Actualité du mobile — 17 avril 2013 — 3 commentaires
Pourquoi les services de recherche d’applications ne sont pas morts

Google n’a pas le monopole des pénalités et l’actualité récente autour d’Appgratis nous rappelle étrangement les mésaventures de Twenga et des comparateurs de prix en 2011. En effet, en retirant Appgratis de son store, Apple vient d’envoyer un signal fort aux éditeurs d’application qui ne respectent pas les règles, aux dépens d’un acteur français. Une sanction qui peut paraître abusive, injuste, etc. mais qui se base surtout sur des faits précis. Faisons un point sur la situation et revenons sur les faits à travers le regard de professionnels de ce secteur…

Retour sur les faits

Les faits peuvent être appréciés de différente manière. Mais ils sont simples: Appgratis a été retiré dimanche 7 avril de l’Apple Store, en raison d’une violation des guidelines 2.25 et 5.6 selon lesquelles:

  • Une application qui met en avant d’autres applications à l’achat ou de manière promotionnelle d’une manière similaire ou qui pourrait porter à confusion avec l’Apple Store, sera rejetée ;
  • Les applications ne peuvent envoyer des notifications pour de la publicité, des promotions ou des opérations de marketing direct d’aucune sorte ;

Partant de ce constat, Apple a donc décidé qu’Appgratis violait ces deux règles, et a banni l’application, confirmant la nouvelle par un communiqué de presse relayé par le Wall Street Journal.

De son côté, Simon Dawlat, le fondateur d’Appgratis, s’est réservé un droit de réponse par l’intermédiaire de son blog, où il retrace les faits et l’historique de ses échanges avec Apple, essayant de comprendre, ou du moins d’interpeller Apple sur les conditions de cette disparition, tout contact ayant été visiblement rompus. Une communication maîtrisée, où Simon Dawlat reconnaît certaines erreurs, tout en essayant de prouver que son application n’a pas dépassé les limites. Une communication qui s’est suivie jeudi 11 avril de la visite de la ministre Fleur Pellerin dans les locaux parisiens d’Appgratis.

Des dizaines, ou plutôt des centaines d’articles ont également été rédigés sur ces faits, et plutôt que de s’attarder dessus, nous avons voulu porter un éclairage différent en prenant l’avis deux autres acteurs du secteur de la découverte d’applications, et leur point de vue sur la situation.

Le regard d’Appsfire et d’Appsfit sur la situation

Le premier à avoir réagit est Ouriel Ohayon, co fondateur d’Appsfire, une autre application de découverte d’applications pour iOs et Android, par l’intermédiaire d’un post sur le blog d’Appsfire. Une mesure de prévention qui vise essentiellement à éviter la confusion entre son application et le service d’Appgratis. En mettant bien en avant le fait que « 100% des applications que nous recommandons à travers notre application ne sont pas des publicités« .

Une volonté de réassurer les utilisateurs et surtout les investisseurs, en mettant bien en avant le fait que ce n’est pas un secteur qui est visé, mais bel et bien un acteur en particulier ayant visiblement dépassé les limites.

Même son de cloche chez le fondateur d’Appsfit, Antoine Buffet, que nous avons rencontré, et qui se positionne sur un segment différent d’Appgratis: « Apple est dans son rôle et vise, via cette mesure, à protéger son modèle vis à vis de certains services de recommandations d’apps qui étaient capables d’influencer les classements de l’Apple Store en quelques heures« .

L’avenir du secteur

Dès lors, quel avenir pour les services de recommandations d’applications? Alors même qu’Appgratis venait de boucler une levée de fonds de 13,5 millions de dollars, et que le secteur apparaissait comme très ouvert, cela va-t-il le freiner ou tout simplement le faire évoluer?

Antoine Buffet préfère rappeler que l’avenir se joue sur « la recherche intelligente et la capacité à affiner la recherche d’applications pour l’internaute« . Une tendance que Simon Dawlat a souhaité rappeler dans son blog, se positionnant sur une démarche qualité qui serait poussée à l’avenir via son application.

« Le but n’est pas tant de jouer sur la quantité de téléchargements, mais plutôt sur la qualité, et le matching précis entre les utilisateurs, leurs besoins, et des éditeurs d’app prêt à communiquer sur une cible restreinte, mais très qualifiée. C’est la tendance qui se dessine, et qui sera la seule permettant de créer de la valeur tant pour l’utilisateur que pour les éditeurs » rappelle Antoine Buffet. Une tendance qui met, de son avis, les applications comme Appsfit à l’abri de sanctions, et garantit même un beau développement aux services qui sauront jouer sur cet aspect ultra qualitatif.

Cet aspect n’est pas sans rappeler le développement d’autres secteurs à l’image de l’emailing, qui ont petit à petit migré vers une tendance qualitative et qualifiée des modèles (en ciblant les bases de données, en les segmentant et en évitant de shooter à tout va, comme cela a pu être le cas au début). Le secteur de la recherche d’application évolue peut-être un peu plus vite que d’autres, par la force des choses…

Misant sur créneau, Appsfit, qui propose des applications en fonction de vos centres d’intérêt, peut ainsi s’enorgueillir d’avoir 85% de ses utilisateurs qui ont complété leur profil, et rempli 18 centres d’intérêt. Un gage de qualité qui permet de cibler finement par la suite les applications recommandées, en fonction des besoins réels du mobinaute.

On ne parlera donc pas de mort d’un secteur, mais plutôt de mutation, avec sans doute des remous à venir pour d’autres services connexes à Appgratis, qui devront convertir leur modèle pour ne pas subir à leur tour les foudres d’Apple. Une mutation qui ne devrait pas rebuter les investisseurs, même si ces derniers devraient être plus regardants sur ces aspects désormais…

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L'auteur

Sébastien Camus

Découvrir, s'enthousiasmer, se passionner pour des innovations... voilà ce qui me fait aimer le web, et me fait avancer depuis plus de 7 ans maintenant. Ayant débuté dans le référencement, je me suis ensuite spécialisé sur le déploiement de stratégies webmarketing en créant ma société début 2012. J'accompagne désormais mes clients dans leur stratégie d'acquisition de clients, et je m'intéresse également aux technologies mobiles et aux nouveaux usages comme le second écran ou la social TV.

 

3 Commentaires

  1. Simple question, simple réponse: Apple réclame une part trop importante du revenu quand on connait les coûts en bande passante qui s’effilochent comme une peau de chagrin.

    In fine, je pense que ce modèle de maîtrise du tuyau de distribution numérique mourra à terme, et c’est une bonne chose: peu d’innovations sont apparues en publicité display ces dernières années (à part de plus en plus intrusives) or le secteur en demande beaucoup.

  2. En même temps, si AppGratis ne respectait pas les règles c’est normal qu’elle se fasse bannir. Tu violes le code de la route, on te sanctionne sur ça…

    • Oui sauf que les règles en question ont été réécrites récemment et qu’appgratis était là depuis le début de l’Appstore… Ce n’est pas aussi simple à mon avis

 

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