Best Of Blogosphère La Digitale — 06 août 2015 — 6 commentaires
DO / DON’T : l’organisation d’un événement blogueur

Vous souhaitez organiser un événement avec les blogueurs influents de votre secteur pour leur présenter un produit, une offre ou échanger sur votre marque ? Voici quelques bonnes pratiques et quelques erreurs à éviter, tirées de ma présence à des événements de ce type…

Une invitation qui marque les esprits

L’invitation est extrêmement importante. Le blogueur doit se sentir choisi et il doit également voir rapidement quelle sera la plus-value pour ses lecteurs ! En effet, on est ici en train de s’adresser à une personne qui partage ses opinions avec sa communauté, assurez-vous donc que le blogueur contacté est susceptible d’être séduit par votre offre et de faire partager son enthousiasme à ses lecteurs !

  • Faire une invitation la plus personnelle possible.
  • Ne pas être trop directif (« réponse immédiate indispensable » avec relance 12h plus tard…).
  • Mettre en avant le côté exclusif de la soirée : qu’est-ce qui sera présenté, dans quel cadre etc.

Pour résumer je dirais que l’invitation doit faire preuve d’originalité, suggérer qu’il y aura du contenu exclusif fourni et une organisation VIP.

A proscrire : l’invitation blogueur à un événement public et gratuit sans accueil particulier (si, si je vous jure j’en reçois plein).

Une soirée privilégiée

Le blogueur, comme la plupart d’entre nous, a une vie à côté de son blog et s’il libère une soirée pour venir découvrir votre marque c’est aussi pour passer un bon moment ! Pour info, une réunion ou tout le monde est assis autour d’une table pour regarder un Power Point avec une coupe de champagne et quelques petits fours décongelés ne s’apparente pas à une bonne soirée.

Au contraire il faut prévoir : un lieu approprié, un buffet en affinité avec le thème, des activités/tests/rencontres… pour faire découvrir votre univers de façon ludique et agréable.

Un hashtag (!!!)

L’erreur récurrente des événements organisés par les agences presse qui mélangent blogueurs et journalistes ? Il n’y a pas de hashtag prévu pour la soirée ! Les blogueurs se retrouvent donc désœuvrés avec des photos Instagram et des tweets au fil de l’eau qu’il ne sera pas possible de tracer par la suite. Difficile également dans ces conditions pour le blogueur de repérer via Instagram ou Twitter qui est présent à l’événement : entre prénom, pseudo et nom de blog il est fréquent de se repérer en ligne avant d’échanger, même dans un événement IRL.

Un sac de goodies

Ne négligez pas cette partie. Si le blogueur repart les mains vides il n’aura pas suite à la soirée la matière pour reprendre éventuellement des photos du produit, retrouver les infos clés de la soirée et se souvenir agréablement de ce moment.

Attention à la qualité de ce que vous offrez, qui va indiquer la valeur que vous apportez à la personne qui le reçoit. Deux autocollants, un porte-clés et une plaquette promotionnelle ne constituent pas un cadeau valorisant dont on se souvient.

Un suivi de l’opération

Je passe rapidement sur l’analyse des retombées que vous aurez à faire de votre côté, pour que nous nous concentrions plus sur l’aspect humain. Ainsi, après l’événement n’hésitez pas à reprendre contact avec vos invités. Qu’en ont-ils pensé ? Ont-ils des questions ou souhaitent-ils des compléments d’information ? Envoyer quelques photos de la soirée prise par vos soins peut-être une excellente façon de rester en contact et de se rappeler à l’esprit des personnes qui étaient présentent. Et bien sûr, n’hésitez pas à proposer d’autres opérations ou d’autres échanges par la suite !

NB : on ne peut pas exiger d’un blogueur qu’il publie sur les médias sociaux ou écrive un article suite à une invitation, sauf s’il y a rémunération et que la demande est clairement établie en amont. A vous de cibler les invités, de leur donner envie de partager leur expérience et de leur fournir tout le contenu nécessaire pour qu’ils le fassent facilement !

Source Image : Shutterstock

Articles similaires

Articles Recommandés



L'auteur

Perrine Carpentier

Après plusieurs années de direction de clientèle en agence web et en agence webmarketing j'ai créé l'agence Online With You, spécialisée dans la communication sur les médias sociaux. J’aide particulièrement les entrepreneurs et les dirigeants d’entreprise à développer leur notoriété et leur business sur Twitter, en leur nom propre ou au nom de leur marque. J’accompagne mes clients dans la prise en main de cet outil et je les aide à profiter des formidables opportunités qu’il offre.

 


6 Commentaires

  1. Moi ce qui m’énerve dans les soirées blogueurs, c’est la quantité de pique assiettes qui viennent juste pour boire une coupe et échanger avec leurs copains et leurs copines sur le dernier goodies qu’ils ont reçu. Cela tend à renforcer le côté amateur et superficiel de l’image des blogueurs.

    De toutes façons, pour moi le deal est clair depuis longtemps. Soit on me paye et en échange j’écris un article et j’offre ma visibilité. Soit on ne me paye pas et je ne viens pas sauf si la soirée mérite vraiment le détour mais c’est rarement le cas.

    Pour l’anecdote, je me souviens d’une soirée récente pour une pseudo remise de prix organisée dans un grand hôtel parisien. Les gens se bousculaient pour aller récupérer un petit morceau de sandwich jambon beurre sur un buffet. On aurait cru des SDF qui n’avaient pas mangé depuis 3 semaines. Et encore, je suis sûr que le SDF aurait été plus poli… Heureusement toutes les soirées ne se passent pas comme ça mais bon parfois, le comportement de certains est vraiment hallucinant… Contre deux petits fours et une coupe, ils vendraient père et mère…

  2. Complètement d’accord avec le commentaire précédent (à la différence que je ne me fais pas forcément rémunérer si j’aime vraiment la marque et que je veux en parler de mon plein gré, ou juste parce-que je trouve qu’elle mérite d’être mise en lumière).

    Vous avez tendance à ordonner un modèle de conduite aux blogueurs, comme s’il fallait absolument qu’ils exigent des marques un traitement de faveur pour que celles-ci ne puissent qu’espérer un retour positif. Vous avez oublié de préciser « qu’acheter » un blogueur, acheter son honnêteté, annihilait complètement son rôle !

    L’internaute cherche chez le blogueur un semblant d’authenticité qu’il ne trouve pas (forcément) chez un journaliste puisque le journaliste est bien souvent payé pour écrire ce que la marque lui a demandé (la définition du publi-rédactionnel qui alimente les 3/4 des pages des magazines). Quand une marque bichonne le blogueur, elle ne peut donc attendre qu’on « lui serve la soupe ». Or le rôle du blogueur est aussi de donner son avis, même s’il est négatif. Lui laisser un peu de liberté sans le brosser dans le sens du poil est aussi un risque à prendre pour la marque.

    Le sac de goodies, la rémunération en plus d’une soirée tirer à quatre épingles pour enchanter le blogueur et espérer un petit tweet de remerciement, lui donne une image de pique-assiette, cupide et immature. Les blogueurs qui n’écrivent (quand ils prennent le temps d’écrire !) que sur invitation sont désormais légion à cause du genre d’articles que vous venez d’écrire et des salons qui fleurissent de plus en plus pour pousser les blogueurs à se professionnaliser en réclamant. Sauf que la professionnalisation doit d’abord passer par une proposition de qualité, un contenu unique, personnalisé.

    Vous transformer le bloguing en business et les blogueurs en vitrines publicitaires. Je ne vous remercie pas.

  3. Très intéressants tes commentaires Marie!

    Perso, je rigole quand j’écoute les agences et les clients qui refusent de rémunérer les blogueurs avec des arguments tous plus fallacieux les uns que les autres :
    1/ y a pas de budget pour ça.
    => ah bon, mais y a du budget pour rémunérer l’agence, bizarre…

    2/ pourquoi payer alors que certains acceptent de le faire gratuitement?
    => peut être parce que ceux qui le font gratuitement n’ont souvent rien de professionnel, ne font pas toujours un travail très qualitatif, n’ont pas de visibilité, etc…

    3/ payer, c’est acheter un avis positif!
    => non c’est juste rémunérer pour un travail effectif. Le travail gratuit étant illégal en France, c’est juste être se conformer avec la loi que les agences comme les clients ignorent quand ça les arrange.

    Dans les blogueurs, c’est comme dans les autres médias, tu as 10% d’influents qui apportent une vraie valeur ajoutée et ont une grosse audience et tout le reste qui tente d’exister et adopte un comportement borderline juste pour grappiller quelques invitations. Ces personnes desservent notre profession. On les voit régulièrement dans les blogs trips ou les soirées d’ouverture de boutiques où ils se bousculent mais derrière, le ROI pour les clients est proche du néant. J’en discutais d’ailleurs récemment avec un client qui a financé un blog trip et attendait toujours ses articles deux mois après le voyage…

    Quand aux pseudo salons qui se montent, c’est une bonne idée à la base mais la plupart des OT qui s’y rendent n’ont pas de budget et viennent juste pour parler de leur région.

    • Je ne suis pas d’accord avec l’argent roi qui achète la qualité. Certains blogueurs passionnés travaillent juste pour le plaisir de partager leur goût du voyage sans négocier un tarif avec l’agence/l’OT, etc. Supposer qu’un blogueur travaille mal tant qu’il n’est pas payé c’est déprécier 90% de la blogosphère.

      Quant aux 10% « d’influenceurs » restants (bien souvent auto-proclamés influenceurs d’ailleurs : ils n’ont fait bien souvent qu’acheter leurs fans. Il suffit de regarder leurs comptes « têtes d’oeuf » sur Twitter, ou l’interactivité inexistante des comptes Facebook cumulant plus de 10K de fans achetés au fin-fond de la Turquie), la qualité n’est que très rarement au rendez-vous (orthographe déplorable, photos de presse alors qu’ils ont pourtant été invités en voyage pour prendre les leurs, redite prémâchée d’informations déjà lues partout sur la toile, aucun avis personnel…).

      Long débat que celui de la professionnalisation de la blogosphère, mais pour moi, elle ne passe clairement pas par un système capitaliste.

  4. Marie, l’argent n’achète pas la qualité, il la rémunère, c’est différent. Bloguer par passion, ça va un temps. On a tous des factures à payer. Ecrire sur son blog et animer sa communauté, c’est plus qu’un temps plein, si on fait cela sérieusement avec une vraie démarche professionnelle.

    Les 10% d’influenceurs sont facilement identifiables. Tu les retrouves dans un certain nombre de classements (je parle pas ici du gars qui fait un classement des meilleurs blogs sur son site et qui se met « discrètement » en bonne position dans le classement). Le nombre de followers des influenceurs explose celui des 90% d’autres blogueurs et surtout, ils ont un vrai engagement sur les réseaux sociaux. Je suis d’accord avec toi sur le fait qu’il y a un certain nombre d’usurpateurs qui achètent des faux fans (les fameuses têtes d’oeufs) mais c’est tellement facile à déceler que je ne vois pas l’intérêt. Quand tu vois un compte avec 5-10.000 followers qui génère un retweet tous les 10 tweets, ça laisse songeur 🙂

    Quand aux photos, tu as encore raison! Beaucoup de pique assiettes viennent juste pour se goinfrer à l’oeil, discuter avec les copains/copines et oublient de prendre des photos! Ceci dit, pour un certain nombre d’autres, ils feraient mieux parfois de publier des photos officielles car leurs photos ne font vraiment pas rêver. D’ailleurs, certains clients s’en mordent les doigts car quand tu te retrouves avec des photos pourries de ton produit, c’est difficile d’expliquer ensuite au blogueur que tu préfèrerais qu’il les retire…

  5. Très intéressant reportage ce soir sur Envoyé Spécial qui démontre qu’il existe une frange de blogueurs professionnels qui sont rémunérés et bien rémunérés. Évidemment, tous les blogueurs ne peuvent pas prétendre à être rémunérés alors les amateurs se contentent de quelques cocktails et quelques goodies ce qui contribue à entretenir l’image d’amateurs que l’on peut payer en cacahuètes…

    Heureusement, il y en a aussi qui ont une vraie valeur ajoutée et se font payer. Ravi que France 2 ait mis en lumière ce côté là. Cela change des reportages habituels sur les blogueurs en quête de produits gratuits qui ternissent notre image.

    Autre point intéressant, pour se faire payer, mieux vaut bypasser les agences et travailler en direct avec les OT. Car sinon, les agences prennent tout le budget au passage et font tout pour éviter d’avoir à payer. Bref, moins y a d’intermédiaire, mieux c’est, surtout que la valeur ajoutée des agences dans ce cas est relativement faible par rapport à celle des blogueurs. Il n’est donc pas logique qu’ils rammassent la mise à la place des blogueurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *