Best Of Référencement naturel — 28 octobre 2014 — 5 commentaires
Google en route vers la neuro-révolution ?

Google n’est plus juste un outil internet ! Pour le grand public, Google fournit uniquement des outils et la technologie pour naviguer sur internet. Un géant sur le net certes, mais juste un moteur de recherche. Pour les personnes qui utilisent internet tous les jours professionnellement, Google est aussi pourvu d’une multitude d’outils tels que Gmail, Analytics, Drive, Adwords… Tout le monde utilise Google, quelquefois sans vraiment y faire attention. Mais si l’on étudie de plus près cette société, on s’aperçoit que sa stratégie pour le futur va franchir des étapes qu’aujourd’hui encore nous avons du mal à comprendre et à accepter…

Quel rapport entre Google et les neuro-sciences me diriez-vous ? Un énorme. Oui, nous cherchons toujours à comprendre le fonctionnement du cerveau et via un certain nombre de programmes, notamment aux Etats-Unis, comment sont organisés les synapses qui connectent nos neurones. On estime que cette compréhension nécessite une puissance énorme, que l’on atteindra vers 2020-2030 selon INTEL. Mais Google a pris de l’avance…

Le siècle de la neuro-révolution 

Nous sommes au 21e siècle, le siècle du neuro-business et Google en est le leader mondial. Oui, ce n’est plus l’informatique mais la cognitique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Cognitique), la science du cerveau, qui va primer. Le défi est de savoir lire le cerveau et le comprendre : aider à stocker et à orienter notamment mais pas seulement. Nous sommes au début de l’intelligence artificielle. Les dirigeants de google souhaitent transférer notre cerveau sur des machines, c’est ce que l’on appelle le transhumanisme (http://fr.wikipedia.org/wiki/Transhumanisme).

Nous allons être obligés de nous intéresser à la neurologie et à l’intelligence du cerveau. Nous allons devoir migrer vers du neuro-hacking (http://en.wikipedia.org/wiki/Neurohacking).

Un choc technologique est en cours, la loi de Moore (http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Moore) n’en étant qu’un premier pas vers le futur. Les NBIC sont contrôlées par google. Il est rentré dans les nano-technologies avec Calico, la « California Life Compagny » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Calico). Le Data maning et le big data sont les métiers du futur. L’automatisation des métiers intellectuels (ex : un algorithme choisit mieux un candidat à l’embauche qu’un DRH) va être redoutable et risque de faire disparaître de nombreux métiers. La machine fera mieux que l’homme pour moins cher.

Qu’est ce qui va changer exactement ? Comment Google va vers la neuro-révolution ?

Ce n’est que le début pour Google, 8 étapes sont en cours :

1. L’orientation :
Tout le monde connaît cette première étape. Google nous fournit les outils nécessaires pour nous orienter, aussi bien dans le monde réel que sur le web (au travers de google search, google map, google earth). La société a racheté des satellites et c’est la prochaine étape pour avoir une vue « Live » de la Terre, au lieu de juste consulter une map prise en photo il y a deux ans.

2. La mémoire :
Nous stockons des informations, aussi bien dans Google Drive, que dans Gmail, que dans Picasa. Nous avons une « mémoire de substitution » en ligne et ce n’est qu’un début. Toutes ces informations stockées serviront plus tard, pour construire notre mémoire virtuelle.

3. La réalité augmentée :
Elle est déjà là également, grâce aux « Google Glass ». On touche ici directement le cerveau, car les informations sont envoyées directement sur la rétine, or les cellules rétiniennes sont des neurones. Leur arrivée en France est imminente.

Il y a également en cours de préparation, les « lentilles pour les diabétiques ». En effet, cet été 2014, le groupe pharmaceutique Novartis et Google se sont associés pour développer des lentilles de contact « intelligentes » capables de mesurer la glycémie des personnes diabétiques. Nous en sommes au prototype mais elles arrivent, c’est pour bientôt.

4. L’intelligence artificielle :
Il y a une croyance partagée par tous les dirigeants : le transhumanisme. Cela pose des problèmes, éthique notamment, et il faudra une réflexion approfondie sur le sujet. Google a créé un comité spécial pour réfléchir à son éthique sur l’IA. Doivent-ils rester seuls à se poser les questions ou les gouvernements des pays du monde doivent aussi pouvoir se prononcer sur ce sujet ? Faut-il donner des droits civiques à une IA ? Doit-on la réanimer ? L’écouter ? Etre emphatique ? La considérer comme notre égal ? Préserver notre humanité ? Il y a énormément de bio problématiques majeures qui devront être abordées sous l’angle politique par les pays de la planète.

5. La robotique :
Google a racheté les 8 plus puissantes sociétés de robotique en 1 mois « en cachette » en 2013 (sous les yeux de tous, sans que cela n’alerte personne).
– le 2 décembre 2013 Schaft.inc Robot humanoïde, JPN Google X
– le 3 décembre 2013 Industrial Perception, Robot, USA Google X
– le 4 décembre 2013 Redwood Robotics, Robot USA Google X
– le 5 décembre 2013 Meka Robotics, Robot USA Google X
– le 6 décembre 2013 Holomni ,Robot USA Google X
– le 7 décembre 2013 Bot & Dolly, Robot  USA Google X
– le 8 décembre 2013 Autofuss, Robot USA Google X
– le 13 décembre 2013 Boston Dynamics, Robotique USA Google X

Google a remporté toutes les premières places dans les concours de robots aussi bien Android, qu’humanoid. Il faut savoir qu’une bonne partie de leurs robots actuels sont vendus à l’US Army, c’est donc très souvent des robots militaires (soldats robotisés). Sans oublier « La Google Car », un robot qui s’améliore constamment et qui est capable de reconnaître et d’analyser beaucoup d’information sur la route. La liste est longue et elle n’a pas fini de bouger, Google a racheté DeepMind début 2014 (une entreprise d’intelligence artificielle).

6. La biotechnologie  :
Il s’agit ici de pouvoir renforcer, réparer le corps et le cerveau pour donner naissance à un cerveau 2.0. La sélection des embryons , la neurogénétique, les neuroprothèses, tout ce qui a un lien avec une amélioration physique et/ou génétique de l’individu. Il faut savoir quand même que la société « 23andme » (filiale de google, http://en.wikipedia.org/wiki/23andMe) a obtenu le monopole de la sélection des embryons sur la génétique (l’idée est de faire des bébés plus beaux et plus intelligents).

En matière de prothèse, on parle aussi d’implants intracérébraux : fusion entre intelligence biologique et artificielle. Vers un google qui nous connaît mieux que notre conjoint ? La pensée hybride, à partir de 2035 ? Des implants intracérébraux pour se connecter plus rapidement ? Il y a déjà eu des tests de fabrication de bout de cerveau via des cellules souches, qui ont fonctionné.

7. Faire reculer la mort :
Google veut assurer une durée de vie plus longue au cerveau et donc augmenter l’espérance de vie dès le 21e siècle, donc dans notre siècle, de 20 ans d’ici 2035.

Un combat contre la mort est engagé. Si le cerveau est toujours ok, il lui faudra aussi un véhicule permettant sa survie. Google souhaite augmenter rapidement notre espérance de vie, résoudre le problème de la mort : de quoi bouleverser l’humanité toute entière. Google a créé Calico dont nous venons de parler et c’est bien pour faire reculer la mort. Préférerons-nous vivre 90 ans en restant des humains 1.0 ou souhaiterons-nous nous transformer pour vivre 200 ans ?

8. Assurer une conscience éternelle :
On arrive à l’objectif principal de tout transhumaniste :
– assurer l’immortalité de l’âme en la transférant sur des circuits intégrés.
– assurer un Back-Up du cerveau en cas de problème (toujours conscient après un accident)

Quelles problématiques nous attendent ?

Le projet de google dépasse donc de beaucoup ce que montre aujourd’hui la partie visible de l’iceberg. Deux camps s’affronteront dans les prochaines années : les Bio-conservateurs et les Transhumanistes ?

Qui va refuser de vivre plus longtemps et/ou d’augmenter les capacités de son cerveau ? Combien cela va coûter ? Tout le monde aura-t-il les mêmes « chances » d’accéder à cette technologie ?

Des questions politiques et éthiques vont se poser, non sans conflits idéologiques et philosophiques. Quelles limites fixerons nous ? La guerre mondiale de « l’intelligence  » en cours, ce qui présage de la neuro-sélection et de la neuro-dictature. Il faudra assurer la démocratie neurologique qui deviendra le premier droit de l’homme : le libre arbitre, la sécurité de notre cerveau. Un danger pour l’humanité en voulant bien faire ?

Nous avons pris du retard sur les données de notre ADN (prédisposition à des maladies, mieux adapter les traitements). Plus tard, en cas d’anomalies, on modifiera des fragments de notre ADN. Que ferons-nous de ce pouvoir sur notre destin biologique ?

Les autres géants ne restent pas inactifs, notamment  :

Facebook et l’Occulus Rift a franchi également un pas vers cette dimension.
– Apple est lui aussi entré dans le domaine de la santé, où il nourrit de grandes ambitions.

Cet article a été écrit en regroupant les informations connues, en consultant les déclarations des dirigeants de Google et également grâce au chirurgien français Laurent Alexandre (diplômé en médecine, l’ENA et HEC, fondateur de Doctissimo).

Voici quelques vidéos pour en apprendre plus sur le sujet  :
https://www.youtube.com/watch?v=O0XVfOIyd2U
https://www.youtube.com/watch?v=MGfhQTbcqmA
https://www.youtube.com/watch?v=sf6Q0G1iHBI
https://www.youtube.com/watch?v=tw1lEOUWmN8

Et vous comment voyez-vous le futur ? Pensez-vous que Google va devenir encore plus puissant ? Que pensez-vous de la neuro science, du transhumanisme ?

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L'auteur

Morgane Février

Entrepreneure, consultante, coach et passionnée des nouvelles technologies depuis toujours, elle a travaillé quelques années pour un éditeur de contenus mobile, web et applications avec des clients médias tels que TF1, M6, Lagardère avant de se lancer en consultante sur le webmarketing (inbound marketing, digital marketing, marketing mobile…). Tombée dans l’univers du mobile depuis 12 ans, elle n’est pas en reste sur l’expérience des métiers du web avec des créations de sites déjà un peu avant les années 2000. Expérimentée SEO, SEA, SMO ainsi que sur les stratégies et la direction de projets. Ultra créative, elle monte sa première société Weeshiz en 2012, elle créé une méthode MOB (Busimob) dédiée aux entrepreneurs en début 2013 et sa deuxième société Mars Games fin 2013.

 


5 Commentaires

  1. De simples raisons de marketing amènent tous les acteurs concernés à faire passer leur innovation pour une rupture (puisqu’il n’y a que celles-ci qui intéressent les financeurs)… donc… elles le «deviennent» toutes.
    Et pendant ce temps là, Windows 10 offre… le retour du menu «Démarrer»… 30 ans après sa première version!
    Je m’intéresse à la prévision et j’en suis actuellement à réfléchir à toutes ces révolutions qui… «ne vont pas se faire»
    … parce que la seule certitude que l’on ait pour l’avenir c’est qu’elles ne se feront «pas toutes»… ou pour le moins, pas toutes de la façon dont on peut l’imaginer. Beaucoup de choses vont concourir à ce résultat, parmi elles:
    • Il y a le bluff pur et simple, que la recherche de financement tend à généraliser (exemple: la NSA sait tout de nous… mais demande à Google de lui fournir ses données… qu’elle devrait pourtant savoir obtenir toute seule).
    • Il y a le principe «d’incomplétude» et «l’effet domino» qui fait, de l’imparfait dans la mise en place d’une innovation, un point d’appui pour des forces d’un autre ordre, qui peuvent totalement l’annihiler (exemple: feu le Concorde et les vols commerciaux supersoniques… qui devraient être effectifs depuis 40ans)
    Je suis d’ailleurs en train de préparer une série de billets concernant des innovations qui «auraient déjà du se faire» avec l’idée de découvrir s’il y a des raisons générales, des façons de détecter, celles qui vont prendre un autre chemin.
    C’est «délicieusement compliqué» et l’époque est particulièrement intéressante pour ce type de recherche. Votre billet propose, à cet égard, un excellent tour d’horizon.

    • C’est vrai Gv, il y a tout l’univers des possibles autour de ce que la science et la connaissance technologique portent à notre horizon… En opposition avec les volontés de ceux qui peuvent, il doit s’ajouter les souhaits de ceux qui savent. En résultera toujours un monde que l’on mérite, qui que nous soyons et quoi qu’on en pense…

  2. Merci pour votre article très clair et documenté. Vous m’avez fait penser à la déclaration de E. Musk (« l’être humain est-il voué à devenir un… bios ») et aux travaux du neurologue Laurent Cohen. Au plaisir de vous lire prochainement ! 🙂

  3. Transhumanisme, immortalité… tout de suite les grands mots (il vous manque « singularité »). Je suis à la fois enthousiaste et perplexe.
    D’un autre côté Science & Vie titre ce mois-ci « les robots sont maintenant plus intelligents que l’humain » avec pour exemple Watson, l’IA qui a gagné un jeu TV contre des humains et qui exerce aujourd’hui avec brio à la fois dans la cancérologie et dans la finance.
    Wait & see mais comme d’hab la vigilance ne devra pas se porter sur les outils mais sur ceux qui les utilisent.

  4. Merci pour cet article !
    Un peu effrayant mais intéressant….

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