Entreprendre - Le crowdfunding pour financer son entreprise : la solution rêvée ? - 26 novembre 2019

Le crowdfunding pour financer son entreprise : la solution rêvée ?

Le crowdfunding pour financer son entreprise : la solution rêvée ?
Morgane Kerninon Rédactrice web freelance

Vecteur de démocratisation et de désintermédiation du financement, le crowdfunding intéresse les entreprises dynamiques, audacieuses et innovantes…

Grâce à internet, les PME peuvent solliciter des fonds auprès d’un large public via des plateformes de crowdfunding. Ce financement participatif va leur permettre de compléter leur plan de financement pour accompagner leur création, reprise ou développement. Il revêt différentes formes, telles que le prêt rémunéré et l’emprunt obligataire. Comment fonctionne-t-il ? Quels sont les bénéfices pour les sociétés y ayant recours ? Quelles sont les meilleures plateformes où présenter un projet entrepreneurial ?

Comment fonctionne le crowdfunding pour financer les entreprises ?

Le crowdfunding ou financement participatif correspond à la rencontre d’un porteur de projet (ici, l’entreprise) avec une foule de particuliers et professionnels investisseurs (les crowdfunders), par l’intermédiaire d’un site web dédié, la plateforme de crowdfunding. La PME doit présenter son projet dans le cadre d’une campagne pour obtenir le financement des investisseurs.

En matière de financement des entreprises, il est d’usage de distinguer le financement participatif selon :

  • Le type d’entreprises : le financement participatif de la PME dédié aux entreprises matures ou celui de la start-up pour les jeunes pousses ;
  • Le secteur d’activité de l’entreprise : le crowdfunding immobilier destiné aux promoteurs immobiliers ou encore celui dédié aux énergies renouvelables.

Les sites participatifs peuvent proposer des projets d’entreprises de toute nature. Les contraintes qui sont les leurs tiennent à leur statut réglementaire et au montant maximal de collecte. Par exemple, un site disposant d’un agrément de Conseiller en investissement participatif (CIP) peut collecter jusqu’à 8 millions d’euros par opération depuis le 30 octobre 2019, contre 2,5 millions d’euros auparavant.

Dès le lancement de la campagne, les conditions de participation sont clairement exposées sur le site web afin que chaque crowdfunder sache ce qu’il finance, pour combien de temps et avec quelle contrepartie. Sur bon nombre de plateformes, si le montant sollicité par l’entreprise n’est pas atteint, le projet est annulé et les montants collectés remboursés. Tout au long de la réalisation du projet, les investisseurs sont tenus informés de son déroulement.

Cette finance alternative permet de collecter des sommes très diverses (de plusieurs centaines d’euros à plusieurs millions d’euros) par des sociétés de tous secteurs. Il est possible de distinguer trois types de crowdfunding finançant l’entreprise selon la forme de la collecte :

  • Reward crowdfunding : dons (crowdgiving) sans ou avec contrepartie ou encore pré-ventes ;
  • Crowdlending : prêts sans ou avec intérêts ou encore mini-bons ;
  • Crowdequity : investissements en capital, en obligations ou encore contre royalties.

Pour bénéficier des services de la plateforme de financement participatif, l’entreprise doit la rémunérer. Généralement, il s’agit d’un pourcentage sur les sommes collectées : souvent entre 5 et 10 % HT. La PME doit intégrer ce coût additionnel au plan de financement de son projet.

Quel intérêt à faire appel au crowdfunding pour une entreprise ?

Bien que les bénéfices pour une PME à recourir à cette finance alternative dépendent de nombreux paramètres, il est possible de dégager 13 atouts généraux qui, espérons, porteront chance :

1# Disposer de financements complémentaires rapidement avec grande souplesse

La réactivité, la vélocité et l’agilité sont des qualités essentielles pour une PME. Pour initier un projet, conquérir un nouveau marché ou déposer un brevet, être dans le bon timing est crucial. Aussi, le crowdfunding est un mode de financement parfaitement adapté aux besoins des entreprises. Les plateformes de financement participatif ont des modes de fonctionnement qui correspondent à la logique des marchés. Elles accompagnent la mise en place de la collecte, souvent avec un interlocuteur dédié, pour boucler un plan de financement rapidement et sans coutures. A contrario, une banque va mettre deux à trois mois pour répondre à une demande de prêt, si elle ne demande pas des pièces complémentaires, des garanties additionnelles ou un transfert du dossier vers un autre centre de décision.

2# Diversifier ses sources de financement grâce au financement participatif

L’un des bénéfices majeurs pour une entreprise de faire appel au crowdfunding est de pouvoir ainsi diversifier ses financements. Habituées des établissements bancaires, les entreprises ont ainsi accès à de nouveaux partenaires. Le financement participatif ne se substitue (généralement) pas au financement bancaire, mais le complète. En ayant recours à un plus grand nombre de partenaires financiers, une PME témoigne de sa solidité financière et encourage la confiance en elle. Ainsi, elle entre dans un cercle vertueux lui permettant de convaincre toujours davantage d’organismes de lui accorder du crédit et des crédits.

3# Pallier la frilosité des établissements bancaires

Il ne faut pas négliger ce point ! Il est bien plus difficile d’obtenir un emprunt bancaire de nos jours, qui plus est lorsque l’on est une entreprise ambitieuse à fort potentiel. Les exigences bancaires avant d’accorder un prêt sont bien plus drastiques qu’auparavant. Le minimum de capitaux propres qu’il est impératif de disposer a fortement augmenté ces dernières années, en particulièrement suite au durcissement des Accords de Bâle. Aussi, si une entreprise peut bénéficier d’un apport additionnel via le crowdfunding, elle peut le présenter comme un « quasi » fonds propres ce qui lui permet de lever davantage d’apports bancaires.

4# Profiter d’une communication induite par une campagne de crowdfunding

Une campagne de financement participatif offre la visibilité d’un relais médiatique à une entreprise. Elle devra mener en amont une réflexion sur son message et ses arguments avant de les faire valoir. La PME va pouvoir parler d’elle, de son ADN et de ses valeurs. Elle va exposer un projet et/ou quelques orientations stratégiques. Sa campagne pourra être relayée sur les réseaux sociaux et dans la presse. La société va pouvoir impulser un bouche-à-oreille parfois viral. Elle peut de cette manière faire grandir sa notoriété, sa réputation et son image de marque.

5# S’adapter à des entreprises dans l’air du temps

Quand une société n’est pas une entreprise historique et stable avec de jolis comptes annuels sur plusieurs exercices bien propres, son banquier risque de la regarder de travers. Si en plus elle évolue dans un secteur innovant, technologique et précurseur, elle va l’effrayer. Il est vrai qu’une banque va aimer les résultats positifs et en croissance comme les possibilités de garanties et de nantissements que peu de start-up disruptives peuvent offrir. Par contre, une plateforme de financement participatif connaît de près ces cas de figure, les comprend et les a intégrés à son modèle économique.

6# Développer la clientèle de l’entreprise

À travers une campagne de crowdfunding, une PME se voit offrir la possibilité de tester certaines choses auprès du grand public. C’est, par exemple, une option idéale pour vérifier qu’un marché existe avant un lancement officiel. Ainsi, le degré d’adhésion de la foule de consommateurs présents sur la plateforme peut être un indicateur déterminant de la viabilité du projet d’entreprise. Le financement participatif est dans cette logique un moyen de se forger une communauté. La PME va ainsi convaincre quelques nouveaux (ou premiers) clients de la suivre et d’en faire le relais dans leur propre réseau.

7# Bénéficier d’un soutien financier plus global de la PME

Obtenir un financement bancaire est une gageure. Il importe d’initier un grand nombre de démarches, non seulement complexes et longues, mais qui en plus, à la fin, risque de déboucher sur un emprunt partiel. Cela peut avoir pour origine le montant demandé, jugé trop important au regard des ratios d’engagement, ou le type de dépenses à couvrir, non retenue par le financeur. Avec les contraintes qui sont les leurs, les établissements bancaires peuvent de moins en moins offrir une prise en charge complète du projet d’une PME. La finance participative représente alors une solution additionnelle pour couvrir l’ensemble des besoins de financement.

8# Financer des besoins non pris en charge par les banques

Le carcan du financement bancaire a longtemps contraint les PME en quête de financement à mobiliser leurs fonds propres pour un certain nombre de besoins. En effet, compte tenu de leur fonctionnement les banques ne couvrent pas certains types de dépenses et ne les considèrent même pas. Octroyer un prêt pour construire un bâtiment, elles savent faire. Mais pour financer un besoin en fonds de roulement, souvent ça coince. D’une façon générale, les établissements bancaires ne tiendront pas compte de certains besoins immatériels : recherche et développement, campagne de recrutement, prospection commerciale, bas de bilan… Par contre, pour la finance participative, cela ne pose aucun problème !

9# Contrer les appétits féroces de certains types de financeurs

Outre les banques, les PME ont la possibilité de s’adresser à d’autres types de financeurs. Mais pour bénéficier de leur aide, de nombreuses contreparties, et pas des moindres, sont exigées. Il s’agit de business angels, de fonds d’amorçage, de capital-risqueurs… Généralement, ce type de structures va avoir un droit de regard inquisiteur dans la société, ou intégrer le capital, ce qui va le diluer. De plus, le financement du capital est plus onéreux que le financement de la dette : 15 – 25 %, contre 10 – 15 %. Les plateformes de crowdfunding sont bien moins intrusives, même si elles veulent voir bien des documents !

10# Modifier le rapport de force avec les partenaires financiers de la PME

En ayant recours à la finance participative, une société montre qu’elle est capable de convaincre une foule d’investisseurs de la suivre. Elle s’autonomise par rapport aux banques en obtenant des financements complémentaires. Elle prouve aux fonds d’investissement qu’elle a d’autres options. Elle gère ses actionnaires avec le financement en capital en accroissant leur nombre comme bon lui semble. Cette désintermédiation de la finance d’entreprises émancipe les PME y ayant recours.

11# Faire reconnaître une entreprise autrement que comptablement

L’émergence de la finance alternative donne l’opportunité de mobiliser des soutiens grâce aux arguments que la société aura le loisir de choisir. Elle n’est plus uniquement astreinte à présenter un bilan comptable, compte de résultat et business plan nickel-chrome. L’entreprise a aussi la possibilité et l’opportunité de susciter l’engagement d’une communauté d’investisseurs sur son projet d’entreprise, son ADN, son positionnement écologique ou social, son ambition… Avec un bon storytelling, elle peut directement faire valoir sa vision auprès du grand public grâce aux solutions de communication offertes par la plateforme de crowdfunding.

12# Opter pour le financement qui convient à son entreprise

En dehors du crowdfunding, les solutions de financement des PME les contraignent quant à l’objet et à la nature de l’aide accordée. Les banques vont jeter leur dévolu sur les biens durables de l’entreprise et les fonds d’investissement sur son capital. Or, les besoins de la société ne sont pas nécessairement uniquement, ni même principalement, à ce niveau. Par sa flexibilité et son large éventail d’offres, le crowdfunding peut mieux couvrir les besoins réels d’une entreprise.

13# Avoir accès à un large panel d’investisseurs

Les investisseurs qui évoluent dans le financement participatif n’ont pas tous que quelques dizaines d’euros à placer. Ces crowdfunders peuvent aussi être des rentiers ou des institutionnels disposant de budgets conséquents dévolus à ce mode de financement. Avec le lancement d’une seule campagne, une PME va pouvoir partir à la rencontre d’un large éventail de profil d’investisseurs potentiellement intéressés par son projet.

Quelles sont les meilleures plateformes de crowdfunding pour le financement entrepreneurial ?

Voici le top 20 des sites participatifs pour financer une entreprise :

  1. Wiseed : actions, obligations et titres participatifs pour start-up, PME, coopératives et ETI
  2. Tudigo (ex Bulb in Town) : préventes, dons, actions ou dette pour les TPE et PME de l’économie réelle
  3. October (ex Lendix) : prêts aux entreprises de toutes tailles
  4. Sowefund : crowdfunding equity pour des start-up à fort potentiel
  5. KissKissBankBank : reward crowdfunding généraliste pour tout type d’entreprises
  6. BGE Participatif : don, prêt rémunéré et investissement en capital pour les créations de TPE accompagnées par BGE
  7. Baltis Capital : investissement dans des murs commerciaux et hôteliers
  8. Enerfip : prêt ou investissement dédié aux entreprises mettant en œuvre des projets de transition énergétique
  9. We Do Good : levées de fonds en royalties pour les start-up et PME
  10. Blue Bees : reward crowdfunding et crowdlending de projets favorables à une agriculture et une alimentation durables
  11. Homunity : investissement dans le crowdfunding immobilier
  12. Miimosa : don avec contrepartie et prêt rémunéré pour les entreprises de l’agriculture et de l’alimentation
  13. Lita.co : prêts, actions et obligations pour les entreprises sociales à fort impact positif
  14. HappyCapital : investissement au capital d’entreprises françaises
  15. Ulule : crowdgiving avec contrepartie pour entreprises
  16. Solylend : prêt avec intérêts pour des projets solidaires
  17. Lendopolis : prêt aux TPE et PME des secteurs de l’énergie renouvelable et de l’immobilier
  18. Spreds : investissement dans des start-up, des scale-up, des PME locales et internationales
  19. Credit.fr : prêt aux TPE et PME françaises
  20. Bolden : prêts rémunérés aux PME

De cette présentation du crowdfunding pour financer une entreprise, quel argument vous semble le plus convaincant à l’aube de 2020 ?