Best Of Interviews Liens sponsorisés Référencement naturel — 21 juin 2012 — 7 commentaires
Interview de David Degrelle, agence de référencement 1ère position

Lors du web event Lyon organisé par Lafermeduweb, Novaway et Lacuisineduweb au palais des congrès de Lyon, j’ai eu l’opportunité de rencontrer David Degrelle, président et fondateur de l’agence de référencement 1ère position. J’ai pu avoir une interview entre le peaufinage de ces slides et sa conférence : Les enjeux et stratégies de référencement multi canal sur Google en 2012. Voici la transcription…

Concrètement qu’est ce qu’apporte un événement comme « web event » à Lyon et aux entreprises  de marketing web comme la votre ?

Cela nous permet de nous faire connaitre au niveau local. Parce que nous sommes plus particulièrement connu au niveau national,  nous avons encore besoin de nous développer et de nous faire connaitre au niveau local. Et puis, force est de reconnaitre qu’on se plaint beaucoup que tous les événements sont toujours à Paris : les ateliers, les conférences, les formations etc… Tout est centralisé sur Paris et on sent bien qu’il y a une vrai demande en région, donc c’est important d’avoir des événements comme celui-ci au niveau local.

Aujourd’hui quel est votre cœur de métier, qu’est ce qui vous fait vivre ?

Ce qui nous fait vivre depuis 1999, c’est le référencement naturel. C’est le 1er levier que l’on a développé. Ensuite, au début des années 2000, il y a les liens sponsorisés qui sont apparus avec la plateforme Google adword. Nous avons suivi cette évolution et nous avons proposé à nos clients de gérer leurs campagnes de liens sponsorisés sur Google Adword en plus du référencement naturel. Depuis 2004, on a commencé à s’intéresser aux réseaux sociaux. Aujourd’hui, on accompagne nos clients en termes de stratégie de référencement social. Ce qui nous fait vivre aujourd’hui, c’est le SEO (référencement naturel), le SEA (référencement sponsorisé) et le SMO (social media optimisation) qui est le référencement social sur les réseaux sociaux.

Pourquoi vous et pas un concurrent ? Quelle plus value ?

C’est toujours une question délicate parce que l’on a tous nos spécificités. La notre, par rapport à nos confrères, c’est d’intégrer les trois leviers de la création de trafic ciblé que sont le naturel, le payant et le social, et de les gérer en synergie. Ce qui permet de développer des interactions et de mutualiser les leviers et les retours.

Typiquement, quand on optimise son référencement naturel, cela permet d’optimiser aussi le coût des campagnes de liens sponsorisés et de faire baisser le coût par clic. Quand on optimise une stratégie de référencement social sur les réseaux sociaux, ça permet aussi de renforcer le référencement naturel. On voit bien, dans cette logique de référencement multi canal, que le fait de gérer les trois leviers en simultané permet à nos clients de réduire leurs coûts, le nombre d’agences intermédiaires, de réunions, de rendez vous à faire et surtout d’améliorer le retour sur investissement. Mais ceci fonctionne à partir du moment où l’on peut gérer les trois leviers de manière simultanée. Si les clients travaillent avec trois agences différentes, une pour le social, une pour le naturel et une pour le référencement payant, il est clair que les trois agences renforceront chacune leur propre dispositif.

On parle de référencement naturel, de référencement payant et des media sociaux. L’email marketing, le display vous ne l’abordez pas du tout ?

Nous sommes spécialisé sur l’acquisition de trafic. Après, il y a tous ces enjeux autour de l’e-mailing, de l’affiliation… Nous, nous avons décidé de garder un focus et une expertise très pointue en termes de référencement. Les trois leviers cumulés, dont on est en train de parler, représente entre 50 et 60 % du trafic d’un site internet. C’est vrai que l’on travail plus dans une logique d’acquisition de trafic pour nos clients que dans une logique de fidélisation. Même si par le biais des réseaux sociaux, on participe tout de même a la fidélisation des visiteurs. Notre rôle, tel qu’on le défini, c’est vraiment d’être un créateur de performance et de trafic ciblé.

Aurez-vous ou attendez-vous des retombés aux niveaux contrats après une intervention ici ?

On ne va pas se mentir, on l’attend toujours. Mais il est vrai que la conférence de tout a l’heure va être intéressante car elle va nous permettre de partager avec les webdesigners, les développeurs, les intégrateurs et de voir un peu la vision et l’approche qu’ils peuvent avoir. Est ce qu’on attend particulièrement que ce soit des clients à l’issu de la conférence ? Nous verrons si mon intervention a plu. Aujourd’hui, on est vraiment dans un environnement professionnel avec des acteurs qu’on côtoie tous les jours, le but c’est aussi de partager avec eux de l’information. Après si il y a des contrats tant mieux, en tout cas ça nous aura permis de faire des rencontres et d’échanger.

Trouvez-vous Lyon dynamique au niveau web ? Est ce que les entreprises lyonnaises ont une forte demande de développement à ce niveau là ?

Il y a une forte demande, oui ! Nous le ressentons de plus en plus et c’est pour cela qu’on a décidé d’installer une agence depuis 2008. On a vu qu’Internet en région suscitait de plus en plus d’intérêt de la part des entreprises.  Il n’y avait pas forcément beaucoup d’acteurs dans la région Rhône Alpes en termes de référencement. Maintenant, il reste beaucoup à faire. Les stratégies de référencement au niveau local, nous en sommes qu’au début, alors que cela représente des enjeux vraiment majeurs pour les entreprises locales. Ce que l’on veut leur montrer, c’est qu’effectivement Internet est capable de générer du trafic dans les magasins physiques à travers les approches comme « je recherche de l’information en ligne et je vais acheter en magasin ». C’est une approche qui intéresse et qui marche de plus en plus en région, mais il reste encore beaucoup de chemin a faire, et c’est pour ça qu’on existe.

Voyez vous les changements du style de la nouvelle mise à jour de l’algorithme de Google pingouin comme des opportunités ou des menaces par rapport a votre agence ? et pourquoi ?

Alors, soyons clair, nous n’avons aucun client qui a été touché par Google pingouin et on en est très fier. On défend depuis 1999 une approche du référencement éthique et durable. Ca représente une menace pour les agences qui ont mis en place des stratégies autour du spam ou de la création de liens de faible qualité.

Pour nous, c’est une opportunité pour faire comprendre aux clients l’intérêt de développer son référencement de manière durable. Le référencement n’est pas une action immédiate, cela prend du temps. Et si les résultats arrivent trop vite, il y-a des chances pour qu’ils descendent aussi très rapidement. On défini notre rôle d’avantage comme un rôle d’accompagnateur de nos clients vis à vis de la culture Internet. On ne définit pas notre métier de référenceur seulement comme un métier qui consiste à positionner les sites en 1ere position sur des mots clés dans Google. On définit, chez 1ere position, notre métier comme un vrai métier de conseil pour aider les entreprises à développer du business sur internet et pour comprendre les mécanismes, la culture d’Internet, la philosophie d’Internet. Donc, en ce sens, pingouin nous ramène aux origines du référencement et le mot d’ordre c’est : penser à l’utilisateur final, créer du contenu de qualité et du contenu pertinent en vous intéressant aux internautes plutôt qu’à Google.

Comment faites vous pour être à la page a ce niveau là ? En combien de temps avez-vous des résultats ?

On édite depuis 2004, un site qui s’appelle secret de moteur, qui est un des sites les plus utilisés par la communauté des référenceurs en France et qui est un service de veille qu’on met à disposition gratuitement. C’est une veille qu’on réalise quotidiennement et sur laquelle on investit beaucoup avec une personne qui s’occupe de sélectionner les meilleures news tous les jours dans le domaine du référencement. C’est notamment ce service là qui nous permet de rester à la pointe. Après, en termes de délai de résultats, il est raisonnable de compter entre trois et six mois pour obtenir des résultats en termes de référencement naturel. Mais il peut arriver, sur des thématiques très concurrentielles et pour des nouveaux entrants qui n’avaient pas de sites web par le passé qu’on leur donne des délais d’un ou deux ans pour réussir à se positionner sur des mots clés génériques. Il faut bien comprendre que le référencement et la visibilité sur Internet est une construction qui doit se faire dans la durée. Comme je l’indiquais toute à l’heure, si on propose des solutions trop rapides, pas chères, etc… c’est forcément qu’il y a un loup derrière, Internet est plus complexe que ça.

Le manque de formation diplômante en matière d’e-marketing est il un réel problème pour recruter ?

C’est un problème à tout point de vue. On manque encore d’écoles, d’universités, et de formations vraiment pertinentes en matière de référencement. On commence à voir des cours qui sont donnés sur le référencement en école et c’est très bien. C’est souvent quelques heures de cours dans l’année et c’est largement insuffisant.

A côté de ça, il y a des initiatives qui sont portées par des responsables d’universités ou des responsables de départements. Je pense notamment à SRC Montbéliard, qui eux, ont décidé de miser sur tous les leviers du e-marketing et notamment les leviers du référencement. Il y a aussi un IUT à Mulhouse qui propose une licence professionnelle dans ce domaine. C’est vraiment très encouragent.

Après, force est de constater, qu’aujourd’hui, le domaine du référencement recrute énormément. Il y a plus d’offres que de personnes réellement compétentes et qualifiées. Trouver un référenceur qui a entre cinq et dix ans d’expérience en France, c’est difficile, il n’y en a pas beaucoup. Ce sont des profils qui sont très recherchés, c’est vrai que cela nous pose des difficultés en termes de recrutement. On a du mal à recruter des profils qualifiés et le fait que ces profils soient très recherchés engendre une inflation monstrueuse en termes de rémunération. Quand quelqu’un a un an ou deux d’expérience c’est un senior dans le domaine du référencement, ce qui nous fait un peu bondir. Les annonceurs commencent à internaliser de plus en plus la fonction de référencement et ils viennent clairement débaucher dans les agences qui jouent le rôle de centre de formation.

Quelle est votre politique à ce niveau là ? Quel(s) besoin(s) avez-vous ?

Nos besoins en termes de recrutement ? On ne recherche pas tant que ça les diplômés. On recherche surtout des profils qui ont développé une expertise même à titre individuel. Il nous est arrivé de recruter des personnes jeunes, qui faisaient du référencement à titre personnel depuis deux ou trois ans. Même si elles n’avaient pas d’expérience professionnelle dans notre secteur, le fait qu’elles aient développé leur expertise à titre individuel les rendait extrêmement bon en matière de référencement.

Aujourd’hui, ce qui a évolué dans notre métier, c’est qu’on recherche à la fois des référenceurs qui ont une fibre technique et donc une connaissance des langages de développement : le php, le html 5, le java script, le jquery. Ils ne doivent pas forcément savoir développer. Ils doivent être en mesure de comprendre un langage de développement, un langage informatique, d’être capable de donner des recommandations, d’orienter les développeurs ou l’agence web avec lesquels on est amené à travailler.

On recherche également de plus en plus des référenceurs avec une expertise rédactionnelle. On va plus rechercher des littéraires, parce que le référencement naturel et les réseaux sociaux sont extrêmement consommateurs en termes de contenu. C’est ce style de profil qu’il nous faut pour développer ces expertises. Et puis après, on cherche aussi des personnes qui ont une vrai culture «communication», une culture «marketing». Notamment pour optimiser les performances de nos clients, mettre en place des rapports analytiques, être capable d’analyser des statistiques et définir des recommandations. Donc du métier de technicien, qui est le métier d’origine du référenceur, au fur et à mesure des années, on est passé sur un métier qui est devenu multiple, entre un aspect technique et un aspect marketing.

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L'auteur

David Font

Passionné de voyage, j'ai eu l'occasion de vivre ou avoir des expériences professionnelles dans des régions du monde très différentes. C'est en Finlande, pays précurseur en nouvelle technologie, que j'ai découvert et appris les fondamentaux d'Internet. C'était en 2001, aujourd'hui, je travaille dans le tourisme, en web-marketing.

 


7 Commentaires

  1. Merci beaucoup pour ce compte rendu d’Interview. Surtout venant de David Degrelle qui est une pointure dans le domaine.

    Pour rebondir sur les formations diplômantes, je confirme qu’il y a quelques formations qui proposent d’acquérir des compétences en référencement / rédaction web/ webmarketing et community management. C’est notamment le cas de la licence RRW que David cite dans l’interview et dont je suis moi-même issu. Très bonne formation, très complète.

    Maintenant, le mieux est encore de pratiquer par soi-même une fois les compétences de base acquises. En lançant son propre (vrai) site, par exemple.

  2. Très belle interview!

    J’en profite, je suis assez fier d’avoir été cité à plusieurs reprise par http://www.secrets2moteurs.com/
    ;o)
    Bonne continuation !
    Cordialement
    Thierry

  3. Interview très intéressante d’un expert du référencement en France et d’un acteur de la professionnalisation de ce domaine. Merci beaucoup pour ce retour.
    J’apprécie particulièrement l’utilisation des 3 leviers d’acquisition de trafic et surtout le fait que l’article souligne bien que le référencement naturel est un excellent vecteur pour faire diminuer le coût des autres actions.
    Je suis aussi très heureux de lire que des autodidacte du référencement qui ont un peu de bagage derrière eux, peuvent très bien se vendre en agence.
    Et concernant les entreprises qui débauchent les référenceurs pour les faire travailler en interne, selon le nombre de projets à gérer ce n’est peut être pas viable pour le seo, on a besoin de changer de sujet, de découvrir, de jouer, de tester, surtout pas de tomber dans une molle observation de résultats stagnants…

  4. @David : Merci pour cet interview sur le vif et dont j’ai trouvé les questions pertinentes et l’échange très intéressant.

    @out of the box : Tout à fait et ce que je recommande aux étudiants qui veulent ce lancer dans le web, commencer par créer un blog et partager sa veille et opinions, c’est déjà un bon moyen de se faire identifier auprès des recruteurs potentiels et de développer sa e-réputation, tout en mettant les « mains dans le cambouis » pour s’essayer au référencement concrètement et acquérir une expérience SEO qui pourra être valorisé lors d’un entretien d’embauche même si le candidat n’a pas (encore) d’expériences pros dans le sujet.

    @Thierry : N’hésitez pas à propos des articles sur S2M et merci pour la citation 🙂

  5. En effet David, mais j’irais même plus loin en disant qu’en plus du SEO à proprement parler, créer son site amène à se frotter a d’autres thématiques.

    Généralement, il faut se créer une page fb et un compte Twitter au minimum, découvrir les diggs likes si on les connaît pas, construire et animer une communauté…

    Un site nécessite aussi d’appréhender les thématiques de fidélisation, paramétrer une newsletter, affiner sa rédaction web, perfectionner ses compétences techniques (au moins html/css)… Cela « contraint » également à faire de la veille pour améliorer sa visibilité et son SEO.

    Plus tout ce qui concerne sa propre e-réputation comme vous le soulignez très justement. En résumé, c’est du travail mais c’est très formateur et le jeu en vaut la chandelle !

  6. J’aime beaucoup l’approche de David Degrelle, qui consiste à lier sous la bannière SEM le SEO, le SEA, mais aussi le SMO, et ce depuis longtemps.

  7. Merci pour cet interview d’un concurrent certes mais qui donne une bonne image de notre métier. Nous partageons la majorité des points abordés notamment sur les questions liées aux modifications algorithmiques et le recrutement.

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