Blogosphère Community management Facebook Réseaux sociaux Twitter — 16 octobre 2012 — 1 commentaire
Le transmédia pour promouvoir des contenus audiovisuels

Le but de cet article n’est pas de parler de la narration transmédia ni de la communication crossmédia qui vise à annoncer l’arrivée d’un contenu via divers canaux afin de le « vendre » à sa future audience. Nous allons plutôt nous intéresser à l’utilisation des techniques transmédia pour assurer la promotion interactive d’un contenu cinéma / TV, susciter le bouche à oreille et inciter les (futurs) fans à s’approprier l’univers scénaristique afin de s’y impliquer. Petit tour non exhaustif des méthodes possibles…

Facebook & Twitter : sur 3 niveaux de profils

Le plus simple, utiliser des comptes Twitter et Facebook. A condition de bien exploiter les 3 niveaux:

1)  Le compte Twitter ou la page Facebook du film

A lancer dès le début du tournage (ou avant) pour rythmer le processus de création. Par exemple, la page Facebook du dernier James Bond SkyFall  qui diffuse régulièrement depuis des mois des images du tournage, quelques informations (non cruciales) sur la trame du film ainsi que des rappels des aventures précédentes de l’agent secret britannique.

  • Ce niveau de contenu est plutôt de type « promotionnel » et vise à informer le public sur l’existence du projet et à le « faire patienter » en attendant la diffusion sur écran.

2)  Second niveau : donner une existence virtuelle aux personnages du film

En créant par exemple la page « profil personnel » du héros d’une série. C’est ainsi que certains vampires de la série True Blood ou que Barney Stinson (How i met your mother) disposent de « leur » compte twitter voire d’une page Facebook. Pour ma part, j’avais une nette préférence pour le cultissime Sheldon Cooper (Big Bang Theory) dont le compte twitter est malheureusement suspendu.

  • Idéale pour supporter une série télévisée ou une saga en plusieurs films, l’animation de « comptes personnages » permet de créer une relation personnelle entre les spectateurs et les héros. Bien sûr cela implique une gestion très active et très réactive des comptes.
  • Le « compte personnage » est également un excellent moyen de diffuser des « informations privilégiées » sur les épisodes suivants ou d’inviter le public à participer activement à l’écriture du scénario. C’est également une manière de briser « le quatrième mur » sans compromettre pour autant l’intégrité réaliste du scénario principal.

  • La réussite de ce type d’animation impose l’implication du scénariste qui doit être prêt à laisser une partie de son œuvre ouverte à l’influence du public.
  • On peut cependant se heurter aux règles internes de certaines plateformes comme Facebook qui peuvent ne pas accepter l’existence de comptes pour des personnes non réelles.

3) Troisième niveau : Impliquer les acteurs ou le staff de réalisation dans la production de contenu

C’est un levier plus difficile à contrôler car il mélange le « personal branding » de l’acteur et la promotion du projet sur lequel il travaille. Néanmoins, si on pense que l’on peut transformer les employés et les consommateurs en « ambassadeurs de marque », pourquoi ne pas tenter la même conversion avec les acteurs ?

Blog et site Web

Classique, et déjà fait me direz-vous, mais on parle ici de sites qui vont bien au-delà du simple contenu promotionnel qui propose tout au plus quelques malheureuses bandes-annonces déjà vues des dizaines de fois ailleurs.

Un exemple : le Blog du Docteur Watson qui était destiné à supporter la série Sherlock.Blog et série ont depuis fait long feu. Si vous aimez les vampires vous pouvez aller voir du côté du blog de Jessica où la jeune vampire de True Blood dispense des conseils de maquillage pour jeunes décédés ( !).

On imaginerait très bien également un blog tenu par Michael Scott (le patron dans the Office). Le genre de blog où Michael dispenserait ses bons conseils en matière de gestion de ressources humaines par exemple… Avec des contenus écrits par Ricky Gervais cela aurait été un pur régal.

Les sites web constituent également un levier puissant. Saviez-vous, par exemple, que les sociétés fictives  Massive Dynamic (The Fringe) et Reynholm Industrie (The IT Crowd) disposent toutes deux de leur site corporate ?

Dans les deux cas, il s’agit de sites créés par des fans et qui ne représentent qu’une simple vitrine mais on peut sans peine imaginer le potentiel de ce type de portail pour diffuser des indices sur les épisodes à venir ou des « Easter eggs » cachés dans les épisodes déjà diffusés. De quoi doper les ventes de DVD !

Toujours à propos de la (génialissime) série The IT Crowd, on trouve sur la toile au moins trois autres sites de fans qui s’inspirent de sites web soit disant visités par les héros lors de leurs aventures. Ces sites ne sont plus animés malheureusement.

Là encore, si ces sites avaient été ouverts par les créateurs avant le lancement de la série, cela aurait permis d’attirer une partie de l’audience sur un nouveau média afin de, par exemple, la qualifier en vue d’opérations commerciales ou autre.

Plus proche de nous, la série Plus Belle la vie a récemment proposé un ARG (Augmented Reality Game) reposant sur tout un dispositif Twitter / Facebook et blog. Pour plus de détails, je vous invite à lire l’article sur le site de The RabbitHole :

 

Autres supports

La promotion transmédia peut bien évidement s’appuyer sur d’autres supports encore, je ne citerai que 2 exemples :

  • Foursquare pour créer un jeu de piste au travers des lieux de tournages (si ces derniers sont réalisés en décors naturels) ;
  • Shazam à utiliser au moment de la diffusion du contenu principal ou de bande- annonces pour accéder à des contenus complémentaires sur le principe d’une application « second écran ».

Conclusions

Les possibilités pour promouvoir un contenu ciné/TV et son univers sont immenses et ne réclament pas nécessairement des budgets importants. Par contre, cela implique obligatoirement une vision et une écriture transmédia dès la genèse du projet. Cela nécessite également une implication importante du scénariste, en étroite collaboration avec le producteur et le chef de projet (réalisateur).

C’est le prix à payer pour réussir à créer un univers que les fans pourront s’approprier afin de prolonger la durée de vie des contenus et dans une seconde phase, augmenter les possibilités de monétisation.

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L'auteur

Geoffrey Laloux

Actif depuis 1998 dans le web (à l'époque on parlait encore de modems 2600 bps et de Bulletin Board System - les vieux comprendrons). D’abord dans la gestion de projet et l’intégration avec les systèmes IT, puis dans la consultance en marketing. En 2008 j’ai fondé Synaptic, une agence de conseil spécialisée en Marketing Stratégique. En 2014 j’ai rejoint The Content Company comme Marketing & Com Manager pour ViKE – ViDEOS i LiKE, une plateforme vidéo / WebTV axée sur les contenus de qualité. Je donne également des formations en stratégie marketing dans les entreprises et dans les Hautes Ecoles en Mar-Com.

 

1 Commentaire

  1. « L’histoire » illustre mes propos: Disney vient de lancer http://monstersuniversity.com/edu/ le site web de l’université des monstres dans lequel vont les héros du dernier Pixar « Monster 2″.

    Bel exemple de site web ouvert par les producteurs pour donner du corps à l’univers d’un film à venir et favoriser le récit et la promotion transmedia

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