Facebook — 10 août 2015 — Aucun commentaire
Exclusif: Nous avons passé une nuit avec Mark Zuckerberg

Mark Zuckerberg souffre d’un syndrome post-traumatique de YouTube. Fermez les yeux et imaginez un instant Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, le corps couvert de sueur se retournant dans tous les sens, bataillant ferme avec ses draps dont il se croit prisonnier. « Non ! Non ! Non !

Mais quelle horreur ! Fermez toutes ces fenêtres YouTube et interdisez le post de liens YouTube sur Facebook ! », hurle le magnat des médias sociaux. Les développeurs de Mark Zuckerberg le fusillent d’un regard sadique et haineux. Ils n’obtempèrent pas. Ils ricanent et lancent leur assaut dévastateur, à coups de clics sur leurs souris. Ils laissent s’éparpiller sauvagement un spam diffusant en continu des liens YouTube sur Facebook.

« Nooonnnnn… ! ». Le trentenaire sursaute et s’assied au bord du lit. Il parle avec lui-même. « Il faut vraiment que je fasse quelque chose. Il y a du pognon à se faire avec le contenu visuel. Ben quoi ?! Il ne faut pas se voiler la face. Nous cherchons tous à devenir riches, même si dans mon cas il s’agit de devenir encore plus riche et tous les Facebookiens l’ont bien compris. Sur Facebook, si tu n’as pas une carte de crédit et bien, tu es limité ! Tu es un loser, tu passes pour un ringard ! » Celui qui à 23 ans détenait le titre de plus jeune milliardaire de la Terre se met à rire aux éclats. Un éclatement de rires dont la puissance n’a pas interrompu le lourd ronflement de sa femme, Priscilla Chan, pédiatre d’Illinois. Mariés depuis 2012 seulement, au début de leur idylle, parler des chantiers de Facebook et bien, ça l’excitait, ça la retournait Priscilla Chan. Aujourd’hui, cette omniprésence de Facebook dans son quotidien, elle la subit et elle tente de la supporter comme un mal nécessaire à sa vie de luxe tant rêvée. Il faut mordre sur sa chique. Mais pas trop tout de même. Fini les brainstormings sur le coin de l’oreiller étendu aux côtés de son chéri.

Alors, depuis, Mark Zuckerberg parle seul. « Ce matin, en tapant ‘marketing digital’ dans Google, un des premiers articles que j’ai trouvés c’est : ‘Inspirez-vous des YouTubeurs pour votre stratégie digitale d’entreprise. Vous imaginez ?! Franchement ! Fini les bons vieux articles du genre ‘Découvrez les 10 bons conseils pour faire cartonner votre entreprise via Facebook. » Le jeune milliardaire retient ses larmes et serre sa boîte crânienne entre ses mains, les coudes enfoncés sur les cuisses. Il prend un profond souffle.

« Dans cet article, on parle d’ados comme Norman et Cyprien. Ces ados, j’ai envie de dire, qui pensent être comiques en postant des vidéos de leurs mauvaises blagues sur YouTube. Et ces gars-là, on les appelle des YouTubeurs. T’imagines ?! Je suis en train de me faire enYouTubé par des ados qui postent leurs conneries sur YouTube.  Et puis on en fait des exemples à suivre dans le domaine du marketing digital ?! Dans tout ça, ce qui me reste en travers de la gorge, c’est que Facebook n’est même pas parvenu à faire un ‘Facebookeur’ ! »

Mais un gars de l’envergure de Mark Zuckerberg n’est pas de nature à se laisser abattre. Que du contraire. Ne perdez pas de vue qu’à la base, il a créé Facebook en « enYouTubant » ses potes d’Harvard qui l’avaient branché sur un projet de réseau intra-universitaire, rapidement devenu inter-universitaire avant de se répandre sur la Toile sous le nom de Facebook. Alors quand Mark Zuckerberg voit rouge, lui le daltonien dont le bleu est la seule couleur qu’il voit le mieux, il monte sur son cheval de bataille.

Il ouvre son MacBook Air et fait vibrer les touches de son clavier, injectant des lignes et des lignes de codes dans la structure informatique qui fait tourner Facebook.

Son objectif ? Faire de Facebook une plateforme diffusant du contenu vidéo de manière optimale et autonome, le tout afin de constituer une réelle alternative à YouTube. Concrètement, le but ultime de Facebook consiste à devenir la plateforme incontournable où l’on vient directement charger une vidéo pour la publier sur sa page entreprise, à l’instar de ce qui se fait sur YouTube.

Après s’être longuement gratté le cuir chevelu à de multiples reprises, après avoir fait surchauffer avec frénésie le clavier de son ordinateur toute la nuit et après avoir accouché plusieurs kilomètres de lignes de code, Mark Zuckerberg a élaboré son plan d’attaque. « Maintenant YouTube, c’est moi qui vais t’enYouTuber ! »

Ainsi, au fil des dernières semaines, pour ne pas dire des derniers mois, des signes manifestes de la contre-attaque de Mark Zuckerberg ont pu être relevés :

Par exemple, lorsque vous voulez poster un lien de YouTube sur Facebook, la plateforme vous suggère bien gentiment qu’il serait préférable de charger directement la vidéo sur Facebook, via le message suivant: « Il y a plus de chances que les internautes consultent votre vidéo que vous aurez directement téléchargé sur notre plateforme. Ainsi, vous pourrez suivre les statistiques inhérentes à cette dernière. »

Youtube Facebook

Une autre manifestation encore plus nette du positionnement de Facebook en tant que plateforme leader du video player, c’est que de nouvelles options seront prochainement disponibles. Elles seront visibles dans les menus de la page fan, dans la rubrique « outils de publication », où vous disposerez de nouveaux outils permettant de paramétrer le mode de diffusion des vidéos.

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Par exemple, vous pourrez poster des vidéos « secrètes ». Comme YouTube le permet déjà, avec les « vidéos non répertoriées », qui ne peuvent être visionnées que par les internautes qui en possèdent le lien. Cela vous permet de partager une vidéo en privé, ou de l’implémenter sur un autre site, sans que cela n’apparaisse sur la timeline de votre page.

Facebook lance également une bibliothèque où vous pouvez classifier et modifier vos vidéos. C’est là que vous pourrez éditer les métadonnées de vos vidéos, ajouter des sous-titres ou changer la vignette de présentation. Vous pourrez également interdire à des tiers de la partager. C’est aussi depuis la bibliothèque que vous pourrez publier les vidéos sur votre timeline.

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Ces nouvelles fonctionnalités devraient débarquer et être opérationnelles sur votre page fan dans les prochaines semaines, selon Facebook. Une étude de socialbakers confirme que FB a pris l’avantage sur YouTube.

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Socialbakers a analysé plus de 180.000 vidéos postées sur 20.000 pages fan appartenant à différentes marques, à des médias, à des célébrités ou encore à des entreprises évoluant dans le divertissement.

Voici les résultats : novembre 2014 représente le moment charnière où Facebook a commencé à sortir la tête hors de l’eau. Davantage de marques ont commencé à télécharger directement leur contenu vidéo sur Facebook afin de le publier sur leur page fan. En termes d’interactions engendrées par la diffusion de ces vidéos, Facebook écrasait déjà YouTube, en janvier 2014, Facebook suscitait à lui seul un peu plus de la moitié des interactions, comparé aux autres médias (YouTube, Vimeo, Instagram,…). En décembre, les vidéos diffusées directement sur Facebook ont engendré plus de 80 % de toutes les interactions. Un peu plus tard, à savoir en décembre 2014, Facebook  supplantait YouTube en termes de nombre de vidéos postées, soit 20.000 vidéos de plus diffusées sur Facebook comparé à ce qui a été publié sur YouTube.

Nombre de vues des vidéos sur Facebook: Quatre milliards par jour

En 2015, la plateforme de Mark Zuckerberg a enregistré une forte augmentation du nombre de vues de son contenu vidéo, pour atteindre le chiffre de quatre milliards de vues par jour. La fonction « autoplay », qui fait démarrer la vidéo dès qu’elle apparaît dans le fil d’actualité, a fait passer le nombre de clips vus de un à quatre milliards de vues par jour. Il y a un an, YouTube était l’incontestable numéro un en termes de diffusion de vidéos, avec un taux de diffusion de contenu vidéo représentant le double de ce qui était publié sur les autres plateformes. Depuis janvier 2014, les marketeurs digitaux ont commencé à publier davantage de vidéos directement depuis Facebook, avec une augmentation de 50 % entre janvier et mai 2014. Ensuite, entre mai et décembre, le nombre de vidéos diffusées a augmenté de la même manière à nouveau.

Cette augmentation est toujours en cours et il semble clair désormais que les marketeurs ont fait un choix.

Oui, mais… prudence! Dans tout duel, il peut toujours y avoir des coups bas. Hank Green, un musicien américain notamment connu pour sa chaîne YouTube VlogBrothers, soutient à travers une analyse de la stratégie de Facebook que le réseau social gonfle ses statistiques et permet le vol de vidéos YouTube, histoire de garantir des rentrées publicitaires dignes de ce nom.

Même si Facebook demeure une plateforme de partage incontournable, et ce, même aux yeux des YouTubeurs, selon Hank Green Facebook mentirait sur ses chiffres. Il rappelle au passage que chaque plateforme nourrit sa propre définition de ce qu’est une « vue ». Une vue étant comptabilisée après 3 secondes sur Facebook, alors que sur YouTube, elle l’est après 30 secondes. L’étude du musicien tend à montrer qu’il reste 20% de viewers à 30 secondes sur Facebook. Là où sur YouTube, il y en a encore 86 %.

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L’autre aspect des choses, c’est que, selon une étude d’Ogivly et Tabular labs sur les 1.000 vidéos les plus populaires et uploadées sur Facebook, au cours du premier trimestre 2015, 725 provenaient directement de YouTube. Voilà une source de contenu vidéo qui profite à Facebook en termes de rentrées publicitaires, mais qui par contre échappent aux YouTubeurs qui ont initialement posté leur contenu sur YouTube.

Il faut savoir que ce phénomène s’était également manifesté, en son temps, sur YouTube, mais Google y a mis un terme via un système de « ContentID ». Ce dernier analyse le contenu dès l’instant où il est uploadé sur la plateforme. Et ce, afin de vérifier si les droits d’auteur sont respectés. Pour l’instant, ce dispositif est inexistant chez Facebook, favorisant ainsi le freeboating.

Mark Zuckerberg et le syndrome post-traumatique de YouTube

« D’après les symptômes que vous me décrivez, vous souffrez d’un syndrome post-traumatique de YouTube, Monsieur Zuckerberg », lance le psychiatre qui à chaque fois qu’il reçoit le trentenaire à son cabinet, laisse son compte Facebook ouvert, en fond d’écran de son ordinateur, histoire d’éviter une énième crise du jeune homme. « Vous voyez, c’est comme les vétérans de la guerre du Vietnam qui ont été exposés à des atrocités, ils en gardent des séquelles irréversibles, notamment en faisant des cauchemars récurrents. » Pour le tester, le professionnel de la santé a soudainement brandi une pancarte affichant le logo de YouTube. Le constat est cinglant: Mark Zuckerberg a hurlé et est tombé de la chaise.

Frustré depuis longtemps par l’hégémonie de YouTube, Mark Zuckerberg, malgré le bras de fer gagné face à YouTube, ne parvient pas à exorciser sa haine. Aujourd’hui, il n’a plus qu’un seul désir : crucifier son ennemi !

Sur la route vers le Mont Golgotha, Mark Zuckerberg admire au loin l’imposant crucifix qui tend impatiemment ses bras à YouTube. Il y a quelques semaines, le jeune milliardaire avait annoncé que des tests étaient menés dans le cadre de vidéos suggérées, afin de permettre aux internautes de découvrir des vidéos semblables à celles qu’ils ont aimées. Sans oublier la mise en place d’une nouvelle fonction qui permettra de partager les rentrées générées par les publicités insérées dans les clips. Le réseau social compte proposer à quelques éditeurs de vidéos de conserver 55 % des revenus liés à la diffusion de publicités.

Les annonces publicitaires seront insérées entre les clips et les éditeurs de contenu vidéo seront rémunérés en fonction de la durée des pubs. Concrètement, si une annonce s’affiche entre un clip d’une minute et une autre de quatre minutes, l’éditeur du premier empochera 1/5e des 55 % et le second, les 4/5e. Histoire de se démarquer de YouTube, Facebook désire que les publicités n’apparaissent qu’après le visionnage de plusieurs vidéos.

Le marché mondial de la publicité sur Internet connaît un véritable boom. L’argent consacré par les annonceurs dans ce marché est estimé à 7.7 milliards de dollars, en 2015 aux États unis, comparé aux 5.81 milliards en 2014.

Nous avons retenu cet article comme celui du mois par son originalité, publié par Antonio Calarco (Journaliste & Marketeur digital chez Aventura Digitale) au profit de Seolius. Nous voulions tout simplement le partager avec vous 😉 Un profil journalistique intéressant à suivre, vous ne trouvez pas ?

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L'auteur

David Licoppe

Fondateur de Seolius.com, agence e-marketing spécialisée en référencement et Inbound Marketing. Seolius est aussi une agence éditrice de solutions pour analyser, optimiser le référencement et augmenter le trafic d’un site grâce aux outils Analysis’Pro. David Licoppe a créé l’agence en 2011 et réuni une équipe de consultants délocalisée depuis Montréal comprenant de jeunes talents et des profils inédits. David Licoppe partage donc son expérience avec son personnel et ses clients dans le secteur du SEO, de l’e-business et de l’e-marketing international.

 


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