Blogosphère Display Editorial Web Inbound Marketing Monétisation — 01 juillet 2013 — 5 commentaires
Taboola ou le retargeting appliqué aux contenus

Le 12 Juin dernier, j’étais présent sur le Time 2 Marketing et l’i-expo à Paris et je flânais entre les différents stands. Beaucoup de présentations d’outils pour l’optimisation de l’utilisation des réseaux sociaux, promesses de création de buzz, mobile marketing et référencement. Certains stands spécialisés en « contenus » ont attiré mon attention et l’un d’eux en particulier : celui de Taboola. Mais de quoi s’agit-il? Quelle est le modèle?

Précision: Ce billet n’est pas sponsorisé, je ne perçois aucune rémunération pour présenter leur service sur Webmarketing & Co’m. J’ai simplement rencontré Harry sur le salon et cette idée, bien qu’assez simple au final, me trottait en tête comme étant une évolution logique du display dans le contexte marketing actuel. Convaincu par le concept, je suis d’avis à ce que le « retargeting appliqué aux contenus » mériterait à gagner en visibilité en France.

L’histoire derrière Taboola

Taboola est né de l’inspiration de jeunes israéliens, en particulier leur CEO actuel, Adam Singolda. Celui-ci se réveilla un beau matin avec une réflexion en tête: le matin, les gens ne se réveillent pas en pensant à quels contenus ils vont consommer en particulier. Le problème du search ne se pose pas réellement pour les contenus, étant donné que celui-ci doit être mis à disposition à un lectorat intéressé. Tout est question d’accès et de recommandation.

Convaincus par les possibilités offertes par un algorithme élaboré, EngageRank™,  Taboola a vu le jour en 2007. L’entreprise s’est engagée dans une analyse des schémas de consommation de contenus (éditoriaux et audiovisuels) afin de pouvoir en recommander d’autres pertinents pour le lecteur. Taboula a rapidement lancé son service et convaincu ses premiers clients. Avec quel modèle?

Comment fonctionne le service?

Vous connaissez sans doute le principe du retargeting, ou reciblage publicitaire, qui consiste à personnaliser les publicités affichées sur les pages web par le biais de cookies sur le terminal de l’utilisateur qui communique ses intérêts sur la base de son historique de navigation. Taboola, c’est tout simplement la même chose, mais pour les contenus. L’algorithme évoqué précédemment est capable de comprendre vos intérêts et de vous proposer des articles et vidéos susceptibles de vous intéresser.

Beaucoup moins intrusif que les bannières publicitaires, la solution display de taboola pourrait bien aller jusqu'à concurrencer AdSense.

Beaucoup moins intrusif que les bannières publicitaires, la solution display de taboola pourrait bien aller jusqu’à concurrencer AdSense.


Le fonctionnement se base sur la participation de deux segments. D’un côté il y a les éditeurs qui souhaitent monétiser leur site et de l’autre les clients qui s’inscrivent pour faire recommander leur contenu. Pour les premiers, j’y vois deux grands avantages:

  • Monétiser le portail sans passer par la solution adsense ou autres bannières défigurant parfois la page et autres pop-ups ou vidéos qu’on ne peut fermer qu’après un certain nombre de secondes ;
  • D’autre part, à mon sens cette solution permet aux visiteurs du site d’avoir une expérience plus intéressante, ayant accès à des contenus pertinents en recommandation, sur lesquels on ne serait pas tombé autrement. La bannière sur le site rajoute donc de la valeur en termes de contenu!

De l’autre côté, les éditeurs qui paient Taboola pour que leurs contenus soient recommandés ont ainsi une solution d’acquisition de trafic de qualité, des visiteurs dont ils savent que le sujet les intéresse.

Puis vint le marketing de contenu

Pour une entreprise aux ambitions grandissantes, une bonne part de chance fait toujours partie des facteurs (pas forcément contrôlables) déterminants dans le développement. En 2012 et 2013, le marketing de contenu est une thématique majeure, ce qui n’est bien sûr pas pour déplaire à Taboola!

Taboola-2Pour les éditeurs de contenus (blogueurs, webzines, journalistes…) la solution de Taboola leur permet de monétiser leur activité éditoriale. Beaucoup moins intrusive que les publicités display, cette solution pourrait bien s’imposer rapidement et faire concurrence à la solution proposée par une certaine entreprise californienne de la Silicon Valley…

Aujourd’hui, Taboola opère de ses bureaux à New York, Londres et Israël et emploie 80 personnes. Leur portée, selon leurs indications sur leur page web, s’élève à 200 millions de visites uniques et recommande plus de 2 milliards de contenus chaque jour. Parmi les éditeurs (anglophones) les plus célèbres, nous pouvons citer Bloomberg, BusinessWeek, Time.com, USAToday, NYTimes, BBC… De telles références forcent le respect et montrent que le concept est en phase de s’imposer.

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L'auteur

Mael Roth

Diplômé en Marketing International, je suis actuellement Project Manager et consultant dans une agence outre Rhin (Park7), pionnière dans le Content Marketing et Inbound Marketing. Je blogue en trois langues (FR, ANG, ALL) sur maelroth.com.

 

5 Commentaires

  1. Le concept est intéressant et existe depuis pas mal de temps déja aux etats unies.
    Maintenant les gains sont très faible par rapport aux nombres d’affichage.
    de l’autre coté, les couts sont très élevé quand on veux proposer son contenu, donc au final intéressant ni dans un sens ni dans l’autre.

  2. C’est marrant, justement hier, je flânais sur leur site après l’avoir repéré sur plusieurs sites francophones… Merci pour l’article :)

  3. J’ai fait le test il y a quelques semaines et certains widgets proposés ne peuvent pas être intégrés aux sites francophones à cause de la langue (notamment pour les widgets composés de contenus sponsorisés). Cependant ça reste un service très intéressant intégré à de nombreux sites anglophones importants.

  4. L’idée est intéressante, mais pour moi ce modèle n’est fondamentalement pas rentable. Le principe de la pub en gros, c’est qu’un annonceur paie pour faire des ventes et qu’un éditeur paie (en temps et en énergie, voire financièrement) pour produire du contenu qu’il va ensuite monétiser (ce qui n’est déjà pas simple).

    Là l’idée c’est que des éditeurs qui ont payé pour produire du contenu vont payer une deuxième fois pour obtenir du trafic. Je ne vois pas comment ils peuvent être rentables derrière, surtout que les revenus publicitaires (et donc leur principale source de gains) baissent sans arrêt.

  5. Je ne connaissais pas du tout et le découvre. Cette idée s’inscrit effectivement dans une suite logique. Maintenant, comme toute action webmarketing, il conviendra de se l’approprier correctement pour en obtenir le meilleur. Cela ne permettra pas de convertir rapidement mais juste se faire connaitre en tant qu’acteur d’un secteur. Un référencement amélioré

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