E-commerce Social Media — 03 juillet 2014 — Aucun commentaire
Le webmarketing au rythme du Brésil

A la fois 7e puissance économique et 7e audience Internet mondiale, le Brésil se développe à une vitesse folle et suscite aujourd’hui un engouement international même s’il connaît d’importants clivages sociétaux. Les techniques de webmarketing évoluent au rythme de l’Internet brésilien et se fondent en partie sur le social marketing. En parfaite adéquation avec la culture brésilienne, les réseaux sociaux représentent pour la population, une manière de s’exprimer, de s’informer et de consommer…

Les Brésiliens et l’Internet mobile

Parmi plus de 200 millions d’habitants, seuls 120 millions possèdent un accès à Internet, soit un peu plus d’une personne sur deux. Si ce chiffre peut sembler dérisoire, le nombre d’internautes a progressé de 30% en un an. La démocratisation du Web représente une véritable révolution numérique pour les Brésiliens, qui se ruent sur les médias sociaux. Entre 2010 et 2012, les inscriptions sur des plateformes sociales portugaises ont augmenté de 900%. La fracture numérique tant attendue plonge lesdits early adopters au cœur d’un Internet devenu mobile et omniprésent.

Les internautes brésiliens se sont adaptés à l’Internet mobile : ils sont les 4e au monde à détenir le plus de smartphones (70 millions de téléphones vendus sur le territoire brésilien). Pour une entreprise qui souhaite s’implanter au Brésil, le marketing à la fois mobile et social doit faire partie intégrante des stratégies de développement sur le marché national. Les Brésiliens passent un moment considérable sur les réseaux sociaux, soit un tiers de leur temps de navigation. Selon une étude réalisée par Meeker, plus de 20% des internautes partagent une importante partie – voire la totalité – de leur vie sur les réseaux sociaux.

Un réel enthousiasme pour les réseaux sociaux

A l’image des Français, les socionautes brésiliens recherchent auprès des médias sociaux, des conseils avisés, les dernières tendances, l’exclusivité et d’éventuelles offres promotionnelles. Même si les nouveautés attisent leur curiosité, les Brésiliens restent relativement fidèles à leurs marques habituelles. En fonction des domaines d’activité, cet engagement peut représenter quelques difficultés en termes d’implantation. L’élaboration d’une stratégie marketing de fidélisation semble indispensable, dans un pays où l’email marketing et le couponing deviennent de plus en plus populaires.

Dans un tout autre genre, à la différence des Européens cette fois-ci, les Brésiliens ne bloquent que très rarement leurs pages et informations personnelles sur les réseaux sociaux. Même si les Français partagent facilement leurs joies quotidiennes, en espérant faire rêver les autres, le côté extraverti des Brésiliens fait partie intégrante de leur culture. Il y est parfaitement légitime d’y montrer sa réussite et ses signes de richesse. L’apparence, qui tient une place importante dans la culture brésilienne, divise considérablement la société, en constante évolution.

Un succès sociétal à deux vitesses

La division des classes sociales se retrouve sur les réseaux sociaux. En théorie, ces derniers assurent aux entreprises de toucher un groupe social, capable de réaliser un certain nombre d’achats sur Internet. Pourtant, les premiers inscrits, qui profitent généralement d’un niveau de vie très élevé, critiquent de plus en plus le phénomène de « favela cybernétique ». La démocratisation du Web profite aussi aux quartiers les plus démunis, dans lesquels les accès Internet se multiplient. Les jeunes internautes, issus des favelas, sont friands d’Orkut, le premier réseau social de Google. Face à ladite « orkutisation », les premiers socionautes ont migré progressivement vers Facebook, de plus en plus populaire auprès des nouveaux internautes. Malgré cette ségrégation, la partie de la population qui accède enfin au pouvoir d’achat n’hésite pas à investir les réseaux sociaux – prometteurs à leurs yeux – et à consommer par l’intermédiaire du commerce en ligne.

Un fort potentiel pour les sites e-commerce

D’après une étude dirigée par la CCI Paris Ile-de-France, 94% des internautes brésiliens qui visitent une boutique en ligne achètent systématiquement un produit ou un service directement sur le site e-commerce. Pour les 6% restants, le manque de sécurité des sites de vente en ligne reste leur principale réticence : un aspect à prendre également en compte de manière très sérieuse, pour l’implantation de son site e-commerce sur le marché brésilien.

70% des acheteurs en ligne ont entre 25 et 49 ans et profitent pleinement des avantages qu’offre Internet. Si les femmes achètent davantage que les hommes, ces derniers ont tendance à dépenser plus d’argent, dans le domaine high-tech notamment. En moyenne, les Brésiliens accordent un budget moindre à leurs achats sur Internet, soit 46€ (118 R$) par mois, contre 126€ pour les Français.

De plus en plus actifs sur les réseaux sociaux, les Brésiliens sont encore loin de profiter de la même offre que les Français, en termes d’e-commerce et d’opérations de social marketing. D’après ZDNet.fr, le nombre de sites de vente en ligne en France dépasse la barre des 138 000, un chiffre conséquent qui n’a rien à voir avec la situation du commerce en ligne au Brésil, qui tend à se développer rapidement. Ce marché représente une véritable aubaine pour les acteurs économiques qui souhaiteraient s’implanter sur un marché prometteur.

Si les entreprises brésiliennes sont restées prudentes voire frileuses face à la pertinence ou non du développement d’une activité e-commerce et d’une présence sur les réseaux sociaux, plus aucun doute ne subsiste aujourd’hui. Les sites e-commerce les plus performants – dont Groupon, Pontofrio, Americanas, Netshoes et Submarino – témoignent d’une présence sur les réseaux sociaux depuis déjà plusieurs années et d’un community management de qualité. Contrairement à certaines grandes entreprises comme Carrefour, qui n’a rejoint Facebook qu’en Avril 2013, ces leaders du e-commerce semblent avoir tout compris et séduisent les socionautes avec succès. D’après une étude menée par l’Associação Brasileira de Comunicação Empresarial, 25% des 50 plus grandes entreprises brésiliennes ne disposaient d’aucun compte sur les réseaux sociaux en 2013. Certaines entreprises ont ainsi changé leur façon de communiquer, face à l’engouement des consommateurs brésiliens pour les réseaux sociaux.

Réseaux sociaux au Brésil : sur lesquels miser ?

Depuis 2013 et la révolte du vinaigre, les Brésiliens sont conscients de l’influence grandissante des réseaux sociaux, qui leur permettent d’exprimer leurs luttes contre la corruption, contre le délabrement des services publics, contre l’organisation de certains projets et pour la valorisation de leur condition sociale et de leurs droits. Pour la mise en place d’une quelconque stratégie de social marketing, il est indispensable de prendre en considération l’intégralité de ces facteurs culturels, de sélectionner des réseaux sociaux adaptés à son activité et de rester vigilent quant à la manière de s’adresser à son public.

Orkut – Basé sur un système de forums et de communautés, le premier réseau social lancé par Google a connu un véritable succès au Brésil, contrairement aux États-Unis. Jusqu’en 2010, Orkut se hissait à la tête du classement des réseaux sociaux les plus utilisés par les internautes brésiliens. D’après une étude réalisée par Comscore, 6 millions de Brésiliens utiliseraient aujourd’hui encore Orkut, soit 50% de son audience mondiale. Même s’il dépasse toujours Google+, Orkut disparaîtra le 30 Septembre prochain.

Facebook – Malgré des débuts difficiles, Facebook est devenu leader sur les marchés des réseaux sociaux. Les socionautes brésiliens y passent en moyenne 28 minutes par jour. Les opportunités qu’offre Facebook en termes d’interaction avec ses consommateurs sont énormes. La situation géographique du Brésil profite au e-commerce et aux réseaux sociaux, qui permettent de toucher une cible considérable sans contraintes spatio-temporelles.

Youtube – Ce réseau social, racheté par Google en 2006, remporte également un franc succès. C’est le cas notamment des vidéos Porta dos fundos, qui abordent tout type de polémiques sans chichis et qui comptent généralement entre 2 et 15 millions de vues.

Google + – A l’heure actuelle, on ne peut pas dire que Google + soit le réseau social à privilégier mais il ne devrait pas tarder à séduire les Brésiliens et reste, quoi qu’il en soit, un atout pour le référencement naturel.

LinkedIn – Premier réseau professionnel au Brésil, LinkedIn comptait en 2012 plus de 7 millions de membres. La culture nationale concernant l’emploi reste beaucoup basée sur le piston. Pour améliorer sa notoriété d’un point de vue corporate, il semble indispensable d’investir LinkedIn.

Twitter – En août 2012, plus de 20% des internautes brésiliens s’y étaient déjà connectés au moins une fois, soit le taux le plus élevé au monde à ce moment-là. Cet engouement pour Twitter se traduit par l’opportunité de contacter des stars et des joueurs de foot en toute simplicité et d’accéder à l’infobésité. Le Brésil manque cruellement de diversification d’un point de vue médiatique.

Instragram – A l’image du footballeur Neymar Jr qui n’hésite pas à s’exposer sur Instagram, de plus en plus de Brésiliens deviennent adeptes du réseau social. À creuser.

Site vitrine & webmarketing – la clé du succès ?

Malgré l’influence croissante des réseaux sociaux, les sites vitrines conservent une place essentielle dans l’acte d’achat. Les Brésiliens ont tendance à consulter les informations liées au produit par l’intermédiaire des sites d’entreprise, avant de consommer. Le webmarketing est donc loin de se limiter au social marketing. Comme partout, le contenu devient roi et les techniques de search marketing veillent à se développer, qu’il s’agisse de création de contenu intelligemment optimisé ou de netlinking. Au Brésil, les recherches des internautes ne se limitent pas uniquement à Google. Facebook, Mercadolibre, Terra Telefonica, Ask network, Microsoft sites, UOL, Buscape company et Yahoo ne sont pas si distancés par le géant américain.

Bresil webmarketing recherches uniques

Source : Effiliation – étude sur le Brésil et le e-commerce à l’occasion du salon e-marketing Paris 2014

Pour optimiser son site vitrine, il est donc indispensable de se fier à ces autres créneaux. Idéal pour diriger sa cible vers son site, le display marketing fait partie des techniques de webmarketing au Brésil les plus en vogue, qu’il s’agisse de bannières sur les réseaux sociaux, sur les sites d’actualité sportive, sur les applications mobiles de jeux vidéo ou sur les blogs. Il faut garder à l’esprit la croissance fulgurante du leadership d’opinion : les blogs et autres comparateurs envahissent la toile brésilienne. Soigner son image et travailler de pair avec les principaux influenceurs semblent être la direction à prendre d’un point de vue marketing. Le marketing d’affiliation devrait également connaître un fort succès et permettre d’améliorer considérablement le trafic vers son site corporate.

En résumé, les techniques de webmarketing au Brésil ne semblent certes pas aussi avancées que les nôtres aujourd’hui. Mais la croissance précipitée de l’Internet brésilien et l’adaptabilité incroyable des utilisateurs risquent de rapidement surprendre. Les internautes, en constante progression, se sont extrêmement vite habitués aux réseaux sociaux et adoptent des réflexes différents des nôtres, voire peut-être précurseurs.

Image en Une – ©Anne

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L'auteur

Victoria Dellier

Intérêt pour les différents usages du Web et l'évolution des stratégies Webmarketing, Com, SEM & E-Commerce - depuis Berlin.

 


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