Best Of E-commerce — 05 décembre 2014 — Aucun commentaire
Sommes nous tous devenus des geeks ?

Presque un quart des français est aujourd’hui multi devices et dispose donc à la fois d’un PC, d’une tablette et d’un smartphone. On compte environ 30 millions de joueurs dans l’hexagone actuellement et un foyer sur deux possède une console sur laquelle il joue un minimum de 6 heures par semaine. (Voir ses caractéristiques spécifiques) On prévoit très prochainement en 2015, 5 milliards d’objets connectés dans le monde. Ils vont contribuer aussi bien à améliorer notre confort quotidien (applications en domotique), à nous rassurer sur notre condition physique (chaussures connectées ou raquettes qui enregistrent notre force de frappe ), à contrôler notre santé et à optimiser notre sécurité…

Un constat s’impose : oui, nous sommes (presque) tous devenus des geeks, des accros aux nouvelles technologies. Langage, valeurs, relations sociales, comportements d’achats et stratégies de marketing : quels changements vont naître de cette « 3 éme révolution industrielle » ?

Le langage « geek »

Un premier constat s’impose : n’en déplaise au dictionnaire et aux puristes, un nouveau langage a vu le jour ces dernières années, instaurant un profond clivage entre le monde geek et les autres. Il vient probablement de la généralisation de l’usage des réseaux sociaux et de la consommation numérique.

Le message se raccourcit, utilisant des abréviations puisées dans un vocabulaire international. En relation avec des contraintes de longueur (140 caractères par exemple pour Twitter) et de rapidité. Du coup on remercie avec « thx », s’excuse en  » dsl », ignore avec « osef » … On peut même en arriver à « Yo »…ou à une communication basée sur une symbolique universelle par émoticônes. (Emojli).

Tous les internautes savent ce qu’est un fake, (image ou vidéo truquée), ponctuent leurs messages de LOL, chattent des heures sur FB, pokent volontiers leurs amis. Ils jouent à des MMO, se rencontrent « IRL » ( in real life), montent leur XP, combattent en CAC…

Ils abusent de « selfies », envoient des DM ou des MP, plussent les articles qui leur ont plu, les RT ou les sharent (Les divers réseaux sociaux ont chacun leur spécificité de langage ).

Les geeks les plus investis cachent leur IP pour ne pas se faire traiter de spammeur quand ils inondent de leurs publications leurs différents réseaux afin de gagner des followers qu’ils inviteront à des Hang out ou des Twitter chat. Ils overcloakent leur PC et les rebootent après avoir installé de nouveaux freewares…

Étant donné que de nouveaux langages de programmation (Ruby, Scala, Haskell, Go ….) de robotique (Arduino, Gazebo….) et de nouvelles technologies apparaissent avec l’ évolution numérique, on comprend mieux cette naissance d’habitudes lexicales propres à chaque catégorie d’utilisateurs.

La « culture « geek

Accès à l’information

Le second changement majeur concerne l’accès et la recherche d’informations : on veut de l’immédiat, du rapide… qu’on peut aussi oublier vite puisqu’il sera facile de le retrouver (La mémorisation devient un exercice obsolète).

Un problème, une question ? Qu’à cela ne tienne, « Google est ton ami »! et va offrir la diversité de ses canaux pour répondre de façon de plus en plus intelligente et précise aux interrogations.

  • Le web regorge de tutoriels, quelle que soit la thématique : de la meilleure façon de se couper la frange à l’installation de sa nouvelle carte mère.
  • L’info est collaborative, on la collecte en crowdsourcing et en continu comme Wikipédia, la référence en matière de renseignements internet, réactualisés en permanence.
  • Une question technique ? Un bug d’ordinateur incompréhensible? Ce drame est forcément déjà arrivé à quelqu’un d’autre, donc…On va lancer sa requête sur un forum et le problème sera réglé : il va permettre de toute façon d’engager une discussion avec les divers membres de la communauté et d’en renforcer ainsi la cohésion.

Relations sociales et activités

Les relations sociales sociales ont aussi changé de visage : elles sont virtuelles et rapides : on a des amours, des amis, des prospects, clients, collègues FB, Google ou Twitter qui vivent aussi bien à côté de chez soi qu’à l’autre bout de la planète. Le temps et l’espace ont disparu, on traite facilement avec son provider aux US, avec son SEO à Hongkong ou avec son chef de projet à Paris. On connaît aussi bien la Thaïlande ou les Caraïbes que si on y était déjà allé…

amourvirtuel

Agréable et frustrant à la fois : l’aventure elle aussi évolue. En témoigne la dernière route du Rhum et ses systèmes de surveillance et de pilotage à distance…Le danger est moindre d’avoir un accident et la super technologie mise en place transforme les bateaux en monstres de rapidité…Avec toutes les contraintes que cela suppose pour les marins à bord.

Enfin le monde du travail est lui aussi transformé par l’univers numérique : plus besoin de manager sur place, on peut animer une communauté de chez soi. Le télétravail prend de plus en plus d’ampleur avec tout ce qu’il entraîne comme gain de temps et de suppression de stress. Le co-working devient lui aussi un mode largement plébiscité. Destiné à minimiser les frais de location d’espace professionnel, il est rendu possible par la simplicité de l’équipement indispensable : un lap top. Un nouveau concept destiné à augmenter la liberté de choix : travailler seul ou à plusieurs…

coworking

Nouveaux comportements, nouvelles stratégies

Une évolution des conduites

Enfin, les exigences d’ubiquité, d’immédiateté et surtout d’innovation transforment les relations aux objets et imposent de nouvelles stratégies de marché. (Ou de comportements personnels)

On est addict à ses devices, à ses applications facilement téléchargeables et surtout high tech : Product Hunt, site web participatif, a bien cerné ces attentes de nouveautés du public en mettant en place un système de curation très diversifié de start ups innovantes. Tous les jours, il est possible d’inscrire un nouveau produit qui sera évalué par les internautes. La déjà nommée application Yo y a fait ses premiers pas, par exemple. On peut aussi trouver cette application qui s’adresse à ceux qui n’ont pas le temps pour des découvertes musicales.

Un autre point est aussi à considérer : la rentabilité. Le numérique et la multiplication des objets, renouvelés dés qu’ils sont vus comme obsolètes, transforment l’être humain en une entreprise qui sait tirer profit de son entourage au quotidien.

Marketing et prédominance du réseau

En parallèle à cette invasion d’objets dans notre vie de tous les jours, on note de nouvelles orientations marketing influençant le comportements du consommateur (sorte de prise de conscience?) : invitation à recycler son portable désuet ou ses objets quotidiens pour leur donner un second souffle (Et donc encore pour rentabiliser au maximum).

Le secteur le plus touché dans sa structure par le numérique et internet reste dans tous les cas le domaine culturel, à savoir la musique, le cinéma, la lecture. Les modes de consommation sont totalement différents de ceux d’il y a à peine 5 ans : posséder un objet de « culture »n’a plus aucun sens, même le fait de télécharger films ou albums devient obsolète. Les industries comme Amazon, le nouveau venu américain Netflix aux US, Beats racheté par Apple donnent désormais la possibilité à tous de consommer en streaming, en illimité et à toute heure une énorme quantité de films, de musique ou de livres. L’abonnement devient la consommation de demain.

La révolution geek c’est peut-être ça. Un réseau de données qui permet un accès libre et continu à un flux permanent d’informations mais qui creuse aussi les disparités interpersonnelles du fait de la spécificité et de la technicité du langage.

Les objets connectés ont facilement été intégrés et acceptés par les utilisateurs. destinés à faciliter le quotidien, ils empiètent pourtant sur notre liberté comme l’ Ibag un sac qui refuse de s’ouvrir quand votre compte bancaire est en rouge ou Pavlok qui fonctionne comme un collier anti aboiements : une décharge pour vous punir si vous ne faites pas ce que vous aviez programmé…

Un fonctionnement qui reste obscur pour beaucoup de consommateurs de technologies met en péril la définition même du mot « objet »: un objet est quelque chose que nous maîtrisons et que nous dominons…et pas auquel nous nous soumettons.

Articles similaires

Articles Recommandés



L'auteur

Marie-George Clouet

Rédactrice web depuis 2009, j'ai fondé l'agence Graphemeride, dans le but de soutenir nos clients dans leur démarche éditoriale et rédactionnelle. Un peu de référencement et quelques services de traduction complètent nos activités.

 


0 Commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *