Best Of - Développer un site web accessible - 29 juin 2011

Développer un site web accessible

accessibilité et handicap

On considère comme acquis la facilité de navigation que nous offre Internet. Enlevez la souris et le clavier. Est-ce toujours aussi facile ? Et bien c’est dans cette délicate situation que se trouvent certaines personnes qui souffrent d’un handicap…

Ian Hamilton est expert en accessibilité à la BBC et il partage avec nous quelques conseils pour rendre un site web accessible à toutes les audiences. Derrière le terme d’accessibilité se cache en fait tous les troubles physiques ou mentaux qui empêchent la navigation d’une personne ou la compréhension sur un site web.

On associe certaines idées fausses à l’accessibilité : on pense que cela concerne un faible nombre de personnes, qu’elle génère une dilution de l’expérience pour les autres utilisateurs, ou que c’est trop compliqué ou trop chers à mettre en place. Tout faux.

Tout d’abord, le nombre de personnes ayant des troubles est plus nombreux qu’on ne le croit. Au Royaume-Uni par exemple, 12% de la population adulte a un handicap. Pourquoi les exclure ? Ensuite, un site qui répond aux standards d’accessibilité ne gâche en rien l’expérience utilisateurs de tout le monde, bien au contraire. Enfin, il existe des documents et standards disponibles sur le site du W3C, ainsi que de nombreuses bonnes pratiques, très simple à mettre en oeuvre qui ne coutent rien ou presque.

On distingue 4 catégories de troubles : les troubles visuels, auditifs, moteurs et cognitifs.

  • Visuel : cela englobe la cécité, la vision partiel, glaucome et daltonisme. Cela peut se traduire également par des difficultés à voir les contrastes faibles. Dans ces cas, les lecteurs d’écran seront utilisés et la navigation par le clavier largement plébiscité.
  • Audition : les personnes qui ont des problèmes auditifs expérimentent des difficultés avec les vidéos. La solution la plus fréquente est d’afficher les sous-titre pour sourds et mal entendant, ou de fournir le résumé sous la video (par ailleurs bénéfique pour le SEO). On peut faire de même avec les jeux vidéos.
  • Moteur : cela concerne les personnes qui ont des difficultés à se mouvoir, ce qui limite les mouvements de la souris entre autres. La solution apportée est d’utiliser des contrôles simples, le plus souvent avec le clavier, plutôt que la souris. Des boutons raccourcis peuvent être implémentés sur le clavier pour faciliter certaines actions récurrentes (ouvrir le navigateur, lancer la musique, etc.)
  • Cognitive : on regroupe dans cette catégorie différents troubles qui vont de la dyslexie à l’autisme en passant par le déficit de mémoire à court terme. Dans ce cas, il faut adapter certains contenus et les simplifier pour que l’audience comprenne. Autre point à souligner, les mouvements sont une source de distractions qui empêche la concentration. C’est particulièrement problématique avec les animations flashs ou vidéos qui se lancent automatiquement. Il serait plus opportun de générer les mouvements en fonction des actions de l’utilisateur, du mouvement du curseur par exemple.

La meilleure façon d’améliorer l’accessibilité d’un site est avant tout de comprendre ceux qui l’utilisent. Il faut passer du temps à connaître son audience pour être conscient de leurs gènes à la navigation puis tester le site avec les utilisateurs.

Personnellement, j’ai trouvé l’intervention de Ian Hamilton très inspirante. Étant très souvent la tête dans le guidon, j’avoue ne pas tenir compte de ces paramètres lors des développement de mes sites web. En tout cas jusqu’à maintenant. Car finalement, je n’ai pas l’impression que ce soit trop compliqué de rendre un site accessible à tous : un code propre, lisible par les lecteurs d’écran, des sous-titres pour les vidéos, une navigation au clavier, etc.

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