Black Friday : ne pas céder aux chants des sirènes

Malgré la multitude d’études démontrant les impacts néfastes de la surconsommation sur notre planète et d’autres nouvelles environnementales alarmantes, le Black Friday fait son grand retour en 2022, le vendredi 25 novembre…

Précédent stratégiquement les fêtes de fin d’année, cet événement est considéré comme une vraie religion aux États-Unis, son pays d’origine. Les entreprises qui font tourner ce modèle économique font des promotions drastiques sur un bon nombre d’articles et incitent à des comportements “peu responsables” en matière de consommation. Elles profitent que l’heure soit aux cadeaux de Noël pour faire exploser leurs chiffres d’affaires.

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Le 28 juillet 2022 était le jour du dépassement : nous avons consommé toutes les ressources naturelles que la planète était capable de produire en une année. C’est la preuve que notre économie n’est pas viable. Selon l’ADEME, l’Agence de la transition écologique, plus de 100 milliards de vêtements sont vendus chaque année dans le monde et le secteur du textile émet 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre par an, soit environ 10% des émissions mondiales.

À l’instar des entreprises, les consommateurs ont aussi un rôle à jouer en remettant en question leur manière de consommer. Une étude réalisée par l’ADEME montre que 88% des Français changent de téléphone alors qu’il fonctionne encore. On en change tous les deux ans. Paradoxalement, une étude réalisée récemment par l’agence MARCO montre que 74% des Français considèrent qu’il est essentiel qu’une marque s’engage à respecter l’environnement. Et pour 71 %, toutes générations confondues, il est plus important qu’une marque soit « responsable », plutôt qu’« à la mode ».

Chaque année depuis 2017, un autre événement apparaît dans le paysage médiatique, venant contrer la folie du Black Friday : le Green Friday. Le Green Friday est une association et un mouvement qui visent à “sensibiliser à la consommation responsable et dénoncer la logique du Black Friday, sans culpabilisation, mais en remettant les choix citoyens au cœur des enjeux environnementaux et sociaux liés à la consommation.

Si beaucoup de marques s’engagent à réduire leurs déchets, contrôler leur chaîne de production et limiter les intermédiaires, certaines vont plus loin et justifient leur action en participant au Green Friday. En rejoignant le mouvement du Green Friday, les marques crient haut et fort leur volonté de démocratiser la consommation juste et responsable en ne faisant aucune remise sur leur produit. Certaines vont jusqu’à fermer leurs magasins pour une journée ou remettre 15% de leur chiffre d’affaires de la journée à des associations qui ont un impact positif sur l’environnement.

C’est un mouvement qui prend de l’ampleur, mais qui n’est pas encore assez connu du grand public. Pourtant plus d’une centaine d’entreprises l’ont rejoint et des milliers de consommateurs achètent déjà au travers du Green Friday en payant un prix juste et en consommant juste ce dont ils ont besoin. Le Black Friday n’est que le symbole d’une économie en mauvaise santé. Il faut laisser place à un mode de consommation plus sain, pour nous et pour la planète. Démocratisons l’achat responsable pour vivre mieux avec moins.

A propos de l’auteur

Andreas Wilfinger, cofondateur de la marque de cosmétique autrichienne RINGANA