Blogosphère — 16 janvier 2015 — 3 commentaires
17 conseils pour réussir votre crowdfunding d’un projet de voyage unique

Envie de faire une opération de crowdfunding pour financer un projet de voyage hors du commun, que vous préparez depuis un moment déjà ? Voici quelques conseils utiles pour vous orienter…

Dans le cadre de mon blog de voyage au Japon, j’ai été amené, à lancer une opération de crowdfunding afin de collecter des fonds nécessaires à la réalisation de mon projet de tour du Japon à pied. Et laissez-moi vous dire que cette opération de financement participatif ne fut pas de tout repos. J’ai donc décidé de vous faire bénéficier de mon expérience afin de vous orienter, au cas où vous voudriez vous lancer dans cette aventure. Voici donc 17 conseils.

– Ne financez pas votre voyage mais un projet: voici donc la plus importante des erreurs, celle à éviter absolument. Si vous faites une opération de financement participatif pour vous faire financer un voyage, vous allez vous mettre une balle dans le pied. Les gens ne vont pas faire des dons à des inconnus pour qu’ils aillent voyager pendant qu’eux travaillent. Non, mettez en place quelque chose d’original, d’unique qui va attirer et faire dire: « WOUAH, ça c’est excellent et je veux aider ».

Dans mon cas, je compte réaliser un tour du Japon à pied, sur 10,000 km, à la rencontre de 10,000 japonais, filmer 10,000 secondes de vidéos et prendre 10,000 photos. J’ai appelé ce projet: CAP 10000 JAPON et son but est de permettre de découvrir 10,000 facettes du Japon. Ce projet est autofinancé, au travers de sponsors et de mes économies. L’opération de crowdfunding a servi à financer du matériel destiné à la réalisation de vidéos de qualité et d’un guide de voyage au Japon, hors des sentiers battus. Mon opération ne visait pas à financer le voyage, mais du matériel complémentaire destiné à la conception de contenus susceptibles d’intéresser le plus grand nombre.

Logo Cap 10000 Japon

– Préparez votre projet à l’avance: ne venez pas sur une plateforme de crowdfunding à la dernière minute pour y lancer votre opération, vous allez vous casser les dents. Préparez celle-ci à l’avance, parlez de votre projet autour de vous, commencez à le faire connaître et voyez les réactions que vous obtenez. Une fois que vous avez fait ceci, mettez au clair votre idée de financement, repérez les donateurs et cibles potentiels et enfin lancez votre projet.

Pour ma part, je travaillais sur mon projet de Japon à pied depuis octobre 2011 et j’ai lancé mon crowdfunding en octobre 2014. Parce que mon projet était mûr et que je l’avais bien fait connaître autour de moi, notamment via mon blog et sa communauté.

– Choisissez la bonne plateforme: il existe des dizaines de plateformes de crowdfunding, et beaucoup commencent à se spécialiser. Prenez le temps de toutes les analyser, voir leurs cibles, leurs thématiques, leurs statistiques (nombre d’inscrits, dons collectés, …), mais aussi les moyens de paiements autorisés, les conditions d’utilisations et les frais de collecte.

En ce qui me concerne, après une longue analyse, je me suis tourné vers la plateforme Ulule, car je pensais qu’elle serait la plus adaptée et celle qui présentait le meilleur potentiel. Après coup, je regrette. Pourquoi? Parce que mon opération est allée de bug en bug et que beaucoup de choses n’ont pas été faites correctement par la plateforme (des lignes de codes qui apparaissaient un peu partout, des mises en forme ou du contenu qui disparaissait, une mauvaise communication de l’équipe, ..).

– Inspirez-vous de ce que font les autres: ne copiez pas, inspirez-vous. Allez voir ce qu’ont fait les autres, les projets à succès et ceux ayant connu un échec. Essayez d’analyser ce qui a marché et ce qui n’a pas fonctionné et vous verrez que ceci vous donnera beaucoup d’idées.

Avant de lancer mon projet, j’ai fait un tour sur d’autres opérations de la même catégorie pour voir ce qui se faisait. Et, c’est là que j’ai constaté que les dons les plus souvent effectués sont ceux d’un montant d’environ 25€. Ceci m’a donc incité à mettre une contrepartie pour un don de 25€.

– Soignez votre présentation: c’est la partie la plus importante et la plus difficile du projet. Sans une bonne présentation, claire et bien mise en place, vous allez perdre des donateurs potentiels. Dans le cadre des financements de projets autour de la thématique du voyage, il va vous falloir insister énormément sur le concept pour lequel vous voulez un financement et que vous fassiez comprendre aux donateurs potentiels qu’il ne s’agit pas d’un voyage à financer pour des vacances, mais d’un réel projet, unique en son genre. Une vidéo est aussi un excellent vecteur de communication.

Pour mon opération, j’ai essayé au maximum de mettre en avant qu’elle était destinée à financer le matériel supplémentaire nécessaire à la conception d’un « film », de vidéos et d’un guide de voyage. J’ai insisté sur le fait que le voyage en soi était déjà financé et qu’il aurait lieu, même si l’opération de financement participatif était un échec. Et j’avais aussi conçu une vidéo de présentation afin d’expliquer brièvement, mais clairement, le projet.

– Proposez des contreparties attractives et surtout personnelles: parfois, certaines contreparties peuvent prêter à sourire, mais pourtant, elles peuvent avoir plus d’impact que d’autres. Le voyage, c’est du rêve, et si quelqu’un vous aide financièrement à réaliser un projet de voyage unique en son genre c’est parce que vous le faite rêver. Alors, en contrepartie, donnez-lui du rêve palpable. Cela peut-être des cartes postales, des vidéos personnalisées, des photos du périple, des souvenirs du pays… Il faut que cela vende du rêve, et encore mieux, que cela soit personnalisé.

Pour mon opération, j’ai décidé d’offrir des cartes postales, en sachant que je vais traverser l’ensemble des 47 préfectures du Japon, mais aussi des exemplaires de mon futur guide de voyage, des photos prises pendant le périple, … Ce côté personnel plaît beaucoup, et la valeur pécuniaire n’est en rien comparable à la valeur « sentimentale » de la contrepartie.

– Pensez à l’ensemble des coûts: vous avez besoin de XX€ pour financer votre projet? Et bien, pensez à y ajouter les frais ponctionnés par la plateforme, mais aussi le coût des contreparties. La somme que vous allez demander lors de votre opération devra au moins être égale à ceci: somme désirée + frais de la plateforme + frais des contreparties. Mais attention aussi à d’autres facteurs importants. Le montant ne doit pas être trop élevé, afin de ne pas donner une image « abusive » de votre projet, mais il ne doit pas être trop bas afin de ne pas lui donner une image trop « cheap ».

En ce qui me concerne, j’avais tablé sur une somme de 5000€ + frais Ulule + coûts des contreparties. De suite, j’ai eu des réflexions du genre « ah mais c’est beaucoup trop ». Sauf que les personnes qui les ont émises ne se sont basées que sur le montant et non pas le projet en soi, à savoir une marche d’une durée de 2 ans, avec tous les frais de matériels pour filmer, prendre des photos de qualité, … Si je tablais sur moins, je risquais de renvoyer une image de projet « cheap ». Il fallait que je fasse attention à cela.

– Bien choisir ses dates pour son crowdfunding: une telle opération, si elle est menée au mauvais moment dans l’année, vous mènera droit à l’échec. Le premier conseil que je peux vous donner est de lancer l’opération en fin de mois et de la terminer en début de mois. En effet, les personnes perçoivent leurs salaires en début ou fin de mois, et une opération de financement participatif reçoit le plus de dons au début et à la fin. Donc pensez bien à ceci. Ensuite, évitez la fin d’année civile qui correspond à la période de fêtes de fins d’année mais aussi au paiement des impôts, et évitez la période des vacances d’été ou de rentrée scolaire, car les dépenses des ménages sont plus fortes. Enfin, dernier point et non des moindres, ne lancez pas votre opération trop tôt avant le projet.

Pour mon financement, j’ai opté pour un lancement à la fin du mois d’octobre et une fin au début du mois de décembre. Alors certes, c’est la période de fêtes de fin d’année et des impôts, mais mon projet devant commencer en janvier, c’était la période la plus propice.

– Pensez à sécuriser les premiers dons: avant même de lancer votre projet, faites un tour de table autour de vous pour voir qui serait prêt à faire des dons et ce dès le début de l’opération. Pourquoi? Parce que vous ne voulez pas voir votre compteur bloqué à 0€ et prendre le risque de voir des donateurs potentiels fuir.

J’avais demandé à des amis de faire les premier dons et cela m’a rapidement permis d’atteindre les 20% de la collecte et ainsi crédibiliser un peu plus l’opération.

– Faites un test beta: une fois le projet validé par la plateforme, ne vous lancez pas immédiatement dans sa promotion. Prenez le temps de demander leurs avis à des personnes vous entourant, pour vérifier s’il n’y a pas des petits détails à changer ou améliorer. Pour cela, pensez à ajouter quelques jours de plus sur votre projet pour réaliser la collecte générale.

Pour ma part, j’avais rajouté 7 jours de plus pour prendre le temps de faire un premier tour des personnes autour de moi et ceci m’a permis de changer des choses sur ma présentation, afin que le projet soit plus vendeur.

– Une campagne à mener au quotidien: une fois l’opération en ligne et validée, il va vous falloir communiquer autour de celle-ci. Et attention, c’est un gros travail au quotidien. Il ne suffit pas de lancer le crowdfunding et d’attendre son succès, ça ne fonctionne pas comme cela. Il va vous falloir lancer votre communauté, faire parler de votre projet, trouver des relais, répondre aux questions, …

Sur ce projet, je consacrais au moins 3 ou 4 heures par jour. Un véritable travail de titan mais sans lequel le succès n’aurait pas été au rendez-vous.

– Identifiez clairement vos 3 cercles de donateurs et quand les contacter: dans une telle opération, il va y avoir 3 cercles de donateurs. A vous de les identifier, et de trouver comment et quand les contacter. Les cercles seront les suivants:

  1. 1er cercle: familles et amis ;
  2. 2ème cercle: amis des amis ou connaissances (lecteurs de votre blog si vous en avez un) ;
  3. 3ème cercle: les personnes que vous ne connaissez pas.

Je vous recommande de vous consacrer sur le premier cercle au début, puis ensuite de lancer le projet à l’attention du second cercle avant d’essayer d’atteindre le 3ème cercle. Dans l’idéal, il faut que vous soyez à 50% des fonds collectés avant de vous attaquer au 3ème cercle.

– Identifiez les « influenceurs » et contactez les: ce sont eux qui vont vous permettre de toucher le 3ème cercle et ainsi vous permettre de compléter votre collecte. Ils peuvent être des personnes partageant les mêmes valeurs que votre voyage, des blogueurs influents, des personnes avec une forte présence sur les réseaux sociaux, … Il y aura les « influenceurs » que vous connaissez et ceux que vous ne connaissez pas, et il vous faudra adapter votre approche.

Me concernant, je connaissais plusieurs blogueurs voyages influents,  je leur ai donc demandé leur aide et la plupart ont accepté. Ensuite, j’ai ciblé des personnes influentes à un autre niveau et j’ai essayé une approche un peu « décalée ». Par exemple, sur Twitter, j’ai tweetté directement Antoine de Maximy en disant « Vous pensez qu’Antoine serait capable de faire une partie de Cap 10000 Japon à pied avec moi + URL du crowdfunding ». Le but n’était pas qu’il me relaye, parce que je n’y croyais pas trop, mais que ce tweet soit original, visible et qu’il donne aussi l’envie d’être partagé, ce qui a été le cas et qui a directement généré des dons. A vous de trouver comment contacter les personnes influentes que vous ne connaissez pas.

CAP 10000 Japon sur Ulule.fr

– Bien gérer les périodes fastes et les périodes creuses: ce sera au début et à la fin du crowdfunding que vous aurez le plus de dons. Ne perdez pas espoir si vous avez des petits creux avec moins d’entrées de dons. Et n’hésitez pas à redoubler d’efforts à ces moments.

Attention aux imprévus: quelque chose peut survenir à tout instant et impacter directement votre collecte. On n’y pense pas nécessairement, mais quand cela survient, on est dépité et on ne peut rien y faire. Alors essayez d’anticiper cela par tous les moyens.

Alors que j’étais en plein dans ma collecte, je me suis rompu le ligament croisé du genou et je me suis retrouvé dans une situation qui a perturbé mon opération de financement pendant environ 10 jours. Comme quoi, les choses de la vie quotidienne peuvent influencer directement ceci.

– Pensez à mettre la main à la poche: il y a des chances que vous soyez obligé de passer par là. Beaucoup d’opérations de crowdfunding deviennent un succès de la sorte, et c’est compréhensible.

Pour ma part, avant de lancer mon opération, je m’étais assuré d’avoir la capacité de mettre 1600€ de ma poche au cas où, seulement au cas où, ce qui faisait que je me devais d’atteindre 4000€ au moins (car je visais 5600€).

– N’écoutez pas les pessimistes: ils sont très nombreux et ne font que vous envoyez des ondes négatives, ignorez-les et continuez de faire ce en quoi vous croyez.

Et voici donc mes 17 conseils, basés sur mon expérience, afin de vous aider dans votre opération de crowdfunding destinée à financer un projet autour d’un voyage unique et hors norme.

Et vous, en avez-vous d’autres?

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L'auteur

Aala Kanzali

Je parcours le monde depuis novembre 2009, après avoir fini mes études en Master de Marketing et avoir exercé en tant que directeur de supermarché pour une grande enseigne nationale française. Le voyage a pris une part importante dans ma vie et le blogging a suivi peu après. Depuis février j’ai allié mes connaissances en Marketing / Business et mon goût du voyage pour lancer mon propre blog de voyage au Japon avec un certain succès.

 


3 Commentaires

  1. Bravo pour cet article et tous ces conseils pertinents ! Peut-être que la prochaine fois, on aura le plaisir de vous voir sur MyMajorCompany… En espérant que vous ne serez pas déçu 😉

  2. Merci pour ton article.
    Je t’avoue qu’en ce moment je suis en plein phase de doute. J’ai beaucoup de mal à définir mes contreparties car je trouve que je perd beaucoup en frais d’envoi.

  3. Bonjour,

    Vos conseils sont très pédagogiques et de bon sens. Merci d’avoir pris le temps de faire partager votre réflexion.
    Je prépare un projet de descente du Mékong de la frontière sino-laotienne jusqu’au Delta, en kayak, sur le thème de la pollution par les plastiques et sur celui des barrages qui réduisent le cours du fleuve. Je vais nécessairement devoir lever des fonds!
    Hubert

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