Emploi Webmarketing - Comment écrire pour le web ? - 16 avril 2013

Comment écrire pour le web ?

Eric Varin Auteur

On prend donc autant de plaisir à écrire pour le Web que pour finir la rédaction de son premier roman. Mais qu’attend-on réellement d’un rédacteur spécialisé pour le Web ? Et d’abord à qui sont destinés ces milliers de textes qui s’accumulent ?

Littérature et Internet même combat ?

L’écriture pour le Web ne ressemble donc pas à la littérature que nous connaissons tous. Pratique, elle se doit aussi d’être productive et créatrice de valeur (ajoutée), de quoi horrifier les auteurs décriés de leur vivant et glorifiés pour la postérité.

L’écriture Web est multiple et il serait illusoire de vouloir la définir et la caractériser en quelques lignes. Intéressons-nous donc à cette écriture de masse en découvrant quelques traits communs aux rédactions qui n’ont de virtuelle que le nom.

L’écriture Web doit avant tout être lue et en cela, l’auteur spécialisé dans cette nouvelle forme de création littéraire souffre aussi de l’angoisse de l’écran blanc (moins représentatif que la page blanche je vous l’accorde mais tout aussi paralysant). Pour être lu, il n’est alors pas question de se creuser les méninges pour dénicher une histoire extraordinaire ou un mode de narration original mais au contraire de s’employer à suivre les standards ouvrant les portes d’un lectorat nombreux.

Les mots clés, les arcanes de la nouvelle création…

Il faut alors préciser certaines règles qui sont intangibles et portés comme des étendards. Un écrivain virtuel n’écrit pas pour ses lecteurs mais pour un lecteur : Google. La plus belle des proses sera rejetée des spécialistes du S.E.O. car ne condensant pas assez les mots clés, ou pire ne respectant pas le vocabulaire thématique cher à notre moteur de recherches préféré. Précisons au passage que ce qui est vrai pour Google l’est aussi pour tous les autres moteurs. Mais soyons fou et ne nous intéressons qu’au leader en la matière.

Les mots clés, quelle est cette invention barbare ? Barbare, barbare, c’est vite dit puisque le choix des mots clés est apparu et s’est étendu dans le même temps que Google confirmait son emprise. Essayons donc de faire simple. Aujourd’hui, si vous voulez vous offrir un bon moment avec un livre, vous allez chez votre libraire préféré (il est encore temps de le faire, tant que le e-book ne se sera pas imposé) et vous déambulez dans les rayonnages. Coup de chance ou miracle de la littérature, vous tomberez à coup sûr sur un titre, dont la présentation éditeur sera pour vous une véritable révélation. Le tour est ainsi joué. Sur Internet, pour trouver LE site que vous recherchiez tant, inutile de croire que le hasard va vous mener à travers les millions de pages existantes sur celle qui vous comblerait. Retour à la librairie (vous savez un magasin rempli de livres), vous avez aussi la possibilité d’échanger quelques mots avec le libraire qui va alors vous aider et vous guider dans votre recherche.

Google, le libraire nouvelle génération

Et bien figurez-vous que sur Internet aussi, vous pouvez demander conseil à un libraire. Certes sur la Toile, il sera moins disposé à vous faire la conversation et vous pourrez (légitimement) ressentir un malaise devant les conseils orientés (et donc commerciaux) de ce libraire pourtant si prompt à vous répondre. Son prénom est peu usuel et son français plus qu’approximatif. Demandez à Google ce que vous recherchez et il va vous conseiller les meilleurs sites sur le sujet. Mais qu’entend-il exactement par meilleur ? Voilà la véritable question.

Car comme le français de Google laisse à désirer (peut-être n’a-t-il pas pu bénéficier de l’aménagement des rythmes scolaires, présentés comme le remède miracle), ce libraire se limite donc à recenser les mots clés, ceux que l’Internaute va fébrilement taper sur son clavier. On comprend alors que lorsque vous recherchez l’hébergement idéal pour vous permettre de succomber au charme de Venise ou à la frénésie de Paris, Google sait que vous allez taper « hôtel ». Et comme Google sait que nous n’avons pas un dixième de seconde à perdre en prenant soin de placer les accents au bon endroit, il devine que l’Internaute aura alors tendance à taper hotel. Selon son statut, le même internaute privilégiera l’établissement économique et accessible à son budget (Google comprend « pas cher ») ou le temple du luxe et de la détente (Google traduira par « luxe »).

Les mots clés, la trame des nouveaux écrits

Plutôt que de décrire, avec passion, la décoration élégante des chambres de cette maison familiale gérée avec bonheur par un couple qui mérite d’être connu, Google préférera lire que cet hotel pas cher est pas cher (sic).

Caricature bien évidemment et pourtant un passage sur les sites les plus courus vous démontrera que les fautes d’accents, d’accords,…sont trop nombreuses et répétitives pour n’être expliquées que par des lacunes scolaires.

Bien évidemment, Google, en tant que bon libraire, ne limite pas ses conseils à ses seuls mots clés et prend en compte bien d’autres arguments. Nous les évoquerons dans les articles à venir, mais avant cela nous reviendrons sur ces mots clés afin de bien faire comprendre l’importance absolue (et pourtant si relative) de cette notion.