Vers la popularisation du comtent

« Content is king » – Cette expression récurrente dans le domaine du SEO a de quoi faire sourire. Bien que l’intérêt des référenceurs se porte plus que jamais sur la qualité des contenus, le commerce-related content poursuit sa vulgarisation…

Si ce n’est pas une nouveauté, le phénomène se généralise. Pour les blogueurs et sites d’info, il s’agit de miser sur un contenu de qualité tout en profitant d’une rémunération, non négligeable. Quant aux entreprises, elles stimulent leur référencement naturel, tout en « trompant » Google dans les règles de l’art.

Le commerce-related content

Le comtent fait référence à la monétisation de son contenu. Les articles sponsorisés (de plus en plus sanctionnés) et programmes d’affiliation en font naturellement partie. Ces méthodes permettent aux blogueurs de gagner de l’argent et de tester un certain nombre de produits, tout en étant souvent « borderline » en termes de législation, pas vraiment claire à ce sujet non plus. Dans le fond, cette pratique n’est pas très éloignée des RP traditionnelles, quand les journalistes rédigent leurs articles à coup de déjeuners et de dossiers de presse améliorés.

Le marketing d’affiliation automatisé

Lorsque l’affiliate marketing tend à se généraliser, la situation devient réellement délicate. Imaginez que chaque lien un tantinet commercial se transforme automatiquement en source de revenu. C’est sur ce créneau que Skimlinks se positionne. Grâce à son programme, ses blogs et sites d’info partenaires, comme le Huffington Post et The Independent, voient leurs liens externes automatiquement transformés en liens affiliés. Ce moyen permet aux sites d’information qui génèrent beaucoup de contenu, de ne plus se soucier de la gestion de leurs programmes d’affiliation : leur simple partenariat avec Skimlinks leur suffit pour empocher des sous, si conversion il y a.

Cette tendance cache un réel souci en termes d’éthique. Toute source de contenu tend à devenir commerciale. Aujourd’hui, Skimlinks compte plus d’1,5 millions de sites partenaires et génère 300 millions de clics mensuels. L’importance du leadership d’opinion et la question de rentabilité des blogs et sites d’information poussent les entreprises et les influenceurs à trouver un accord au profit de la publicité déguisée.

La gratuité des sites d’info pousse naturellement ces derniers à ancrer les techniques de native advertising au cœur de leur business model. Or, comme l’indique l’article 10 de la loi n°86-897 du régime juridique de la presse, « il est interdit à toute entreprise éditrice ou à l’un de ses collaborateurs de recevoir ou de se faire promettre une somme d’argent, ou tout autre avantage, aux fins de travestir en information de la publicité financière. Tout article de publicité à présentation rédactionnelle doit être précédé de la mention « publicité » ou « communiqué » ». Si cette pratique se généralise en France, les sites d’info seraient légalement dans l’obligation d’indiquer une mention à chacun des articles affiliés, l’automatisation de ces derniers rendant la chose particulièrement complexe.

Aussi, dans un monde idyllique, on pourrait penser que les blogueurs restreignent leurs liens sponsorisés aux entreprises qui s’inscrivent au sein de leur ligne éditoriale. Si affiliation il y a tant mieux, sinon tant pis. Or, entre citer Airfrance et avoir l’opportunité de gagner 8€ pour l’achat d’un vol long-courrier et évoquer une autre compagnie qui ne proposerait pas de programme d’affiliation, certains pourraient être tentés de se concentrer sur les entreprises qui proposent ce type d’arrangement.

Pire encore, reste la généralisation de l’affiliate marketing, un cran au-dessus, au détriment des blogueurs. En Février 2012, le blog LL Social indiquait que Pinterest utilise Skimlinks pour la monétisation des posts de ses propres utilisateurs. C’est-à-dire que les liens commerciaux au sein des Pins étaient automatiquement affiliés grâce à Skimlinks.

WordPress agirait de la même sorte. Sur son site, l’hébergeur indique « At WordPress.com, we sometimes display advertisements on your blog to help pay the bills. This keeps free features free! ». WordPress s’offre le droit de “tester” certaines campagnes publicitaires sur les sites qu’il héberge gratuitement (www.site.wordpress.com). Comme l’indique Terakeet.com, WordPress – qui détient plus de 60% du marché CMS – a intégré Skimlinks au sein de son entière base de données de blogs, sans que les blogueurs ne soient au courant. Les programmes d’affiliation automatiquement générés au sein de ces blogs ont été fructueux pour WordPress. Les détenteurs de blogs participant à des programmes d’affiliation et proposant des articles sponsorisés ont vu leurs liens automatiquement modifiés par Skimlinks. WordPress étendrait aujourd’hui cette méthode aux blogs non hébergés qui utilisent simplement WP comme CMS.

Quel impact en termes de SEO ?

Les liens affiliés étant traqués, les sites partenaires de Skimlinks – volontairement ou à leurs dépens – ne risquent-ils pas de subir à long terme le même sort qu’avec Buzzea ?

Si Google admet que les programmes d’affiliation peuvent apporter une certaine valeur ajoutée aux blogs (“Not every site that participates in an affiliate program is a thin affiliate. Good affiliates add value, for example by offering original product reviews, ratings, and product comparisons.”), Google insiste également sur le fait que le contenu affilié ne doit représenter qu’une infime partie du contenu global du site (“Affiliate program content should form only a small part of the content of your site”).

A priori, le programme d’affiliation proposé par Skimlinks répond conformément aux Guidelines de Google. Sur cet article, Skimlinks explique que l’ensemble de leurs rédacteurs partenaires proposent un contenu de qualité, considéré par Google et que l’entreprise aide les blogueurs à conserver une situation financière stable. Il s’agit d’un moyen lambda pour monétiser son blog et en aucun cas d’une opportunité pour propulser son site au sein du moteur de recherche.

Mais ce système ne porterait-il pas justement préjudice au SEO ? Sur ce point, Skimlinks précise également que l’Update Panda (avril 2011) n’a eu aucun impact pour les blogs, la mise à jour n’ayant affecté qu’une faible partie de ses sites partenaires.

Si les posts sponsorisés sont soigneusement dissimulés parmi une masse d’articles naturels, l’affiliation automatisée risque de ne pas satisfaire Google bien longtemps. Les liens affiliés sont naturellement reconnaissables et d’autant plus ceux stimulés par Skimlinks.

Pour supprimer un lien automatiquement généré, certains blogueurs sont aujourd’hui contraints d’introduire le code « noskim » au sein de leurs liens. Avec « noskim », vous informez Google que cet article a de grandes chances d’être sponsorisé. Sans « noskim », vous conservez vos liens affiliés et laissez Google juger par lui-même de la qualité de vos posts.

Source de l’image en une : Flickr –  Pete Birkinshaw (CC-BY 2.0)

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L'auteur

Victoria Dellier

Intérêt pour les différents usages du Web et l'évolution des stratégies Webmarketing, Com, SEM & E-Commerce - depuis Berlin.

 


1 Commentaire

  1. Très bon billet,

    mais je suis curieux de connaitre les critères de google concernant les « bons » liens affiliés. Est-ce que sa veut dire qu’une bannière en page d’accueil est mauvaise pour le seo ? faut-il obligatoire insérer ces liens en les contextualisant des textes comparatifs ou des articles d’avis ?

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