Best Of - Comprendre les différences entre le référencement en version francophone et anglophone - 8 avril 2013

Comprendre les différences entre le référencement en version francophone et anglophone

Sébastien Neveu est analyste SEO pour nvi, une agence web de Montréal. En seulement 8 années d’existence, nvi est devenue la plus grande agence bilingue de search marketing au Canada, offrant ses services en anglais et en français. Ayant travaillé dans le domaine en France et au Canada, Sébastien connait bien les réalités SEO des deux continents et nous expose un comparatif entre le netlinking en langue française et anglaise…

S’il a bien quelque chose de certain dans le référencement naturel d’aujourd’hui, c’est que les choses évoluent vite, très vite. Google a accéléré la cadence. Pour s’en convaincre, il suffit de voir les évolutions conséquentes qui ont découlé de la mise en place de Google Panda et surtout de Google Penguin.

La qualité prime sur la quantité

Un sillon s’est dessiné très clairement : Google a désormais déclaré la guerre à tout ce qu’il considère comme du spam, et en premier lieu, les liens entrants, les « backlinks ». La prochaine mise à jour de Google, qui devrait arriver incessamment, devrait encore se concentrer sur une nouvelle version de Penguin, c’est à dire sur la pénalisation des sites sur optimisés en terme de SEO.  Le tout couplé à  la mise en valeur de l’authorship au travers de l’également prochain Author Rank, prouve une chose encore plus vraie que par le passé : la qualité prime de plus en plus sur la quantité, et tout dérapage sera sanctionné durement par Google.

Alors quid du netlinking ? Va-t-il disparaître complètement ?  Oui, du moins tel qu’on le connaissait par le passé. Fini donc le temps ou il était relativement aisé de tisser un réseau de liens à partir de multiples plateformes : commentaires sur sites, forum, liens de côté, liens de bas de page… Tout ceci est désormais banni ou a minima étroitement surveillé par Google.

La seule solution  restante réside dans l’insertion de liens entrants dans du corps de texte, dans le <body> du code HTML.

L’ancre du lien devra également être très soigneusement étudiée : fini les ancres « commerciales » utilisées à répétition. Il faudra désormais mixer efficacement entre sa marque, et le plus grand nombre de possibles de combinaisons autour de mots-clés stratégiques, parfaitement intégrés dans le contexte du corps de texte, et particulièrement informatif.

Il est évident que créer/favoriser la création (RP, communication) de liens vers son site internet restera une des activités importantes des départements SEO et webmarketing. Cela sera seulement beaucoup plus compliqué. Un jeu de patience où l’objectif ne se comptera plus en centaines de liens mais en dizaine de liens très précisément ciblés.

Les critères d’importance à prendre en compte

Pour atteindre cet objectif, il faudra faire les bons choix quant aux sites pouvant accueillir le backlink. Pour cela, on devra faire un audit selon des critères précisément  déterminés. Sans  être exhaustif, voici une liste de critères que j’utilise le plus souvent pour déterminer la qualité et la crédibilité d’un site internet :

  • Respect de la thématique et de langue (même si les TLD ont moins de poids que dans le passé, la localisation du serveur d’hébergement est tout de même à surveiller) ;
  • Qualité du contenu : typologie du site internet (forum, blogues, site internet…), grammaire, contenu unique, longueur des textes, pertinence ;
  • Fraîcheur des contenus : est-ce qu’il y a une publication régulière de nouveaux contenus ? Périodiquement ? ;
  • Type de liens présents sur le site internet : liens de pied de page, liens widget, liens avec redirections, liens js, ou du très simple et classique lien <a href> ? ;
  • Ciblage commercial du site internet : comment sont les ancres des liens ? Très commerciales ? Quel est le ratio publicité/texte ? ;
  • Observation des métriques : le Page Rank (à défaut), l’autorité du domaine et de la page par SEOmoz, le nombre de liens entrants (inbound links, referring domains), âge du site. Est-ce que les métriques sont bonnes ? Rationnels ? ;
  • Est-ce que la thématique du site est reliée à des activités surveillées par Google (jeux de hasard, casino, porn…)? ;
  • Est-ce que le site ouvert à des publications externes ?

Comprendre la différence entre le netlinking anglophone et francophone

À ce nouveau jeu, tous ne seront pas logés à la même enseigne. Car, il est évident qu’il est relativement plus aisé de faire du netlinking en anglais qu’en français. En comparaison, un analyste SEO français mettra plus de temps que son homologue anglophone pour la création d’un lien.

Plusieurs raisons expliquent cela :

  • Tout d’abord parce que le bassin de sites francophones est beaucoup plus réduit que celui des sites anglophones. Et cela se complique encore quand on travaille sur un marché de niche (piscine, bains bouillonnants..) ;
  • Ensuite, de nombreux sites internet/blogs de ces niches sont opérés directement par un réseau éditorial ou une entreprise du secteur. Le nombre d’ « indépendants » est plus faible qu’en anglais ;
  • Et cet état de fait, quasi monopolistique, est connu des « webmasters » francophones. Cela renforce ainsi leur pouvoir de négociation ;
  • De même, en règle générale, les sites francophones ont des PR plus faibles que leurs équivalents anglais. Sans doute car la compréhension de la langue française par Google est moindre que l’anglais. Cela rend ainsi souvent plus difficile l’audit qualitatif des sites en question ;
  • Ensuite, force est de constater que les « webmasters » francophones ont une approche beaucoup moins « business » de leurs sites internet. Ceci pour des raisons culturelles, mais aussi parce que le revenu potentiel moyen que l’on peut générer par la publicité est plus faible en français. Au final, ils n’aiment établir de partenariats avec des sites tiers, surtout pour des liens entrants, et encore moins rémunérés ;
  • Autre possibilité, les sites internet gérés par d’anciens journalistes d’édition papier. Dans ces cas-là, l’approche sera très « conservatrice », avec une méconnaissance poussée des principes du SEO. Cela conduit souvent à confondre « visibilité » et « référencement naturel » quand on parle de liens. Avec des pratiques de prix qui s’ensuivent, complètement erronées.

C’est moins facile, mais une fois que l’on connait ces différences, on peut plus facilement connaitre ses points faibles et ses points forts. Et donc, adapter ses stratégies en conséquence. Et n’oublions pas aussi que moins de sites signifient aussi moins de compétition.  Les perspectives de gain sont donc plus importantes si on applique la bonne stratégie numérique.

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