Big Data Social Media Web Analytics — 14 juillet 2015 — 2 commentaires
14 juillet 1789 : On a imaginé la révolution avec du Big Data !

14 juillet 1789, la fumée et les flammes s’élèvent dans la capitale française. Le peuple affamé prend les armes et se soulève contre le pouvoir royal passif qui semble ignorer la réalité de la population. La prise de la Bastille est un symbole fort, tant il fut l’apanage du pouvoir royal totalitaire. C’est probablement l’évènement le plus marquant de la révolution française et historiquement emblématique qui a laissé place à l’esprit républicain et à la fête nationale qu’on connaît. On assiste, à ce moment-là, à l’effondrement du pouvoir royal sur le sol français qui laissera après la terreur l’avènement de la 1ere République et la diffusion des idées des lumières que nous avons connu…

Néanmoins, même si nous ne sommes pas partisans du retour de la monarchie, nous avons tenté de nous mettre quelques instants à la place du pouvoir en 1789 s’il avait eu les outils de traitement et d’analyse des données et de Big Data dont on dispose aujourd’hui. Et l’on doit avouer que la Révolution ne se serait sûrement pas passée de la même manière ! Beaucoup de gens auraient d’ailleurs gardé la tête bien ancrée sur leurs épaules…

Les plus cartésiens d’entre nous diront que si le roi avait le Big Data au 18ème siècle on peut très bien supposer que les révolutionnaires avaient des pistolets lasers… Mais laissons de côté la cohérence et partons en 1789, où cette fois, la royauté est armée de la datamasse.

Rien ne serait arrivé, on ne chanterait pas la marseillaise, Napoléon n’aurait pas été empereur, et l’équipe de France n’aurait pas gagné la coupe du monde 1998…

Soyons clairs dès le début, si notre cher Louis XVI avait eu la chance d’être équipé du Big Data, il aurait conservé sa tête et la nécessaire transition vers un système plus égalitaire se serait déroulée tout en douceur.

D’un point de vue marketing, l’utilité première d’un tel outil est de connaître sa cible, ici le Tiers-Etat français. N’importe quel expert marketing ou commercial vous le dira : d’abord connaître sa cible et ses besoins pour lui offrir la réponse qu’elle souhaite. C’est de cette manière qu’il est possible de concevoir des actions marketing adaptées qui seront susceptibles de convertir le prospect.

Si c’est longtemps resté une plus-value et un outil facultatif, avec le développement du digital et de l’internet des objets, l’utilisation du Big Data est devenue presque indispensable dans la stratégie des entreprises. Il est à la base du modèle économique et du parcours client des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), qui sont les pionniers et les leaders d’internet et des données (et accessoirement les groupes qui dégagent le plus de cash). A la vue de leur succès, les entreprises plus modestes ont rapidement adopté leur concept pour l’adapter à leurs besoins. C’est de là que vient la popularisation des données et de leur utilisation pour améliorer le ciblage, faire du retargeting, ou bien intégrer des outils d’automatisation marketing pour des relances et offres commerciales personnalisées. Au vu du nombre de firmes qui passent par ce système pour faire exploser leurs ventes, ne pas s’en équiper revient à s’infliger volontairement un handicap.

Pour revenir à notre révolution française, si le roi avait eu la chance de pouvoir profiter du Big Data, cette dernière (la révolution) aurait pu être tuée dans l’oeuf. Avec plus d’analytique sur la situation en cours, notre monarque aurait eu un point de vue plus lucide et avoir connaissance du bruit, des tendances et voir remonter le risque d’emballement : le célèbre “bad-buzz” aurait pu être anticipé sur les réseaux sociaux. En bref, la vague de contestation aurait été détectée et la stratégie royale adaptée suffisamment longtemps avant que le risque de révolution n’apparaisse.

Plus pertinent que les simples sondages et le feedback des conseillers royaux, le Big Data a une portée prédictive qui aide souvent les m(on)arques à anticiper les tendances sur les réseaux sociaux afin de remettre en question la stratégie. Malheureusement pour lui, heureusement pour nous, Louis n’avait pas en sa possession une telle technologie.

L’analyse prédictive pour anticiper les comportements

Allons encore plus loin, imaginons que notre tendre Louis avait depuis longtemps prévu le risque d’une révolte. En utilisant son outil CRM il aurait pu analyser des quantités de données en provenance de ses propres canaux de communication (emailing, cookie sur son siteweb, réseaux sociaux, émissaires à cheval, etc.), ainsi qe des sources de données provenant de sites tiers comme de grands médias, ou des plateformes d’agrégation de recherches web afin de suivre sa cible partout où elle se trouve sur le web.

Résultat ? Un point de vue omniscient permettant de détecter pour les marques : le risque de désabonnement d’un client ou les chances de convertir un prospect hésitant avec une réduction ou un service offert. Mais cet exemple business s’adapte à un monarque qui aurait très bien pu utiliser l’outil pour suivre parmi ses sujets lesquels présentent un profil révolutionnaire, afin de les arrêter et les faire emprisonner avant qu’il ne tentent d’autre patriotes…

Louis XVI aurait pu s’enfuir avec le géofencing

Partons maintenant du principe que la révolution ait été imparable et qu’un sentiment national ait fait gronder la population au point de rendre la révolution imparable. Louis XVI décide alors de s’éclipser et de quitter le pouvoir tend que sa tête tient sur ses épaules.

Pour ceux qui étaient au fond de la classe pendant leurs études, le roi a tenté de s’échapper suite aux événements qui jusqu’alors semblaient orienter le pays vers une monarchie parlementaire. Il s’est fait arrêter à Varennes par les révolutionnaires qui ont ainsi évité la contre-révolution dont la fuite était l’un des objectifs.

Parmi les nombreux types d’informations que peuvent accueillir les bases de données, on trouve notamment des renseignements géographiques. En effet, le Big Data permet d’accéder à la géolocalisation des consommateurs, si ceux-ci l’ont autorisé. Avec ce type de données, il est possible de lancer des actions marketing extrêmement ciblées et surtout extrêmement efficaces si celles-ci sont correctement orchestrées.

C’est ce qu’on appelle le géofencing, le concept qui regroupe les stratégies marketing utilisant la géolocalisation des objets connectés. Il est par exemple tout à fait possible d’envoyer sur le mobile d’un prospect un message promotionnel en fonction du périmètre dans lequel il se trouve. L’intérêt est d’être dans une véritable relation de proximité et d’entrer dans la sphère personnelle du consommateur. Nous portons toujours plus d’attention et de confiance aux personnes qui nous sont proches. Le fait d’établir une relation de proximité est donc générateur de confiance, rendant ainsi le prospect plus réceptif et donc plus facilement convertible.

Il faut cependant porter une attention particulière à la façon dont on utilise le géofencing. C’est un procédé qui peut rapidement se transformer en une méthode effrayante pour le client. Si vous abusez du concept, vous risquez de développer un sentiment de surveillance chez le consommateur, qui est absolument à éviter. S’il a l’impression d’être traqué, vous pouvez être certain que vos actions marketing n’auront aucun effet, si ce n’est faire fuir le prospect.

Quel intérêt pour notre roi me direz-vous ? Et bien s’il avait pu avoir un tel outil, il aurait eu connaissance au travers des réseaux sociaux, de l’intérêt des mobinautes pour les idéaux révolutionnaires en fonction de leur positionnement géographique… Et Varennes, n’était pas une bonne idée pour faire une halte avec une population complètement ouverte aux idéaux révolutionnaires. Bref, pas la meilleure idée pour visiter une auberge, surtout lorsque sa tête est plaquée sur toutes les pièces en circulation.

Heureusement que le Big Data n’existait pas…

…sinon nous n’aurions pas le droit aux magnifiques feux d’artifices du 14 juillet. Même si c’est une aberration historique et logique d’imaginer le roi avec un outil CRM gigantesque connecté à une plateforme Big Data de gestion des données, c’est une bonne manière de visualiser les avantages que la data procure.

Les données relèvent aujourd’hui d’une importance cruciale dans la stratégie des entreprises et c’est un fait totalement compréhensible au vu des atouts qu’elles apportent. Il faut cependant savoir s’équiper des bons outils pour pouvoir être réellement efficace.

Si vous avez peur, à l’image de Louis XVI, de vous faire chasser du pouvoir, je vous conseille de lire le livre blanc d’Oracle au sujet de la gestion des données.

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L'auteur

Nora Loulidi

Spécialiste des outils de Marketing Automation, DMP et Marketing Cloud, j'ai une connaissance précise des outils de lead generation à destination des entreprises. Riche d'une expérience au sein de plusieurs entreprises créatrices de softwares B2B, je suis actuellement en charge de la promotion des outils de Marketing Cloud chez Oracle.

 


2 Commentaires

  1. Hello Nora,

    Chouette article très imagé, j’ai adoré! 🙂 J’ai aussi analysé le 14 juillet sous un angle marketing, plus particulièrement sur les réseaux sociaux. J’espère que mon article vous plaira, je vous invite à le lire! http://bit.ly/1I2EKk0

    Julie
    @J_Hong3

  2. C’est un article intéressant qui fait prendre conscience du potentiel (et du risque) des big datas.
    En revanche, comment expliquer que la Tunisie de Ben Ali n’a pas vu le printemps arabe.
    On ne peux pas dire que la surveillance était défaillante.
    Par contre, il faut savoir comprendre les « coïncidences ».
    C’est tout le problème de la big data. Les solutions de map-reduce c’est bien ça le plus dur à construire.
    Par ailleurs, Louis XVI avait de nombreux indicateurs pour prévoir cette Révolution mais a-t-il su analyser, comprendre ?
    Le big data ne sera jamais une solution mais un moyen de collectes d’information … après …. 🙂

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