Best Of Blogosphère Community management Social Media — 18 juin 2015 — 6 commentaires
Les articles sponsorisés sont-ils une arnaque pour les lecteurs ?

La question des articles sponsorisés en tant que blogueur ou en tant que marque est délicate. En effet, les premiers sont accusés de vendre leur âme et de tromper leur lectorat alors que les seconds feraient de la publicité déguisée. A la fois sous la casquettes de blogueuse dans le domaine de la cuisine et celle d’annonceur lorsque je travaille pour un client, je ne partage pas cet avis dans la mesure où l’on respecte certaines conditions que je vais vous présenter dans la deuxième partie de cet article…

Mais tout d’abord pourquoi les blogueurs se font-ils payer par les marques ?

Le blogueur n’est pas un journaliste, il ne reçoit pas de rémunération d’un employeur pour écrire. Il met ponctuellement sa propre audience et ses qualités rédactionnelles, ainsi que sa connaissance d’une activité ou d’un domaine spécifique, au service d’une marque. La marque en question va en retirer des bénéfices, donc il me semble normal également qu’elle rémunère le blogueur.

Et le lecteur dans tout ça ? Pour moi, dans la mesure où le blogueur arrive à trouver des marques qu’il affectionne et qui s’inscrivent bien dans sa ligne éditoriale alors tout le monde sera gagnant et notamment ses lecteurs car :

  • Ils découvriront des nouveautés qui peuvent les intéresser ;
  • Ils découvriront des recettes ou des trucs et astuces pour utiliser des produits qu’ils sont susceptibles d’affectionner ;
  • Ils bénéficieront souvent de réductions sur les produits et les services en question ;
  • Ils pourront gagner des lots offerts aux lecteurs des blogs par certaines marques ;
  • Ils auront du contenu parfois inédit et enrichis grâce aux expériences proposées par la marque au blogueur. Dans mon domaine par exemple lors de concours de cuisine j’ai souvent été assez loin dans le perfectionnement d’une recette créée pour une marque, plus que je ne l’aurais fait à titre personnel. J’ai également eu l’impression que les thèmes imposés stimulaient ma créativité.

Et j’ajouterai que si le blogueur gagne un peu d’argent il est susceptible également de consacrer plus de temps à son activité de blogging et d’avoir les moyens également d’améliorer son blog avec par exemple un nouveau graphisme basé sur un thème payant ou un hébergement plus conséquent qui permet un accès rapide aux contenus. A ce stade, tout le monde est gagnant.

Comment définir un bon partenariat ?

  • Une marque en affinité avec le blogueur et ses lecteurs. Il faut donc que la marque corresponde à l’univers du blog, et qu’elle corresponde aux goûts et aux valeurs du blogueur. J’ai un blog qui tente de mettre en avant la cuisine saine, de saison et si possible respectueuse de l’environnement. De plus j’habite à Paris et je n’ai pas d’espace extérieur. Je refuse donc par exemple de communiquer sur les planchas et les barbecues… que je ne peux pas tester et que je ne connais pas ! Je refuse de communiquer aussi pour les marques dans le domaine de la boucherie, puisque sans être végétarienne je ne souhaite pas faire la promotion de la viande, une des principales sources de pollution pour la planète. En revanche j’affectionne les producteurs de fruits et légumes et les syndicats qui en font la promotion. J’aime également les marques bio qui proposent des ingrédients peu connus mais délicieux et sains. Dans ce cas particulier j’intègre ces produits à mes recettes en citant les marques et sans contrepartie financière.
  • Un échange équilibré. Selon l’audience du blog et la visibilité qu’il va donner à une marque les tarifs sont différents. Si un blog important demandera plusieurs centaines d’euros, un blog plus modeste peut-être partant pour une publication contre un échange de produit. Mais il faut que les marques restent réalistes dans leurs demandes : non, ce n’est pas un privilège d’avoir le droit de publier un article avec en contrepartie un produit qu’on trouve à moins de 10€ au supermarché du coin.
  • Une liberté de ton. Si un blogueur accepte d’écrire sur une marque ou de tester un produit contre rémunération, l’accord tacite veut qu’il n’ait pas un avis entièrement négatif dessus car dans ce cas il s’abstiendra d’accepter le contrat. En revanche s’il a une critique constructive à faire, un point qu’il a moins apprécié ou un commentaire qu’il fait « à sa façon » il serait dommage de lui imposer un discours marketing formaté. Cela lui enlève de la crédibilité et cela dessert également le produit ou le service auprès des lecteurs. J’ai testé une fois une préparation alimentaire qui selon moi était plus rapide à réaliser et aussi bonne que du fait maison (mais plus chère !). La marque m’a demandé de mettre que leur produit était « meilleur que du fait maison », pour moi cette demande était déplacée et n’avait pas de sens (avaient-ils d’ailleurs déjà testé mon « fait maison » J).
  • De la transparence auprès des lecteurs. Si le lecteur sait que le produit a été offert ou que l’article est sponsorisé alors il ne se sentira pas trahi par le blogueur. La confiance du lectorat est essentielle pour fidéliser l’audience !

Je vous propose d’aborder dans un prochain article également comment approcher des blogueurs influents dans votre cible et quel type de contrepartie leur proposer !

Et vous, que pensez-vous des articles sponsorisés ?

Source image : Shutterstock

 

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L'auteur

Perrine Carpentier

Après plusieurs années de direction de clientèle en agence web et en agence webmarketing j'ai créé l'agence Online With You, spécialisée dans la communication sur les médias sociaux. J’aide particulièrement les entrepreneurs et les dirigeants d’entreprise à développer leur notoriété et leur business sur Twitter, en leur nom propre ou au nom de leur marque. J’accompagne mes clients dans la prise en main de cet outil et je les aide à profiter des formidables opportunités qu’il offre.

 


6 Commentaires

  1. C’est surtout une obligation légale de signaler un article sponsorisé.

    • Chez PagTour, nous signalons par les lettres CP dans le titre quand nous reproduisons un communiqué de presse. Nous n’avons pas d’articles sponsorisés, mais plusieurs de nos confrères belges publient des « publi reportages » qui ne sont pas signalés comme tels (et qui, accessoirement, sont vendus moins cher, ce qui est un comble…). Quelqu’un peut-il me signaler les références du texte de cette obligation légale? Merci!

  2. En effet, Lionel a raison et je trouve dommage de ne pas signaler ce point dans l’article.

    Trop nombreux sont les blogueurs qui ne connaissent pas ce point.

    Pour ma part, j’ai souvent refusé des articles sponso car la marque ne voulait pas que la mention « article sponsorisé » apparaisse.

    Alors même si ça me fait perdre à chaque fois entre 200 et 500€ par article, sans tenir compte de cette obligation légale, je préfère ne pas tromper mes lecteurs.

    • @Guillaume, @Lionel, vos remarques sont pertinentes et justes. Toutefois, qui peut savoir qu’un article est sponsorisé à part l’annonceur et le publisher ? C’est pratiquement impossible, il y aura toujours un doute, je le vois bien dans l’expérience quotidienne au sein de l’agence.

  3. Le visiteur du site ? Et là, ça peut être dramatique au niveau de l’estime que peut avoir un visiteur fidèle envers le blogueur s’il s’aperçoit qu’un article est sponsorisé et non mentionné comme tel.

    Et si on perd la confiance de ses visiteurs fidèles, le jeu n’en vaut pas la chandelle.

    • Je suis évidemment d’accord avec vous, mais comment le visiteur peut le savoir si la sémantique de l’article est conforme à la ligne éditoriale du site où se trouve l’article sponsorisé ?

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