Best Of Marketing viral — 19 septembre 2014 — Aucun commentaire
Ces animaux « over cute » au service du webmarketing

Pour se faire une idée du phénomène, il suffit de s’attarder sur le Topito des bébés animaux les plus mignons de l’histoire de la mignoncité : 19.000 partages et 55 commentaires plus loin, voici un parfait exemple de l’effet que peuvent avoir les animaux over cute sur notre cerveau. Quel est donc leur secret marketing ?

À travers cet article, il s’agit de comprendre pourquoi nous nous retrouvons aussi gaga devant ce type de vidéos diffusées sur Internet, aux titres ultra-accrocheurs, dont le taux de clics et le nombre de visionnages dépassent toutes nos espérances.

Recherches mensuelles sur Google des différents mots-clés – chiffres Adwords

recherches adwords animaux

#cuteness #unicorn – Que se passe-t-il ?

Pourquoi devient-on aussi sensibles et mielleux face à ce genre de vidéos, kitchissimes et mièvres au possible ? Il existe bien une explication scientifique au fait que nous soyons si vulnérables face à ces petites boules de poils, de plumes et j’en passe. La perception d’un petit animal aux grands yeux ronds, aux joues bombées et aux traits délicats stimulerait la libération de dopamine, au sein du noyau accumbens situé au cœur de notre cerveau actif. Croyez-le ou non – les LOLcats exercerait même une influence positive sur notre intelligence. Objets de divertissement ou de « manipulation », ces animaux en tout genre représentent une véritable invasion sur le web. Les marques comme Bouygues Telecom et McVitie’s n’ont pas tort d’en profiter. L’utilisation de chatons dans la publicité agit directement sur notre système nerveux.

Voici quelques exemples de résultats du nombre de recherches mensuelles, enregistrés par Adwords sur le sujet.

recherches adwords sur le thème des chats

Mutation comportementale engagée

Les travaux de Levinson sur la zoothérapie ont permis de démontrer l’effet bénéfique qu’exercent certains animaux sur le bien-être physique et mental, multigénérationnel. Le comportement des poissons rouges, des chats, des lapins, des dauphins, des chiens, des chevaux ou encore des perroquets a une incidence sur la santé de chacun. D’après Serpell, leur présence nous permettrait de vivre plus longtemps et en meilleure forme. C’est ainsi que sont nées l’équithérapie, la delphinothérapie, l’hippothérapie et autres ronron thérapies. Les animaux entretiennent une relation particulière avec leurs maîtres et détiennent un rôle de médiateur thérapeutique et soutien psychologique. Selon Voelker, les animaux stimulent un certain nombre de « réactions psycho-affectives positives ». Ces diverses théories sont attestées par de nombreuses études, réalisées en milieu carcéral, en maison de retraite et dans les hôpitaux. Mais qu’en est-il du web ?

D’après une hypothèse anthropologique, nous serions génétiquement réglés pour nous émouvoir devant les animaux ultra cute et aurions tendance à nous comporter comme lorsque l’on voit un bébé. Des étudiantes de Yale ont réalisé une étude sur la « cute aggression ». S’exposer sur Internet à des animaux trop mignons stimulerait une sorte d’agressivité, une émotion particulière qui donne envie d’agir : une parfaite équation qui n’est pas sans rappeler le marketing comportemental, plébiscité pour sa performance.

Un rôle important dès l’enfance

Le fait que l’on soit attendri à la vue d’animaux « tous beaux, tous mignons » résulte essentiellement de notre apprentissage. Les animaux détiennent une influence considérable dès notre naissance. Souvenez-vous de la girafe Sophie. Même si théoriquement il est impossible de s’en rappeler réellement, les soi-disant souvenirs d’enfance nous évoquent le goût étrange du caoutchouc, le cou flexible de la grande Sophie et son insupportable « quick quick ». La girafe reste l’un des meilleurs exemples marketing en la matière. Dès nos premiers jours, nous nous retrouvons encerclés par les animaux. Quels qu’ils soient, ces bestioles colorées nous rassurent et nous transportent dans un monde imaginaire et rêveur – un univers que l’on peut là-encore facilement apparenter à la publicité et au marketing.

Le baromètre Kids & Teens Mirror / Junio City nous prouve – ô combien – les animaux détiennent une place importante auprès des enfants. 65% des 7 – 14 ans possèdent un animal domestique, qui les accompagne au quotidien. Qu’ils soient adorables, héroïques, fragiles, réalistes ou tout droit débarqués du pays des Bisounours, les animaux envahissent la toile, les jeux vidéo, les programmes télévisés, les caisses de jouets, les paquets de céréales, les garde-robes… L’abeille Pops, Tony le tigre et les 3 chatons deviennent les compagnons des enfants. Le chat Mabulle est parvenu à écraser Mister Malabar, pourtant iconique. Souvenez-vous de Prosper (Youpla boum) de la vache qui rit et du dauphin Galak : les marketeurs s’intéressent à ce canal extrêmement prometteur depuis des lustres. Aujourd’hui, c’est le web que les animaux investissent, par l’intermédiaire de stratégies webmarketing bien ficelées. Les petits et grands deviennent peu à peu conformes à l’idée que les animaux tiennent un rôle protecteur. Les marketeurs les personnifient et leur attribuent un rôle de leaders d’opinion, qui nous font rire et nous émotionnent. Succès garanti.

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Source : Publicité pour Three

Des égéries bon marché

Dans le cadre de l’observatoire des cours de récréation (réalisé en 2009), l’institut Junior City mettait en exergue le fait que 66% des enfants de 7 à 11 ans apprécient les mascottes et autres licences, qu’ils remarquent sur les emballages. Aussi, plus de 40% des enfants dénoncent l’illustration comme facteur principal du rejet de tel ou tel packaging. Ce chiffre prouve combien la publicité et la notion d’image exercent une influence sur le comportement du consommateur, depuis l’enfance. Même si l’on grandit, même si l’on devient peu à peu adulte, les bêbêtes over cute font partie intégrante du monde publicitaire, envahissent le net et deviennent de véritables égéries sociales. Si les animaux investissent autant nos écrans, c’est aussi pour des raisons économiques. Comparés aux égéries publicitaires qui coûtent un bras et qui ne nous font pas plus rêver pour autant, les animaux restent hyper rentables. Les entreprises détiennent une mascotte qui fonctionne parfaitement auprès de leur cible et profitent d’une liberté sans précédent : pourquoi s’en priver ?

Influence sur le message marketing

L’utilisation des animaux au sein de sa stratégie marketing permet de mieux faire passer la pilule commerciale et d’en faire avaler des belles et des pas mûres. Les animaux favorisent l’humour et développent un capital de sympathie, indispensable pour faire passer un message. Ils s’apparentent à un excellent produit marketing : ils ne mentent pas, restent fidèles quoi qu’il arrive et rares sont ceux qui prennent le dessus sur l’Homme. En ayant un impact sur notre sensibilité, ils permettent aux marques d’atteindre une cible extrêmement large. Le chat Feu vert a pour objectif de stimuler la sympathie des femmes de moins de 50 ans, qui ne viennent pas par plaisir changer leur courroie de distribution. Quant à Tony le tigre, il favorise la vente de Frosties auprès des jeunes enfants, depuis 1952 – soit 60 ans de succès commercial propulsé par une égérie robuste, sympa et bon marché.

Sur lesquels miser ?

Le choix d’une mascotte publicitaire n’est pas une mince affaire. Votre égérie doit parfaitement s’inscrire au sein de votre stratégie globale. Elle véhiculera l’image de votre société et doit, par conséquent, s’insérer au poil dans votre culture d’entreprise. Les animaux préférés des français restent le chien, le chat, le cheval, le dauphin et le lapin. En dehors des classiques chiens et chats, les filles ont tendance à citer le dauphin, le panda, le cheval et le koala. Côté garçons, les félins – qu’il s’agisse du lion, du tigre ou du guépard – sont ceux qui font mouche.

Parmi les cinq mascottes les plus appréciées par les Français, quatre représentent un animal : la vache Milka, la vache qui rit, l’ourson Cajoline et le hérisson Spontex.

Le tableau des vainqueurs de « la Cute du Monde des animaux », récemment organisée par Minutebuzz, en dit également long sur le nombre de personnes sollicitées par un tel événement, basé uniquement sur ces animaux trop mignons.

 

la cute du monde des animaux 2014 minutebuzz

Source de la photo en Une : Flickr – Chaton N°1 by Joseph SARDIN (CC BY 2.0)

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L'auteur

Victoria Dellier

Intérêt pour les différents usages du Web et l'évolution des stratégies Webmarketing, Com, SEM & E-Commerce - depuis Berlin.

 


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