E-commerce — 15 novembre 2013 — 1 commentaire
Quirky: le projet crowdsourcing qui a perçé

Lorsqu’on évoque le crowdsourcing, de plus en plus nombreux sont les personnes qui commencent à avoir une idée de quoi il s’agit et de plus en plus de jeunes entreprises basent leur business model sur ce principe. Quirky est l’une de celles-ci… 

A l’occasion de leur lancement dans l’hexagone, j’aimerais vous présenter le fonctionnement d’un peu plus près, puisque j’ai été invité à l’une de leurs sessions d’évaluation dans leur siège à New York City, pour voir comment cela se passe.

Comment ça marche?

Fondé par l’entrepreneur Ben Kaufman en 2009 (23 ans à l’époque), Quirky se base sur l’idée que les meilleures idées innovantes pour des produits sur le marché sont apportées par les consommateurs eux-mêmes. Fort de premiers succès en tant qu’entrepreneur avec Mophie et Kluster, Kaufman est motivé par la conviction que l’innovation devrait être accessible à un chacun. Voyons voir comment et si cela est le cas avec Quirky…

Processus de crowdsourcing Quirky

Une fois l’idée soumise sur la plateforme, les utilisateurs prennent part dans le processus de décision, donnant leurs avis sur les innovations proposées. L’eval session diffusée par streaming permet une présence (pour ceux qui veulent faire le déplacement à New York) et une interaction encourageant l’engagement: concept tout à fait intéressant. Les innovations qui obtiennent les meilleurs votes sont alors produits physiquement par Quirky (d’abord sous forme de prototype) au siège et si elle est mise sur le marché, le membre à l’origine de l’idée obtient une part des ventes.

Screenshot quirky France

Capture d’écran de l’interface du site de Quirky en version française

Vous pouvez accéder aux différentes idées soumises par les inventeurs directement sur le site de Quirky (cf. screenshot sur la droite) et commenter, voter. Vous pouvez également trier par catégorie pour ne vous intéresser qu’à un certain type et filtrer par date de soumission et celles qui se termineront bientôt, puisque ces propositions ne restent en ligne qu’un certain temps.

Près de 400 produits on déjà été lancées grâce à Quirky (que vous retrouverez entre autre sur leur blog) et les membres de la communauté, forte de près de 500 000 membres. Distribués par plusieurs magasins aux Etats-Unis (notemment The Home Depot et Target), il semble que Quirky ait préféré une collaboration exclusive avec une célèbre chaîne dans l’hexagone.

Lancement en France

Fort du succès aux USA, Quirky a choisi la France pour internationaliser sa plateforme et tester un nouveau marché. La France est un pays de choix pour de nombreuses entreprises digitales qui souhaitent concquérir de nouveaux marchés. En effet, en matière de web 2.0, les consommateurs français font partie des précurseurs au niveau mondial, derrière les USA et le Royaume-Uni.

La Quirky eval session

J’ai donc été invité fin Octobre avec mon frère, doctorant à la Sorbonne justement sur le sujet du crowdsourcing et dont j’avais déjà publié une interview sur Webmarketing Co’m, à voir comment se passait une session d’évaluation des idées soumises (étape 2 sur le schéma ci-dessus).

Les innovations naissent dans la majorité des cas de situations personnelles, contexte dans lequel le consommateur a une idée d’innovation incrémentale pour un produit existant. Ainsi, L’inventeur mascotte de Quirky, Jake Zien, a eu l’idée de développer une multiprise ajustable (visible dans la vidéo ci-dessus). Ces sessions d’évaluation sont tenues une fois par semaine et ont pour objectif de demander aux ambassadeurs qui représentent l’invention et l’inventeur d’expliquer l’utilité du produit et le contexte de l’idée. Le rôle de l’ambassadeur est de convaincre le panel interne de Quirky (commerciaux, marketing, ingénieur…)  mais également la communauté qui vote en temps réel (via twitter par exemple), également représentée par une personne dans ce panel.

 

Mon opinion et impressions

Il fût tout à fait intéressant d’observer comment l’équipe gère les idées soumises, car un des défis du crowdsourcing est de faire le tri des propositions. Avec une communauté de près de 500 000 membres, on imagine très bien le désordre qui peut résulter… Au bout du compte, il faut une personne qui prend une décision finale lorsque la communauté est indécise, et nous avons constaté que dans  ce cas, c’est le fondateur lui-même qui coupe court aux débats s’ils s’éternisent.

L’entreprise qui compte à présent quelque 140 employés une surface impréssionnante à Manhattan a par contre manqué de nous convaincre personnellement au niveau de l’accueil. Si une responsable de la communauté nous a rapidement fait visiter les locaux, nous avons vite été lâchés et nos questions n’ont pas toujours trouvé réponse. Après nous avoir mis dans les mains un carton abîmé, avec un exemple de produit (complètement inutile) mis sur le marché, nous avons assisté à la séance et sommes repartis intéressés, mais également confus par l’accueil pas très pro…

Bref, l’objectif de l’article n’est pas de m’étaler sur mon ressenti mais de vous présenter le fonctionnement d’une entreprise qui a réussi à convaincre aux Etats-Unis et qui compte bien s’imposer rapidement en France. Les premiers produits imaginés par la communauté française seront disponibles au printemps 2014 en exclusivité chez Auchan dans l’hexagone.

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L'auteur

Mael Roth

Diplômé en Marketing International, je suis Project Manager et consultant dans une agence de Content et Inbound Marketing outre Rhin (Park7). Je blogue en trois langues (FR, ANG, ALL) sur maelroth.com.

 


1 Commentaire

  1. Bonjour,

    sympa l’article, comme souvent.

    Mais si vous voulez un meilleur accueil, passez donc voir le concurrent made in France de Quirky : http://www.novin.fr 😉
    Nous décollons bien puisque notre premier produit entièrement conçu par une communauté d’internautes français devrait être commercialisé d’ici mars 2014…

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