E-réputation Réseaux sociaux — 07 mai 2012 — 2 commentaires
Que retenir de l’élection présidentielle 2012?

Que retenir de l’élection présidentielle Française 2012 du point de vue du marketing et de la communication digitale ? Pour le savoir nous avons mis en place début février un « Scoop.It » pour agréger les contenus relatifs à cette thématique. Maintenant que nous savons si « the place to be » dimanche soir c’était rue Vaugirard ou de Solferino il semble opportun de faire un rapide résumé des tendances et évènements de cette campagne.

Depuis Novembre 2008 et l’élection d’Obama à la présidence des Etats Unis, il n’y a quasiment plus aucun politique à la surface de ce globe qui ne mette pas en place une stratégie de communication digitale. Pour certains, ce serait même sur les réseaux sociaux que se joue une élection…

C’est peut-être pour cela que quand Jack Dorsey  cofondateur de Twitter est venu en France, les deux principaux candidats se sont empressés de le recevoir.

On ignore si c’est suite à cette rencontre que le futur ex-président a obtenu la censure de 5 comptes Twitter qui parodiaient sa personne, mais malgré tous ses efforts il n’a pas pu éviter que le domaine NicolasSarkozy2012 soit en réalité le site de la tatoueuse Corinne Dubosque.

NicolasSarkozy2012.fr C’est Carla sur la photo ?

On retiendra surtout la professionnalisation de la communication digitale politique, François Bayrou fait appel à l’agence Big Youth, tandis que Nicolas Sarkozy sélectionne les Belges (cocoricoo !) d’Emakina pour s’occuper de sa campagne. De son côté Le candidat PS préfère constituer une équipe interne d’une trentaine de personnes.  Les budgets consacrés au digital varient fortement selon les partis, mais on cite plusieurs centaines de milliers d’euros pour les candidats du Top5. Pour Sarkozy et Hollande, nos sources parlent même d’un coût total de 2 millions…   

Pour conforter les états-majors politiques dans leurs choix et leurs investissements, une étude menée par la « Dublin Business School » révèle que le fait pour un candidat d’engager le dialogue avec les électeurs via les médias sociaux pourrait aller jusqu’à doubler le nombre d’intentions de vote en sa faveur. Cerise sur le gâteau, internet n’est pas compté par le CSA dans le temps de parole des candidats. Dès lors pourquoi s’en priver ?

L’influence des réseaux sociaux et du web est cependant à relativiser fortement, une étude de Lightspeed Researchrévèle en effet qu’internet reste le parent pauvre de l’information politique. Les sites des partis ne sont consultés que par 11% des personnes interrogées  et seulement  6% confient avoir lu des commentaires sur les réseaux sociaux ou discuté sur des forums. Coté Twitter et Facebook ce n’est guère plus reluisant : Seuls 3% des sondés prévoient de lire des tweets ou commentaires Facebook des politiques dans le cadre de la campagne.

Malgré tout, certains candidats (Sarkozy et Bayrou par exemple) tentent le coup de la Twitter-interview.   Nicolas prêtera même gentiment son compte twitter à Carla pour que celle-ci vienne dire tout le bien qu’elle pense de son présidentiable de mari. Pendant ce temps Hollande lancera une webradio (un podcast) histoire de diffuser à l’envi des interviews aux questions et réponses parfaitement contrôlées.

Toujours dans la veine du « 2.0 », le candidat de l’UMP proposera aux internautes de lui soumettre des idées pour élaborer son programme. Une application originale du « crowd sourcing » mais qui ne plait pas à tout le monde.

Si tous les observateurs s’accordent à dire qu’internet n’a joué qu’un rôle assez mineur en matière d’acquisition d’intentions de votes, il en va autrement dès qu’il s’agit de commenter ou de diffuser les faits politiques. Entre 20 et 25% des internautes déclarent consulter internet pour connaitre les dernières nouvelles et estimations. Cette quête à l’information connaitra un essor particulier avec le choix des médias Belges de diffuser les résultats des 2 tours avant le dimanche 20h. L’effet sera immédiat, des centaines de milliers de connexions sur les sites de la RTBF, des tweets #RadioLondres au langage parfois franchement ésotérique, une grosse colère du CSA et surtout des reportages surréalistes ou les journalistes de France Télévision feindrons de ne rien savoir jusque 20h alors que le monde entier (ou presque) est au courant des résultats depuis plus de 2 heures.

Bien sur l’audience des débats télévisés continue de surclasser celle des autres médias, mais ceux-ci se doublent maintenant d’un second niveau de lecture avec la participation intensive des internautes qui tweetent abondamment leurs commentaires. Plus de 500.000 pendant le grand débat d’entre les deux tours par exemple. Cette interactivité avec les internautes fait apparaitre un nouveau type de journalisme : le FactChecking qui corrobore (ou non) quasiment en temps réel les chiffres et affirmations des candidats. Une évolution socialement et intellectuellement très intéressante mais qui donne des sueurs froides aux responsables comm’ des candidats.  A un point tel que France Télévision a refusé en dernière minute de mettre en place une application qui aurait permis aux téléspectateurs de voir le débat et la vérification des faits sur un seul écran.

Conclusion

La révolution internet en matière de politique n’est pas encore pour ces élections… et l’on peut d’ailleurs se demander si il y aura un jour une révolution dans ce domaine, tant les principes du web participatif et interactif sont aux antipodes des règles qui régissent la communication politique.

Le monde politique doit cependant continuer à occuper le terrain digital, pour au moins 4 raisons :

  • Pour anticiper la montée en puissance des « digital native » qui tôt ou tard s’intéresseront à la chose politique et qui voudrons le faire via des outils connectés.
  • Pour recruter de nouveaux militants et entretenir le dialogue avec eux, voire pour récolter des fonds dans les pays où cela est autorisé.
  • Pour développer le concept de « relation presse 2.0 » et garder le contact avec la communauté des journalistes (nationaux et internationaux) qui est beaucoup plus encline à utiliser les réseaux sociaux et plus particulièrement Twitter comme source d’information.
  • Pour gérer / optimiser la réputation personnelle des hommes et femmes politiques qui bénéficient de moins d’attention de la part des médias classiques.

Pour suivre le sujet nous vous invitons à suivre notre agrégateur de contenu sur le marketing politique, il est mis à jour plusieurs fois par semaine en fonction de l’actualité.

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L'auteur

Geoffrey Laloux

Actif depuis 1998 dans le web (à l'époque on parlait encore de modems 2600 bps et de Bulletin Board System - les vieux comprendrons). D’abord dans la gestion de projet et l’intégration avec les systèmes IT, puis dans la consultance en marketing. En 2008 j’ai fondé Synaptic, une agence de conseil spécialisée en Marketing Stratégique. En 2014 j’ai rejoint The Content Company comme Marketing & Com Manager pour ViKE – ViDEOS i LiKE, une plateforme vidéo / WebTV axée sur les contenus de qualité. Je donne également des formations en stratégie marketing dans les entreprises et dans les Hautes Ecoles en Mar-Com.

 

2 Commentaires

  1. Personnellement en tant que « française de l’étranger » je n’ai jamais été autant sollicitée par des mailings, vidéos et lettres ouvertes en tout genre que depuis que je vie à l’autre bout du monde!

    • avec certaines derives semble t’il. J’ai des amis Français installés à Bruxelles qui m’ont dit avoir reçu le programme de Sarko ainsi qu’une petite lettre les incitant à voter pour le président sortant, le tout dans un courrier officiel émanant de l’ambassade de France… et aucun mention des autres candidats

      Pas sur que ce soit tres déontologique.

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