Best Of - Créer un site multilingue en 3 étapes sur WordPress - 12 novembre 2015

Créer un site multilingue en 3 étapes sur WordPress

Sous réserve d’avoir un produit qui marche et une bonne visibilité en ligne, il n’est pas trop difficile d’étendre son business sur d’autres marchés européens où les différences culturelles et sociodémographiques sont relativement faibles, comme l’Allemagne. Pour commencer, traduire le site dans la langue locale et miser sur le SEO pour générer du trafic « gratuit » peut permettre de gagner quelques parts de marché – même si cela ne suffira pas à vraiment décoller dans le nouveau pays ciblé. En choisissant les bons outils, partenaires et « workflow », on peut facilement tirer un bon retour sur investissement de cette opération. Alors, par où commencer ?

1/ Choisir la structure du site multilingue : ccTLD, sous-domaine ou sous-dossier ?

Les deux premières options sont à réserver aux sites d’une taille assez conséquente et avec un budget marketing bien fourni. Créer un nouveau ccTLD (exemple.de) ou sous-domaine (de.exemple.com) revient à partir de quasiment 0 niveau SEO. Le choix d’un sous-dossier (exemple.com/de/) permet quant à lui de profiter de la popularité du site original et d’observer des résultats en SEO très rapidement, si ce n’est immédiatement. Avec un ccTLD, il faudra attendre sûrement 6 à 12 mois et investir beaucoup en communication pour voir son trafic organique décoller. Il est toujours possible de migrer le site exemple.com/de vers exemple.de plus tard.

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À éviter : Utiliser des paramètres d’URL pour gérer le nouveau site local (exemple.com/lang=de), comme le souligne Google. La raison est simple : les paramètres d’URL n’ont pas été conçus pour cela et les moteurs de recherche risquent de ne pas reconnaitre les versions internationales du site, et donc de ne pas les indexer correctement. La conséquence est de réduire à zéro ses chances d’être visible sur les moteurs de recherche à l’étranger, ce qui est un peu dommage.

Astuce : On peut facilement localiser un sous-dossier via Google Webmaster Tools, ce qui permet de faciliter la vie aux moteurs de recherche pour faire apparaître les différents sites dans les bons index locaux. Cet article explique très bien la démarche : http://www.webrankinfo.com/dossiers/conseils/ciblage-geographique-google.

2/ Mettre en place les différents sites multilingues dans des sous-dossiers

Il existe sur WordPress deux principaux outils pour réaliser cela sans trop de difficultés et connaissances techniques :

  • La première solution (gratuite) est d’activer WordPress Multi User. Cela revient à créer une nouvelle entité indépendante à partir du même thème WordPress dans un sous-dossier (exemple.com/de). Cet outil fonctionne très bien et se règle en peu de temps. Il n’est par contre pas très pratique pour gérer les traductions et mises à jour de contenu de toutes les versions internationales. Il fait très bien l’affaire pour un site relativement petit traduit en peu de langue.

  • Si vous comptez traduire votre site dans une dizaine de langues, voire plus, mieux vaut se tourner vers WPML (coûtant 195 € en une fois). Il fait à peu près le même job que WPMU, à la différence qu’il permet d’automatiser les workflows de traduction, ce qui permet de gagner énormément de temps dans la gestion quotidienne des sites internationaux. Pour aller plus loin, on peut ajouter l’extension WordBee à WPML (dont le site est paradoxalement disponible en une langue uniquement) pour automatiser quasiment à 100 % les workflows de traduction. Cet outil permet de détecter automatiquement les passages de texte ajoutés ou modifiés dans la version originale (PDF inclus) et d’envoyer les parties manquantes directement aux traducteurs. Le gain de temps que l’outil permet vaut largement l’investissement (il faut compter au minimum 5000-6000 € par an).

Pour résumer, les deux solutions fonctionnent très bien, mais WPMU vous demandera plus de temps de gestion. Dans tous les cas, il me semble que l’investissement de 195 € pour WPML vaut le coup.

À éviter : Les plugins gratuits style Transposh. Ce genre de plugin est souvent instable, peu pratique et pas du tout SEO-friendly. En choisissant cette option, vous risquez sûrement de perdre du temps et de basculer au final vers WordPress MU ou WPML. À réserver aux sites vraiment amateurs.

Astuce : Le plugin WordPress SEO (la version gratuite est suffisante) est compatible avec WMPL et WordPress MU. Il permet d’effectuer une optimisation on-page SEO basique très facilement et sans toucher au code du site.

3/ Traduire le contenu

Un traducteur en freelance peut être une bonne option pour commencer. Il peut être assez difficile cependant de trouver le bon partenaire si l’on ne parle pas la langue couramment. Le mieux est de trouver un second prestataire pour relire le travail du premier afin d’éviter les fautes. Niveau prix, c’est un peu la jungle, mais pour avoir un travail d’une qualité minimum, comptez au moins 5 centimes par mot pour un débutant et une dizaine de centimes par mot pour quelqu’un de plus confirmé.

Une agence de traduction est une alternative possible, mais pas forcément mieux en terme de qualité. L’avantage est qu’elle opère souvent sur plusieurs langues. Il est donc possible de déléguer tout le travail à un seul partenaire, ce qui permet de gagner du temps d’un point de vue administratif.

À éviter : Les plateformes type TextMaster et Great Content. Avec des rémunérations pour les traducteurs de 1 à 2 centimes par mot, les textes sont souvent bâclés (ce qui est tout à fait compréhensible). Difficile de faire confiance à ces plateformes, car on ne sait jamais qui va réaliser la traduction de son texte (concept de plateforme self-service).

Astuce : Investissez dans une recherche de mots-clés. Cela vous permettra de positionner votre site sur des requêtes qui sont recherchées par les internautes du pays cible. Prenons l’exemple du terme « couche lavable ». La traduction littérale allemande « waschbar windel » est recherchée en moyenne 10 fois par mois sur google.de alors que son synonyme « stoffwindeln » est en moyenne recherché 6 600 fois par mois. Si vous proposez des couches lavables sur votre site et que votre traducteur utilise la première expression, il y a peu de chance de tirer beaucoup de trafic qualifié des moteurs de recherche.

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Si les choses sont bien faites, la création d’un site multilingue bien optimisé en SEO doit apporter son petit plus en matière de trafic et de ventes. Mais pour faire vraiment décoller votre trafic organique, il vous faudra ensuite commencer à communiquer sur le marché ciblé pour obtenir un minimum de backlinks sur des sites locaux…

Source image : Shutterstock