Best Of E-commerce E-réputation — 27 octobre 2014 — 22 commentaires
Le digital et la rentabilité de nos vies

En ce mois d’Octobre, je souhaitais vous partager ma réflexion. Elle débuta grâce à une scène étonnante que j’ai vécu il y a quelques jours. Tranquillement installé dans mon canapé, j’écoute du coin de l’oreille une conversation familiale sur BlaBlaCar, véritable locomotive Française de l’économie collaborative … Puis une phrase m’a fait jaillir: « Tant qu’à faire un trajet, autant le rentabiliser » ! Directement je me suis dis « Pourquoi ? Avant nous ne cherchions pourtant pas à rentabiliser nos trajets du quotidien … ». Et puis j’ai cherché un peu plus loin, pourquoi est-ce que désormais, lorsque un vêtement ne nous plaît plus, nous le vendons directement sur internet ? Pourquoi étudions-nous désormais quotidiennement nos comptes en banque alors que, par le passé, un simple relevé mensuel suffisait ? Pourquoi devons-nous avoir notre CV sur internet, un profil Linkedin, un compte Twitter, un compte Viadéo, un profil Facebook totalement « clean », etc … ?

Et là je repense immédiatement à un précédent article que j’ai écris « Digital: 4 conséquences sur nos vies« . Et je m’en veux de ne même pas avoir pensé à notre rapport à l’argent, et surtout à notre rapport à l’économie dans la vie réelle ! Alors vite, je prends mon MacBook et je commence à tapoter ce qui sera mon prochain article … Je découvre alors une économie du partage extrêmement vaste, dans laquelle BlaBlaCar n’est que l’arbre qui cache la forêt. Je m’aperçois que dans une société dite de plus en plus solitaire, nous n’avons jamais autant échangé, troqué entre particuliers depuis des dizaines d’années. Et que notre rapport à l’argent n’a pas fini d’évoluer … Maintenant, il est temps de vous faire part de mon analyse sur ce paradoxe 🙂

Le digital, c’est le partage dans tous les sens du terme

Digital: Rentabilité de nos vies

Tout d’abord, n’oublions pas l’essence même du digital, et plus précisément de l’Internet: Il s’agissait de s’échanger des informations, donc à la base le but était déjà de partager quelque chose avec quelqu’un. Et une vingtaine d’années après l’apparition du World Wide Web, on peut partager nos vies sur Facebook, les articles que l’on a lu sur Twitter, des événements marquants que l’on a vu sur YouTube, la musique que l’on a créé sur SoundCloud, et je passe toutes les plate-formes communautaires qui existent, pour tout âge, toutes religions, tout sexe, toutes situations géographiques, …

Mais le tournant, depuis l’apparition de la « crise » économique, est de partager des biens matériels, au sens propre du terme, mais surtout de monétiser son partage, de donner de la valeur à nos biens !

Partager sa voiture sur Drivy, son camping-car sur Direct Camping-Car, son bateau sur SailSharing, son trajet sur BlaBlaCar, son appartement ou sa maison sur AirBnB, son voyage sur TripNCo, son terrain pour accueillir des campeurs sur Owlcamp, ses lunettes chez La Fabrique de Lunettes, son bureau sur Partages de bureaux … (attendez, je reprends mon souffle, la liste n’est pas finie) … sa commande chez le producteur sur La Ruche qui dit oui, les produits qui ont poussé dans votre jardin sur Plantez Chez Nous, son repas sur Super Marmite … Imaginez que l’on peut même louer sa machine à laver sur La Machine du voisin, ses livres sur Book Crossing, ou même son matériel de bricolage sur Bricolib. Je ne vous parle même pas du prêt de vêtements et de sacs à mains de luxe qui est en train d’exploser aux Etats-Unis, et qui va donc probablement exploser en France également. Et l’apologie du partage est probablement atteinte sur Pretoo où l’on peut trouver un épisode de Tintin, un livre de maths de 5ème, ou encore une ponceuse.

Bon, je vais peut-être vous paraître assez rapide dans mes conclusions, mais je ne doute pas une seule seconde que ces sites de partage fonctionnent uniquement sur un intérêt économique pour les utilisateurs. D’ailleurs en m’amusant à quelques recherches sur Google, les seuls chiffres réels qui apparaissent sont ceux de BlaBlaCar. Cette étude est intéressante dans le sens où elle confirme rapidement l’hypothèse de l’appât du gain: « 81 % des utilisateurs expliquent être content de partager », ok très bien, regardons juste une ligne au-dessus, « Les conducteurs avec deux passagers réduisent leurs frais d’essence de 66 %, avec trois passagers ils voyagent gratuitement ». Entre le fait pour le partageur de voyager gratuitement, et pour le voyageur de voyager moins cher qu’en train, la motivation économique est incontestable … Et d’ailleurs confirmée par la dernière pub de BlaBlaCar. Mon idée là n’est absolument pas de juger ses utilisateurs (j’en fais moi-même parti), mais d’essayer de comprendre les conséquences de ces tendances.

https://www.youtube.com/watch?v=V15TQuGBnaI

Le digital réduit la distance entre l’utilisateur et son porte-monnaie

Digital: Rentabilité de nos vies

Bon tout ça c’est bien beau, mais ça n’explique rien vous me direz ! Mais le constat que j’en tire, c’est que nous souhaitons rentabiliser financièrement une activité qui, auparavant, ne nous serait même pas venu à l’esprit de valoriser.

Au-delà du partage de nos activités quotidiennes, le digital nous permet également de vendre des objets voire des services sur des sites comme Le Bon Coin, Vide-Dressing, La Centrale, Paru-Vendu, et tous les autres sites C-to-C, ou même sur des groupes Facebook. L’idée est simple, ces biens ne me plaisent plus, je les vends pour en acheter de nouveaux. Une fois encore, même si la notion de profit est beaucoup moins présente (étant donné que l’on fait rarement du profit sur des ventes d’occasion), l’idée est de perdre un minimum d’argent lors de l’investissement dans de nouveaux biens. Et une nouvelle fois, on valorise nos biens par rapport à un marché sur lequel on se positionne … (ça me fait déjà un peu penser à une Entreprise tout cela)

Ce qui est intéressant, c’est de se rendre compte au final que la distance entre l’homme et son porte-monnaie diminue, et fait de la gestion bancaire une activité quasi-quotidienne pour certains ménages. Prenons un exemple simple: Auparavant, nous attendions la fin du mois pour recevoir notre relevé bancaire afin d’étudier nos dépenses, nos revenus, etc … Ou sinon, il fallait se rendre à sa banque. Désormais, l’argent est toujours physiquement à la banque, mais virtuellement il est dans notre poche avec les applications mobiles des banques, qui arrivent même à catégoriser nos achats, et bientôt même à notre poignet avec les montres connectées (voir ci-dessous), voire devant nos yeux avec les futures Google Glass.

En fait, désormais, on peut prendre des décisions extrêmement rapidement en fonction de sa situation financière. Investir dans tel ou tel bien, partager son véhicule car la fin de mois est compliquée, vendre tel objet pour pouvoir s’offrir un autre objet. Tout cela est devenu extrêmement simple, sans aucune calculette. On peut dans la même journée partager sa voiture, acheter un iPad, revendre son iPhone et utiliser la machine à laver du voisin, et tout cela en voyant en quasi-direct où en sont nos comptes. Notre rapport à l’argent, comme notre rapport à beaucoup d’autres choses, est passé dans l’instantanéité.

Et la future arrivée des Google Glass, et le développement de la NFC n’arrêtera pas ce rapprochement et cette rapidité. Pour dire, on pourra bientôt payer son pain avec un tweet.

Le digital ne nous transformerait-il pas en véritable entreprise individuelle ?

Digital: Rentabilité de nos vies

Et c’est là à mon goût la réelle interrogation, pourquoi cherchons-nous à rentabiliser nos vies, à en étudier l’aspect financier, jusque dans les moindres détails ?  Et au final, si je me pose deux minutes, j’en tire une conclusion étonnante, et un peu effrayante pour tout vous dire (mais ce n’est que mon avis):

Actuellement, durant cette fameuse « crise », le digital nous pousse à développer notre « personal branding », à se considérer comme un véritable « produit » sur le « marché » de l’emploi ou autre,  à développer nos propres produits ou services grâce à ces sites de partage, ou de vente en C-to-C, à avoir notre propre comptabilité à jour grâce à l’extrême mobilité des services bancaires. Tous ces éléments ne vous rappellent rien ? Avoir un signe distinctif, un discours cohérent (dans notre personal branding), avoir un positionnement sur un marché, à développer des produits, générer du profit … Ce ne seraient pas les caractéristiques précises d’une entreprise par hasard ?!

Un exemple frappant, et vraiment représentatif, est celui de certaines blogueuses mode. Elles ont pour la plupart une identité visuelle, un site internet avec une page « A propos » qui traitent d’elles, elles s’affichent en ligne avec des vêtements mettant en valeur leur propre personne, et les vendent ensuite dans leur e-shop (la tendance se développant de plus en plus avec le développement et l’accessibilité des technologies e-commerce …). Dans ce cas précis, une nouvelle fois, nous avons une personnalité physique qui a un signe différenciant (son logo), et qui vend des produits (ses vêtements, qui sont parfois offerts par les marques, ou même du native advertising), dans le but de faire du profit pour ré-investir derrière.

Et n’oublions quand même pas que, de nos jours, le digital nous permet de devenir entrepreneur en quelques clics, de créer un dossier de SARL assez simplement, bref si la distance entre utilisateur et porte-monnaie diminue, la distance entre l’utilisateur et l’entreprise est devenue réellement infime.

Alors pour conclure, tous ces constats me poussent à dire que nous devenons réellement de petites entreprises individuelles, qu’on le veuille ou non, grâce ou à cause du digital. Nous avons tous une image de marque, nous avons tous un positionnement sur un marché, et nous avons tous, ou quasi-tous, des produits ou des services à vendre à quelqu’un sur Internet, et la comptabilité qui va avec.

Et cet état de fait a été généré par le digital qui, par le développement des technologies e-commerce et des plate-forme communautaires, nous a poussé à nous construire un discours de marque (sur nos réseaux sociaux professionnels), à vendre des produits (sur les sites de partage ou sur les sites C-to-C).

Je souhaitais finir en ouvrant le débat, en VOUS posant une question: Si ces tendances d’économies entre particuliers ou de personal-branding persistent, aurons-nous un jour des personnalités physiques qui viendront clairement jouer les troubles-fêtes sur un marché économique ? On peut déjà voir l’effervescence du site AirBnB gênant énormément les hôteliers, pensez-vous tout simplement que cela peut encore s’accentuer jusqu’à ce que AirBnB devienne majoritaire sur le nombre de nuitées et que la personnalité physique prenne le pas sur la personnalité morale ?

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L'auteur

Nicolas BERMOND

La marque est l'actif immatériel le plus important d'une Entreprise ! Voilà la philosophie qui m'anime au quotidien dans mon travail et mes projets. Ex Agence BABEL, BDDP Unlimited et McCANN France

 


22 Commentaires

  1. Très bon article sur sa pertinence et sa réflexion que peu de personnes arrivent à mener.
    Bravo.

    • Bonjour Franck,

      Merci beaucoup pour votre commentaire qui me fait très plaisir !

      Excellente journée à vous

  2. Très bon article.
    En effet, il y a de plus en plus de personnes qui utilisent le personal branding pour avoir une visibilité et faire passer leur message qu’il soit a des fins économiques ou non.
    En revanche, je pense qu’il est important de mettre une nuance entre les profils proactifs (influenceurs/loueurs/vendeurs/organisateurs/…) qui eux utilisent le personal branding et les profils passifs qui eux sont poussées par la rationalité économique qui est issue de l’aspect participatif de cette économie.
    Ensuite, il ne faut pas oublier que cette économie est toute nouvelle et qu’on pourrait le comparer à une étape de pré-industrialisation. Ceux qui orchestreront l’explosion de ces modèles seront les plateformes plus que les personnes actives. A votre si c’est dans leur intérêt d’aller dans ce sens…

    • Bonjour !

      Merci beaucoup pour votre commentaire. Effectivement, je parle ici de tendance, et non de modèle s’étant imposé !

      Par contre, je pense que les plate-formes sont là, elles existent déjà, et sont profitables donc elles ont tout intérêt à poursuivre. Au contraire, je pense que, au quotidien, nous sommes de plus en plus nombreux à nous rendre sur BlaBlaCar par exemple, à en comprendre l’intérêt et à l’utiliser …
      Si la « crise » continue à nous manger l’esprit, ce type de consommation pourrait, je pense, prendre l’ascendant sur un type de consommation plus « traditionnel ». AirBNB le montre en devenant un vrai concurrent des hôteliers …

      Merci encore !

  3. Votre article est excellent et je pense que dans cette nouvelle société du partage, au delà de l aspect économique, toutes ces questions peuvent aussi être mises en parallèle avec la montée en puissance des sensibilités environnementales, de la réduction de notre impact, des logiques de recyclage et des limites de la surconsommation… L écologie semble être aujourd’hui un enjeu non négligeable pour le web, enfin, j ose l espérer 🙂

    • Bonjour Klarys !

      Merci pour votre commentaire qui est intéressant, j’avais pensé à la relation entre économie collaborative et écologie, mais pour être très franc, je n’y crois pas une seule seconde 🙂

      Je ne pense pas que l’on partage par conscience environnementale, mais uniquement par intérêt financier malheureusement. L’aspect environnemental est un faux alibi de partage selon moi …

      Merci encore 🙂

  4. A toujours focaliser sur l’argent, on en oublie souvent qu’il ne s’agit que d’une récompense secondaire (non vitale). Il faut rappeler que contrairement à ce qu’affirment avec la plus grande vigueur les publicités, posséder des objets ne donne pas accès au bonheur 😉

    • Bonjour Super,

      Merci pour votre commentaire ! Ca c’est probable, même si de nos jours il vaut probablement avoir de l’argent que pas du tout … Mais évidemment, la course à la consommation n’est pas vraiment la solution pour accèder au bonheur à priori !

      Merci encore

  5. Le personnal branding peut se réveler lucratif mais c’est aussi la porte ouverte a une certaine schizophrénie : Le maintien permanent d’une image lisse et désirable, gommée de toute aspérité pour en recueillir en contre partie un maximum de profit. Même la campagne des légumes moches est belle 🙂 http://lareclame.fr/101419-legumes-moches-intermarche

    • Bonjour Naïa,

      Oui une schizophrénie mais totalement consciente heureusement ! Mais, au final, avant le digital, est-ce que nous nous amusions à diffuser sur la voie publique nos mauvais moments ? J’en doute … Donc peu de choses ont changé à ce niveau là je pense …

      Merci encore 🙂

  6. Merci pour cet article…Pour répondre à la dernière question, certains acteurs/moyens physiques existent depuis des lustres et ils sont plutôt complémentaires à ces acteurs digitaux et non des troubles fêtes…Agences immobilières, vide-grenier/brocantes. Agences matrimoniales (ça existe encore ? ;)) etc.

    • Bonjour Delphine,

      Merci pour votre commentaire. Effectivement, ils existent depuis longtemps mais subissent de plein fouet la concurrence de ces nouveaux acteurs de l’économie collaborative.
      La question c’est est-ce que ces nouveaux acteurs peuvent prendre l’ascendant sur les anciens ? Est-ce que les particuliers peuvent se passer d’intermédiaires ? L’hôtellerie par exemple craint de plus en plus AirBNB …

      Merci encore

  7. La crise ? Le monde a toujours été en crise d’une manière ou d’une autre. Cependant l’un de mes anciens patrons m’a dit une fois, que c’est en période de crise que l’on peut faire du business, gagner beaucoup d’argent.

    Notre société évolue depuis plusieurs années afin de nous pousser à consommer de plus en plus et cela dans l’unique but de nous rendre « accro » à notre rapport avec l’argent.

    Le digital est venu renforcer notre manière de consommer, à comment gagner de l’argent et à réaliser des économies.

    Même si demain, « la crise » s’arrêterai, je ne pense pas qu’on puisse revenir à nos anciennes habitudes de consommation.

    Tu as raison Nicolas, quand tu dis que cela ressemble à des entreprises individuelles et si c’est plates-formes nous permettre de gagner en partage, en intérêt et en argent pour moi il est évident que ces model ou ces nouvelles modes de consommations continueront à évoluer.

    Une autre question peut se poser suite à ta réflexion.

    Avoir un emploi est-il la seule possibilité de se faire de l’argent ?

    • Cédric,

      Oui je suis totalement d’accord avec toi, d’où l’utilisation de guillemets autour du mot « crise » !

      Effectivement la question que tu poses est intéressante, j’imagine que non, on cherche de plus en plus des solutions complémentaires … Alors qu’en soit les salaires n’ont pas baissé pour les personnes ayant un emploi.

      Merci encore

  8. Très intéressant !
    Le cas AirBnB illustre bien ce que le digital offre comme possibilité de partage. Mais ne pas oublier, que c’est quand même AirBnB, en tant que personne morale, qui a une notoriété suffisante pour que le système marche et soit crédible et qui est le principal gagnant ! Est-ce possible pour une personne physique de vivre de la location via ce site ?
    Votre article rebondit sur une réflexion qui me préoccupe en tant que créateur de mon activité. J’ai constaté qu’il existe des services quasiment gratuits liés au partage ou au bénévolat. Le partage est intéressant pour celui qui donne et celui qui reçoit : tant mieux ! Mais dans ce cas, la concurrence est dure pour celui qui voudrait vivre de ce service ; évidemment une personne physique peut apporter un service à un prix défiant toute concurrence en général parce que la personne physique ne vit pas de cette activité et y voit un complément et/ou une façon de faire des économies.
    Au-delà de votre question, il y a la question du ou des modèles économiques ou même du modèle de société. En tant que personne physique, est-ce que je peux vivre de ma propre activité ? Si je peux « profiter » de prestations gratuites ou à faible prix, comment avoir un revenu pour des biens qui restent payants ? Un principe souvent annoncé est que le fait de payer valorise le produit, ce qui est gratuit ne vaut rien : est-ce toujours vrai ? Comment valoriser une prestation ?
    Pour terminer, le personal branding nécessite une démarche pour se connaître et mettre en cohérence ce que l’on est, ce que l’on fait et son image.

    • Bonjour,

      Merci pour votre commentaire, vous avez bien cerné ma réflexion !

      Evidemment qu’une personne physique peut vivre grâce à AirBnb, c’est le cas de nombreuses chambres d’hôtes d’ailleurs !

      Pour la remise en question de la valeur d’un produit ou d’un service, je ne suis pas parfaitement d’accord par contre. La plupart de ces sites proposent quand même des services payants, mais je pense plutôt qu’ils rétablissent des prix qui correspondent à ce qu’attend une personne physique … Ils sont là en critique des prix du marché des personnalités morales à mon goût. Je ne crois pas une seule seconde au partage gratuit, pour moi ça ne fonctionne pas, le seul intérêt de partager pour les utilisateurs est l’intérêt économique à mon goût … Donc les produits ou services gratuits je n’y crois pas trop …

      Merci encore !

  9. Nicolas,
    Votre article m’a immédiatement fait penser à l’interview de l’économiste Jérémy Rifkin dans le magazine Capital du mois d’octobre. Et fait le lien avec le dernier commentaire de Dominique. Avec l’explosion des plates-formes de partage, Rifkin prophétise l’avènement d’un monde hybride mêlant capitalisme traditionnel et le développement de plates-formes collaboratives sans but lucratif.
    Vos deux visions du rapport à l’argent sont différentes ; vous parlez de rentabilité des biens, Rifkin parle d’atteindre la gratuité généralisée. Les hommes-supports de cette transformation sont en revanche pour vous deux les mêmes : ce sont des entrepreneurs sociaux.

    • Bonjour,

      Et merci beaucoup de votre commentaire ! Je ne connaissais pas sa théorie, nous sommes effectivement proches !

      Mais oui c’est sur que je ne crois pas une seule seconde au « but non lucratif » sur ce type de plate-formes. Il en existe certes, mais elles sont loin du succès de AirBnb ou de BlaBlaCar, la raison est je pense très simple: les utilisateurs recherchent un intérêt financier. Le jour où ces plate-formes ne représenteront plus un intérêt financier, elles seront abandonnées par les utilisateurs.

      De plus, je ne vois pas pourquoi on aurait attendu 2014 pour se mettre à partager gratuitement des biens … Le matraquage de la crise économique nous pousse à rentabiliser nos vies quotidiennes par peur de la perte de l’emploi, ou autre ! Mais jusqu’à maintenant je connais peu d’utilisateurs BlaBlaCar qui acceptent de faire du covoiturage gratuitement, il y a probablement une raison 😉

      Merci encore !

  10. Intéressant mais pas très nouveau.

    Je vous invite à découvrir ce docu diffusé en Mai 2014 : « Global Partage » #globalpartage
    Tout y est dit !

    https://ibm.biz/BdEz76

    • Bonjour Pierre,

      Désolé pour la réponse tardive !

      Oui « Global Partage » est un très bon doc. Mais il n’exprime pas tout à fait le même sens que l’article que j’ai écris. Ici, j’analyse une tendance qui est celle de la mutation de la personne, en personnalité morale.Ce qui n’est pas forcément une bonne chose, loin de là !

      Global Partage étudie plus la façon dont certaines brillantes personnes, arrivent à s’en sortir à travers les logics d’éco-responsabilité notamment.

  11. Intéressant !!
    Mais pourquoi toujours proner la productivité à tout prix ??

    • Bonjour Anaïs,

      Désolé pour la réponse tardive.

      Je dirai que l’école est la source de cela. Le système de notation nous encourage à la compétition, et donc à la compétitivité.
      Une fois arrivé sur le marché de l’emploi, dans un chômage de masse, la compétition est encore présente.
      Au final, nous sommes toujours en compétition les uns par rapport aux autres, et la productivité, l’efficacité est régulièrement l’arbitre de cette compétition …

      L’école serait la solution ? Peut-être …

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