Facebook — 27 février 2013 — 12 commentaires
28 février, Journée mondiale sans Facebook

Ce 28 février, c’est la Journée mondiale sans Facebook. Une véritable torture pour chacun d’entre nous. Pourquoi pas une journée mondiale sans eau, sans air… sans picon bière tant qu’on y est !

Une journée entière, sans recevoir de nouvelles de gens que je ne connais pas, sans pouvoir apprendre que le chien de la voisine de Julie s’est cassé la patte en glissant sur la neige, sans pouvoir liker les dernières blagues pourries de Michel, sans pouvoir partager les fausses pubs de Findus… Sans recevoir d’invitation à des jeux ou à des applications qui ne servent à rien, sans recevoir une demande d’amitié d’une belle inconnue qui s’empresse de me donner son numéro de téléphone…

Une journée entière sans couverture trafiquée de « Martine à la plage », sans street art made in Germany, sans caricature de Kroll (le meilleur caricaturiste belge).  Une journée entière sans me prendre la tête avec ceux qui commentent mes posts  alors qu’ils ne les ont pas vraiment lus… Bref, une journée perdue, foutue, gaspillée…  On préférerait encore être coincé dans un chalet pendant une tempête de neige.

Mais puisque c’est comme ça, essayons de comprendre l’intention qui se cache derrière cette initiative saugrenue. Les promoteurs de la Journée sans Facebook veulent paraît-il nous sensibiliser aux risques d’addiction que représente le 1er réseau social ainsi qu’à ses dangers pour notre vie privée. Plus largement, cette journée est le symptôme d’un mécontentement des utilisateurs qui commence à s’étendre. Mécontentement face aux problèmes de sécurité que présente le réseau et à la gestion des données personnelles. Des cas de censure sont également dénoncés.

Et la préoccupation est compréhensible, notamment pour les jeunes qui sont hyperactifs sur Facebook et qui ne sont pas conscients qu’en s’exposant trop, ils risquent de se retrouver à poil sur la toile. Qu’elle soit suivie ou non, la journée sans Facebook aura peut-être le mérite de les faire réfléchir à leur utilisation du réseau social. Mais à ce « one shot » on préfère de loin les actions sur le terrain et dans la durée, qui visent à apprendre aux jeunes aux bons usages d’Internet, comme les propose par exemple Bee Secure depuis plusieurs années.

Pour les autres, cette journée sera peut-être l’occasion de faire un break, d’ouvrir le répertoire de son smartphone pour se rendre compte qu’ils ont des amis qui ne sont pas sur Facebook. Et de redécouvrir que ce même appareil sert aussi à téléphoner.

Pour les marketers et  Community managers, la journée sans Facebook sera peut-être l’occasion de prendre un peu de hauteur, de réfléchir sur leur stratégie de médias sociaux, de vérifier si leurs comptes sont bien configurés, de passer en revue les applications qui y ont accès, de considérer d’autres réseaux sociaux… Bref, de réfléchir à leur stratégie.

Et pour ceux qui n’y sont pas encore, ce sera sans aucun doute l’occasion de tester Google+ : avec 500 millions d’utilisateurs, ce réseau social est devenu le challenger de Facebook après une croissance fulgurante ces derniers mois.

Google+ est beaucoup moins « fun » que Facebook et il offre un environnement plus propice aux échanges entre professionnels. Ici, pas de publicités envahissantes ni d’applications avides de données personnelles… Google a choisi de garder le contrôle sur le développement de son réseau social. Revers de la médaille : les systèmes de gestion et de reporting (comme Hootsuite) n’y ont pas accès. Difficile dès lors pour les Community managers de planifier leurs posts et de se construire un tableau de bord de leur présence sur Google+.

Finalement, la journée sans Facebook ne sera peut-être pas perdue pour tout le monde.  Ce sera aussi l’occasion de rappeler à Mark Zuckerberg que les utilisateurs de Facebook ne sont pas simplement un capital dont il fait ce qu’il veut… C’est ça aussi le Web 2.0.

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L'auteur

Jean Larock

Passionné par la communication, je suis actif sur le web depuis le début du millénaire... Journaliste de formation, je m'intéresse plus particulièrement au volet éditorial et j'interviens auprès des entreprises et administrations pour les aider à développer leur stratégie de contenu.

 

12 Commentaires

  1. « Google+ est beaucoup moins « fun » que Facebook »
    Vous ne connaissez pas mon profil G+ alors :p

  2. De plus il existe un système de reporting pour les pages persos et pros :) http://www.circlecount.com/

  3. Mea Culpa Laura, je n’avais pas vu ton profil G+ ;-) C’est maintenant chose faite!
    Concernant le système de reporting, ton lien est intéressant, mais il concerne uniquement G+. Je crois que Google n’a pas ouvert ses api et ne permet donc pas aux grands outils de gestions d’interagir directement avec un compte.

  4. G+ fonctionne très bien avec Hootsuite…
    Du moins je l’utilise sans soucis pour la gestion de ma page…

  5. Soulignons quand même que FB est très intéressant pour le travail : réseautage, recrutement, publicité, community management…

    Bon après c’est sûr que du côté core user il peut y avoir des problèmes à trop s’exposer sans prendre de précautions, mais cela relève plus du bon sens qu’autre chose pour moi, l’utilisateur reste le seul fautif des intrusions dans son monde à mon humble avis :)

  6. Bon nombre d’usagers semblent êtres gagnés par la lassitude concernant Facebook … la méconnaissance même du fonctionnement d’une base de données, de la manière dont les informations se structure me semble y être pour beaucoup. L’internaute lambda est complétement perdu et les récurrentes alertes sur la vie privée en sont la preuve. Pour ce qui est des professionnels comme les CM, il leur faudra probablement repenser leurs pratiques vers le début 2014 … à suivre !

  7. Une journée sans facebook qui va nous inciter à partager via d’autres réseaux. C’est une très bonne chose.l

  8. Mon défi professionnel quotidien est plutôt de gérer Facebook différemment. Je jongle avec les albums photos et je prône la double action qui amène
    le fan ou l’ami vers une autre plate-forme sous-jacente. Des heures de plaisir. Alors, on bascule vers Twitter ou Pinterest demain ?!?

    Une journée sans Facebook, c’est possible mais c’est comme un régime sans chocolat :
    On peut tricher un petit peu !

  9. @Adverine: « l’utilisateur reste le seul fautif » : non car Facebook a longtemps considéré que la vie privée était « un problème de vieux cons ». Ce n’est que récemment, sous la pression des CNIL de différents pays et d’utilisateurs courageux et motivés (pour aller plaider leur cause à Dublin) que Facebook a fait preuve d’un peu plus de transparence sur sa gestion des données personnelles. Mais tout n’est pas réglé pour autant. Les applications ne sont pas toutes fiables, les messages privés sont screenés,…

  10. C’comme la cigarette, plus on se met dans le crâne cette belle phrase: « il ne faut pas que je ***** », plus on le fait.

    Autant je ne m’étale pas sur ma vie privée, autant d’un point de vue pro, il va falloir que je m’y penche un peu.

    Mais rien ne vaut un bon G+ voir Twitter ou Pinterest. Ces trois là sont bien plus agréables.

  11. Beau rapprochement avec a cigarette, quoique se connecter à Facebook soit plus un réflexe … moins de culpabilité donc !
    Personnellement, c’est comme ça que j’ai plongé ; j’ouvre mon navigateur, j’appuie sur le bouton Facebook dans mes favoris et … merde, échec de MA journée sans FB !

  12. Merci à tous pour vos commentaires intéressants. La cigarette, le chocolat… tous les vices sont dans la nature ;-) Et tout est question de modération…
    @Jules : c’est vrai qu’on peut gérer une page pro avec Hootsuite, mais c’est la seule chose qu’on puisse faire avec G+

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