Best Of Mobile Marketing — 11 mars 2014 — 2 commentaires
Objets connectés : de nouveaux enjeux

Récemment, j’assistais au Web in Provence, un événement web, situé dans le Sud de la France, comme son nom le laisse à entendre. Pour cette première édition de networking-apéro, rassemblant tous les acteurs du web, designers, rédacteurs, développeurs, Florent Hernandez et Alexandre Durain, les organisateurs avaient choisi la thématique suivante : la conception web multi-device…

Le conférencier, Stephane Martin, senior Product Designer chez StackExchange a su aborder avec beaucoup de clarté au cours de son exposé les conséquences de l’apparition de nouveaux appareils sur la conception des objets digitaux. PC, tablettes et smartphones font déjà partie de l’ancien paysage des internautes, devenus mobinautes mais le monde des objets connectés et interconnectés prend de plus en plus possession de notre quotidien: montres, lunettes, chaussures, vêtements, neurocapteurs, maisons. On compte déjà environ 10 milliards d’objets en 2014, un chiffre qui devrait être multiplié par 5 d’ici 2018.

Comment anticiper la venue de nouveaux appareils dans cet ecosystéme devenu intelligent ? Adaptabilité des supports et des contenus et expérience utilisateur sont les meilleurs moyens d’aborder les changements en douceur et de les faciliter.

En effet le premier problème qui va se poser concerne la multiplication des supports en informatique.

Penser les supports

Il sera nécessaire de penser en avance la meilleure façon pour un utilisateur de non seulement visualiser sans difficulté des pages web, aussi bien sur sa tablette que sur son smartphone, voire sur sa montre mais surtout de trouver les informations essentielles qu’il va y chercher. Le responsive design est la meilleure solution « visuelle » à ce problème. Dans ce contexte, il est préférable d’envisager le « progressive enhancement » selon les termes de Stéphane Martin, à savoir, passer du plus petit support au plus grand, pour cibler l’essentiel. Penser évolutif va éviter par la suite d’avoir à adapter son site à des supports de taille différente, activité non seulement chronophage mais également onéreuse, pour un résultat peut-être médiocre.

progressieveenhancement-2

Un autre point à prendre en compte sera celui du contenu à adapter lui aussi : sur smartphone ou sur montre il n’est évidemment pas le même que sur PC ni dans sa longueur, ni dans sa teneur. Il faut donc prévoir des textes plus compacts et des call to action encore plus incitatifs (place, couleur) pour séduire le consommateur.

Enfin, l’image est à penser en terme d’adaptabilité : elle doit rester, quelle que soit sa taille, lisible, interprétable et esthétique.

Cibler l’expérience utilisateur

C’est lui qui se trouve à la base de la réflexion quand on parle d’objet connecté. C’est lui qui détermine le succès ou non d’un produit et donc augmente les ventes. Le conférencier de WIP avançait ce chiffre stupéfiant : 1 seule seconde de latence sur smartphone et voilà 10% des pages zappées, un taux de conversion qui diminue et des visiteurs beaucoup moins motivés à retourner sur le site ! Une solution simple : le lazy loading qui permet de programmer les éléments à afficher de façon progressive pour faire patienter l’utilisateur et ne pas le laisser attendre un téléchargement lourd et donc interminable.

lazy-load-xt-jquery-plugin

C’est aussi en pensant à l’utilisateur que l’on doit adapter un produit, aussi bien sur le design que sur le texte. Les textiles connectés par exemple et les tee shirts : ils affichent logo ou photo venant d’une banque de données, des textes, des sms, en bref, sont directement reliés via un smartphone au monde. On pourra probablement faire défiler les images comme on change une chanson sur sa play list. Cela étant il faut penser les vêtements selon l’endroit où on va les porter et en pensant là encore adaptabilité, créativité et cible. Qui achète quoi ? À quel âge ? Et dans quel but ? La performance ? La surveillance de sa santé ? Précéder les envies des futurs utilisateurs et faciliter l’interaction users/ machines est vraiment à envisager avant tout.

Les objets connectés se pensent aussi de plus en plus en multi fonctions comme the Dash ces écouteurs qui cumulent la fonction logique celle de pouvoir écouter de la musique avec la possibilité de mesurer l’activité physique pendant l’entrainement sportif. En ce qui concerne la technologie mise en place, elle est tout simplement bluffante.

the-dash-1

Unifier les langages

Pour la domotique et les objets connectés, un autre problème se pose : il devient urgent de pouvoir simplifier et « unifier » le « langage » parlé par les objets pour qu’en sorte, ils se comprennent entre eux et soient administrables par une seule interface. En effet, il n’est pas toujours très pratique de télécharger sur son smartphone trois milliards d’app destinées à gérer des objets à distance, comme son alarme de maison, ou à suivre sa santé, dans l’objectif de se rendre autonome d’un contrôle médical parfois difficile à obtenir ( comme BellaBeat pour les femmes enceintes ). Mais des solutions commencent à pointer leur nez.

La Zibase, va permettre par exemple de simplifier ce problème de gestion multiples des objets connectés en centralisant dans le Rasberry pi, micro ordinateur mono carte capable de gérer et de recevoir des informations de toutes parts, l’ensemble des commandes domotiques.

raspberry-pi-model-b-512mb-1280x1024

On peut aussi penser que très rapidement les smartphones prendront eux aussi le relai en centralisant un ensemble de plus en plus volumineux de données : capteurs, enregistrements des vibrations sont déjà des fonctionnalités disponibles sur certaines app, simplement ludiques pour le moment : Cycloramic par exemple.

http://www.youtube.com/watch?v=Brfr7–6ESc

La présence massive d’objets intelligents à nos côtés doit être pensée en terme de technique et exige une incroyable adaptabilité de la part des acteurs de son développement. Elle va en effet s’accompagner probablement de mutations très nettes dans les approches de marketing, pour reprendre encore une idée de Stéphane Martin, l’identité d’une marque se fera non plus par un logo ou une image mais plutôt par une utilisation ou une gestuelle : un « double tap » sur l’écran,  pour un produit X.

Le danger n’est pas à méconnaitre non plus. Vos données ne sont pas du tout protégées sur ces appareils et laissent un accès aisé à vos informations personnelles, une bonne chose en terme de marketing, une mauvaise en terme de vie privée. Et ne parlons pas d’éthique ! ( neurocaméras qui transmettent nos centres d’intérêt..) Mais c’est une autre histoire !

Articles similaires

Articles Recommandés



L'auteur

Marie-George Clouet

Rédactrice web depuis 2009, j'ai fondé l'agence Graphemeride, dans le but de soutenir nos clients dans leur démarche éditoriale et rédactionnelle. Un peu de référencement et quelques services de traduction complètent nos activités.

 


2 Commentaires

  1. Merci pour cet article très intéressant, tout le monde se trouve connecté à son a sa tablette ou son smartphone, et il est vrai que le problème de support s’impose

  2. Très bon article, un point additionnel, la différence de stratégie des fabricants entre créer un Add-on pour rendre connecté un objet (ex Mother et motion capture de Sen.se) et le Connected Inside, où la connectivité est intégrée dans la conception même du produit (ex: Balance connectée Withings).

    Si vous êtes intéressé, vous pouvez aller sur l’article Retour sur le CES Las Vegas (Objets connectés) sur http://www.livosphere.com ou sur bit.ly/CES_IOTm

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *