Inbound Marketing - La communication est un spectacle interactif sans fin - 24 décembre 2018

La communication est un spectacle interactif sans fin

Martin Lozniewski Content Manager

La communication est un spectacle. Comme les comédiens, les communicants se projettent, interprètent, incarnent, mettent en scène, s’exposent, séduisent, apparaissent, disparaissent, réapparaissent, improvisent, vivent du succès, encaissent les échecs et quittent la scène à chaque fois que le rideau rouge leur ordonne de le faire. De la lumière à l’obscurité, de l’estrade aux coulisses, il n’y a parfois qu’un mètre, qu’une seconde, qu’une idée, qu’un mot. Après chaque représentation, la même remise en question : comment être plus original qu’hier ? Comment être plus percutant qu’aujourd’hui ? Comment se renouveler pour capter et pour retenir l’attention du public de demain ?

ACTE I : QUAND LES PLUMES PENSENT

Lorsqu’ils manient les mots, les plumes font d’un discours une œuvre d’art : les paragraphes se bousculent, les figures de style claquent, les virgules imposent une musicalité, les points ponctuent, les apartés créent de la proximité, les parenthèses apportent de la précision, et le fond en s’appuyant sur la forme font de la juxtaposition de mots ordinaires un texte extraordinaire.

Le contenu est roi. Le monde a besoin de contenu. Écrire ou lire. Parler ou écouter. Filmer ou regarder. Voir ou être vu. Chacun sa place, chacun son rôle, tant que l’information circule. De boucle en boucle, de répétition en répétition, le « snack content » a le vent en poupe dans une société où plus personne n’a le temps de prendre son temps. Le temps, c’est de l’or. En avoir, c’est du luxe.

Pour les communicants, capter l’attention de la foule est leur mission. Faire du bruit pour prendre la parole est un moyen. Partager des messages stratégiques pour être écoutés est leur objectif. Une chose est sûre : si un contenu ne trouve aucun public, c’est comme s’il n’avait jamais été produit. Créer pour créer, à quoi bon ? Un texte, une idée ou un projet doit être reconnu pour exister.

ACTE II : QUAND LES ORATEURS INCARNENT

Dans une époque où le « savoir-faire » a autant de valeur que le « faire savoir », maîtriser son discours, ses mouvements et sa posture devant un public est de mise. La forme est aussi importante que le fond. Parfois, elle l’est même plus.

Les communicants, les orateurs, les éloquents l’ont bien compris : pour avoir le privilège de remonter chaque jour sur scène, ils ne peuvent pas se contenter de proposer au public du « déjà-vu », du « déjà-entendu », du « déjà-vécu ». Ils doivent être plus créatifs que leurs voisins et embarquer l’audience dans un univers unique ; un univers mémorable. S’ils échouent, l’aventure s’arrête. N’inversons pas les rôles : ce sont les spectateurs qui décident quand s’allument et quand s’éteignent les projecteurs, pas les communicants.

Être conscient de ce rapport de force permet de se poser les bonnes questions avant de monter sur scène : qu’attend le public des comédiens – et non pas qu’attendent les comédiens du public ? Les comédiens sont-ils capables de lui donner ce qu’il réclame ? Comprendre la foule et connaître sa troupe, c’est faire un premier pas vers la réussite.

ACTE III : QUAND LE PUBLIC INTERAGIT

Le spectateur d’hier est un acteur aujourd’hui. D’une manière ou d’une autre, il doit interagir avec la scène, faire un pas vers les comédiens quand les comédiens en font cinq vers lui, sentir qu’un projet a été pensé pour lui et autour de ses attentes. Il doit se projeter, imaginer, donner et recevoir.

Un univers ne se construit pas seul. Il se co-construit avec toutes les parties prenantes d’un même projet – metteur en scène, acteurs et spectateurs. Tout l’enjeu pour les communicants est de créer un environnement favorable au dialogue et d’accompagner les spectateurs dans leurs mouvements, prises de parole et prises de décision. Le pire ennemi de la communication est la dispersion ; car « on peut courir partout, dans tous les sens, et arriver nulle part ».

Dans ce sens, conseiller, créer, incarner, guider, apporter de la cohérence, diffuser, mesurer, contrôler les risques et oser font partie du quotidien des communicants qui réinventent chaque jour la nature même de leur secteur. La différence entre un communicant qui réussit et un autre qui échoue, c’est que celui qui échoue a arrêté d’innover. Rideau !