E-commerce - 2019, l’année du dropshipping ? - 23 janvier 2019

2019, l’année du dropshipping ?

2019 sera-t-elle l’année du dropshipping ? En effet, depuis plusieurs mois, ce mot revient dans la bouche de nombreux e-commerçants ou particuliers. Mais qu’est-ce que réellement le dropshipping ? Comment est-ce que cela fonctionne ? Est-ce vraiment intéressant ? Et finalement, est-ce que le dropshipping explosera en 2019 ? Faisons le point sur cette manière d’appréhender le e-commerce…

Le dropshipping, c’est quoi ? Comment cela fonctionne-t-il ?

Le dropshipping, que l’on peut traduire par « livraison directe », est une méthode de commercialisation qui est tripartite. Elle comprend un site de vente en ligne, un fournisseur et un acheteur.

En dropshipping, le site de vente en ligne vend des produits sans les avoir en stock. Dès que l’acheteur passe une commande sur ce site, le marchand informe le fournisseur de la vente. Le fournisseur prend alors en charge la production et l’envoi de la commande. Puis, le site marchand reverse au fournisseur le montant de la commande amputé de sa commission.

La différence avec une marketplace, c’est que le site marchand n’informe pas les acheteurs que le produit sera produit et envoyé par un fournisseur tiers. Le fournisseur expédie d’ailleurs le produit acheté dans un colis brandé au nom du site vendeur. C’est une véritable marque blanche qui se développe au niveau logistique.

Pourquoi est-ce que tous les acteurs de la vente en ligne s’y intéressent ?

Lorsqu’on évoque le terme de dropshipping, il est selon moi important de distinguer les e-commerçants traditionnels qui souhaitent augmenter rapidement leur gamme de produits et les particuliers qui souhaitent développer une activité parallèle à leur activité principale.

Le nouvel eldorado des entrepreneurs en herbe

En effet, pour de nombreux particuliers qui souhaitent se lancer dans le e-commerce, le dropshipping semble être le nouvel eldorado : l’absence de l’acquisition d’un stock et de la gestion de la logistique semble être un argument de poids aux yeux de tous ces apprentis entrepreneurs.

Ces entrepreneurs débutants pensent alors qu’il suffit de créer un site et de vendre des produits de niche d’un grossiste chinois tel qu’Aliexpress pour faire des centaines de ventes par jours. Malheureusement, la réalité n’est pas aussi simple et beaucoup finissent par abandonner par manque de motivation, compétence ou même de fonds.

Selon moi, comme toute création d’entreprises, en dropshipping, il est nécessaire de trouver le bon produit, au bon prix et de cibler les bonnes personnes pour que cette activité fonctionne. Et surtout, la vente en ligne, c’est comme tout, ça s’apprend. Trop peu de particuliers qui se lancent dans l’aventure prennent le temps de suivre la formation qui leur permettra d’acquérir les bases.

Par exemple, il y a quelques années, j’avais publié sur ce blog un article qui listait les différentes fonctionnalités indispensables à l’efficacité d’un site. Bien qu’il date un peu, il est on ne peut plus d’actualités et trop peu de nouveaux e-commerçants appliquent ces bonnes pratiques.

Un axe intéressant pour les e-commerçants

Lorsqu’un e-commerçant s’intéresse au dropshipping, c’est généralement avec pour objectif d’augmenter rapidement et simplement sa gamme de produits disponibles.

De même, le dropshipping semble être une très bonne alternative pour tester un nouveau marché ou de nouveaux produits sans avoir à en supporter le risque lié à l’achat et au stockage d’un stock, souvent consommateur de cash-flow.

Le e-commerce: un secteur de plus en plus concurrentiel qui se compartimente

,Mais ce n’est pas la seule raison. Selon moi, le dropshipping intéresse de plus en plus les acteurs du commerce en ligne, car la concurrence est de plus en plus rude et j’ai l’impression que le secteur a vocation à se spécialiser par type d’activité.

En effet, pour avoir un site e-commerce qui génère du chiffre d’affaires, il est désormais nécessaire de maîtriser l’acquisition de trafic, l’ergonomie, la gestion d’un catalogue de produits, la gestion des stocks, la logistique… etc. Chaque action se doit être réalisée par un expert sous peine de voir la marge dégagée fondre comme neige au soleil.

Pour moi, le dropshipping est la première étape de cette spécialisation. En effet, la gestion de la logistique d’un stock de produits est une problématique très chronophage, mais également très consommatrice d’argent. Quand on voit le succès du service « expédié par Amazon », mais également des places de marché, on comprend vite qu’il y a désormais quatre catégories d’acteurs :

  • Les entreprises spécialisées dans la production et/ou l’achat de produits : elles dénichent et/ou produisent des produits et cherchent à les écouler. Le meilleur exemple étant tous ces vendeurs de marketplace qui n’ont même plus de site en propre ;
  • Les entreprises spécialisées dans la vente de produits : généralement des sites e-commerce historiques qui ont développé une activité de marketplace si celle-ci n’était pas native sur leur site ;
  • Les entreprises de logistique qui font de leur spécialité la gestion du dernier kilomètre, axe majeur pour une livraison toujours plus rapide ;
  • Les acteurs hybrides, tels qu’Amazon, qui savent gérer plusieurs pans de l’activité d’un site e-commerce.

Le problème, c’est que tous les sites ne sont pas Amazon. Et pourtant, ils se doivent de rivaliser toujours plus avec ce géant qui exploite tous les marchés possibles.

Selon moi, c’est en partie à cause du succès d’Amazon que le dropshipping connaît un véritable attrait actuellement : les acteurs qui n’ont pas la capacité d’être Amazon réfléchissent à une spécialisation de leur activité.

Le dropshipping compartimente ainsi les activités entre les spécialistes de la vente en ligne et les spécialistes des achats/gestion logistique. Chacun des acteurs peut ainsi se concentrer sur ce qu’il sait faire de mieux et déléguer/externaliser la gestion des autres tâches.

Est-ce vraiment une bonne affaire ?

Pour autant, est-ce que le dropshipping est vraiment une bonne affaire ?

Aux États-Unis, 40% des sites e-commerce utilisent ce mode de commercialisation. En France, les statistiques restent encore très difficiles à trouver, même pour la FEVAD. Il semble cependant que le chiffre d’affaires généré par ce dropshipping est encore très faible comparé au chiffre d’affaires global du e-commerce traditionnel.

Si un tel volume de sites marchands utilise le dropshipping pour développer leur activité, c’est que ce mode de commercialisation peut être intéressant pour les différents acteurs. Encore faut-il que cela soit bien géré.

Qui dit faire du dropshipping, dit répartition de la marge entre les différents acteurs impliqués. Pour qu’un site marchand puisse arriver à vivre en dropshipping, il est indispensable qu’il applique l’ensemble des bonnes pratiques en matière de commerce en ligne, mais également que le fournisseur lui permette d’avoir une marge suffisante pour couvrir les frais d’acquisition des clients.

De même, le site marchand doit avoir conscience des coûts liés à la production, au stockage et à l’expédition des marchandises qu’il commercialise. La clé de la réussite est donc une bonne répartition de la marge entre les différents acteurs.

2019 sera-t-elle l’année du dropshipping ?

Il est difficile de répondre par oui ou non à cette question, car de nombreuses marques refusent encore ce mode de commercialisation, celles-ci préférant tenter de vendre par l’intermédiaire de leur propre site ou via des marketplaces.

Selon moi, les acteurs de la vente en ligne vont peu à peu se rendre compte de l’importance de se spécialiser pour exister face à la montée croissante d’Amazon et consort. Elles vont également se rendre compte du danger lié à la dépendance qui est en train de se créer du fait de l’omniprésence des places de marchés.

Le dropshipping devrait donc peu à peu rentrer dans les esprits et les offres de fournisseurs devraient se développer. Cependant, le changement des mentalités demande du temps. Ainsi, il est peu probable que la France rattrape son retard sur les États-Unis uniquement sur l’année 2019. Mais il est certain que ce mode de commercialisation risque de se développer dans les prochaines années.