Le modèle commercial du e-commerce peut-il fonctionner pour l'industrie automobile ?

Aujourd’hui, presque tout ce qu’un consommateur cherche à acheter peut être obtenu par un simple clic de souris. Mais même dans ce monde numérique en plein essor, il y a un produit qui est encore acheté principalement en direct : les voitures…

Vous avez peut-être acheté sur Internet un nouveau téléviseur 4K, ou peut-être même des meubles pour votre appartement. Mais achèteriez-vous une voiture neuve en ligne ? Ou même une voiture d’occasion ?

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Les voitures d’occasion sont de plus en plus populaires par rapport aux véhicules neufs, car leur coût d’achat devient de plus en plus élevé. De plus, l’écart de valeur entre les modèles neufs et les modèles d’occasion s’est creusé. En 2013, l’achat d’un modèle d’occasion de trois ans à la place d’un modèle neuf permettait à l’acheteur d’économiser 9200€ en moyenne, soit un écart de prix de 56 %. Plus récemment, cet écart est passé à 62 %, ce qui signifie que les acheteurs économisent en moyenne 11800€ en achetant un modèle d’occasion.

« Sur le marché automobile, l’achat d’un véhicule d’occasion dont les performances sont comparables à celles de son homologue flambant neuf peut faire économiser à un client des milliers, voire des dizaines de milliers de dollars », explique Harry Kasparian, directeur général de HGreg Nissan Kendall. Mais la vente de voitures d’occasion en ligne présente des défis uniques.

Les clients sont-ils prêts à acheter des voitures en ligne ?

Lorsque les clients prennent leurs décisions d’achat, ils recherchent plus que jamais une expérience fluide et positive. Il en va de même en matière d’achat de voitures. En effet, près de 70 % des acheteurs s’attendent à pouvoir configurer un paiement sur le site web d’un concessionnaire, et 83 % ont indiqué qu’un système de paiement en ligne les aiderait à restreindre leur choix pour un véhicule et à déterminer ce qui est abordable.

Aux Etats-Unis, Carvana, un détaillant de voitures d’occasion et une entreprise de technologie en ligne, propose une solution e-commerce innovante. Leur expérience d’achat entièrement en ligne est basée sur une photographie à 360 degrés qui vous permet de voir l’intérieur et l’extérieur du véhicule, avec des superpositions mettant en évidence les « points chauds », comme les défauts ou les imperfections à connaître.

Lorsque vous faites votre achat, la société vous livre votre voiture ou prend même en charge les frais de transport aérien jusqu’à l’un de ses 18 distributeurs automatiques dans des villes comme Charlotte et Kansas City pour récupérer votre véhicule et le ramener chez vous.

En France, BYmyCAR et certains constructeurs, dont Tesla, fonctionnent à priori sur le même principe, mais ce marché n’est encore qu’une niche dans notre pays.

Ce modèle est perturbant, mais il offre un confort d’utilisation et il est attrayant. Mais il n’a pas encore fait ses preuves. « Les gens aiment toujours donner des coups de pied dans les pneus, pour ainsi dire », explique M. Kasparian. Le site web de HGreg Nissan Kendall propose une approche e-commerce similaire aux services de vente automobile, mais garde un pied fermement dans le modèle traditionnel. Vous pouvez toujours prendre rendez-vous dans certaines villes, regarder la voiture en personne et, bien sûr, l’essayer.

Que faudra-t-il pour réussir la transition vers le commerce électronique ?

Le panier d’achat moyen était plus élevé lors des French Days de cette année, car les consommateurs sont plus enclins à acheter en ligne des articles de grande valeur, comme les téléviseurs.

Le marché de l’automobile a déjà commencé a évolué vers l’e-commerce, à l’instar de nombreux de sites de pièces détachées et de pneus tels que 1001PNEUS.fr qui connaissent un certain succès ces dernières années.

Mais une voiture est un achat encore plus important que de simples pièces détachées. De plus, lorsque la voiture n’est pas neuve, il y a beaucoup de facteurs supplémentaires à prendre en compte. Pour que les ventes de voitures d’occasion fassent le saut vers le commerce électronique, les clients devront d’abord avoir l’esprit tranquille. « Les gens sont à l’aise pour acheter une nouvelle télévision en ligne parce qu’ils savent à quoi s’attendre. Avec une voiture d’occasion, on ne sait pas toujours ce qu’on va avoir, alors les gens veulent en être sûrs. Ils veulent la voir et la tester. Lorsqu’il y aura un substitut numérique pour ces interactions, nous verrons une augmentation des achats en ligne », ajoute M. Kasparian.

Comme vous pouvez vous en douter, les consommateurs âgés de 18 à 34 ans sont plus enclins à acheter une voiture en ligne que les consommateurs âgés de 35 à 54 ans. Bien que globalement, 81 % des acheteurs préfèrent encore acheter ou louer un véhicule en personne.

Les dépenses relatives au e-commerce dans le secteur automobile sont en hausse

Selon les prévisions d’eMarketer, les dépenses liées au commerce électronique dans le secteur automobile (y compris les pièces détachées) devraient atteindre 81,64 milliards de dollars d’ici 2022. C’est encore moins de la moitié de ce que les gens dépenseront pour les vêtements ou les produits technologiques courants, mais c’est plus que ce que les gens dépensent en ligne pour la nourriture et les boissons, ou même les jouets. Selon ces indications, le moment du passage à l’e-commerce pour l’industrie automobile pourrait être proche.

« Les revenus continueront à augmenter dans le monde entier, ce qui alimentera l’appétit des acheteurs en ligne pour une plus grande variété de biens, mais aussi pour des biens plus chers en ligne », déclare Monica Peart, directrice principale des prévisions d’eMarketer.

Source utilisée : Forbes.com