Editorial Web Inbound Marketing — 09 avril 2015 — 8 commentaires
Lorsque la curation de contenu est une maladie et non un remède

Dans un monde où chacun partage quelque chose sans vraie valeur ajoutée, nous sommes confrontés à la pollution de l’information, pas à son évolution (C) Artem Welker. La curation de contenu a surgi comme un remède qui pourrait nous aider à ne pas nous noyer dans l’océan de l’information. Mais, en fait, cela se transforme en une maladie alimentant cet océan. Nous avons utilisé la curation pour trouver des données pertinentes et renforcer nos efforts de marketing de contenu malheureusement, certaines entreprises abusent de cette méthode alimentant cet océan de contenus où 27M d’éléments sont partagés chaque jour….

Lorsque la Curation est une maladie

Voyons comment les utilisateurs et les entreprises transforment cet outil efficace en une maladie qui jonche le paysage numérique.

1) Lorsque vous partagez sans ajouter de la valeur

Le contenu n’est rien sans contexte. Pour cette raison, il est essentiel d’ajouter sa propre voix pour chaque élément de contenu, pour ainsi délivrer de la valeur et avoir une identité forte avec vous. Cependant, de mon expérience, la plupart des PME et startups partagent juste des liens. Parce que c’est simple et pas cher. Félicitations ! Vous avez rejoint l’armée de clones qui partagent des choses similaires.

Une autre complication est liée aux outils de curation de contenu basés sur des mots-clés, lorsque nous sommes enfermés par une “bulle de filtre”. Chaque jour les marketeurs partagent le même contenu, en augmentant l’abîme du bruit de l’information.

Résultat : Vous n’existez pas. Vous ne livrez pas votre voix.

2) Lorsque vous violez les bonnes proportions de curation

Il y a différentes règles concernant la proportion de postes curés, originaux et promotionnels. Certaines personnes parlent de 30/60/10, d’autres préfèrent 10/4/1. En fait, tout est correct. Parce que la principale chose que vous devez prendre en compte est votre stratégie où la curation est juste une part et non l’ensemble du gâteau.

Pourtant, si nous examinons beaucoup de petites entreprises ou startups, nous pouvons remarquer qu’ils partagent du contenu, mais ne produisent rien eux-mêmes. Combien de fois vous tweetez n’a donc pas d’importance. Si vous tweetez juste des liens, vous passez à côté.

Résultat : Vous n’avez aucune image. Vous ne marquez pas l’empreinte de votre marque. Nul ne se souviendra de votre nom.

3) Lorsque vous ignorez la plupart des formes de curation

Très peu de gens sont capables de générer des connaissances. Ils génèrent plus simplement des informations par la réplication secondaire de faits créés avant eux. Comme l’a dit Isaac Newton: “Nous sommes tous sur les épaules de géants. ” Et il n’y a rien de mal à cela !

Si vous voulez créer quelque chose, vous devez d’abord curer quelque chose. Mais cela ne signifie pas qu’un lien curé est un résultat. C’est juste une partie de votre travail lorsque vous essayez de faire une délicieuse tarte pour vos clients.

Par conséquent les marketeurs futés vont s’appuyer sur les cinq formes différentes de la curation : l’agrégation, la distillation, l’élévation, le mélange et la chronologie, où le partage des liens est juste l’un des cinq cas. Si vous ignorez les autres, vous venez ennuyer vos clients et followers.

Résultat : Il n’y a pas de narration. Il n’y a pas de relations à long terme.

4) Lorsque vous vous concentrez sur la fréquence, pas sur la qualité

Le partage à l’excèsbrains_smart_man est une situation classique avec du carburant pas cher. Lorsqu’il n’est pas coûteux de mettre en place quelque chose, vous perdez en discipline. Ainsi, parfois, je peux voir des comptes twitter spammant d’autres utilisateurs avec des tonnes de messages.

Je crois que le point principal du marketing de contenu d’aujourd’hui est d’être axée sur la qualité, pas sur la fréquence. Si vous publiez trop souvent, vous devenez un spammeur, pas un marketeur.

Ok, vous voyez la « croissance des followers ». Mais dans la réalité, c’est un tas de robots qui vous aiment pour vos hashtags ou mots-clés, et non pour votre marque.

Résultat : Il n’y a pas de véritable communication avec des personnes réelles. Il n’y a pas de conversion de la clientèle.

5) Lorsque vous vous concentrez sur la seconde mesure, pas sur la génération de leads

Nous savons que dans 85% des cas, les conversations sont un excellent moyen d’établir le leadership et l’expertise. Et je suis d’accord qu’elles jouent un grand rôle si vous construisez une communauté et éduquez votre auditoire. Néanmoins, bien souvent, elles n’aident pas à générer des leads quand nous partageons des liens, car elles peuvent conduire le trafic vers d’autres sites. C’est donc inefficace pour obtenir du trafic et une augmentation des ventes.

La nouveauté numérique se porte sur le social. Les réactions sociales sont une nouvelle forme de « backlinks » désormais. Chaque fois que quelqu’un aime ou partage votre contenu, il crée un lien qui mène à votre site ou votre produit. De cette façon, vous augmentez votre ranking sur Google. La vérité est que lorsque vous curez des liens sans y apporter votre touche, vous créer des « backlinks » pour d’autres sites, pas pour le vôtre.

Résultat : Il n’y a pas de trafic vers votre site. Il n’y a pas d’effet pour le référencement.

Lorsque la Curation est un remède

La curation est comme les pilules. Si vous savez comment l’utiliser, c’est un remède. Et cela fonctionne bien, comme l’aspirine. Voici quelques règles auxquelles vous devez vous tenir :

1) Combinez les différentes formes de curation (l’agrégation, la distillation, l’élévation, les mélanges, la chronologie) ;

2) Ajoutez votre voix à chaque partie curée (un commentaire unique, une histoire, des informations supplémentaires) ;

3) Ajoutez une identité de marque (des éléments de marque, des images, le logo, qui permettent de laisser l’empreinte de votre marque) ;

4) Gardez les bonnes proportions (30/60/10 ou 10/4/1, mais ne jamais l’utiliser comme une stratégie principale) ;

5) Utilisez la curation multi-canal (curation non seulement de rss, de blogs, mais également les pages des médias sociaux, des groupes, des comptes, de newsletters) ;

6) Ajoutez des liens pertinents vers votre site (fournissez des publications avec des liens vers du contenu connexe, de sorte qu’elles fonctionnent pour votre référencement).

Conclusion

Dans un monde où tout le monde partage quelque chose sans aucune valeur ajoutée, nous sommes confrontés à la pollution de l’information, pas à son évolution. C’est vrai pour les utilisateurs de médias sociaux, mais aussi pour les marketeurs.

C’est pourquoi le temps des expériences pleines d’espoir a disparu. Pourtant, l’expérimentation aura conduit à une piste significative d’erreurs, qui peuvent être de grandes leçons pour chacun de nous. Soyez sage, soyez concentré sur le résultat. Et chose la plus importante – livrez-vous vous-même et ne soyez pas un spammeur.

Source image : Shutterstock

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L'auteur

Artem Welker

Artem est un entrepreneur axé sur le Marketing Digital, les Médias et l’IT. Il a lancé son premier projet de média Hardwaretech dans sa jeunesse et ce projet a été vendu avec succès. Il a collaboré à de nombreux magazines et sites informatiques. Au cours des dernières années Artem a été impliqué dans deux entreprises dont il est le fondateur : LikeHack Inc. et IdeaParcel. Dans le même temps, il offre des services consultatifs, en aidant les startups et les entreprises à réussir dans la sphère numérique. Il est également un conférencier régulier sur des thèmes Marketing et IT, dans des business-incubateurs et des universités.

 


8 Commentaires

  1. Excellent article.
    Je rajouterais que la curation (guérison) est bonne quand on rajoute un peu de musique 🙂
    http://www.kweeper.com/full/audios

  2. Du coup on peut partager l’article ?
    🙂

  3. Excellent article qui résume bien que nombreux sont ceux qui n’ont pas compris ce qu’était faire de la curation : http://blog-defineed.tumblr.com/post/114207286280/differencier-veille-curation

    Trop d’outils se prétendent comme des outils de curation alors qu’ils ne sont que des outils de social bookmarking. Cela demande un effort de faire de la curation. La curation de contenu est un acte plus proche de la création que du simple partage. Aujourd’hui les plateformes de dit de « curation » se prennent les pieds dans le plat : elles ne soignent pas notre infobésité mais la nourrie.

  4. C’est vrai que trop de curation ressemble encore à de la simple aggrégation.

    Cela dit, on progresse.
    Par exemple, lorsque je vois les jolies histoires glanées sur storify, je pense qu’on oubliera un jour les scoop.it et autres paper.li

  5. Bonjour à tous,

    Exemple contraire : nous sommes un Office de tourisme qui rédige une lettre d’information permanente à destination des acteurs du tourisme local, et nous utilisons la solution « scoop it » comme format de lettre (http://www.scoop.it/t/so-saint-quay-portrieux). Toutefois nous faisons très attention à produire des contenus et non pas faire de la simple « curation ». Merci de votre article et alerte à ce sujet. Très cordialement.

    Serge LACROIX, directeur de l’Office de tourisme de Saint-Quay-Portrieux (Bretagne)

  6. d’accord et pas d’accord avec vous.
    Tweeter n’est pas curer
    Par contre
    Scoop.it est un outil fantastique pour sélectionner et agréger de l’information sérieuse, et aussi produire du contenu donc faire du knowledge management.
    et il ya des applications évidentes en e-reputation à suivre et à construire!
    mais je vois surtout des applications en recherche et éducation
    Cordialement

  7. Encore un article intéressant. Il y a juste un petit point qui me chagrine (tout est relatif). C’est quand vous parlez des liens sociaux qui « augmentent » votre ranking. A part pour le feu Google plus, il y a de très forte présomption sur le fait que les liens issus des réseaux sociaux soient en no-follow. A part pour la génération de trafic que cela peut entraîner, je ne pense pas que cela ai un réel impact sur le ranking…

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