Les vraies raisons de la procrastination de l’entrepreneur que nous ne voulons pas entendre !

Tout entrepreneur a déjà reporté un travail au lendemain. Mais quand la procrastination est une habitude, il faut en trouver les origines…

Dès lors qu’il devient régulier, ce comportement impacte les performances d’un business et peut conduire à le mettre en difficulté. Cependant, nous y sommes tous, ou presque, confrontés. Encore plus en ces temps de confinement et de télétravail pour tous. Même les entrepreneurs à succès et les fins stratèges aguerris.

Cette tendance à retarder et éviter les tâches urgentes n’est pas une simple question de paresse ou une mauvaise gestion du temps. Il s’agit d’un problème plus profond aux facteurs psychologiques complexes.

Pour le résoudre, nous devons nous appesantir sur le mal insidieux qui nous ronge. Ensuite, il sera possible de chercher à augmenter sa productivité et à réorganiser son travail.

La procrastination est un comportement sur lequel nous pouvons travailler afin de le surmonter. Encore faut-il accepter ses vraies raisons et les regarder en face. Connais-toi toi-même.

Quelles sont les origines de cet auto-sabordage du navire entrepreneurial ?

Raison 1 : Nous avons peur d’entreprendre

Être indépendant et autonome dans son travail, c’est vraiment le kif ! Mais avoir la responsabilité de toute une entreprise (voire de salariés), de se dégager un revenu jour après jour et, souvent, d’apporter la pitance à toute sa famille, c’est terrifiant !

Les entrepreneurs ont beaucoup de raisons d’être anxieux. La peur de se tromper, de faire les mauvais choix, de ne pas avoir assez de résultats, de ne pas y arriver, de ne pas savoir rectifier le tir, de foncer droit dans un mur, de terminer un projet… et, au bout du compte, de tout faire capoter et d’échouer dans son entreprise.

Derrière ces peurs qui peuvent paralyser, il y a bien des choses qu’il est parfois difficile à admettre. En réalisant un travail, nous nous exposons au jugement de l’autre, nous allons savoir si notre stratégie est la bonne, nous allons devoir décider d’un nouveau projet et partir vers l’inconnu… La procrastination nous protège de ce qui se passe ensuite, une fois le travail exécuté.

En n’exécutant pas une tâche, remise à plus tard, nous pouvons continuer à nous raconter que si nous l’avions réalisée, nous aurions tout déchiré. Nous crevons de trouille de savoir ce que nous allons confronter à la réalité et préférons le pis-aller de l’inaction.

« Ce que nous craignons le plus de faire est généralement ce que nous avons le plus besoin de faire. » Tim Ferris

Raison 2 : Nous ne voulons pas faire face aux tâches complexes

Nombre de procrastinateurs sont sélectifs dans leur blocage. Nous sommes capables de réaliser un travail productif et efficace concernant un grand nombre d’actions, mais rechignons à entreprendre certains projets. Nous les évitons même.

C’est ainsi que nous perdons notre temps sur les réseaux sociaux, à gérer nos emails… et à beaucoup d’autres petites tâches rapides et faciles. Par contre, le gros projet qui nous attend reste à l’arrêt, sans cesse reporté au lendemain, comme nos demandes de délais de paiement auprès des créanciers ou nos démarches auprès des services fiscaux. Les tâches fastidieuses, désagréables ou stressantes sont mises au rencard, renvoyées aux calendes grecques, au profit de tâches peu prioritaires qui sont de véritables distractions.

Cet évitement inconscient nous permet de jouir de petites gratifications instantanées que nous procurent ces micro-tâches sans difficulté plutôt que de nous concentrer sur des choses complexes et ardues. Cela tient à la difficulté de projeter notre business dans le futur et à un manque de vision de l’avenir, plus qu’à un défaut de gestion du temps. La procrastination nous permet ici de vous protéger d’émotions négatives liées à une tâche complexe pour nous lover dans un système de récompenses immédiates.

Tous ceux qui ont dû lutter contre une addiction connaissent bien ce mécanisme : le plaisir immédiat d’une cigarette ou d’un gâteau contre une vie plus saine et une meilleure santé à l’avenir. Plutôt que d’affronter les moments difficiles nécessaires à la réalisation du travail en question, nous le repoussons plus ou moins consciemment.

« Il n’y a pas de raccourci pour les endroits qui en valent la peine. » Beverly Sills

Raison 3 : Nous ne sommes pas sûrs d’être capables de réaliser ces tâches

Si nous continuons à procrastiner, c’est peut-être que nous ne nous en sentons pas compétents. Dans les métiers d’autodidactes (comme souvent dans le digital), comme dans les métiers créatifs, une forme de blocage peut apparaître et empêcher d’avancer. C’est pourquoi le procrastinateur prend la mauvaise habitude de remettre au lendemain.

Entre syndrome de l’imposteur et celui de la page blanche, nous ressentons inconsciemment une pression qui nous submerge. Quelque chose à l’intérieur de nous nous suggère que nous ne savons pas clairement ce que nous devons faire. Nous avons l’impression de ne pas en savoir assez pour bien faire le travail ou le faire correctement.

Nous ne l’avons pas reconnu ou admis consciemment, mais nous le savons au fond de nous. Cette croyance se manifeste alors par une forte aversion et nous retardons l’action. Ne rien faire et repousser certaines tâches semblent préférables. Nous avons décidé de prendre notre destin en main en devenant indépendants, mais nous doutons de pouvoir le faire.

Ce sentiment de ne pas être à la hauteur peut être lié à un manque d’estime de soi ou à du perfectionnisme. La solitude de l’entrepreneur (en particulier du web/solo entrepreneur) peut exacerber bien des difficultés inhérentes à chaque individu et impacter son mindset. Alors la procrastination devient le refuge de celui qui ne sait s’il est à la bonne place.

« Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse. » Nelson Mandela

Raison 4 : Nous ne sommes pas véritablement engagés dans le travail

Être entrepreneur a bien des avantages. Nous sommes libres de nous organiser, indépendants dans notre stratégie et maître de nos décisions. Mais il y a des contre-parties bien moins fun. Tout ne peut pas être luxe, calme et volupté.

Il est souvent nécessaire de travailler d’arrache-pied pour espérer un peu de résultat, sans garantie de revenu. Il ne s’agit pas de déléguer du travail en jouant les chefaillons, mais bien de mettre les mains dans le cambouis.

Or, la vision romancée du chef d’entreprise affalé dans son fauteuil en cuir les pieds en éventail a la peau dure. Y compris dans sa déclinaison digitale : à siroter un cocktail au bord d’une plage paradisiaque à l’autre bout du monde.

Entreprendre ce n’est pas (que) plaisant. Il faut accepter et vouloir s’engager corps et âme pour faire avancer son business. Sang, larmes et sueurs compris… enfin presque 😉

Une entreprise représente un immense engagement en temps, en énergie et en émotions. Nous devons, avant toute chose, nous donner la peine de construire un business, avant d’espérer en récolter les fruits et les lauriers. Et le dur labeur, c’est moins tripant !

« Le seul endroit où le succès vient avant le travail, c’est dans le dictionnaire. » Vidal Sassoon

Raison 5 : Nous ne voulons pas prendre de décision

L’entrepreneur doit sans cesse décider. Trancher. Il y a tant de choix à faire parmi un si grand nombre d’options que cela peut entraîner une grande fatigue. La moindre petite décision simple est source de grands maux de tête.

Dès lors, la procrastination peut se produire.Nous avons trop d’options ou trop de choix à faire. Il faut de l’énergie mentale pour prendre des décisions, bonnes ou mauvaises. Nous pouvons alors retarder les choses si elles dépendent de notre capacité à nous prononcer.

Cette indécision est aussi une façon de se protéger de toute mauvaise décision. Faut-il se lancer sur ce nouveau marché ? Dans cette tâche ? Dans cette relation commerciale ? Etc. N’arrivant pas à nous décider, nous tergiversons et remettons toute action au lendemain.

Une hésitation, un manque de conviction et nous laissons à plus tard un choix délicat. Nous attendons le fameux « bon moment » pour trancher. Mais ce n’est qu’un mythe qui n’arrivera jamais.

«  Ce sont nos choix qui montrent ce que nous sommes vraiment, beaucoup plus que nos aptitudes. » J. K. Rowling

Comment sortir de la procrastination de l’entrepreneur ?

Pour sortir de ces schémas pervertis, perfides et pernicieux, il faut avant tout savoir les reconnaître. Il nous faut comprendre notre inconscient en allant à la source des difficultés ressenties pour vaincre la procrastination.

Au lieu de nous battre concernant le problème vécu ou de nous enfoncer dans la culpabilité, nous devons savoir ce qui cause la procrastination. Lorsque nous comprenons les raisons de ce comportement, nous pouvons trouver la bonne stratégie pour le gérer et le surmonter.

Par exemple, si nous évitons une certaine tâche parce que nous la trouvons complexe, il est préférable alors de la réaliser dès le début de la journée pour être débarrassé, plutôt que d’attendre le dernier moment. Si elle est d’une importance significative, il convient de planifier une journée entière en coupant toute distraction (téléphone, notifications, internet…).

Si nous sentons que nous repoussons un projet à la dernière minute, car nous manquons de confiance, il est utile de faire le point sur nos connaissances et aptitudes. Alors, nous pouvons décider s’il nous faut acquérir davantage de compétences dans un domaine précis ou sous-traiter.

S’il s’agit d’un manque de motivation pour un travail difficile, il faut s’interroger sur les raisons profondes qui nous ont amené à être entrepreneur ou nous délester une bonne fois pour toutes des tâches que nous exécrons.

Lorsque nous nous sentons épuisés face à toutes les décisions à prendre, simplifions les choses au lieu de reporter au lendemain. Pensez à Mark Zuckerberg ou Barak Obama qui, comme tant d’autres, ont choisi de s’habiller toujours de la même façon pour ne pas avoir à prendre cette décision chaque jour.

Être entrepreneur suppose de bien se connaître et de savoir résoudre les problèmes. Pas d’éviter de rencontrer des problèmes.

« La vie, ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre à danser sous la pluie. » Sénèque