Actualité des Moteurs Emploi Webmarketing Métiers du web — 16 avril 2013 — 16 commentaires
Comment écrire pour le web ?

On prend donc autant de plaisir à écrire pour le Web que pour finir la rédaction de son premier roman. Mais qu’attend-on réellement d’un rédacteur spécialisé pour le Web ? Et d’abord à qui sont destinés ces milliers de textes qui s’accumulent ?

Littérature et Internet même combat ?

L’écriture pour le Web ne ressemble donc pas à la littérature que nous connaissons tous. Pratique, elle se doit aussi d’être productive et créatrice de valeur (ajoutée), de quoi horrifier les auteurs décriés de leur vivant et glorifiés pour la postérité.

L’écriture Web est multiple et il serait illusoire de vouloir la définir et la caractériser en quelques lignes. Intéressons-nous donc à cette écriture de masse en découvrant quelques traits communs aux rédactions qui n’ont de virtuelle que le nom.

L’écriture Web doit avant tout être lue et en cela, l’auteur spécialisé dans cette nouvelle forme de création littéraire souffre aussi de l’angoisse de l’écran blanc (moins représentatif que la page blanche je vous l’accorde mais tout aussi paralysant). Pour être lu, il n’est alors pas question de se creuser les méninges pour dénicher une histoire extraordinaire ou un mode de narration original mais au contraire de s’employer à suivre les standards ouvrant les portes d’un lectorat nombreux.

Les mots clés, les arcanes de la nouvelle création…

Il faut alors préciser certaines règles qui sont intangibles et portés comme des étendards. Un écrivain virtuel n’écrit pas pour ses lecteurs mais pour un lecteur : Google. La plus belle des proses sera rejetée des spécialistes du S.E.O. car ne condensant pas assez les mots clés, ou pire ne respectant pas le vocabulaire thématique cher à notre moteur de recherches préféré. Précisons au passage que ce qui est vrai pour Google l’est aussi pour tous les autres moteurs. Mais soyons fou et ne nous intéressons qu’au leader en la matière.

Les mots clés, quelle est cette invention barbare ? Barbare, barbare, c’est vite dit puisque le choix des mots clés est apparu et s’est étendu dans le même temps que Google confirmait son emprise. Essayons donc de faire simple. Aujourd’hui, si vous voulez vous offrir un bon moment avec un livre, vous allez chez votre libraire préféré (il est encore temps de le faire, tant que le e-book ne se sera pas imposé) et vous déambulez dans les rayonnages. Coup de chance ou miracle de la littérature, vous tomberez à coup sûr sur un titre, dont la présentation éditeur sera pour vous une véritable révélation. Le tour est ainsi joué. Sur Internet, pour trouver LE site que vous recherchiez tant, inutile de croire que le hasard va vous mener à travers les millions de pages existantes sur celle qui vous comblerait. Retour à la librairie (vous savez un magasin rempli de livres), vous avez aussi la possibilité d’échanger quelques mots avec le libraire qui va alors vous aider et vous guider dans votre recherche.

Google, le libraire nouvelle génération

Et bien figurez-vous que sur Internet aussi, vous pouvez demander conseil à un libraire. Certes sur la Toile, il sera moins disposé à vous faire la conversation et vous pourrez (légitimement) ressentir un malaise devant les conseils orientés (et donc commerciaux) de ce libraire pourtant si prompt à vous répondre. Son prénom est peu usuel et son français plus qu’approximatif. Demandez à Google ce que vous recherchez et il va vous conseiller les meilleurs sites sur le sujet. Mais qu’entend-il exactement par meilleur ? Voilà la véritable question.

Car comme le français de Google laisse à désirer (peut-être n’a-t-il pas pu bénéficier de l’aménagement des rythmes scolaires, présentés comme le remède miracle), ce libraire se limite donc à recenser les mots clés, ceux que l’Internaute va fébrilement taper sur son clavier. On comprend alors que lorsque vous recherchez l’hébergement idéal pour vous permettre de succomber au charme de Venise ou à la frénésie de Paris, Google sait que vous allez taper « hôtel ». Et comme Google sait que nous n’avons pas un dixième de seconde à perdre en prenant soin de placer les accents au bon endroit, il devine que l’Internaute aura alors tendance à taper hotel. Selon son statut, le même internaute privilégiera l’établissement économique et accessible à son budget (Google comprend « pas cher ») ou le temple du luxe et de la détente (Google traduira par « luxe »).

Les mots clés, la trame des nouveaux écrits

Plutôt que de décrire, avec passion, la décoration élégante des chambres de cette maison familiale gérée avec bonheur par un couple qui mérite d’être connu, Google préférera lire que cet hotel pas cher est pas cher (sic).

Caricature bien évidemment et pourtant un passage sur les sites les plus courus vous démontrera que les fautes d’accents, d’accords,…sont trop nombreuses et répétitives pour n’être expliquées que par des lacunes scolaires.

Bien évidemment, Google, en tant que bon libraire, ne limite pas ses conseils à ses seuls mots clés et prend en compte bien d’autres arguments. Nous les évoquerons dans les articles à venir, mais avant cela nous reviendrons sur ces mots clés afin de bien faire comprendre l’importance absolue (et pourtant si relative) de cette notion.

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L'auteur

Eric Varin

Rédacteur indépendant, n’opposant pas qualité du contenu aux exigences S.E.O., je vous accompagne dans la réussite de toutes vos communications.

 

16 Commentaires

  1. Excellent article ! Terriblement vrai la façon d’écrire malheureusement orientée vers un robot celui de Google et plus vers les lecteurs / internautes.
    La quantité de visites sur un site a pris trop de place dans la tête des webmasters.

  2. « Un écrivain virtuel n’écrit pas pour ses lecteurs mais pour un lecteur : Google. » : Je ne suis pas d’accord. Si un rédacteur n’écrit pas pour ses lecteurs, autant le remplacer par un robot…

    D’ailleurs, vous avez votre style, vous écrivez avec quelques pointes d’humour pour que votre article soit plus agréable à lire. Vous n’auriez pas rédigé cet article de la même façon s’il était uniquement destiné au lecteur « Google », n’est-ce pas ? :)

    L’optimisation SEO est indissociable du travail du rédacteur web, mais le rédacteur écrit avant tout pour communiquer un message clair et efficace, en s’adressant directement et en premier lieu à ses lecteurs. C’est ainsi que je le conçois en tout cas.

    • Je partage complètement ce point de vue de Redactio. Pour moi, le rédacteur reste un passeur d’idées.

      Pour rebondir sur votre exemple du couple qui tient son hôtel avec passion, je pense que cet aspect humain de l’accueil et du cadre compte autant que le « hotel pas cher » même s’il n’est pas formulé de manière prioritaire dans la requête. Si vous avez le choix entre un hôtel pas cher, sale et moche et un hôtel pas cher, nickel et sympa, lequel a votre préférence ?

      Il faut donc parvenir à trouver un juste équilibre entre les requêtes objectives des utilisateurs « pas cher » et les critères subjectifs (cadre agréable, propre, accueil sympa, couple passionné). L’analyse des mots-clés ne suffit pas toujours pour déceler ce deuxième aspect.

      Un bon rédacteur sera capable de faire passer cet aspect sensible et émotionnel de l’humain à travers son texte, de l’optimiser sur les mots-clés stratégiques et de donner clairement toutes les informations nécessaires à l’internaute. Le tout avec une structure d’info et une mise en forme adaptée au web :-)

  3. Bonjour cher collègue

    Du vrai et du moins vrai selon moi cher collègue.
    Idéalement Google aimerait que nos textes soient aussi beaux que ceux de la littérature. Riches en vocabulaire en adjectifs en substantifs, synonymes et autre vocabulaire connexe.
    Il aimerait qu’ils soient descriptifs, paraphrasés bourrés de références et de cooccurrences.
    Autant de signaux qui lui permettraient de considérer la page lue comme la plus pertinente dans sa catégorie
    Ne nous bassine-t-on pas avec sa capacité « web sémantique » … qui ne veut rien dire du tout.

    C’est parce que Google est encore un grand gamin qu’il se fait prendre par ces textes de pisse copie, bouillie infâme à base de répétition « aux endroits stratégiques » et selon une « densité » scientifiquement bourrine !

    L’écriture web est technique, le copywriting l’est tout autant, la littérature ne l’est pas moins.
    Tant que Google ne regardera que le titre du livre () le sous titre ( h1) et les têtes de chapitre ( h2.
    Tant qu’il ne sera pas capable de mieux lire qu’en diagonale … les forgerons marteleurs du mot-clé garderont une jolie longueur d’avance .
    sic
    Je me suis laissé emporter, j’espère ne pas être hors sujet

  4. Evidemment, les articles orientés « SEO » ont pris le dessus sur les chroniques littéraires des premiers blogueurs au début de l’Internet… Malheureusement, si le blogueur ne veut pas rester dans l’anonymat total il est obligé de prendre en compte Google… puis petit à petit beaucoup se prennent au jeu (surement trop) et les textes deviennent de plus en plus optimisés et de moins en moins intéressants…

  5. « de plus en plus optimisés et de moins en moins intéressants » : pourquoi optimiser au détriment de la qualité du contenu ? Est-ce impossible de rédiger un texte intéressant ET optimisé ? Je ne pense pas. D’autant que ça lui fait de belles jambes, au blogueur, d’être bien référencé s’il n’intéresse personne.

    Google a son mode de fonctionnement, mais il est tout à fait possible de répondre à ses critères, en donnant également une importance prioritaire aux visiteurs du site à qui l’on s’adresse.

    Allez rédacteurs, n’oublions pas notre objectif premier et essentiel qui est de répondre aux requêtes de l’internaute ! Il ne s’agit pas de dire « malheureusement, c’est Google qui prime »… Non. Le référencement est le moyen d’arriver à nos fins, de nous faire connaître auprès de notre cible, mais à la fin, justement, le texte doit être orienté lecteur.

  6. C’est tellement vrai et juste ce que vous racontez dans cet article! Et c’est une triste réalié!

    Merci pour ce billet!

  7. Bonsoir,

    Merci déjà d’avoir pris le temps de réagir à cette contribution qui ne prétend aucune définir une situation qui est loin d’être simple et unique. Bien évidemment que le rédacteur Web se doit d’être un passeur d’idées et il y parvient dans certains cas.
    Je ne parle que de mon cas et que de ce que je maitrise. J’écris, de temps en temps, des sujets pour le Web (voire parfois pour la presse traditionnelle) pour lesquels le donneur d’ordre me laisse carte blanche. Le style, la forme, le contenu….ces sujets sont alors passionnants puisqu’ils m’entrainent sur des chemins…Ces commandes existent mais elles sont rares. Si je suis convaincu que la qualité prime sur la durée, les responsables éditoriaux de certains sites ne jurent (je persiste et signe) que par les mots clés et les multiples balises et autres bases essentielles dites S.E.O.
    Alors pour être même plus honnête, j’avoue que les commandes de sites majeurs du e-commerce (plusieurs centaines de textes en une ou deux semaines) sont aussi une source de rémunération me permettant d’assumer, par ailleurs, d’autres tâches bien moins rentables (mais pourtant passionnantes).
    Mon propos n’était donc pas de lancer l’anathème sur les rédacteurs et rédactrices Web mais bien de souligner les dérives (et les dangers) de la suprématie de ces règles S.E.O.
    Bonne soirée
    Eric

    • Ok alors oui, les dérives existent. Certains ne jurent que par les mots-clés, on est d’accord. Si j’ai réagi c’est que le titre de l’article est « Comment écrire pour le web ».

      Même s’il y a des dérives, je maintiens quand même mon point de vue : le texte doit être avant tout orienté lecteur, et les mots-clés sont un moyen de faire connaître et de bien positionner ce contenu (pour qu’il soit trouvé et lu par des lecteurs d’ailleurs, ce n’est pas Google qui va être enrichit et informé par nos contenus). C’est un principe qu’on peut toujours respecter, quelle que soit la commande.

      Eve synthétise très bien les capacités du bon rédacteur web dans son commentaire ci-dessus. ;)

      (Marie-Eve)

  8. Pour moi, tout au contraire de ce que dit l’article, je pense que le SEO (= les techniques pour influencer les moteurs de recherches) tend à disparaître. Ne serait-ce que parce que Saint Google lui-même aimerait le faire disparaitre (à coup de Panda, Pinguin, etc.).

    Ecrire concis et efficace, oui. Ecrire pour Google, certainement pas.

  9. La rédaction web est une affaire d’objectifs.
    En fait, on peut très bien écrire avec les pieds et apparaître relativement bien classé, tant que l’on sait ou et quand placer certains mots clés.
    Le choix des balises, les répétitions parfois un peu lourdes assurent des places de choix à certains articles.
    Toute la difficulté d’écrire sur le web est de savoir comment fonctionne le moteur, d’être appliqué dans ses choix « balisetiques » mais d’avoir un contenu intéressant et propre pour le lecteur. Le bon littéraire dépourvu de connaissances SEO n’a pas sa place sur le Web. En revanche le rédacteur web connaissant quelques critères de pertinence au sens de l’algorithme aura ses chances d’être lu, toujours cette affaire de quali/quanti

  10. Toujours le fameux compromis entre la visibilité (représenté par Google dans la majorité des cas) mais aussi l’utilisateurs final (le visiteur). 2 parties prenantes avec des finalité différentes, c’est cela la principale difficulté pour bien écrire pour le web, trouver le juste milieu.

  11. J’aurais été totalement d’accord avec cet article il y a 3-4 ans. Mais Google a enrichi profondément son approche et ses algorithmes (complexifié ? rendu incompréhensible ? affiné ? le débat est ouvert), et le résultat n’est plus mécanique.

    Pour moi la hiérarchie des priorités est claire : 1 – les lecteurs, 2 – les moteurs. Pour une raison simple : ce sont les lecteurs et non les moteurs qui cliquent sur nos titres pour aller lire des contenus qui les concernent; et ce sont les lecteurs et non les moteurs qui reviennent, s’abonnent à nos newsletter et entrent dans la conversation qui est la finalité d’un site Web.

    Aujourd’hui, je pense qu’un site qui se fixe comme principal objectif d’améliorer l’intérêt de ce qu’il publie afin de faire revenir les internautes a plus de chances de succès qu’un site écrit par un maniaque des keywords. Y compris auprès de Google.

    Evidemment, connaître ses mots-clés et les utiliser à bon escient est une attitude professionnelle de bon sens, mais cette approche doit rester à sa place : un outil parmi d’autres dont nous disposons pour optimiser la présence en ligne de nos clients.

  12. Un grand bonjour à Eric et aux nombreux rédacteurs qui ont commenté l’article.
    Contrairement à certains, je trouve que le texte est tristement réaliste. le web fourmille de contenu pauvre et sans intérêt.
    La majorité des créateurs de contenu web, ne devraient pas se targuer du titre de rédacteur, car ils ne savent que survoler un sujet et le traiter de façon morne et productive.
    Le fort développement des réseaux sociaux qui offre un signal positif ou négatif du public aux moteurs de recherche, auront peut être l’effet positif de valoriser les contenus réellement intéressant, mais il ne fait pas se mentir, le web aujourd’hui est un formidable outil où pour trouver quelque chose d’intéressant, il faut traverser une jungle de ronces et d’épines.

  13. Le compromis reste possible entre Google et les impératifs liés à l’écriture. C’est une évidence. Il ne s’agit pas de dénigrer les rédacteurs Web et les rédactions pour tel ou tel site mais juste d’en souligner les dangers et les limites (nées des exigences inhérentes à ce type de rédaction).

    Alors bonne journée à toutes et tous car même sur le Web, le 1er mai reste la fête du travail. Comme quoi certaines choses ne changent pas.

    Eric

  14. Bonjour, alors si on n’est pas dans le métier du Web, je pense qu’il faut écrire surtout pour les internautes… Si on écrit correctement sur un sujet donné, ils vont s’intéresser à nous; C’est un grand luxe de pouvoir partager toute cette information

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