur une année.

Ces chiffres prouvent à quel point la numérisation devient une préoccupation majeure pour les agents économiques de l’Hexagone. Ces derniers ont bien sûr leur propre perception du marketing digital. Une perception que l’on peut décortiquer à travers les chiffres suivants :

  • Dans le cadre d’une stratégie de marketing digital, les professionnels consacrent 10% seulement de leurs efforts à l’analyse de données ;
  • 73% des professionnels évaluent leurs résultats en termes de marketing digital sans se concerter avec d’autres partenaires ;
  • Pour les professionnels francophones du numérique, l’amélioration des performances d’une entreprise contribue à hauteur de 27% dans la croissance de son chiffre d’affaires ;
  • Les actions visant à rectifier de mauvaises décisions ou actions entreprises par la société concentrent 37% des efforts fournis par les professionnels du numérique.

Les spécificités du modèle anglo-saxon

En marketing digital, les Anglo-saxons accordent très peu de temps à l’analyse d’un projet. Pour eux, une entreprise doit agir d’abord, puis procéder aux actions correctives qui s’imposent au fur et à mesure que les premiers résultats apparaissent. Voici les chiffres qui le prouvent :

  • Les professionnels du numérique anglo-saxons ont tendance à sous-traiter l’étape d’analyse d’un projet ;
  • Ils n’accordent que 7% de leurs efforts en termes de marketing digital, aux actions visant à corriger une mauvaise action ou une prise de décision erronée ;
  • 60% des actions de marketing numérique des professionnels anglo-saxons visent à résoudre des problèmes apparus bien après que le projet ait été entrepris ;
  • 58% du chiffre d’affaires réalisé est consacré pour augmenter la performance et la visibilité de l’entreprise.

Marketing digital : en quoi les modèles francophones et anglo-saxons sont-ils différents ?

Les chiffres présentés plus haut sont révélateurs. Ils montrent que le marketing digital en France reste l’affaire d’actions isolées et d’initiatives personnelles. Rares sont les sociétés qui pour leur stratégie de marketing numérique rassemblent les efforts de plusieurs professionnels dans un travail d’équipe. Chaque profil travaille à son niveau pour la réalisation des tâches qui lui incombent sans forcément se soucier de ce qui se passe chez d’autres collaborateurs impliqués dans les mêmes projets numériques.

Il arrive même que l’on trouve, dans certains cas, des professionnels totalement déconnectés des démarches entreprises par leurs collègues. Un tel constat a poussé les directeurs d’entreprises e-commerce à faire de moins en moins confiance au modèle francophone.

Le modèle anglo-saxon c’est tout le contraire ! En Angleterre comme en Amérique du Nord, l’accent est mis sur les actions collaboratives et les initiatives collectives. Par exemple, 62% des professionnels du numérique américains sont motivés par le chiffre d’affaires réalisé, contre 26% seulement chez leurs confrères en France. Les Anglais, quant à eux, s’intéressent à hauteur de 58% aux bénéfices.

De là, nous déduisons que l’approche anglo-saxonne du marketing numérique est plus guidée par les actions concrètes et les résultats qu’elles peuvent produire. Du côté francophone, on préfère davantage miser sur l’analyse et la théorie. C’est pour cette raison d’ailleurs que les Anglo-saxons ont souvent tendance à sous-traiter l’analyse de leurs données. Pour cela ils recourent aux services du Data-Analyst.

France : une migration vers le modèle anglo-saxon est-elle possible ?

Il faut savoir que le e-commerce en France a réalisé un chiffre d’affaires de 100 milliards d’euros en 2020 selon une enquête de la Fevad. Alors, bien que l’approche francophone du marketing numérique ait encore certaines carences, celle-ci produit des résultats satisfaisants.

Néanmoins, il est tout à fait possible que les professionnels du numérique en France s’inspirent de certains points qui font le succès de leurs homologues anglo-saxons. Par exemple, ils peuvent allouer moins de temps aux étapes de conception pour se consacrer davantage à des actions concrètes. Les données que ces actions vont produire peuvent servir par la suite pour la mise en place des actions correctives nécessaires.