Interviews — 27 février 2015 — Aucun commentaire
Conseils d’entrepreneur : une interview avec des vrais bouts de Québécois dedans

Pour sortir de la grisaille hivernale, une interview décalée ne fait jamais de mal ! Parce que l’hiver, quand t’as froid aux foufounes, il faut bien s’amuser un peu…

Yoann Hervouet, peux-tu te présenter ?

Je suis consultant en webmarketing freelance. Initialement spécialisé en référencement naturel / SEO, je me suis dit que la vie était trop courte pour se poser des barrières et depuis je vis nu dans la nature, me nourrissant exclusivement d’eau de source et de branchages, cultivant librement mes passions complémentaires pour l’expérience utilisateur, le marketing viral, l’e-réputation, et l’optimisation du taux de conversion.

Je suis également CMO, « Chief Marketing Officer » pour TonPsy (une startup de psychologie en ligne), un titre qui laisse entendre que j’ai beaucoup de responsabilités et à juste titre, puisqu’effectivement j’ai 0 personnes sous mes ordres. A l’issue d’un brainstorming de groupe houleux avec ces 0 personnes, nous avons décidé (collégialement) qu’une interview en québécois serait opportune.

Toi, le Français, oui, toi : je sens déjà tes neurones de l’aire de Wernicke qui frétillent d’excitation. Alors attache bin ta tuque avec le cachet d’Aspirine et toute la patente parce que ça va parler pointu en masse dans les phrases qui suivent – et faudra pas v’nir chiquer la guenille ben raide après si ça t’chicote 😀

Disclaimer :  cet article a pour but de distraire avant tout, son contenu informatif reste somme toute léger (et pas de panique, vous trouverez un lexique à la fin de cet article 🙂 )

Quelles sont les qualités à développer quand on est entrepreneur ?

  • Ne pas être boqué, ne pas s’astiner surtout si vous voyez que vos efforts ne portent pas leurs fruits. Pour cela vous pouvez préalablement définir des objectifs associés à des deadlines et checker les résultats obtenus le moment venu.
  • Quand vous avez de la broue dans le toupet, savoir slaquer la pédale, sinon vous ne saurez rapidement plus où vous garocher. Profiter de ce moment pour redéfinir calmement des priorités, en créant un tableau à 2 entrées : important / pas important et urgent / pas urgent. Traitez ce qui est important et urgent dans un premier temps. Ne traitez jamais ce qui n’est ni important ni urgent. Cela vous évitera de virer rien que sur une gosse.
  • Semblablement, ne pas s’enfarger dans les fleurs du tapis en termes de fonctionnalités à développer. On pense souvent aux fonctionnalités qu’on aimerait soi-même pouvoir utiliser, ou on se laisse convaincre par des prospects qui disent qu’ils aimeraient avoir telle ou telle fonctionnalité. Malheureusement, ce genre d’idées, ça ne vaut pas de la chnoutte car entre l’intention et la réalité, il y a souvent un fossé.
entrepreneur-téméraire

Etre entrepreneur, c’est aussi savoir prendre des risques pour se démarquer. Même si cela implique « d’être habillé comme la chienne à Jacques ».

Comment lancer une première version de son produit / service ?

Nombreux sont ceux qui pensent que pour se lancer, il faut avoir un produit parfait. Eh bien pantoute ! Il ne faut pas niaiser  avec la puck et au contraire arriver sur un saut pis sur un pet sur le marché, en proposant une première version du produit (un « Minimum Viable Project »). Dans un premier temps, c’est tiguidou ! En criant lapin vous recevrez des feedbacks utilisateurs qui vous permettront d’améliorer votre produit de manière incrémentale. Cela vous amènera peut-être à er’virer boutte pour boutte sur votre produit, d’ailleurs.

Notez qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une équipe totalement constituée au départ de l’aventure. Les gens compétents et socialement intelligents étant rares comme d’la marde de pape, il vaut mieux développer une première version qui saura les convaincre de vous rejoindre plutôt que de chercher à les convaincre dès le départ.

Allez, en route sur la croute !!

Comment lever des fonds ?

Si vous respectez ces quelques conseils, ça va y aller au toast :

  • Adoptez un vocabulaire comprenable : l’investisseur a de la jarnigoine comme tout le monde, mais il ne risque pas de catcher si vous employez des termes trop hermétiques.
  • Savoir bien mettre l’équipe en valeur (tout en évitant de se péter les bretelles), car il vaut mieux un projet moins bon avec une équipe excellente qu’un très bon projet avec une équipe moyenne. Donc : le pire que vous puissiez faire, c’est de ne pas vous prendre pour un 7up, et de péter de la broue, même quand vous pensez que l’affaire est ketchup.
  • Accrocher votre tuque avec d’la broche car pour bien lever, il faut le faire au bon moment. C’est à dire quand vous avez :
    • une bonne traction : il s’agit d’un indicateur « absolu » pouvant correspondre au chiffre d’affaires, nombre de visiteurs, de clients, etc.
    • de bons chiffres de croissance : définie en pourcentage, c’est un indicateur « relatif », donc très approprié aux startups qui font en général de petits chiffres. Une évolution de + 200 % fait toujours son petit effet, même si cela veut simplement dire que vous êtes passé de 2 à 6 clients sur une période donnée.
  • Vérifiez que vous vous adonnez bien avec votre investisseur, qu’il fitte bien avec vous. Un investisseur ce n’est pas que des bidoux, ce sont aussi des conseils et une vision des choses (même si, lors des petites levées, les investisseurs ne souhaitent généralement pas être majoritaires au capital et n’auront donc pas un poids critique sur les décisions prises par le board).

Un message à faire passer ?

Amis québécois, je vous aime !  🙂

Amis français, j’espère que cette expérience de lecture québécoise n’a pas été trop douloureuse <3

Vous pouvez tous m’ajouter sur LinkedIn, juste pour le plaisir ou si vous avez besoin de conseils en marketing Internet, je fais dans le créatif et décalé mais pas que, et pour une durée limitée je suis satisfait ou remboursé 🙂 Je suis aussi joignable via l’email indiqué dans mon profil ci-dessous.

Lexique utilisé

Introduction  :

  • Les foufounes : les fesses.
  • Attache bin ta tuque : tiens-toi prêt, cramponne-toi.
  • Toute la patente : tout ce qui vient avec.
  • Parler pointu : s’exprimer avec un vocabulaire très recherché.
  • En masse : ben en masse quoi 😀
  • Chiquer la guenille : maugréer, bouder.
  • Ben raide : vraiment beaucoup.
  • Chicoter : inquiéter, tracasser.

Qualités d’un bon entrepreneur :

  • Etre boqué : être têtu.
  • S’astiner : s’obstiner.
  • Avoir de la broue dans le toupet : être débordé de travail.
  • Slaquer la pédale : ralentir.
  • Ne plus savoir où se garocher : ne plus savoir où donner de la tête.
  • Virer rien que sur une gosse : faire un changement de façon abrupte et téméraire.
  • S’enfarger dans les fleurs du tapis : se perdre dans les détails au détriment de la vue d’ensemble.
  • Ne pas valoir de la chnoutte : ne rien valoir.

Lancer son produit / service :

  • Pantoute : Pas du tout.
  • Niaiser  avec la puck : agir rapidement. Plus d’explications ici.
  • Sur un saut pis sur un pet : rapidement.
  • C’est tiguidou : c’est très bien.
  • En criant lapin : en un rien de temps.
  • Er’virer boutte pour boutte : changer radicalement de point de vue.
  • Être rare comme d’la marde de pape : être extrêmement difficile à trouver… Comme les excréments de sa Sainteté !
  • En route sur la croute : se dit avec entrain au moment de partir.

Lever des fonds :

  • Y aller au toast : bien se dérouler.
  • Comprenable : compréhensible.
  • Jarnigoine : intelligence, capacité de réflexion relative à l’analyse et la compréhension.
  • Catcher : (anglicisme tiré de « to catch ») comprendre.
  • Se péter les bretelles : être prétentieux.
  • Ne pas vous prendre pour un 7up : être arrogant, ne pas se prendre pour n’importe qui.
  • Péter de la broue : se vanter.
  • L’affaire est ketchup : l’affaire est dans le sac, est facile.
  • Accrocher sa tuque avec d’la broche : se tenir prêt.
  • Bien s’adonner avec quelqu’un : bien s’entendre avec quelqu’un.
  • Fitter (anglicisme tiré de « to fit ») : convenir, être adapté à.
  • Des bidoux : de l’argent.

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L'auteur

Yoann Hervouet

Yoann est formateur en référencement naturel et en webmarketing. Il est également co-fondateur et directeur de la communication de tonpsy.fr (relations presse, marketing direct, partenariats, publicités...)

 


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