Développement Web - Web 4.0 : l’internet de l’ADN - 28 juillet 2016

Web 4.0 : l’internet de l’ADN

Enrico Ramasy Consultant Webmarketing

« Documenter les variations de chaque gène humain et déterminer les résultats de ces différences » (source : MIT), tel est l’objectif du web généticiel. L’internet de l’ADN (web 4.0) est présenté par le MIT parmi les dix avancées technologiques qui vont changer le monde ainsi que le développement web. Mais quelles seront les modalités de cette évolution ? Sera-t-elle prometteuse pour l’avenir ?

Transition de l’internet des objets vers celui des génomes

L’internet de cette génération, dont le World Wide Wear, est en phase de transition. Le web 3.0 a signé la fin des requêtes écrites via le clavier, en se focalisant sur le corps ainsi que les interactions vocales (Luka) comme interfaces. L’internet des objets porte sur un nouveau basculement dont la servicialisation de chaque produit et de chaque objet, comme chaque information et chaque profil le sont pour cette génération.

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Différentes entités auront bientôt indexé tous les documents, les profils et même les objets. Et lorsque l’interaction des dispositifs vocaux accompagnant le corps, ou disséminés dans l’environnement ambiant sera la nouvelle norme adoptée, lorsque toutes ces technologies auront convergé vers l’usage des assistants dotés d’intelligence omniprésente, que va-t-il se passer ? Après l’indexation de document, de profil, et d’objets connectés, nous verrons apparaitre l’Internet des génomes.

web 4.0

Du web de la concurrence au web de l’assurance

Du point de vue économique, il faut savoir que l’indexation des documents a comme modèle le capitalisme linguistique. Celle des profils a seulement tenté de reprendre, voire d’améliorer ce modèle dans le but de monétiser le profil comme le faisaient les régies des moteurs aux documents (une pratique bien connue). Par conséquent, cette disposition a créé une fusion de modèle qui s’appuie sur le marché de l’e-réputation et du quantified-self. Ce modèle fusionne de manière progressive avec le marché des datas qui sera finalement dominé par le secteur de l’assurance ou web assurantiel.

Résultat : deux modèles deviennent concurrents à savoir le modèle des Apps-data de comportement captées en direct (le modèle Adwords par exemple) et le web-média des documents et des profils (comme le modèle AirB’B).

Passage d’un web des documents à un web des profils, puis à un web des objets

La documentation des profils sert de cheval de Troie à la servicialisation des biens en liaison avec chaque profil. De la même manière, l’indexation des documents avait autrefois servi de cheval de Troie à la servicialisation de l’attention en liaison avec chaque profil.

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Indexation de l’ADN : dernier rempart

Quelle base reste-t-il finalement à l’indexation, à la production ou à la servicialisation ? Une entité qui fera l’objet d’une nouvelle structure du marché au niveau mondial et qui pourrait générer des rentes importantes.

Comme mentionné dans les travaux de Pierre Lévy sur l’intelligence, L’intelligence collective : pour une anthropologie du cyber-espace, le principal fondement d’Internet a toujours été la métaphore du cerveau (hypercortex). Les gens se sont de plus en plus rapprochés grâce à l’internet des objets, le corps comme interface (World Wide Wear). Et l’éventuelle évolution de cette disposition va déboucher vers un système nerveux numérique, où chaque produit deviendrait un service. Une éventualité qui ne manquerait pas d’apporter des changements aux activités des serviteurs du web, qui auront surement à effectuer des changements bio-organiques plutôt que techniques.

En tous cas, au moment où ces quatre réseaux vont coexister, le point de singularité technologique essentiel pour organiser les activités humaines sera également atteint. Reste à savoir si les internautes vont le vouloir.

Source : Affordance