Growth Hacking - Et si je ne pouvais pas faire de pub en ligne ? - 6 février 2017

Et si je ne pouvais pas faire de pub en ligne ?

Récemment, après avoir pondu une infographie dont j’étais plutôt fier et convaincu de sa puissance virale, j’ai foncé bille en tête pour promouvoir mon travail sur Facebook et Twitter via des pubs. Après tout, je fais cela pour mes clients à longueur de journée, pourquoi ne pas le faire également pour moi !


Si le résultat de ma promotion a été plutôt intéressant avec un coût par clic de 0,18 cts et plus de 800 visiteurs sur mon site, j’ai été très déçu de ma démarche. Cette déception fut double :

Google Loves Me
  1. L’intérêt final de cette promotion a été limité puisque je n’ai obtenu qu’une vingtaine d’inscrits sur mon site. De plus, je n’ai finalement noué aucun contact concret et fort pour mon activité (du conseil en acquisition & performance). Pour être très transparent, j’attends de mes articles qu’ils terminent sous les yeux d’un responsable marketing, qui, à la lecture de ce contenu, s’exclamerait « Mon Dieu, mais c’est bien évidemment cela que nous devons faire, il faut absolument que je contacte cette personne ! » Manque de bol, mon infographie a entraîné : 1, 2, 3, 4… ZERO CONTACT. Grosse lose donc a priori ;
  2. Habitué à faire de la pub en ligne pour des clients qui disposent déjà d’une certaine audience, j’ai eu le réflexe immédiat de me tourner vers la « promotion » de mon post. J’ai donc sélectionné minutieusement sur Facebook une audience, que j’ai jugée pertinente. Facilement, j’ai pu cibler des groupes intéressants tels que E-marketing.fr, Webmarketing & co’m, Startup Weekend ou des thèmes semble-t-il assez précis : « Google Adwords » et « Growth Hacking ».


Je me suis donc attendu à voir arriver par vague massive des visiteurs assoiffés d’informations sur la gestion d’un compte Adwords, enthousiastes à l’idée de pouvoir optimiser leur stratégie d’acquisition et enclins à promouvoir spontanément mon infographie.

Oups, j’ai pris une petite claque… J’ai surtout vu arriver beaucoup de visites à 0 seconde, un taux de rebond proche de 90%, car beaucoup, beaucoup, beaucoup de visiteurs sur mobile. Voici même, en exclusivité pour vous, les résultats par device :

Mon premier réflexe a surtout été de me remettre en cause :

  • Temps de chargement de ma page trop long, car image non compressée ;
  • Manque de clarté de mon infographie ;
  • Pas de pop-up sur mon site (malheureusement je déteste tellement cela que je ne veux pas imposer ce harcèlement à mes visiteurs).

Cependant, deux éléments ont quand même tempéré mon questionnement pour voir les choses sous un autre angle :

  1. Lorsque j’ai partagé mon infographie sur le groupe Facebook « Growth Hacking France » (merci à Côme Courteault d’ailleurs), j’ai eu plus de 20 likes du post en 2/3 heures et des inscrits immédiatement sur mon site ;
  2. Par ailleurs, j’ai scruté minutieusement les likes générés par la promotion payante de mon article. Or, et ce sans aucun jugement de valeur, j’ai vu des profils de personnes qui devaient avoir autant de rapport avec le webmarketing que je n’en ai avec la cueillette des cèpes en automne. Il ne s’agit pas de 1 ou 2 personnes, mais bien de 6 ou 7 cas sur une dizaine de likes (ce ne sont pas les likes de la promotion ci-dessus).

Votre première réaction est donc de vous dire : voici quelqu’un qui préfère critiquer la qualité des audiences Facebook, plutôt que de remettre en cause le contenu de ses articles. Je ne peux pas vous jeter la pierre, mais reconnaissez quand même que vous pourriez, vous aussi, être dans cette situation.

Ce qui est facile nous rend moins fort

En réalité, tout l’objectif de ma démonstration n’est pas de dénoncer la qualité des pubs Facebook, car nombreux sont les cas à succès de promotion sur Facebook.

Non, ce que je souhaite remettre en cause est l’approche systématique qui consiste à vouloir absolument recourir à la promotion payante pour faire décoller ou réussir son activité. Faire immédiatement le choix de la promotion en ligne est celui :

  1. De la facilité ;
  2. Du lieu commun (ou du manque d’originalité si vous préférez) ;
  3. De la suffisance.

« La plus grande liberté naît de la plus grande rigueur » Paul Valéry

Il faut savoir que les meilleures idées naissent de la contrainte. Je vais, à ce titre, vous racontez mon expérience avec SportEasy (solution web & mobile pour la gestion des équipes de sport amateur). Lorsque j’ai commencé à travailler avec SportEasy en 2013, l’objectif était d’améliorer significativement l’acquisition de clients. Il s’agissait d’un produit qui bénéficiait d’une sympathie incroyable de la part de ses utilisateurs tant elle simplifiait le quotidien de ceux qui l’utilisaient. Notre budget marketing ne dépassait pas les 10€/jour. Il fallait donc réfléchir, trouver des idées, être pragmatiques, mais également créatifs pour faciliter la mise en œuvre fantastique du bouche-à-oreille.

Le fait de ne pas pouvoir nous tourner en premier lieu vers la publicité en ligne à savoir Facebook ou Adwords était en réalité une aubaine incroyable. Cette contrainte financière nous a permis de penser ambitieux, malins, opportunistes et surtout de questionner en permanence notre acquisition. Voici un certain nombre d’idées, que nous avons eues, qui étaient loin d’être des évidences, mais qui ont eu un impact exceptionnel dans la stratégie d’acquisition de SportEasy :

  • Une réponse à une candidature pour le prix Sport Numericus. Candidature, qui nous a valu de remporter le prix, qui lui même nous a valu d’être vus par un journaliste présent lors de la remise des prix. Cela nous a offert sur un plateau un magnifique article sur le site de l’Equipe et ainsi des milliers d’équipes inscrites (sans parler de la puissance en termes de SEO ma gueule !) ;
  • Un an plus tard, c’est une candidature aux Grand Prix de l’Innovation de la ville de Paris, remportée dans la catégorie numérique par SportEasy qui a mis tout un travail en lumière ;
  • Une approche très « growth hacking » a permis la récupération de listings de milliers de responsables d’équipes disponibles sur internet ;
  • Quelques semaines avant la coupe du monde 2014, une infographie opportuniste nous a valu d’attirer des dizaines de milliers de visiteurs sur notre blog.

Bref, les exemples sont nombreux, et c’est l’absence de moyens financiers qui nous a poussés à toujours sortir de notre zone de facilité et de confort et à penser différemment ! Et jamais vous ne lirez de véritables techniques pour mener à bien de telles actions.

En 2013, SportEasy avait 200 nouveaux profils inscrits chaque jour. 2 ans plus tard, ce chiffre avait été multiplié par 4 avec 800 nouveaux inscrits par jour.
Il fallait bien évidemment un excellent produit, mais également toute l’opiniâtreté et l’aisance relationnelle de ses fondateurs pour faciliter le travail. Cependant, est-il vraiment possible de réussir sans cela ?

Portez toujours sur votre travail un regard neuf

Le partage de ces expériences a pour objectif de vous témoigner d’une conviction personnelle : si tout est trop facile, c’est qu’il y a un problème ! L’acquisition doit être approfondie, complexe, travaillée, décortiquée, brainstormée, remise à plat, etc. jusqu’à mettre en œuvre des tractions permanentes qui donneront une continuité à votre travail. Même arrivé à une certaine taille, vous devez garder cette approche de façon obsessionnelle pour ne pas vous faire rattraper ou perdre le momentum qui porte votre produit. Sans aucun budget marketing, comment vous seriez-vous trituré l’esprit pour trouver la meilleure idée ?

Alors, pour reprendre une citation de La Fontaine, que je mentionne sur mon site, gardons toujours en tête que :
« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ».

À commencer par moi donc…