Best Of E-réputation — 11 janvier 2016 — 2 commentaires
L’e-réputation au cœur de la consommation collaborative

Après avoir survécu à la folie commerciale des fêtes de fin d’année, contribué au génocide de chapons destinés à des consommateurs aussi gavés que les canards qui leur ont été servis, vous avez pris de bonnes résolutions et vous vous êtes dit : « Terminés les excès, je me remets au sport ». Bonne idée, mais malheureusement sans lien direct avec notre article… Nous souhaitons plutôt vous parler de l’émergence d’une nouvelle économie qui pourrait également contribuer à votre salut, en ces lendemains de fêtes arrosées. Nous voulons parler bien sûr de consommation collaborative. Eh oui, vous êtes sur Webmarketing & co’m ! Alors, si vous voulez revendre au mieux vos cadeaux de Noël ou si vous souhaitez comprendre les rouages de cette nouvelle économie, c’est par ici…

Qu’est-ce que la consommation collaborative ?

Parfois réduite (à tort) à la « sharing economy » ou économie basée sur le partage, la consommation collaborative se définit comme un modèle économique dans lequel l’usage prédomine sur la propriété. Dans ce modèle, l’usage d’un objet peut être augmenté par le partage, le prêt, la location ou l’échange.

Cette économie connaît actuellement une expansion fulgurante, notamment grâce à Internet. Elle bouscule littéralement les anciens modèles économiques, non pas dans le type de produits consommés, mais dans la manière dont ils sont consommés. Cette économie se décline de nos jours dans l’échange de maison, la location de biens entre particuliers, le prêt entre particuliers, le partage de voiture, etc.

Les plateformes les plus connues sont Airbnb, GuestToGuest ou BlablaCar.

Une nouvelle étape du processus de consommation sur Internet

La consommation collaborative apparaît comme la troisième et dernière étape d’utilisation d’Internet pour partager et consommer.

La première étape consistait à partager des informations avec les internautes, sur les forums, les blogs, etc. L’anonymat y était alors, dans la plupart des cas, de mise. Évidemment, tout un chacun peut y raconter son lot d’idioties, mais une identité réelle n’ajoutait rien à la crédibilité des propos échangés.

La deuxième étape consacrait l’avènement du commerce par Internet : plus besoin de bouger de chez soi, les grandes enseignes comme les tout petits artisans s’invitaient sur vos écrans et vous pouviez tout commander, à condition de communiquer vos coordonnées bancaires sur Internet.

La troisième étape, celle de la consommation collaborative, nous permet d’échanger nos biens avec de parfaits inconnus, de partager un trajet de plusieurs centaines de kilomètres avec une personne sur simple demande par e-mail ou alors de louer sa perceuse à l’étudiant qui vient d’emménager dans l’appartement d’en face.

Les mécanismes d’une telle économie

Comme ce modèle bouleverse quelque peu les us et coutumes des consommateurs ET des « vendeurs », il est apparu nécessaire de s’intéresser aux mécanismes qui lui sont propres. Le succès d’un tel modèle réside essentiellement dans la technologie et sa capacité à établir des liens de confiance entre les différentes personnes, inconnues entre elles, pour la plupart.

Lorsque vous achetez un produit sur des sites connus et reconnus (Fnac, Amazon ou autre), la fiabilité de ces vendeurs n’est plus à démontrer. Ce n’est pas le cas si vous souhaitez acheter à un particulier sur Ebay. Le vendeur sur Ebay possède sa propre réputation sur cette plateforme, image de la confiance que vous pouvez lui attribuer. Un tel modèle repose plus sur les relations personnelles que sur les transactions financières (même si elles sont toujours présentes, ne les remplaçant complètement que très rarement).

Pour mesurer la confiance que vous pouvez avoir dans vos interlocuteurs, vous pouvez (devez) tout d’abord vous assurer de leur identité. Si vous voulez aller plus loin et vous rassurer complètement, il vous faudra alors vous pencher sur leur e-réputation. Cette recherche de confiance s’applique pour les transactions sur les biens, mais également sur le non-matériel (exemple type : les sites de rencontre).

Liens entre les identités numériques et réelles

La première phase, en tant que participant à cette économie, consiste à prouver votre identité. Différentes solutions existent actuellement pour y parvenir.

Certaines plateformes vont vous demander une inscription certifiée par l’envoi d’une copie de votre passeport ou de votre carte d’identité. D’autres vont coupler cette certification avec une inscription avec votre compte Facebook ou LinkedIn.

Nous sentons bien que nous ne sommes pas encore arrivés à une maturité suffisante pour nous identifier de façon fiable sur Internet. S’il est facile de falsifier un document officiel avec un bon logiciel de traitement d’images, que dire de l’indiscrétion des plateformes de consommation collaborative exigeant une connexion via les réseaux sociaux ? De telles connexions fournissant à ces plateformes toutes nos données…

D’autres questions surgissent également…

Comment prouver aux autres internautes que notre identité numérique reflète bien notre identité réelle ?
Aussi, ce n’est pas parce que vous avez prouvé votre identité que vous êtes digne de confiance. Par conséquent, il est nécessaire de proposer un système pour mesurer cette confiance. Ce système, vous l’aurez deviné, c’est l’e-réputation.

Attention, il ne s’agit pas de mesurer l’influence des personnes en comptabilisant leur nombre de tweets, de likes sur Facebook ou de partages sur d’autres réseaux sociaux… Mais bien de mesurer des comportements et des caractéristiques révélant notre fiabilité !

Ce système d’évaluation, cette e-réputation, existe déjà sur différents sites comme sur Airbnb et Ebay notamment. En collectant après les transactions les différents avis des utilisateurs, une note est établie, suivant différents critères et selon les spécificités du site en question. Mais si vous avez travaillé dur pour vous forger une e-réputation sur Ebay et que vous êtes nouveau sur Airbnb, vous avez tout à reprendre depuis le début sur Airbnb !

L’e-réputation est en effet contextuelle : un bon hôte Airbnb n’est pas forcément un bon conducteur Blablacar ! Et c’est tout à fait normal !

Néanmoins, des caractéristiques communes à ces différentes plateformes et services existent : on peut penser au temps de réponse des demandes, au nombre de « transactions » satisfaites, au délai de livraison, au SAV assuré, etc. Il apparaît donc nécessaire de pouvoir en faire une exploitation commune.

Toute cette introduction… pour aboutir sur une vision de fiche globale, identifiant l’internaute de façon unique, avec ses différentes notes et caractéristiques sur les sites collaboratifs.

La Fiche Unique

Nous entendons déjà au fond de la salle de nombreuses voix qui s’élèvent : « Fiche liberticide », « fichés, toujours fichés », « et l’anonymat sur Internet ? »… La dernière est facile, si vous y croyez encore maintenant… Repassez par la case départ sans toucher les 20 000 euros et allez vous coucher.

Évidemment, cette fiche n’a pas pour but de remplacer les Renseignements Généraux… Toutes les informations « récupérées » sont publiques et récupérables sur les différents sites en question.

L’énorme nuance réside dans l’établissement de cette fiche qui serait à l’initiative de l’internaute ! Le but étant ici de faciliter les futures transactions et d’assurer aux personnes de confiance une meilleure visibilité et… un taux de conversion supérieur aux autres.

Cette fiche unique de l’internaute pourrait regrouper tous les profils issus des réseaux sociaux, en faire une synthèse et présenter les scores et appréciations sur les différentes plateformes de consommation collaborative. Cette fiche unique n’est pas une utopie. Des sociétés tierces commencent à surfer sur cette vague aux USA, l’enjeu majeur étant d’assurer un niveau d’impartialité et de confidentialité maximal.

Nous travaillons également de notre côté sur un tel concept en France…

Quelques écueils

Évidemment, comme écrit un peu plus haut, nous voyons poindre le spectre de Big Brother à l’évocation d’une telle fiche. Crainte qui peut être décrite, voire justifiée dans la lecture de l’excellent « The Circle » de Dave Eggers (au cinéma en 2016 avec Tom Hanks…).

Cette dystopie met en scène Mae, une jeune ingénieure, nouvelle embauchée chez The Circle (pensez à Google, et vous ne serez pas loin). Cette entreprise, qui a développé ce concept de fiche unique sous le nom de TruYou, montre justement tout ce qu’il ne faut surtout pas faire. Un exemple frappant : lors d’une démonstration (à la Steve Jobs), une personne utilisait la fiche TruYou pour véritablement tout connaître de la personne en face d’elle sur un site de rencontre (dépassant pleinement la recherche d’informations, légitime, que pourrait avoir une personne avant un premier rendez-vous).

Nous vous rappelons leurs trois principes primordiaux amenant à une transparence totale :

  1. Secrets are lies : les secrets sont des mensonges ;
  2. Sharing is caring : partager c’est prévenir ;
  3. Privacy is Theft : la vie privée est du vol !

Mais ceci n’est que pure fiction…

S’il faut se donner une image où il ne faut pas aller, alors fixons celle engendrée par The Circle et n’y allons pas !
Enfin, et pour finir cet article, que faire de cette frange de la population, totalement absente d’Internet (pas de compte Facebook/Twitter/Viadeo/Linkedin), mais tout aussi potentiellement fiable ?

Articles similaires

Articles Recommandés



L'auteur

Christophe L.

Christophe est le responsable du site Reputation Hunter depuis décembre 2012. Passionné d'internet et du recoupement d'informations, il anime son blog autour des thèmes de l'anonymat, de la recherche d'informations sur internet et de l'optimisation de profils sur la toile. Christophe espère une évolution rapide de l'intelligence artificielle pour lui permettre de souffler un peu!

 


2 Commentaires

  1. Bonjour Christophe,

    Merci pour cette analyse ! J’utilise régulièrement les services de l’économie collaborative, et je dois dire que je n’avais pas songé à cette question d’e-réputation globale.
    Effectivement, la confiance est nécessaire lorsque l’on a recours à ces prestations, et chaque service à son propre « rating ».
    Après, comme vous le soulignez, ce système de fiche peut être une solution, mais je ne suis pas sûre que cela fasse l’unanimité auprès des internautes… L’avenir nous dira quelles seront les solutions envisageables …!
    Quant à ce The Circle, je ne connaissais pas ce roman, ça sera sûrement une de mes prochaines lectures 🙂

  2. Merci Jennifer pour votre commentaire!
    Tout l’enjeu pour cette fiche est d’être adoptée par les internautes!
    The Circle est très intéressant sur les « concepts » exposés, les personnages par contre manquent un peu de relief… Et il n’est pour l’instant qu’en anglais 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *