La Digitale - Le payant, c’est naturel pour la presse US - 2 mars 2016

Le payant, c’est naturel pour la presse US

Rédaction CB News MAGAZINE MARKETING

Plus des trois quarts des journaux à grand tirage aux États-Unis utilisent aujourd’hui un modèle payant pour leur site internet, selon une étude de l’American Press Institute, alors qu’ils n’étaient qu’une poignée en 2010. Selon l’étude publiée lundi, 77 des 98 journaux dont la diffusion dépasse 50 000 exemplaires avaient mis en place en 2015 une forme de tarification…

Parmi eux, le modèle le plus répandu (62 y ont recours) est de loin le compteur qui donne accès gratuitement à un nombre défini d’articles, mais qui nécessite un abonnement au-delà. Suit la version dite « freemium » (12 journaux l’ont adopté) qui propose un accès gratuit à une partie du site et requiert un abonnement pour le reste. Enfin, seuls trois journaux, dont le Wall Street Journal, ont choisi d’imposer le paiement d’un abonnement pour l’ensemble de leur site. En 2010, seuls 6 des 98 journaux américains à grand tirage avaient mis en place une tarification de tout ou partie de leur contenu, une proportion qui n’avait quasiment pas évolué en dix ans. Mais en cinq ans seulement (jusqu’en 2015), l’immense majorité a changé de stratégie, relève l’étude.

Le prix moyen d’un abonnement est aujourd’hui de 2,97 dollars par semaine pour le modèle avec compteur, 3,52 dollars pour le « freemium » et 4,43 dollars pour le tout payant. « Le potentiel de chiffre d’affaires généré par ces abonnements en ligne est assez trouble, au mieux », observe Alex Williams, l’auteur de l’étude. Au-delà des fidèles lecteurs qui ont suivi le mouvement vers le site payant, il s’interroge notamment sur la capacité des journaux à « persuader plus de gens de s’abonner ». Il constate également que les journaux ne communiquent que très peu sur leurs chiffres d’abonnement.

Autre point saillant de l’étude, Alex Williams a observé qu’aucun des 77 journaux qui utilisent un modèle payant ne demande à l’abonné d’informations au-delà des simples coordonnées. Pour lui, elles pourraient constituer un fichier clients qualifié en posant aux abonnés davantage de questions pour définir un profil plus précis. Ce fichier aurait alors une valeur bien supérieure pour les annonceurs.