Best Of Emploi Webmarketing Métiers du web — 26 septembre 2013 — 15 commentaires
Avantages et inconvénients de travailler pour une startup

Les startups représentent un univers attractif pour les jeunes diplômés, notamment à l’étranger. La vue romantique de la startup à l’ambiance décontractée, favorisée par la description faite dans divers films relatant cette vision, s’est imposée. Mais il faut savoir que tout n’est pas toujours rose non plus. Quels sont les avantages et inconvénients de travailler pour une startup?

 

Travailler pour une startup: Oui, mais…

Il y a moins d’un an, je sortais d’école de commerce avec mon master en marketing international en poche, trilingue et avec des expériences internationales au compteur, j’étais convaincu que j’avais une chance auprès de grandes entreprises. J’étais en négociation avec une grande entreprise d’e-commerce avant de tomber sur une offre d’emploi d’une startup allemande avec un concept intéressant. Je me suis dit qu’un entretien ne ferait pas de mal et j’y suis allé. L’ambiance décontractée et l’opportunité de participer à un projet encore jeune avec des perspectives de croissance immenses m’a convaincu et j’ai décidé d’accepter le job, pourtant bien moins payé que ce à quoi je pouvais prétendre (en théorie). Quelques 8 mois plus tard, je suis dans une position avec des responsabilités que je n’aurais pas eu dans une grande entreprise si rapidement. Tout est bien qui finit bien? Pas tout à fait.

Les avantages

Qu’est-ce qui rend ce type de poste particulièrement attractif ? Je m’appuie pour cela sur mon expérience personnelle et sur l’article de venturevillage.

  • Des perspectives d’évolution intéressantes, les fondateurs / recruteurs promettent des possibilités d’évolution très rapides si l’on prouve que l’on est bon dans son domaine!
  • Une hiérarchie moins visible et rigide que dans les plus grandes structures et ainsi un contact plus personnel avec les supérieurs.
  • Une ambiance décontractée, souvent dans une équipe internationale et une bonne ambiance de travail.
  • Une certaine flexibilité dans le la façon de travailler, puisqu’on est « seul responsable » de la réussite de sa partie du projet.
  • Une opportunité d’apprendre beaucoup et rapidement dans des domaines différents, les tâches sont moins découpées entre les différents services.

Tous ces facteurs vous semblent bien attractifs ? Il existe nénamoins des inconvénients…

Les inconvénients

Ces inconvénients commencent déjà à se faire sentir après quelques mois… c’est le début d’un rythme d’enfer, psychologiquement éreintant.

  • La vie d’une startup, c’est parfois assez chaotique. Le manque de structure est un certainement inconvénient. Le leadership n’est pas assez développé et les fondateurs ont souvent un manque d’expérience dans le management.
  • Au niveau financier, c’est rarement (jamais?) attractif, puisque les initiateurs du projet ont un budget limité et tentent de garder les coûts au minimum. Il est également difficile d’obtenir une autre forme de compensation ou d’avantages et il n’est possible de négocier des parts dans la structure qu’une fois que vous aurez montré que vous êtes indispensable.
  • Il y a du boulot, c’est certain. Travailler pour une startup, c’est faire une croix sur ses 35 heures et accepter de faire des heures supplémentaires sans aucune compensation ! Ne parlons pas de vacances ! Vous travaillez sur ces  projets à temps plein…
  • Les contrats ne sont pas à l’avantage des employés mais des employeurs, travailler pour une startup, c’est accepter une certaine instabilité et précarité.

Venture Village vient de publier une infographie résumant ces avantages et inconvénients:

Infographie par venturevillage.eu

Infographie par venturevillage.eu

Conseils aux jeunes diplômés

L’opportunité de travailler pour une startup ou même d’en créer une (ce qui est encore une autre paire de manches) est intéressante pour les jeunes diplômés qui ont d’avantage en tête l’envie de partir à l’aventure que d’obtenir un bon salaire et la sécurité de l’emploi. Les processus de recrutement étant souvent bien plus courts que pour les postes dans les grandes entreprises, la possibilité de commencer à travailler très rapidement, et de gagner en expérience en font un nid à Jeunes diplomés ! Les tâches à accomplir sont bien plus intéressantes que dans une grande entreprise dans laquelle on commencera par faire les tâches ingrates pour « rentrer dedans. »

Par contre c’est véritablement un rythme d’enfer qu’il faut pouvoir tenir, cela simplement avec l’espoir d’avoir pioché dans LA startup sur 10 qui parviendra à subsister sur le long terme. Avec ma modeste expérience, je vais me lancer dans la tentative de donner 3 conseils à ceux qui hésitent à se lancer ou viennent de le faire:

  1. Formez-vous au-delà du minimum: travailler pour une startup implique que tous les employés doivent être à l’affût d’opportunités à saisir et engagés pour continuer à développer ce que vous vendez. Pour cela, il est nécessaire d’être au courant des dernières tendances mais aussi de comprendre le contexte dans lequel on évolue. Assimilez les informations et mettez les en perspective. Dans une startup, le travail ne s’arrête pas à 17H!
  2. Le réseau, c’est votre survie: La startup vous permettra de développer votre réseau de connaissances, notamment avec d’autres « startuppers ». Le sujet est quelque peu délicat, mais lorsque vous êtes en charge de développer un certain secteur, assurez-vous que votre réseau reste votre réseau afin qu’il devienne indispensable à l’entreprise…
  3. Scrutez d’autres opportunités: Le jour venu des re-négociations contractuelles, vous devez être dans la position de pouvoir dire non à une offre que vous ne jugez pas digne de votre travail. S’il faut bien entendu s’attendre à rester en dessous d’un salaire moyen pour votre profil en startup, après avoir fait vos preuves, ces qualités doivent également valoir plus qu’une compensation de stagiaire. Scrutez d’autres opportunités pour ne pas devoir accepter un contrat dont vous n’êtes pas satisfait par manque d’alternatives.

Certains d’entre vous travaillent-ils (ou l’ont par le passé) en startup et veulent me taper sur les doigts parce que j’ai écrit des bêtises? Réagissez ! Commentez ! Je promets de répondre! 

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L'auteur

Mael Roth

Diplômé en Marketing International, je suis Project Manager et consultant dans une agence de Content et Inbound Marketing outre Rhin (Park7). Je blogue en trois langues (FR, ANG, ALL) sur maelroth.com.

 


15 Commentaires

  1. Je suis tout à fait d’accord avec l’article !

    je rajouterais même une progression trop rapide puisque en quelques mois on fait déjà l’ensemble des prestations alors que dans un grand groupe il aurait fallu beaucoup plus de temps pour réaliser certaines taches.
    Quand on arrive on est tout dispo et motivé à l’idée de pouvoir toucher à tout et puis les mois passent et on se rend compte que finalement on a fait le tour et que l’on ne peut pas espérer faire plus…. si ce n’est prendre la place du boss 😉

  2. Mael,

    Intéressant ton article. Je vois dans ton texte beaucoup de critiques finalement pour les gérants de start ups, et de la même manière, si ce n’est pas facile d’être employé dans une start-up, c’est aussi très difficile d’en créer une et de trouver les bonnes têtes pour accompagner son développement.

    Et je parle pour ce que je connais. Tout le monde n’est pas trilingue, diplômé, motivé et investi, beaucoup de jeunes n’ont pas l’étoffe de se retrouver sur un projet de start up et cherchent à conserver une petite vie tranquille et bien cadrée. Il en faut bien pour tout le monde !

    L’idée que tu décris où les jeunes diplômés brillants rêvent des start ups est pour moins bien loin d’être une généralité, ils rêvent surtout de grands salaires et s’intéressent davantage aux voitures de fonctions, CE, etc qu’à la nature des missions qu’ils vont accomplir ici.

    Donc dans tous ça, les profils de startupers, il n’en reste pas beaucoup… Il n’y a pour moi pas de généralité à faire sur le travail en start-up (même si elles ont souvent certains points communs, c’est sur). Travailler dans une start up est pour moi l’occasion de travailler dans un environnement exceptionnel avec des personnes que l’on choisit et desquelles ont peut s’inspirer pour une vie entière… ou retenir des leçons ! L’apprentissage est extrêmement intense et nutritif à tous les niveaux. C’est une opportunité de se retrouver au coeur du réacteur, et si l’on ne reçoit pas de parts sociales, pas de grosse rémunération, il y a toujours une raison derrière et beaucoup d’éléments peuvent expliquer cela car le fondateur a une vision des choses toujours différente des autres. L’objectif est alors de transmettre cette vision pour convaincre son staff qu’il ne perd pas son temps ou son argent. et maintienne la meilleure productivité. Et un jour, le talent fini par payer : ici ou ailleurs ! D’autres ont dit, « ne travaillez pas pour l’argent, travaillez pour ce que vous aimez faire ». A aimer ce que l on fait, on y devient plutôt bon, et un jour, qui sait, on devient expert et peut être même entrepreneur à son tour…

    Amicalement,

    Christian

  3. En le relisant maintenant c’est vrai que j’ai l’air plus critique que l’inverse, mais c’est vrai que c’est aussi une très bonne opportunité d’apprendre beaucoup et de faire beaucoup de trucs différents!

    Par contre au revoir la vie sociale 🙂 Et c’est un peu fatiguant à la fin, les dirigeants en attendent toujours plus pour un salaire très moyen et il y a un moment où on craque.

    Je pense souvent à Microsoft qui avait cédé des parts aux collaborateurs parce qu’ils ne pouvaient pas les payer et ces mecs sont devenus riches avec 1% d’equity (ou moins même). Si les fondateurs ne peuvent pas payer correctement, c’est plus que justifié de céder une valeur quand même. Moi je le ferais aussi, car cela engage encore plus l’employé. Bref. 🙂

  4. PS: C’est une réaction au commentaire de Christian qui doit encore être approuvé

  5. Dans n’importe quel domaine, ce n’est pas facile d’être jeune diplômé, Il faut payer son tribut! Cependant, l’expérience qu’on acquiert et les connaissances pratiques qu’on assimile en début de carrière, même (surtout) s’il faut travailler comme un galérien, sont inestimables.

  6. Personnellement je vois que les start-ups ne sont pas que des grandes consommatrices de nouvelles technologies et fonctionnent en général avec un intranet, assurant ainsi une bonne organisation et circulation de l’information 🙂

  7. Qu’en est-il de la réinsertion « post-start-up »?
    Est-il plus facile de rejoindre le monde des GE après une expérience réussie en start-up, ou bien est-ce plus compliqué ? Habitué à toucher à tout, on vous colle parfois une étiquette d’électron libre assez mal vue dans les grandes entreprises, où le travail est beaucoup plus cloisonné, et où il est important de savoir rester à sa place…

  8. Personnellement, je travaille dans une start-up pour une grande entreprise et du coup j’ai les 2 côtés. Sortant tout juste des études, je vois beaucoup de choses, j’ai des responsabilités et le travail est intéressant. par contre, j’aimerai quelqu’un qui me guide car sur certains sujets il est dur de se retrouver tout seul et de devoir apporter la bonne solution… quand on ne la connait pas.
    Par contre, j’ai les avantages de la grande entreprise avec les rtt et c’est agréable 😉 mais la hiérarchier est insupportable. je dois parfois remonter jusqu’à mon n+6 et on perd beaucoup de temps…
    Mais je pense que tous les jeunes du web d’aujourd’hui rêvent de monter leur boîte, et j’en fais parti !
    Et oui on ne compte pas les heures mais c’est pareil pour tous les jeunes diplômés non ?

  9. Bonjour,

    Merci pour votre article (tres interessant).
    D’experience, ces avantages/ inconvenients touchent les start ups… occidentales!

    Ayant travaille en Thailande pour une start up Chinoise, le raisonnement est presque inverse…
    Les salaires sont beaucoup plus eleves que dans les grosses entreprises (car il faut retenir le personnel), les postes beaucoup plus clairement definis ( voire meme farfelu pour certains!). En fait, tout depend du domaine de la start up, de sa zone geographique et de la culture de ces patrons. Difficile de trancher dans l’absolu.

    Cordialement,

    Adrien

  10. Pour avoir connu différents types de structures (très grosses pendant mes stages/apprentissage), puis trois très petites et maintenant une intermédiaire) je suis à 100% d’accord avec cet article.

    Je rajouterai peut-être un seul « inconvénient », qu’évoque Coline au-dessus : la limite de l’autonomie, c’est que parfois on aimerait avoir un « mentor », un « supérieur ». En effet, tout apprendre par soi-même c’est bien, mais pouvoir bénéficier de l’expérience de quelqu’un de plus senior, c’est très important.

    Peut-être faut-il « combler » cela par la participation à des clubs ou des groupes thématiques en dehors de la start up ?

    En tout cas je conseille aux jeunes diplômés de bétonner leur cv par des stages « prestigieux » en grandes entreprises (on est en France, ça rassure les recruteurs) et ensuite de passer par une expérience de petite entreprise : c’est passionnant et très formateur. Ils ont tout le temps de préférer repartir dans une grosse boîte plus stable le jour où ils en auront besoin ou envie (rythme, salaire….) !

    Je ne pense pas que la reconversion soit compliquée, les recruteurs sont de plus en plus conscients de la richesse que constitue la présence d’une personne ayant travaillé dans une start up dans leurs équipes.

  11. Merci pour cet article, très intéressant, et qui synthétise bien les principaux avantages, risques et difficultés de travailler pour une startup (souvent des jeunes diplômés, en tout cas d’après cet article).

    Par contre, je serais curieux d’avoir vos avis concernant les avantages, les risques et difficultés pour des profils un peu plus expérimentés ?
    Pour ma part, je suis aujourd’hui dans un grand groupe, avec une dizaine d’années d’expérience dans l’Industrie, et réfléchis très sérieusement à franchir le pas pour intégrer une startup.

    Merci bcp.

  12. C’est exactement ça ! il faut plusieurs mois pour que sa start-up devienne viable. Heureusement que l’on peut compter sur son entourage et son réseau pour bénéficier de conseils afin de réussir et de s’épanouir.

    Certes l’ambiance est décontractée ; on se sent plus libre et l’on peut progresser. Il ne faut pas perdre de vue ces objectifs.

  13. Un bon conseil, ayant travailler 1 an et demi dans 2 startups : n’oubliez pas que dans startup il y a « start ».
    Demander ou vérifier la date de création de l’entreprise. Si la boîte s’est crée il y a plus de 2ans et demi/3ans, ça veut dire qu’il y a de FORTES chances que la boite ne décolle pas, et que vous trimiez dans le vent.
    On dit souvent : 1 startup sur 10 réussi, c’est presque vrai. Il y a également 1 startup sur 10 qui stagne en se développant que très lentement, et deviens plutôt une TPE ou PME/PMI (et ils ont tendance à toujours vouloir s’appeler startup, avec toutes les contraites que cela implique).

  14. Merci pour cet article intéressant.
    Pour ma part, à ma sortie d’études, je me suis dirigée vers une start up, plus parce que le secteur dans lequel elle évoluait me passionnait, que parce que c’était justement une start up.
    C’était aussi une super opportunité d’obtenir rapidement une progression, des responsabilités et la possibilité de travailler sur de multiples projets, comme ce qui est bien mis en avant dans cet article.

    Cependant, il ne faut effectivement pas compter ses heures, et vérifier en amont la fiabilité du modèle, ce qui n’est vraiment pas une chose aisée! Pour ma part, il était également important de trouver des dirigeants un peu « mentors », comme pour Anne, et le problème s’est situé là: des dirigeants avec lesquels je m’entends très bien, mais qui n’ont pas les reins suffisamment solides, ne connaissent pas le secteur dans lequel ils souhaitent s’implanter, accumulent erreurs sur erreurs, tout en demandant de réaliser des miracles avec 0 budget (et si on peut les choses de manière illégale mais gratuite, on le fait)…
    Au final, au bout de 7 mois, mes fonctions se sont détériorées, faute à de mauvais investissements, des erreurs de management, et un manque total de budget pour entreprendre quoique ce soit… Résultat, il me presse de trouver autre chose pour pouvoir enfin partir!

    En résumé, pour moi la start up peut être une merveilleuse opportunité d’apprendre beaucoup de chose sur le plan stratégique comme opérationnel, mais qui peut vite dégénérer en cauchemar si de mauvaises décisions sont prises: tout va très vite dans un sens comme dans l’autre! Autant la structure peut décoller très vite, comme elle peut réaliser le mauvais investissement qui va plomber ses comptes et la faire plonger.

  15. Bonjour ! J’ai 14 ans de boites éditeurs R&D, ingénieur logiciel, dev quoi ! et après avoir fait PME et GE, j’hésite maintenant à voir du côté des startups. C’est un phénomène récent que sont les startups. Quand j’ai débuté en 2000, c’était surtout l’omniprésence des SSII qui était de circonstance (:(). Aujourd’hui, avec le cloud, les solutions Saas, les iot, beaucoup de startups se lancent. Du coup, je me pose la question d’aller y faire un tour… Mais à la vue de cet article..je ne sais plus… Quand on est jeune diplômé, on se lance à fond dans la techno, faire des heures de ‘ouf’ et au final on peut recevoir une bonne tape sur l’épaule avec un ‘good job!’. J’ai l’impression que la startup fait de même mais avec un discours plus ‘marketing’ : « venez on fait de la techno de dingue, on est une équipe super top, tout le monde s’aime, c’est trop bien, y a du challenge »… Bref je traduis par : on est sur des technos récentes mais vu qu’il faut sortir quelque chose rapidement, on n’a pas trop le temps d’étudier à fond cette techno. D’ailleurs en parlant de temps, oubliez les 35 heures, RTT, congés, weekend, vie de famille… de plus que côté social, on fournit la package ‘famille’ qui sera aussi bien, voire mieux, que madame et enfants (au moins ils sauront de quoi vous parlez)!
    Bref, au niveau boulot y a pas trop de différences entre startup, GE, PME : toujours une logique de faire les choses rapidement (pour des raisons de rentabilité, time-to-market, …) basée sur un concept du présentéisme (comme dans les GE) où le temps de présence est l’indicateur d’implication dans la société (!) et enfin miser sur le sentiment d’appartenance en arguant d’un CE super ou weekend ‘parcours du combattant’ pour les GE ou d’un team spirit génial dans un startup.

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