Entreprendre - Comment mener un projet digital avec une ONG ? - 2 novembre 2018

Comment mener un projet digital avec une ONG ?

Bérengère Roux Consultante en stratégie digitale opérationnelle

Aujourd’hui, la transformation digitale touche tous les organismes : du commerce de proximité aux entreprises du CAC 40 en passant par les TPE/PME. Et les organisations non gouvernementales (ONG), peut-être moins médiatisées, ont également entamé leur mue digitale…

Pourquoi une ONG devrait-elle mettre en place une stratégie digitale ?

Selon le baromètre e-donateurs LIMITE-IFOP, en partenariat avec l’IDAF et l’AFF, les dons en ligne représentent 7,2% des dons annuels (en progression) et les donateurs sur internet sont plus généreux avec un don moyen de 104€ contre 63€ par chèque. L’intérêt est donc économique.

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Au-delà, les ONG doivent se transformer pour apporter plus de transparence à leurs donateurs. La communication est essentielle et elles doivent donc être présentes là où sont les donateurs potentiels, à savoir sur Internet, notamment sur les réseaux sociaux.

Quels types de projets digitaux pour les ONG ?

Les ONG rencontrent les mêmes problématiques que les entreprises, à savoir qu’elles doivent gagner en visibilité. Elles ont ainsi adopté les réseaux sociaux, travaillent leur champ sémantique de façon approfondie pour favoriser le SEO et créent des sites avec une approche e-commerce pour développer les dons.

Selon NGOfacts, il existe en France environ 1,3 million d’ONG. La visibilité est donc une priorité. Les ONG adoptent une approche toute professionnelle quand il s’agit de transformation digitale et elles font appel à des prestataires qui savent les guider dans leur évolution.

Quelles particularités dans la gestion de projet ?

Malgré un degré de maturité proche des entreprises, en tous les cas pour celles que j’ai côtoyées, les ONG ont des spécificités qu’il convient de connaitre et qui sont à la fois source de contraintes et d’opportunités.

Le budget

C’est en effet une spécificité, encore plus qu’une entreprise. Elles doivent en effet utiliser les fonds dont elles disposent de manière raisonnée et responsable parce que la majorité de leur budget provient de donateurs.

Ces donateurs ont pour objectif de contribuer à la réalisation d’actions concrètes. Les sommes dédiées à la transformation digitale ont une vocation forte de retour sur investissement pour justifier qu’elles ne soient pas directement investies dans des actions sur le terrain.

Les stakeholders

C’est là une importante spécificité que j’ai expérimentée lors de projets avec des ONG. En effet, l’approche est basée sur le consensus et l’approbation par une équipe projet pluridisciplinaire. La prise de décision est ralentie parce que chacun doit contribuer et valider les directions qui sont prises.

La Direction pilote le projet avec un ensemble de ressources qui ne sont pas directement liées ou dont le métier est tout autre. Il en ressort des échanges riches et un panel important d’idées, mais le process de décision est plus long. Les délais d’un projet doivent absolument tenir compte de cet environnement et type de fonctionnement pour ne pas pénaliser le rétro planning défini en amont.

Petit retour sur une expérience personnelle : lors d’un workshop, j’ai demandé à chaque participant de n’intervenir que lorsqu’il était concerné par le sujet. Ce fut une proposition qui a surpris au départ, mais permis d’avancer efficacement et de satisfaire les commanditaires:-)

Les documents de restitution

Dans les projets qui nécessitent la rédaction de documents de restitution comme un cahier des charges, il est pertinent d’ajouter aux éléments purement fonctionnels des informations métier et des statistiques par exemple qui justifient telle ou telle fonctionnalité.

Ces données ne sont pas nécessaires aux équipes techniques qui vont développer le projet, mais n’oubliez pas que le cahier des charges a également pour objectif d’aider le client à visualiser son projet et d’être validé…

S’il est uniquement fonctionnel, vos interlocuteurs vous poseront des questions que vous pouvez anticiper par un document un peu plus riche. Ensuite, un peu de formalisme est bienvenu : comptes-rendus de réunions, feuilles de présence…

Tout ceci est à prendre en compte dans la phase de chiffrage dans la mesure du possible.

Pour conclure

Les ONG disposent de projets enrichissants, avec leurs codes et modes de fonctionnement. La transformation digitale est pour elles un véritable enjeu qu’il convient d’adresser avec un brin de « diplomatie ».