E-commerce - Et si l’éducation passait par le digital ? - 7 octobre 2016

Et si l’éducation passait par le digital ?

On a tous en mémoire cette salle de classe au tableau noir où se mêlaient craies et pupitres de bois quand les calculs se faisaient encore « de tête ». Exit la nostalgie des parties de football en cours de récréation. Place aux Youtubeurs, Facebook Live et Snapchat… le mobile ayant remplacé le cahier de liaison dans le sac à dos…

L’éducation nationale n’a pas raté son examen début 2016 en dictant son plan numérique où l’équipement des classes et la formation des ressources étaient les priorités. L’approche pédagogique à la mode numérique de l’école s’essouffle rapidement, car elle est dépassée par les véritables pratiques des jeunes, bien souvent plus « connectés » que leurs propres enseignants.

Google Loves Me

Là où le corps professoral balbutie tel un enfant tout juste entré en 6ème, l’accompagnement digital privé, en pleine ébullition, a déjà validé son diplôme de « nouvelle façon d’apprendre ». Les premiers résultats d’une approche numérique « hors classe », mais conforme aux réelles attentes de l’élève sont éloquents.

Les acteurs du numérique l’ont compris : pas question de « redoubler ». Il faut viser la mention « pionnier » de l’ère digitale dans un secteur éducatif qui est en train de muer.

Et si l’éducation passait par un « cursus » digital ?

L’élève dépasse déjà le maître

Les jeunes sont acteurs de la vie numérique là où le maître d’école apportait l’information. C’est l’information qui vient à l’élève par le biais des outils du web.

ets-magazineAddictive numérique, la génération 13-24 ans se caractérise par une agilité pluri-médias qui va du simple partage de vie privée online au développement d’applications mobiles. Et si en plus, leur maison est équipée d’une dizaine d’écrans, on s’imagine facilement que même les 6-12 ans doivent être aussi friands que leurs aînés, voire plus.

D’enfants suréquipés, de réseaux démultipliés, de smartphone « greffé » à la main, on devine le faussé inter générationnel qui amplifie ce sentiment d’incompatibilité entre l’élève et le professeur.

Un ado qui piège sa prof en sabotant Wikipédia, un Youtubeur de 15 ans qui raconte ses déboires d’ado à plus de 1 million d’abonnés ; les jeunes talents soulignent leur excellence sans Stabilo.

« Quand je vois mes élèves sur l’ordinateur, ça me fait presque peur tant je les trouve meilleurs que moi, je ne vois pas trop finalement ce que j’ai à leur apprendre de plus », commentait récemment une professeure documentaliste.

La note finale est sans appel : le professeur est recalé, c’est son élève qui lui transmet dorénavant le «savoir numérique».

L’école connectée : une copie bien remplie

Faire entrer l’école dans l’ère numérique visait à développer un écosystème global de l’e-Education, depuis les contenus et services jusqu’au matériel.

L’éducation a donc décidé d’enseigner le code informatique en 5ème, de signer un partenariat national avec Microsoft, de s’atteler à former les enseignants, et surtout d’équiper 600 collèges. Pour éviter la copie blanche, un budget colossal « d’appels à projets numériques et innovation pédagogique » était alloué en filigrane du «plan numérique national».

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Étude de cas : le collège connecté de Sèvres

Objet : Éduquer aux usages d’Internet pour favoriser l’autonomie et l’initiative

Partie 1 : Passer aux ressources digitales

« Les tablettes n’alourdissent pas le sac… ». Les 300 élèves ont été équipés de supports numériques qui rompent avec le cours traditionnel : les élèves deviennent de véritables acteurs.

Partie 2 : Basculer au tout digital

« Les enseignants ont choisi des ressources numériques qui, petit à petit, remplaceront les livres ».

Conclusion : Continuer à aiguiser la curiosité

« L’outil numérique est une aide précieuse pour l’entrée dans les apprentissages, mais aussi pour partager leur propre culture avec les autres ».

Des tels efforts aboutissent aux premiers retours d’expériences : les élèves réfléchissent plus, sont plus concentrés et trouvent le cours plus intéressant.

 

Mais ne trichons pas, le déséquilibre de la culture digitale n’est pas une équation à deux inconnues qui se résout en additionnant des dispositifs numériques. C’est justement sur ce créneau que les acteurs du numérique ont imaginé une nouvelle forme d’accompagnement scolaire ultra personnalisé et riche d’enseignements.

Le soutien scolaire en pleine ébullition : l’autre façon d’apprendre

Alors d’accord, « la vraie déstabilisation se produira le jour où il existera un Google ou un YouTube de l’éducation ». Mais pourquoi ne pas prendre les devants et capitaliser sur le marché du soutien scolaire digital immédiatement ?

Quand on sait que la France est le premier marché du soutien privé dans l’UE avec un volume d’affaires de 1,5 milliard d’euros et 40 millions d’heures de cours, on comprend mieux pourquoi les acteurs se mettent d’équerre avec cette demande grandissante. À la perpendiculaire d’une éducation encore trop « classique », tableau blanc dynamique, stylo numérique, discussion instantanée et visioconférence sont les « fournitures » pour la rentrée 2016 !

La plateforme Livementor propose une assistance dédiée où l’élève choisit son « mentor », étudiant ou professeur, qui le guide virtuellement tel un éclaireur de Call Of Duty.livementor

Schoolmouv mise aussi sur la dimension collaborative du travail de révision avec un concept de vidéos de 5 à 15 minutes, qui marche sur les traces du média préféré des ados.

Le Tchat de Profenpoche répond à ses utilisateurs dans un délai ultra court qui devrait satisfaire l’élève pressé, soucieux d’apprendre toujours plus vite via le numérique. C’est d’ailleurs un triangle équilatéral que tracent les cours Pieber en proposant à la fois du cours en présentiel, du soutien par visio conférence et une application ala Whatsapp.

Même l’aîné Acadomia, pourtant très présent avec 110 centres physiques en France, a compris que le succès passait par la fidélisation digitale. Acadomia 365, centre de ressources type Cloud, reprend les règles d’usage d’un bon jeu en réseau à la sauce entrainement scolaire. Des ressources qui créent un lien entre l’apprentissage et l’appétit intellectuel de l’élève. Un système ouvert où l’enfant imagine, structure, et met en place ses idées à sa manière.

Il ne suffit pas de mettre des tablettes dans les mains des élèves pour qu’ils progressent.

La révolution de l’éducation digitale est en marche dans nos écoles. La question de l’adolescent acteur de son parcours scolaire est une problématique que seuls les experts du numérique peuvent appréhender aujourd’hui. En décalquant les pratiques de nos cadets, de très bonnes initiatives émergent.

Il faut séduire l’enfant, lui montrer de l’intérêt pour son univers tout en adoptant une nouvelle manière d’enseigner. Le digital apporte trop de bénéfices pédagogiques pour le laisser « au coin » une fois de plus sous prétexte qu’on ne le comprend pas bien.