Sur l’échiquier du social media, Facebook essaie toujours d’avoir un coup d’avance sur les tauliers du web. Comment faire dans un contexte où l’immobilisme est incompatible avec le business ? Facebook évolue sans cesse pour enrichir sa plateforme…

Le duel au sommet entre Google et Facebook fait sans cesse jazzer. À coup de nouveautés en tout genre, les deux géants se tirent la bourre, taclent, assurent leurs arrières, etc. Néanmoins, il y a bien un domaine où Facebook doit s’incliner : le search marketing. Google profite d’une hégémonie déconcertante. Rassemblant plus de 90% des recherches mondiales, les concurrents malheureux se partagent les miettes. Cette différence de poids pèse irrémédiablement dans la balance. Et malgré le succès indéniable de Facebook, la carte mondiale des sites les plus visités reste en faveur de Google.


Néanmoins, si Google est bien le site le plus consulté au monde, c’est Facebook qui reste le réseau social numéro uno. Google ne parvient pas à rattraper son retard et peine à susciter un engouement durable.


Alors que faire pour faire rester les internautes sur sa plateforme ? Le social gaming ? Déjà initié… L’intégration d’applications à succès comme Spotify ? Déjà fait. Mais un vrai moteur de recherche, voilà sans doute LA vraie solution !

Vers un vrai moteur de recherche Facebook ?

Entre les articles qui parlent du déclin ou de la mort de Facebook, et ceux qui prônent la suprématie grandissante du bébé de Mark Zuckerberg, il y a une littérature foisonnante. Pourtant, la réalité se dessine progressivement devant nos yeux.

À l’heure où je vous parle, Facebook a opéré un changement mineur, mais qui est assez significatif. Leur moteur de recherche, qui sert actuellement à trouver des contacts, pages, groupes ou applications vient de changer de nom. Il ne s’agit plus de « trouvez des personnes » mais « trouvez des personnes, des lieux ou d’autres choses ».

On imagine dès lors que le temps de navigation sera plus conséquent, et que les entreprises pourront batailler pour augmenter leur visibilité sur ce support. Car après avoir rassemblé le 3ème pays le plus peuplé au monde (901 millions d’habitants), Facebook a besoin de se trouver un PIB (d’où son entrée en bourse) et de monétiser son aura avec un « business model » percutant.

Déjà du référencement sur Facebook

Certes Facebook développe déjà le référencement d’un site ou consolide sa e-réputation. Le SMO (social Media optimization) permet de créer des passerelles entre son site / blog et sa page Facebook. On peut également personnaliser l’URL de sa page Facebook (www.facebook.com/username) ou de son profil utilisateur. Mais la plupart de ses techniques aident surtout à valoriser des sources externes à Facebook : son site web , son blog d’entreprise, etc. On cherche du trafic qualifié sur une plateforme que l’on maîtrise totalement. Dommage car les discussions et les commentaires migrent progressivement vers les réseaux sociaux.

Oui il y a bien des campagnes publicitaires (Facebooks Ads) et des tarifs pour promouvoir ses publications, mais le moteur de recherche n’est pas pris en compte dans ces démarches. Pire, en y réfléchissant de plus près, on se rend compte que l’on utilise assez peu cet outil, qui pourrait pourtant être la pierre angulaire de la navigation. Jusqu’à présent, personne n’a le réflexe d’effectuer des recherches avec des mots clés sur Facebook. Cela pourrait-il changer ?

La grande force de Facebook, c’est son crédo social. Les internautes peuvent liker, commenter, écouter… Imaginez un moteur de recherche où l’on peut liker et commenter des résultats de recherche. Vous allez me dire, Google le fait déjà avec son système de +1 (qui vient de s’étoffer pour créer une recommandation). Mais les profils Google + ne valent pas les profils Facebook car on passe beaucoup moins de temps sur le réseau social de Google, et on accepte facilement des inconnus dans ses sphères. De quoi annihiler l’impact des recommandations +1. Avec son écosystème d’Open-Graph, Facebook pourrait aller plus loin en créant une vraie interactivité et une crédibilité avec les résultats.

Hypothèses sur les changements pour les entreprises

Avec un moteur de recherche de renom sur son site, Facebook ne proposerait plus simplement de booster le référencement de ses plateformes institutionnelles, mais bel et bien de faire ressortir sa page, son groupe, son événement Facebook. Certaines marques ont déjà emboîté le pas et ont supprimé leur site pour ne disposer que d’une fan page. Choix osé, peu recommandable, mais qui démontre bien cette nouvelle orientation. La communication est à l’heure du « storytelling » et des échanges horizontaux.  Quoi de mieux que de le faire sur la plateforme la plus propice à ces émulations. Surtout que certaines enseignes engendrent plus de trafic par leur page que par leur site internet. Néanmoins pour être trouvé sur Facebook,encore faut-il être bien référencé.

Voici quelques pistes fantasques qui pourraient définir le référencement sur Facebook :
(Attention, toutes ces informations ci-dessous sont des supputations pour se projeter. Il ne s’agit en rien de vérités générales.)

  • Le référencement par Edgerank

Dans l’idée, le système du Edgerank impacterai directement la position de la page dans les résultats de recherche. Un mélange entre le taux d’affinité, le poids des publications, la fraicheur des informations, etc. Google avait bien son « pagerank « , Facebook dispose de son propre algorithme, alors pourquoi ne pas l’utiliser. (Edgerank Checker deviendrait votre ami)

  • Le référencement par mot clés

L’objectif serait de renseigner des mots clés cohérents avec son business pour apparaître dans résultats de recherches liés à son activité. Plus ces termes seraient pertinents avec votre domaine (en lien avec l’URL de votre site internet et/ou blog), mieux vous seriez positionné sur un secteur d’activité ou une compétence précise. L’optimisation des paramètres de sa page deviendrait alors primordiale (un peu comme les méta-tags, voir du « keyword stuffing » au prémisse).

  • Le référencement par « google adresses »

Facebook a abandonné « Places », mais pas la géolocalisation. Avec la possibilité de réaliser des publications géolocalisées, tou en ajoutant des éléments contextuels,  il pourrait être possible de faire ressortir les lieux (son entreprise par exemple) pour améliorer le référencement de la page de son entreprise lorsque l’on tape le nom du lieux dans le moteur de recherche. Mieux, le moteur de recherche pourrait répertorier les entreprises en fonction de leur localisation et de leur fréquentation dans une base de données interne. Un sorte de Google adresses autour de mots clés par exemple.

  • Le référencement par « backlinks »

Les liens sortants via les mentions « @ » pourraient pointer vers une page ou une personne précise. Plus la source ou le post sont jugés crédibles et plus ce lien injecterait une bonne influence au destinataire, en lui prodiguant du link Juice. Le % des gens qui parlent de votre page par exemple, ne serait plus une valeur à vocation de définir votre score Edgrank, mais bien de donner aux yeux du moteur de recherche Facebook un poids supplémentaire pour légitimer votre première place dans les résultats.

  • Le référencement payant

Tout comme Adwords ou les tweets sponsorisés, il serait possible d’augmenter drastiquement la visibilité de sa page à condition d’y mettre le prix. On peut imaginer un système de résultats « sponsorisés », dotés d’un code couleur spécifique ou d’un symbole ostentatoire. Outre les campagnes publicitaires, Facebook propose d’ores et déjà de booster la visibilité de ses publications (via un système d’enchères).

==> Au final, Le moteur de recherche pourrait proposer un panel étoffé de filtres, en incluant par exemple une recherche d’images, de vidéos, de lieux… En résumé, ce référencement pourrait apporter une plus-value à une page, une application, un groupe de discussion, un particulier, etc.

Un retard irréversible ?

Revenons à la réalité voulez-vous ? Question moteur de recherche, Facebook arrive bien après la bataille, même si comme dit le dicton, mieux vaut tard que jamais. D’après Comscore, Google traite près de 12 milliards de requêtes par mois contre 336 millions pour Facebook (merci @Gregfromparis pour l’information).

Parti de ce constat, Facebook met le paquet pour tirer son épingle du jeu. Sur le blog de Gregory Pouy, on apprend d’ailleurs que « plus de 20 ingénieurs chez Facebook travaillent actuellement à cette évolution majeure du site. Cette démarche est menée  par un ancien Google (co-fondateur de Google Maps et de Google wave). »

Si Google jouit d’une supériorité indéniable, Facebook pourrait espérer grappiller sérieusement leur part d’audience pour devenir un concurrent sérieux.

Le vrai obstacle que Facebook peut rencontrer n’est pas la faisabilité de leur projet, mais bien les modifications que cela induit dans les usages des internautes. Les habitudes s’enracinent et il est souvent difficile de replanter un usage ailleurs. En outre, certaines entreprises ont encore du mal à se dépêtrer des techniques de référencement de Google. Allez leur dire de tout recommencer pour être en première page de Facebook. Un apprentissage long et l’impression de revenir à la case départ.

En parallèle, l’arrivée d’un téléphone « made In » Facebook assurerait la pérennité de la cohabitation m-marketing et serarch marketing.

En résumé, les référenceurs qui travaillent déjà avec les médias sociaux pourraient bien avoir à suivre ça de près ! Un reporting du positionnement sur le moteur de recherche Facebook s’avérera peut-être nécessaire dans les années à venir.

Et vous, comment voyez-vous l’avenir du référencement ?

Google est-il amené à rester le leader incontesté du SEO ?